À quoi sert encore la démocratie face à la tyrannie des privilégiés ?

Le droit de grève a été dévoyé par une minorité d’agents publics financés par les contribuables, dont la vie se trouve singulièrement compliquée par ceux-là même qui vivent de leur argent.

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Philippe Martinez-PASCALVAN(CC BY-SA 2.0)

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À quoi sert encore la démocratie face à la tyrannie des privilégiés ?

Publié le 11 décembre 2019
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs.  Alexis de Tocqueville De la démocratie en Amérique

Tocqueville se méfiait de l’omnipotence de la majorité, de sa tyrannie et du manque d’attention dont pourraient souffrir les « membres de la minorité ».

L’évolution politique de l’Amérique a montré que les pouvoirs ont su s’équilibrer et que nulle part ailleurs la société civile n’est aussi forte et bien représentée que là-bas. En France, nous ne sommes jamais arrivés à un tel équilibre. Il n’y a pas de tyrannie de la majorité mais une tyrannie des privilégiés et des moins représentés.

On peut être critique avec le gouvernement en place. L’IREF l’a souvent été et l’est plus que jamais au sujet de cette réforme des retraites, que nous jugeons dangereuse. Nous sommes parmi les seuls à le dire. Néanmoins, nous respectons les élections et la loi. Nos adversaires au pouvoir ont été élus et ceux qui les contestent n’ont aucun droit de bloquer le pays.

Un État à la fois omnipotent et impuissant

Nous vivons en France ce paradoxe d’un État omnipotent et impuissant à la fois, un État qui phagocyte plus de la moitié des richesses, qui est champion du monde des prélèvements obligatoires, tout en étant incapable de mener à bien une réforme importante. Cela s’est vérifié sous Chirac, Sarkozy et nous assistons au même phénomène aujourd’hui.

Vendredi 6 décembre, déclaration du Premier ministre :

Nous voulons installer un système de retraite juste, qui remplace la solidarité au sein de chaque métier par une solidarité véritablement nationale, où tous les Français sont solidaires de tous les Français.

Mais il a aussi affirmé que des « ajustements se feront concernant les régimes spéciaux » (retour de la clause du grand-père au bénéfice exclusif des régimes spéciaux). « La transition sera progressive », a-t-il ajouté, en donnant rendez-vous mercredi au CESE (Conseil économique, social et environnemental) pour « présenter l’intégralité du projet ».

Pourquoi le CESE, cet organisme si souvent épinglé, dont l’utilité n’a jamais été démontrée et dont la suppression a même été évoquée plusieurs fois ? C’est l’Assemblée nationale qui est l’émanation du peuple, pas le CESE.

Tyrannie des partenaires sociaux

En France, nous ne subissons pas la tyrannie de la majorité, mais celle des « partenaires sociaux » et du « dialogue social » qui est en réalité un monologue social imposé par des syndicats ne représentant personne (moins de 7 % de la population active) mais capables d’empêcher le pays de fonctionner.

Le droit de grève a été dévoyé par une minorité d’agents publics financés par les contribuables, dont la vie se trouve singulièrement compliquée par ceux-là même qui vivent de leur argent.

Faut-il rappeler que la fiche de paye de tous ces employés exaspérés par les grèves et les blocages comporte une contribution obligatoire aux caisses des syndicats ? Situation absurde et inimaginable ailleurs, où les syndicats vivent des cotisations de leurs membres et des services qu’ils proposent. En France, les cotisations volontaires ne représentent qu’à peine 4 % de leur budget. Ils n’existeraient plus sans les cotisations contraintes, sans les subventions directes ou indirectes qu’ils reçoivent, sans l’argent de la formation professionnelle.

On peut quand même créditer Emmanuel Macron de deux exploits : il a réussi à faire croire qu’il était libéral et il a fait descendre les syndicats dans la rue sans avoir accompli une seule vraie réforme. Confirmation qu’en France, la tyrannie de la majorité n’est toujours pas d’actualité.

