Environnement : et l’humain ?

L’environnement oui, mais pour qui ? Le philosophe Alex Epstein apporte ses réponses.

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Environnement : et l’humain ?

Publié le 10 août 2019
- A +

Par Charles Boyer.

Une erreur commise par presque tout le monde, chaque fois que nous engageons une discussion sur le sujet de l’environnement, consiste à négliger la première question : l’environnement, pourquoi, et pour qui ? C’est la leçon que nous apprend le philosophe Alex Epstein.

D’un point de vue humain, qui est le nôtre, il convient de nous mettre d’accord sur la réponse à apporter à cette question : l’environnement intéresse les humains. Nous le voulons le meilleur possible pour les enfants, les femmes, les personnes âgées, chacun d’entre nous.

Une minorité ne nous rejoint pas sur ce point, celle qui tend à décrire l’Homme comme un virus, une menace pour la planète. Ce sont les anti-humains. Avec eux, impossible d’avoir une conversation bien enrichissante car ils seront imperméables à toute argumentation. Ils préfèreraient nous voir disparaître. Curieusement, ils ne montrent pas eux-mêmes l’exemple sur ce point.

Avec tous les autres, une fois d’accord sur la réponse à la première question, nous pouvons avancer dans la discussion.

La planète, mère protectrice ?

Après avoir bien compris que nous souhaitons le meilleur environnement pour les humains, la question suivante est de savoir comment est la planète à l’état de nature, sachant que son image aujourd’hui est celle d’une mère bonne, douce et généreuse.

En fait, la planète n’est pas très bonne : volcans, tempêtes, feux, séismes, nourriture incertaine, parasites, virus, agents infectieux, prédateurs, espèces toxiques, tsunamis et tant d’autres phénomènes. Sans l’intervention humaine, la Terre est une mère sans pitié : par exemple, sans l’apport des technologies modernes, la mortalité infantile et maternelle est extrêmement élevée.

La planète : ne surtout pas la changer ?

La Terre étant dangereuse en l’état, et puisque nous souhaitons le meilleur environnement pour les Hommes, il est de notre devoir dès lors, de la changer, de l’améliorer.

C’est ici que la conversation sur l’environnement est essentiellement faussée et détournée, centrée sur l’importance de minimiser notre impact ; mais ce n’est pas ce que nous voulons réellement. Ce que nous voulons, c’est la meilleure planète possible pour nous. Ainsi, il ne s’agit pas de réduire notre influence, bien au contraire, afin d’améliorer notre environnement.

L’industrie de l’énergie, sur la défensive par cette déviation du débat, argumente : « Non, notre production n’est pas un mal à l’état pur, mais elle est bien un mal nécessaire ». C’est faux et c’est un très mauvais argument. L’énergie n’est pas un mal nécessaire, elle est un bien nécessaire.

Pour une meilleure planète, pour nous protéger de tous les dangers que celle-ci fait peser sur les humains sans défense, l’une des réponses de loin la plus importante est une énergie abordable, abondante et fiable.

Que nous apporte l’énergie ?

L’énergie nous permet d’avoir des bâtiments, la protection contre les catastrophes naturelles, de la chaleur ou de la fraîcheur, des transports à grande échelle, y compris les véhicules d’urgence, un système de santé moderne, une nourriture abondante, notre approvisionnement en eau courante, sans oublier bien sûr des plaisirs comme le smartphone et la presse en ligne. Pour parler clairement, elle est l’un des plus grands bienfaits pour l’humanité.

Ainsi, pour un meilleur environnement il nous faut de l’énergie. Mais ce n’est pas si simple. Premièrement, il nous en faut des quantités titanesques. Les masses d’énergies sont inimaginables et pour ainsi dire, impossibles à se représenter. Tentons quand même de l’illustrer : une centrale charbon comme Niederaussem en Allemagne produit environ 3800 MW, ce qui signifie qu’on peut estimer sa consommation à environ 2000 tonnes de charbon par heure.

Représentez-vous un train de 20 wagons de charbon, de 100 tonnes chacun. C’est ce dont a besoin Niederaussem chaque heure de chaque jour de chaque semaine. Et ce n’est qu’une petite partie de la production au charbon du pays, qui elle-même est une minorité de l’électricité produite, cette dernière étant elle-même une minorité de l’énergie consommée, car il reste le chauffage, les transports et l’industrie ; et l’Allemagne ne consomme qu’une toute petite partie de l’énergie dont a besoin le monde.

Autre illustration : le monde consomme quotidiennement environ 100 millions de barils de pétrole. C’est 245 litres par Français. Représentez-vous 245 litres, pour chaque personne autour de vous, chaque jour. C’est ce dont l’humanité a besoin, simplement pour les transports.

Comme si ces quantités faramineuses ne suffisaient pas, la production d’énergie est en plus extraordinairement difficile. Voyez la construction de barrages, la production nucléaire, l’extraction du gaz explosif par 3000 mètres de fond dans l’océan. Quiconque présente une solution simple et facile à ce défi ne vous prend guère au sérieux.

