Libérez les entrepreneurs !

Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

L’État inflige aux entrepreneurs les mêmes législations et charges fiscales et sociales qu’aux grandes sociétés. Développer son entreprise est donc devenu trop coûteux et trop contraignant.

Par Alain Goetzmann.

J’ai récemment déjeuné du plat du jour dans un petit restaurant proche de mon domicile.

Tenu par deux frères, l’un en cuisine, l’autre en salle, les mets étaient succulents et la suggestion du vin au verre pertinente.

Le chef, formé chez un étoilé Michelin, s’est adjoint son cadet, talentueux en sommellerie.

Embaucher pour se développer en tant qu’entrepreneurs : trop contraignant et coûteux

Ce restaurant ne désemplit pas. Il faut y réserver sa table plusieurs jours à l’avance.

En bavardant avec les deux frères, après leur service, je les ai chaudement félicités et leur ai prédit un bel avenir économique.

À mon grand étonnement, ils m’ont déclaré qu’ils n’envisageaient nullement de grandir.

L’analyse approfondie de plusieurs modèles de croissance leur a démontré qu’il valait mieux se restreindre et ne travailler que tous les deux, sans aucun autre employé, quatre jours par semaine, plutôt que d’embaucher pour se développer.

À cela deux raisons : les contraintes liées à l’emploi permanent de salariés et la lourdeur des charges sociales.

En limitant leurs ambitions, ils sont heureux et se sont taillés des jobs confortables, sans s’embarrasser de la responsabilité d’une entreprise.

Exemple caricatural ? Sans doute, mais réel et concret.

Chacun de nous connaît au moins un artisan, dont il attend avec impatience l’intervention. Il pourrait en faire beaucoup plus en embauchant, mais il s’y refuse, faute de liberté dans la gestion des salariés et face à des coûts sociaux rédhibitoires.

Entrepreneuriat n’est pas synonyme de capitalisme

Voilà sans doute l’une des raisons qui explique pourquoi, alors que la conjoncture économique s’améliore, nous conservons en France, en janvier 2019, un taux de chômage de 8,8 %, soit presque trois fois le taux allemand et d’un tiers plus élevé que la moyenne européenne.

Il faut résolument distinguer l’entrepreneuriat du capitalisme et tout particulièrement, du capitalisme de rente.

Il n’est pas absurde, même pour un amoureux de la liberté – liberté de penser, de s’exprimer, d’entreprendre – que de grandes sociétés, devenues anonymes par leur financement, puissantes par leur part de marché, employant des dizaines de milliers de salariés, se voient imposer des règles, compte tenu de leur poids économique et social.

Que les populations exigent des entreprises du CAC40 un comportement plus citoyen peut se comprendre.

À l’indécence de certaines rémunérations ou compensations, s’ajoute parfois un comportement social choquant.

Mais s’agissant des entrepreneurs, les vrais, c’est-à-dire tous ceux, artisans, petits commerçants, free-lance, start-uppers, professions libérales, industriels, distributeurs, qui sont propriétaires de leur entreprise, quelle qu’en soit la taille, leur appliquer le même traitement en matière de législation, de règlementation du travail, de charges fiscales et sociales, est totalement contre-productif.

Les fonctions de l’État…

L’État, en France, gagnerait à s’alléger des fonctions qu’il prétend assumer et pour lesquelles il est manifestement incompétent, afin d’adopter des lignes politiques claires dans sa conduite de l’économie :

  • la maîtrise et la réduction de la dépense publique, pour améliorer la compétitivité du pays ;
  • la vigilance en matière de concurrence, l’intérêt du consommateur et du citoyen, dans une économie libérale, étant toujours prioritaires par rapport à celui de l’actionnaire ;
  • la libération, pour les entrepreneurs de toutes natures, du carcan législatif, administratif et normatif qui les entrave.

La création de richesse irait alors à l’amble de la création d’emplois, pour la satisfaction de tous.

Il n’est pas interdit d’imaginer que de telles mesures bénéficieraient du soutien d’une majorité de la population.

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