Éducation en France : trop chère et peu efficace

Si l’on s’inspirait des caractéristiques communes aux pays les plus performants, on pourrait améliorer la qualité tout en réalisant des économies substantielles.

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Un écolier et futur chercheur ? (Image libre de droits), via Pixabay.

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Éducation en France : trop chère et peu efficace

Publié le 4 décembre 2019
- A +

Par Nicolas Marques.
Un article de l’Institut économique Molinari

L’éducation et la formation en France ne sont pas bon marché. Alors que la collectivité dépense 155 milliards d’euros par an, nous n’arrivons qu’en 17e position parmi les 27 pays européens étudiés. Si la France se rapprochait des pays les plus efficaces dans l’adéquation avec le marché de l’emploi, elle pourrait économiser à qualité égale jusqu’à 43 milliards d’euros par an.

Si nous étions aussi bons que la Finlande, l’Islande ou la Norvège dans la lutte contre le décrochage scolaire, la proportion de personnes travaillant dans le domaine pour lequel elles ont été formées ou l’aptitude à fournir aux entreprises les profils qu’elles recherchent, nous pourrions réduire de 28 % nos dépenses éducatives. Cette non adéquation de notre système éducatif à l’emploi coûte chaque année de l’ordre de 2 % du PIB.

Lorsqu’on regarde dans les détails, les enjeux se posent dès le primaire et le secondaire. Nos chiffrages montrent que si la capacité à enseigner un socle commun de connaissance était aussi bonne qu’en Finlande ou Estonie, la France pourrait atteindre le même niveau avec 26 % de dépenses en moins.

Alors qu’on dépense 14 % du PIB par tête par élève dans le primaire et le secondaire, moins de 72 % des élèves n’ont aucune difficulté dans la compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.

L’Estonie et la Finlande dépensent autant, mais 83 % des élèves n’ont aucune difficulté. Rien que sur ce volet, une économie de 28 milliards d’euros serait possible si la France se rapprochait du rapport qualité/prix des pays les plus efficaces.

Ce travail montre, une fois de plus, que dépense ne rime pas mécaniquement avec qualité. Nombre de nos voisins ont une gestion plus performante de leurs ressources en matière d’éducation. Ils s’appuient notamment sur des institutions de formation professionnelle, d’apprentissage et d’alternance plus efficaces.

Enjeu collectif

Paradoxalement, ce constat est une bonne nouvelle eu égard aux attentes en matière d’éducation et à la nécessité de limiter les dépenses et l’ampleur des déficits publics. Il montre qu’il serait possible de dépenser moins en France, tout en visant de bien meilleurs résultats.

Si l’on s’inspirait des caractéristiques communes aux pays les plus performants, on pourrait améliorer la qualité tout en réalisant des économies substantielles. C’est un enjeu pour la France qui a énormément investi dans l’éducation depuis des décennies, avec une dépense représentant de l’ordre de 6,7 % du PIB.

L’identification des domaines où il est possible de faire des économies tout en augmentant la qualité des prestations est un enjeu collectif, tout comme la mise en œuvre des processus permettant d’exploiter efficacement ces gisements d’améliorations.

Là aussi, l’enjeu est majeur en France. Depuis des décennies, nous avons cédé à la tentation jacobine consistant à penser l’éducation et sa démocratisation de façon centralisée. Les schémas organisationnels et les directives d’en haut se sont imposés, avec des programmes tatillons et une inspection académique veillant à leur respect par le corps enseignant.

Au niveau opérationnel, les directeurs d’établissements et les équipes enseignantes ont moins d’autonomie et de capacités d’adaptation que dans les autres pays de l’Union européenne. Les tentatives de tayloriser l’Éducation nationale ont contribué à démobiliser les personnels.

Au gré des alternances, les dirigeants de la rue de Grenelle cherchent à améliorer le retour sur investissement. Mais, jusqu’à présent, ils s’attèlent davantage aux problèmes visibles qu’à leur cause, la trop grande centralisation. L’enjeu n’est pas de corriger de façon centralisée les dysfonctionnements, tâche impossible, mais de donner les moyens à la communauté éducative de faire ce travail salutaire au niveau local.

Sur le web

Voir les commentaires (17)

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Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • tout ceci est causé par le « statut »!
    C’est ce ‘statut » qui empêche l’organisation d’évoluer !
    Mettons les enseignants en CDI de droit privé , avec un véritable « management  » local..
    et arrêtons de faire des enseignants le clergé de la republique ,
    revenons a « l’instruction » et oublions « l’éducation’!

    L’appareil d’etat opère comme un filtre , les meilleurs s’en vont , les brèles restent, et le syndicats font le reste!

  • C’est un faux débat.

    Le seul but de la rééducation nationale est de fabriquer des électeur socialistes en masse.

    Le but n’est pas d’instruire, de former ou d’apprendre.
    La gauhe a toujours su lobotomiser les masses, c’est une de ses marque de fabrique.