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  • Tout ceci grâce a la culture « de gauche » que véhiculent et transmettent l’éducation nationale,et la presse subventionnée.
    Les syndicats gèrent un budget supérieur a celui de l’etat, d’un tiers a peu prés.
    Via les budgets sociaux… ils n’ont pas besoin d’adhérents..c’est ce qu’on appelle « l’économie solidaire » relayés par des myriades d’associations diverses et variées payées elles aussi par le contribuable.;
    Toute la fonction publique est syndicalisée, a partir de là l’appareil d’etat n’est plus a la disposition des politiques et les reformes deviennent impossibles..
    la democratie est donc détournée! L’administration règne.
    Vous verrez avec les retraites .. les avantages catégoriels vont vite etre reconstitués via des « points gratuits » accordés a la fonction publique sous le couvert incroyable de la pénibilité ou pour faire face a des gréves..
    Le contribuable lui n’a aucun recours on lui dit que c’est la faute des riches, et il le croit..
    Nous n’échapperont pas a une revolution un a un effondrement type URSS car la perestroïka macron est un mensonge

    • Le pire c’est que les fonctionnaires y croient sincèrement. Il est très difficile de seulement dialoguer (et ce n’est pas faute d’essayer, cher Claude-Henry). Tout ça relève de la foi aveugle ; en fait tous les éléments d’une religion sont là : un dogme, des prêtres, des livres saints et des apôtres. Faire seulement se tendre une oreille pour écouter un argument différent de la bouillie habituelle demande des efforts surhumains et des trésors de rhétorique.
      J’ai lu quelque part, ici sans doute, que la caste des « privilégiés » (il y en a des petits, beaucoup, et des gros, très peu) avait atteint une sorte de taille critique qui lui permet de vivre en vase clos. Je crois que c’est vrai. Ils n’ont plus besoin de fréquenter d’autres gens que leurs semblables, tout comme un politique professionnel ne connait pas le prix du pass Navigo tout simplement parce qu’il ne prend JAMAIS le métro. C’est flagrant en salle des profs, je vous le confirme.

  • Paraphrasons Bastiat…
    « Si l’Etat c’est la grande fiction au travers laquelle tout le monde essaie de vivre aux dépens de tout le monde, les régimes de retraites, et surtout les spéciaux, sont l’étonnante réalité que certains considèrent avoir un droit à vivre aux dépens de tous les autres. »

    • exactement!
      et tout ceci par un rapport de force induit par le droit de gréve..
      un « fonctionnaire  » ne devrait pas avoir le droit de gréve.. il faudrait leur faire choisir entre le statut et le droit de gréve , si on choisit le droit de gréve on se
      voit embauché en CDI
      point!

      • Embauchés en CDD plutôt ! pour leur apprendre la précarité, la vraie.
        Bien sûr que ces privilégies : emploi sécurisé quel que soit leur rendement – avantages divers : CE – Assurances personnelles moins chères, pour les enseignants un congé maladie perçu comme un du ! (j’ai eu le cas dans un village d’une directrice d’école qui en avait fait sa coutume annuelle !), bref pléthore d’avantages – et sauf personnel hospitalier – une responsabilité inexistante !
        C’est pas moi c’est l’autre, c’était l’autre service qu’il fallait consulter, ah nous fermerons dans un 1/4 d’H revenez demain (préfectures), et les élèves n’ont pas réussi leur années scolaire ? tant pis pour eux, ils n’ont plus de cerveaux, nous partons le coeur léger pour plus de 2 mois de congés !
        Et que l’on me dise quelle est la pénibilité supérieure d’un chauffeur de bus ou celle d’un conducteur de train comparée à celle d’un transporteur routier du privé !
        Bref les privilégiés ne voudront jamais reconnaître leurs avantages, s’y accrochent comme le pou dans les cheveux fins de nos écoliers.
        Tout en prônant des valeurs républicaines de Fraternité – Egalité – comme un slogan et osant encore donner des leçons à qui conteste leurs bonnes moeurs prétendument républicaines ! (vous savez ce bienvivrensemble qui octroie plus de droits à tout étranger surgi sur notre sol qu’aux autochtones qui cotisent !
        Immense est la solidarité de ces gens là, si elle ne leur coûte rien personnellement !

