Vous n’aimez pas Éric Zemmour ? Ne le regardez pas alors !

Plutôt que de vouloir censurer ou boycotter Zemmour, et s’en prendre une nouvelle fois à la liberté d’expression déjà bien mal en point dans ce pays, revenons à la sagesse classique des internautes : don’t feed the troll !

Par Claire Libercourt.

L’embauche du journaliste Éric Zemmour sur CNews n’en finit pas d’agiter les rédactions et de provoquer l’indignation des éditorialistes. Le polémiste a le don de mettre toute la profession journalistique mal à l’aise par ses prises de position sur l’immigration et l’Islam. Plus récemment, ce sont ses positions sur la colonisation qui ont créé la consternation.

Sa présence à la convention de la droite, un rassemblement d’extrême droite dédiée à la promotion de Marion Maréchal, n’a fait qu’empirer les choses. Une partie de la rédaction du Figaro s’était hier désolidarisée et aujourd’hui, ce sont les syndicats de CNews qui veulent faire passer Zemmour par la fenêtre, qui pour une fois parlent de concert avec certains sponsors de la chaîne. Pire encore, des people comme Jacques Attali ou des politiciens comme ceux de la France Insoumise ont décidé de boycotter la chaîne info, coupable de collaboration avec l’extrême droite.

Assez de barnum médiatique !

À force d’organiser le battage médiatique autour de la figure d’Éric Zemmour, on lui offre une place centrale dans le débat public qu’il ne mérite pas forcément, ou qui masque d’autres plumes plus nuancées sur les questions qu’il aborde avec la délicatesse d’un Panzer. Mais soyons francs : la télévision est un divertissement qui fonctionne sur l’audience, et faire mousser la polémique Zemmour fait aussi grimper l’audimat. Les contempteurs du journaliste sont aussi les meilleurs supports publicitaires pour vendre son lamento décliniste.

Plutôt que d’organiser le boycott ou de mimer l’indignation sur les réseaux sociaux, si vous n’aimez pas Zemmour, eh bien ne le regardez pas, ne le lisez pas et ne relayez pas ses opinions. Le marché est aussi cet instrument impitoyable qui prend en compte les préférences des consommateurs : si l’audience de Zemmour est faible, alors le produit Zemmour ne sera plus demandé. On n’attire pas les spectateurs et les annonceurs avec les scores d’audimat de Public Sénat.

Plutôt que de vouloir censurer ou boycotter Zemmour, et s’en prendre une nouvelle fois à la liberté d’expression déjà bien mal en point dans ce pays, revenons à la sagesse classique des internautes : don’t feed the troll !

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