    Les perfomances scolaires et le niveau d’instruction n’interessent absolument pas les profs, les syndicats ou l’état.

    Tout ce qui compte c’est d’imposer l’idéologie pour préparer les futurs électeurs : anti-capitaliste, marxistes et maintenant ecologistes

  • Ministère de l’éducation nationale: 1 200 000 fonctionnaires dont 835 000 enseignants (et, par simple soustraction, 365 000 non enseignants occupés à gérer (?) le système). Et après, on s’étonne du coût excessif de notre éducation.
    Comme le disait un ministre de l’éducation nationale (socialiste mais qui avait les pieds sur terre), il est plus que temps de dégraisser le mammouth, c.a.d de le rationaliser et de le recentrer sur sa seule et vraie tâche: l’enseignement

    • Connaissant bien la chose, il y a un nombre de placards impressionnant. Et ces placards (dorés) sont typiquement réservés aux incompétents, aux burns outs, dépressifs etc..
      A l’éducation nationale, une façon d’avoir une « promotion » (en gros plus d’élèves, car changer le salaire c’est impossible), c’est d’être souvent absent. Sinon tombez en dépression. Et attention, bêtise à ne pas faire en tant que prof, se suicider par excès de déontologie.

    • Dégraisser le mammouth, ou privatiser ? Je suis pour la privatisation : l’instruction n’est pas une mission régalienne de l’État.

      • Par expérience, j’ai pu constater l’efficacité du secteur privé et c’est vraiment autre chose: pratiquement pas d’absences, des formations en dehors des cours (et même pendant les si longues vacances) des résultats aux examens excellents, même si le secteur privé récupère les élèves dits difficiles parce que le public n’a pas les motivations nécessaires pour s’en occuper …. alors, pourquoi pas la privatisation si ça marche mieux que l’éducation d’état ?

  • L’article se termine par une blague
    « Au gré des alternances, les dirigeants de la rue de Grenelle cherchent à améliorer le retour sur investissement ». Déjà qu’ils ne savent même pas ce qu’est un investissement…
    C’est plutôt, « Au gré des alternances, les dirigeants de la rue de Grenelle cherchent retarder l’alternance ».

  • l’ed nat est très performante à former des gens qui pensent que l’ed nat est incontournable… à penser que les problèmes de résultat de l’ed nat PROUVE qu’il faille « plus » d’ed nat.
    Et vous regardez en% de pib, mais est ce pertinent, le pib en valeur absolue n’est il pas lui même d’abord impacté par le mauvais boulot de l’ed nat?

    il ne faut pas oublier non plus que savoir donner une « bonne éducation à à un son mouflet ce n’est pas évident, on peut m^me dire spéculatif.

    un des grands avantages des système centralisés est de pouvoir dire, ça aurait pu être pire sans moi… bizarrement, le fait quo’n ne puisse pas dire non plus si ça aurait été mieux ne semble pas déranger grand monde.

    l’état sait car il y a des gens qui savent et l’état sait qui sont ces gens.
    dans un pays où les gens s’en remettent à l’etat pour tout… RAS…

    je crois de plus en plus que ces discussions sont stériles. Il n’existe pas de critère unique qui puisse déterminer du succès d’une politique au point de vue collectif.
    ce qui est marrant d’ailleurs est que le niveau de dépense d’éducation peut être utilisé comme argument d’autopromotion pour les politiques..

    un idéologue quelconque pensera toujours que l’enseignement de son idéologie en vaut la chandelle m^me si son idéologie affiche comme prétention d’économiser les chandelles.

    accord impossible, désaccord irréconciliable sur l’importance de la liberté individuelle.
    la persistance de l’ed nat est donc devenu un des buts de l’ed nat , je ne suis m^me pas certain que ce soit pensé, c’est juste la mécanique infernale à laquelle conduit à la mise ne place d’un bureaucratie.

  • Sauf que ne vous faites aucune illusion, ils ne changeront rien pour améliorer, je parie qu’ils vont même continuer le sabotage de l’EN pour parvenir à 100% de réussite au bac! Sans aucune économie à la gabegie!

  • Comparer la France a la Finlande est aberrant et nie notre culture.
    Il y a deux systèmes qui marchent: le système Finlandais et le système Coréen.
    La tradition française est beaucoup plus proche du second.

  • Nous avons de bonnes écoles en France ! Les écoles du privé. Sans elles, nous aurions 75% d’ingénieurs ou de médecins en moins !
    Pourquoi ne pas multiplier ces écoles ou en appliquer les principes dans les écoles publiques ?

  • match Finlande France
    Enseignant bien payé oui non
    petit nombre élève par classe oui non
    pédagogie traditionnelle oui non
    pas d’école privé oui non

    voilà les problèmes à résoudre !!!

  • Combien d’élèves issus des pays du sud en Norvège, Finlande et Islande,
    les élèves français ont mis plusieurs générations pour arriver au niveau actuel!

  • Les commentaires sont fermés.

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