  • Avant de reformer les retraites (et bien d’autres choses) il faudrait réformer la représentation syndicale et son financement. Que l’Etat arrête de vouloir tout administrer dans un pluralisme bidon. Bien sûr les plus radicaux seront vent debout mais s’ils bloquent le pays ils n’auront aucune bonne raison de le justifier pour obtenir le soutien de la population. Germinal c’est du passé !

    • tout ceci est organisé
      c’est un théâtre ,, les uns montrent les muscles , les autres parlent de négocier.. il faut que la gréve dure pour que macron puisse parler de vraies reformes..
      puis on mettra la main sur les caisses privées.. et tout recommencera  » comme avant » avec des augmentations de salaire pour les services publics
      comme les enseignants qui travaillent deux fois moins longtemps que les allemands et réclament les mêmes émoluments..
      c’est a se la mordre on va augmenter le salaire des enseignants pour qu’ils ne perdent rien a la retraite
      a votre avis c’est qui les couillons?

    • Je partage : je suis pour qu’on supprime la totalité des subventions aux syndicats, qu’elles soient publiques ou privées. Déjà, cela les obligerait à défendre leurs adhérents, et ensuite ils seraient surement plus crédibles et constructifs dans leurs propos.
      A mais j’oubliais, je vis en France, il faut que je me réveille ! Ca n’arrivera jamais… CPEF

  • l’oligarchie communiste (sciences-po énarque) dirige le pays !

  • l’union fait la force en effet…

  • La Politique n’est qu’une vaste Maffia
    .

  • Tant que l’Etat brillera par son incurie et sa frousse des minorités gueulardes qui prennent le pays en otage, qu’il n’appliquera pas les textes légaux à sa disposition, on en sortira pas!
    Ajoutons à cela, la complaisance de nombreux politiques qui se laissent malmener par des journalistes insolents, partiaux, prétentieux alors qu’ils devraient les remettre en place et on comprend pourquoi la majorité des français a du mal à s’exprimer.
    A signaler que Juppé et Fabius, indépendamment de ce qu’on peut en penser, savent eux, remettre à leur place les petits messieurs des médias!

  • « Néanmoins, nous respectons les élections et la loi. Nos adversaires au pouvoir ont été élus »

    Notre démocratie est quand même très imparfaite, de plus en plus imparfaite, même. Le peu de soutien que reçoivent Emmanuel Macron et son gouvernement dans l’opinion publique, la grogne des Gilets Jaunes, ou encore la participation historiquement basse lors des législatives de 2017 (moins de 50%) le montrent.
    Il existe encore des élections ? Certes, mais le mode de scrutin (majoritaire à deux tours) fait que dans la pratique, ce sont des candidats minoritaires qui parviennent au pouvoir.
    Par ailleurs, ne peut-on pas dire que la démocratie est faussée quand l’information est à ce point verrouillée, par des médias subventionnés (ou aux mains de proches du pouvoir) ? Comment voter en connaissance de cause quand on est désinformé (et en payant pour être désinformé) ?
    Le référendum, pourtant prévu par la Constitution : pourquoi ne s’exerce-t-il plus depuis 2005, soit 14 ans ?
    Et on pourrait parler de l’indépendance des pouvoirs, régulièrement mise à mal, avec des juges trop souvent en cheville avec l’exécutif, au point que le grand favori à l’élection présidentielle de 2017 a pu être abattu en plein vol sans que personne n’y puisse rien.

    Dès lors, il est un peu vain de s’étonner que nous « viv[i]ons en France ce paradoxe d’un État omnipotent et impuissant à la fois », et de ce que des syndicats aussi minoritaires que malfaisants puissent bloquer la France et imposer leur diktat aux politiques.
    Ce pays est vraiment malade, pour ne pas dire foutu.

    • Il est vraiment foutu, on en a encore une preuve supplémentaire. Les raffineries sont bloquées par la CGT ce qui est illégal, mais le gouvernement ne fait rien, au lieu d’arrêter et de juger ces délinquants!

      • Le gouvernelent va laisser suffisamment pourrir la situation pour apparaître comme le « sauveur » quand la population sera bien excédée.
        Ce n’est pas sans risque: au lieu de se braquer contre les grévistes, ladite population pourrait bien vouloir éjecter Macron

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