Téléthon : la charité privée au service de la recherche

Il y a de bonnes raisons de donner au Téléthon, et plus généralement de préférer la charité privée à la redistribution étatique.

Par Frédéric Mas.

Depuis hier, c’est le Téléthon, une occasion exceptionnelle de donner pour que la recherche avance dans le domaine des maladies rares. L’événement est populaire, il s’agit même d’une des collectes de dons les plus populaires auprès des Français.

Personnellement, le Téléthon est associé à un souvenir d’enfance qui m’avait laissé pantois à l’époque. J’accompagnais mes parents dans un centre commercial au moment de l’événement. À la caisse, un vieux monsieur s’est insurgé à voix haute devant une urne destinée aux dons de la fameuse organisation caritative : « On me réclame encore de l’argent ? Avec tous les impôts que je paie ? Je paie suffisamment, et c’est l’État qui devrait s’occuper de ça ! »

Ce genre de souvenir n’est pas très original, et je pense que nous avons tous un oncle ou une tante qui un jour s’est agacé de ces appels à la charité qui n’arrivent pas toujours au moment où nous sommes les mieux disposés.

L’État contre la Charité

Je ne sais pas aujourd’hui si le propos du vieux monsieur était sincère, mais ce qui m’a marqué, c’est qu’il lui semblait naturel de ne rien donner parce que c’était à l’État, à qui il donnait beaucoup comme la plupart de ses concitoyens, de s’occuper de charité. Et comme c’était à l’État de s’occuper de charité, il n’était pas tenu par ce genre de geste éthique.

Dans un pays comme le nôtre, où la pression fiscale est la plus importante d’Europe, ces réticences sont plus que compréhensibles. La logique étatique est tellement naturelle au sein de la classe politique qu’on invente un impôt nouveau pratiquement chaque semaine. Quand l’État vous laisse la peau sur les os, la générosité n’est pas forcément la première des priorités.

Il y a pourtant de bonnes raisons de préférer donner au Téléthon qu’à l’État, et plus généralement de préférer la charité privée à la redistribution étatique.

La principale raison est éthique. Ce qu’il y a de moral dans le don, c’est que rien n’oblige à donner. Le transfert d’argent pour aider la recherche est volontaire, c’est un acte gratuit qui va réellement apporter quelque chose à une cause clairement identifiée. Vous n’êtes pas forcé de mettre la main à la poche, et vous savez où partent vos euros. C’est à la fois respectueux de la liberté et du consentement des individus. La cause ne vous plait pas ? Ne donnez pas. Rien ne vous y force. Vous n’avez pas grand-chose à offrir ? Vous pouvez aider simplement par du bénévolat ou un peu de pub autour de vous.

Pour la redistribution de l’État, ce n’est pas vraiment la même chose. La solidarité est forcée : l’impôt est certes un transfert de la richesse vers un autre, mais le consentement n’est que très théorique. Essayez donc de refuser de payer vos impôts pour vous donner le temps de réfléchir à leur meilleure affectation. Si vous ne passez pas par la case prison, c’est que vous êtes très très fort (ou que vous avez des appuis très très haut placés).

Le don, principe du Téléthon

En d’autres termes, la différence essentielle entre impôt et don, c’est la coercition. Si on vous oblige à donner, ce n’est plus vraiment un don, car ce n’est plus vraiment gratuit et volontaire, et du même coup, ce n’est plus vraiment éthique.

Si c’est parce que vous pensez que l’argent des dons est mieux géré par l’État que par un organisme privé, repensez un peu à la manière dont l’État s’est occupé du Loto du patrimoine. En termes de gestion et de transparence, le Téléthon s’en sort beaucoup plus honorablement que nos organismes publics qui jonglent avec des milliards sans jamais préciser à quoi seront alloués nos impôts.

Il n’y a pas qu’une raison d’éthique personnelle à s’engager auprès du Téléthon. Soigner les maladies rares a un effet plus général sur la recherche. Ce n’est pas de l’argent investi en l’air. L’événement est organisé par l’Association française contre les myopathies (AFM), c’est-à-dire essentiellement pour soigner des maladies orphelines. En faisant progresser la science sur ces sujets spécifiques, c’est la recherche fondamentale en général qui accumule de nouvelles compétences.

Peut-être que le Téléthon pourrait inspirer la recherche publique ? En tout cas, il offre un exemple intéressant de partenariat public-privé grâce à France Télévisions, et encourage ce qu’il y a de meilleur chez nos concitoyens.

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