Sans État, qui s’occuperait des routes ?

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L’état désastreux des routes françaises n’est qu’une autre des manifestations de l’aspect tentaculaire de l’État français.

Par Marius-Joseph Marchetti.

Voilà la grande interrogation qui est posée sans cesse aux libéraux, lorsque ceux-ci rétorquent que l’État devrait être réduit aux fonctions régaliennes ; et je vous passe les sempiternelles diatribes lorsque vous déclarez carrément que l’impôt est un vol.

Sans État interventionniste, point de route, point de blé, point de curé.

La France chute dans le classement

La réalité, à l’aube, vient tambouriner à la porte des étatistes.

On apprend, dans un article du journal Le Figaro du 24 août 2019 que « La France chute de 11 places dans un classement mondial sur l’état des routes« .

Malheur sur le paradis étatiste français.

Où diantre est le modèle social que tout le monde nous envie, le phare éclairant les berges sinistres, la lumière dans un monde libéraliste et fantasmagoriquement détruit par le profit et le calcul ?

On y apprend que la France chute donc de « la septième à la dix-huitième position », et que, selon la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne, « 50 % des surfaces de chaussées sont à renouveler et près d’un pont sur dix est en mauvais état. »

L’article continue encore en soulevant le faible taux de renouvellement annuel des routes, « de l’ordre de 4 à 5 % de la surface totale des chaussées » ; les hauts niveaux de détérioration des infrastructures (17 % des routes et 7 % des ponts) ; en 2037, « 62 % des chaussées nationales seront dans un état « très dégradé », contre 29 % aujourd’hui« , selon les bureaux d’études suisses.

La tragédie des biens communs

Avec la hausse du nombre et du poids des véhicules en circulation, cela n’est pas près de s’arranger.

La qualité des infrastructures sauve le tableau, même si une dégradation persistante entraînerait à disparition de cette « note positive ».

On en revient à l’éternel problème lié aux biens publics, favorisant congestion et phénomène de passager clandestin.

Pour avoir une idée des solutions à ce qu’on nomme typiquement une « tragédie des biens communs« , nous ne pouvant que conduire le lecteur à lire les arguments de Walter Block sur les avantages d’une privatisation et d’une vraie libéralisation, et comment elle pallierait les effets ô combien néfastes d’un modèle social qui n’aurait pas dû faire son temps :

« Nous avions déjà des routes privées il y a plusieurs siècles. Ils facturaient davantage pour des wagons plus lourds, les chevaux et les essieux supplémentaires. Ils facturaient en fonction de la largeur d’une roue. Beaucoup pour les roues minces, qui sillonnaient les chemins de terre (pensez aux patins à glace), et moins pour les roues larges, qui les tassaient (pensez aux rouleaux à vapeur). Je ne doute pas que les camions lourds paieraient plus, beaucoup plus. Peut-être ils seraient facturés à l’inverse de la pression dans leurs pneus. »

Jean-Baptiste de la Torre nous dit également que « les moyens financiers consacrés à la voirie par l’administration publique sont en baisse d’environ 25 % entre 2013 et 2016. »

On peut déjà entendre résonner les pas lourds des hooligans politiques : « c’est une tactique du libéralisme : affaiblir les services publics pour pouvoir justifier leur privatisation. »

Une tactique du libéralisme, bien entendu !

C’est vrai que l’État, dont le budget est composé de moult prélèvements, qui se caractérise par un déficit chronique depuis plus de 40 ans, et accumulant un amoncellement de dette ô combien élevé, n’a pas les moyens d’entretenir les routes car il est étouffé par l’idéologie ultralibérale de Macron, de la Commission Européenne, du bureau ovale et des âmes damnées du Stix.

Cela n’a strictement rien à voir avec ce principe économique développé par Bastiat dans ses Sophismes Économiques :

« L’État aussi est soumis à la loi malthusienne. Il tend à dépasser le niveau de ses moyens d’existence, il grossit en proportion de ses moyens, et ce qui le fait exister c’est la substance des peuples. »

C’est une des conclusions que les libéraux classiques avaient déjà tirées.

Plus un État tente de planifier, et moins il est apte à le faire. L’état des routes françaises n’est qu’une autre des manifestations de l’aspect tentaculaire de l’État français.

 

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