Par ailleurs, les renouvelables ne sont pas la réponse car ils ne sont ni abordables, ni fiables, ni abondants sauf à recouvrir tous nos paysages d’éoliennes et de panneaux solaires. Ils ont aussi un problème insurmontable de très faible densité énergétique. Comble de l’ironie, ils ne sont même pas renouvelables, et ils sont impossibles à mettre en œuvre sans avoir recours aux combustibles fossiles.

Les deux faces de la médaille ?

Une conversation sur l’environnement porte souvent sur l’observation d’une seule face de la médaille. C’est en négliger une. Prenons deux exemples, les plus communément admis, et pourtant contestables : le CO2 et la hausse de la température moyenne du globe.

— Le CO2 : il est de coutume de n’aborder que ses aspects supposés néfastes. Pourtant, il est la nourriture principale des plantes. La concentration de ce gaz dans l’atmosphère est actuellement basse — au regard des ères géologiques – alors que les plantes sont affamées. De fait, selon la NASA, sa hausse des dernières décennies permet un reverdissement spectaculaire de notre Terre.

— Le réchauffement de l’atmosphère du globe : toute élévation de la température nous est toujours présentée comme une mauvaise chose. Mais est-ce bien le cas ? Le froid est bien plus meurtrier que le chaud ; la densité humaine est plus importante à l’équateur qu’aux pôles. La chaleur présente peut-être des inconvénients — et les médias insistent assez en permanence sur ces effets négatifs —, mais aussi des avantages. Une conversation digne de ce nom se doit d’examiner non pas une seule, mais bien les deux faces de la médaille.

Cette logique s’applique à tous les sujets abordés sous la bannière de l’environnement : voiture, avion, produits phytosanitaires, OGM, minage du bitcoin, etc.

Soyons clairs et précis. Pas de vagues

Il ne faut plus accepter des affirmations si vagues qu’elles ne sont d’aucune utilité :

  • « le changement climatique est réel » : c’est l’évidence même, notre globe a toujours connu des changements et en connaîtra toujours. Ce genre d’affirmation à l’emporte-pièce n’aide personne, elle est entièrement inutile.
  • « sauver la planète » : entendue jusqu’à plus soif, bien trop vague pour être considérée comme ayant le moindre sens.

Les environnementalistes ont raison : le débat sur l’environnement est l’un des plus importants qui soit. Raison de plus pour ne pas foncer tête baissée sans en avoir soigneusement, au préalable, posé les termes.

Le philosophe Alex Epstein, qui a fortement inspiré ce texte, connaît en ce moment un franc succès avec sa vidéo sur le « Green New Deal », un plan environnement climat proposé par les politiciens les plus à gauche aux États-Unis :

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  • ce à quoi on assiste en ce moment est une vaste blague, une production d’âneries et de contre vérité de façon industrielle..

    la seule position « ecolo » qui tienne peu ou prou est « pour que « les choses ne changent pas est ..yaka vivre BEAUCOUP plus sobrement. et quand on dit comment ils nous expliquent que des types savants on su calculer ça.. »

    on a déjà le droit d’etre ne désaccord sur le fait de souhaiter que les choses ne changent pas…!!

    sinon c’ets la foire à la bétise, tiens, hier je crois..je ne sais quelle ville baleaire a engagé une dizaine depoliciers chargés de verbaliser ceux qui laissent des dechets sur laplage…

    on nous explique que c’est »pour l’environnement »…
    a priori entre mettre un déchet dans une poubelle le transporter le retraiter ou le laisser sur la plage, ben ça se discute et c’est sans doute un choix arbitraire..
    ensuite il s’agit de laisser laplage propre..pour des touristes… qui on le droit d’ailleurs de rendre laplage impropre à la vie de la biodiversité..qui sont couverts d’huiles solaires et qui sont venus en voiture polluant beaucoup..

    on doit supporter un discours faux..constamment..

    • En tous cas je me demande ce qui est le plus rentable:

      Les poubelles ‘Ville propre’ que l’on trouvait encore il y a quelques années à chaque coin de rue, disparues pour raison d’économies ?

      ou les flics embauchés pour verbaliser les citoyens qui n’ont pas envie de stocker les papiers gras dans la poche arrière de leurs jeans en attendant de rentrer chez eux ?

      • rentable pour qui?
        il faut sans doute commencer par poser ce à quoi un entité donnée supposée douée de volonté et de pouvoir , un municipalité par exemple , souhaite aboutir.. disons pas de détritus au sol en ville ..clairement le comportement des gens est un facteur déterminant, il y aura toujours des détritus au sol si les gens se foutent qu’il y ait des détritus au sol.. mais alors d’ou l’entité qui décide trouve sa légitimité????

        ce qui m’ennuie n’est pas que des tas de décisions parfois idiotes soient prises par des « décideurs » , mais leur justification et spécifiquement en ce moment leur justification écologique..

        nous avons des élus qui ont construit à grand frais des systèmes de traitement des déchets à cause que écologie ..tandis que des gens souhaitent un société zéro déchet à cause que écologie….sauf bien sur les anciens système de traitement qui ne servent à rien…

        nous sommes ou bien tous écologistes ou bien personne ne l’est…sauf pour une frange de gens qui pensent savoir combien au juste nous devrions consommer et polluer mais qui refusent en fait de voir leur arbitraire.

        • mon environnement est ce qui m’entoure, je peux gérer ça..du moins essayer..et les gens ont fait comme ça..à petite échelle d’abord..
          l’environnement au singulier est celui de l’humanité… il englobe tous les environnements des gens : c’est ingérable. d’ailleurs par qui??

      • Les poubelles n’ont pas disparu pour des raisons d’économies (ou pas seulement). L’explication officielle tient en un mot : vigipirate. Il était craint qu’on puisse laisser une bombe dans une poubelle fermée, donc elles ont été interdites et remplacées par des poubelles aux sacs transparents et visibles.
        Le problème de ces poubelles : le sac est à l’air libre, donc facile à attaquer par plein de petites bêtes sympa, comme par exemple les rats. Du coup, pour éviter de s’embêter avec des campagnes de dératisation, bon nombre de villes arrêtent de s’embêter avec des poubelles.

  • Si ce n’était que de la bêtise… Nous assistons à la naissance d’une nouvelle religion, celle qu’attendaient tous les paumés orphelins de la chrétienté. Ils échangent un dieu dans le ciel pour un dieu sous les pieds. Ils échangent un diable sous terre pour un diable dans l’atmosphère. La liberté d’ « être » leur étant une responsabilité insupportable, ils doivent à tout prix justifier leur existence et la culpabilité qui va avec.
    La trouvaille géniale des évèques de cette nouvelle religion, est que ce n’est pas les pécheurs qui seront condamnés à l’enfer, mais leur enfants.
    Comme pour toutes les religions fortes (toutes), le sort des mécréants sera difficile.

  • « l’environnement, pourquoi, et pour qui »…
    Ce sont en effet deux bonnes questions. Mais il en manque une troisième, celle qui fait justement aujourd’hui discussion.

    Prenons une analogie : les glucides. Question « pour qui » : pour nous, pour notre corps. Question « pour quoi » : pour l’apport énergétique. Puisque l’article parle abondamment de l’énergie, cet exemple m’a paru pertinent.
    Faut-il pour autant se gaver de sucre ? Probablement pas, pour tous les désagréments que cela pourrait apporter.

    La troisième question est donc celle du « comment » ou du « jusqu’à quel point ». Elle pose les limites des interactions entre l’Homme et son environnement. Elle est là partout et tout le temps. Ma voiture me permet de me deplacer rapidement et tout le temps. Si je ne me soucie que de sa fonction première (me deplacer vite de A à B, reponses aux pour quoi/pour qui) sans m’assurer de son usage correct, je risque la sortie de route au premier virage. Le soleil est bon pour ma peau, mes os… Est-il raisonnable d’en « profiter » 5 h d’affilée sans protection ? Certainement pas. Etc.

    S’il est tentant de se focaliser sur les deux premières questions, il est risqué d’oublier la troisième.

  • « le monde consomme quotidiennement environ 100 millions de barils de pétrole. C’est 245 litres par Français. Représentez-vous 245 litres, pour chaque personne autour de vous, chaque jour »

    Curieuse et ambitieuse comptabilité qui fait reposer sur les petites épaules françaises la totalité du poids du pétrole consommé dans le monde.

    La France c’est 1% de la population mondiale donc la part de chaque français serait plutôt de l’ordre de 2,45litres/jour de pétrole.

    Je sais bien que nous sommes le phare qui illumine toute l’espèce, mais il ne faut pas exagérer.

    • ce n’est pas l’objet…c’est rappeler combien on utilise de ressources fossiles.. et d’une certain façon ce qu’on épargne à la biomasse..
      imaginez des trains de bois pour alimenter une centrale à charbon…

      certains ne se rendent pas compte ce que prouvent les calculs de consommation de planete..
      sans petrole, à court terme , on est TRES mal barrés… sauf si yaka…

    • Il y a effectivement une petite erreur de calcul mais ce n’est pas bien grave. En fait, notre consommation est plutôt de 4 litres de pétrole par jour par habitant. Elle a baissé de 15% depuis 2000.

  • Il n’y a pas de « déreglement climatique ». Pour la bonne raison que le climat n’a jamais été « règlé ». Il a toujours changé et changera toujours.

    • Si vous considérez l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère comme ayant une origine humaine, il n’est pas « anormal » de parler de dérèglement puisqu’on influencerait par nos activités un paramètre dans un processus existant et variable. En quelque sorte on dérègle le paramétrage de la mécanique climatique ce qui laisserait entendre qu’on dérègle la mécanique climatique elle-même.
      Ensuite savoir si cette influence sur le CO2 est réelle, et si elle l’était, si elle modifie la mécanique comme on le prétend, c’est autre chose.
      Donc votre réponse n’apporte rien dans une conversation, si ce n’est le statu quo.

      • Oui mais estce que le trop plein de co2 est d’origine humaine ?
        Gros probleme puisque qu’on semble dire que le co2 a double et donc que l’homme produit autant que la nature…..c’est bien sur impossible , je peux donc dire que le moindre atome de co2 emis par l’homme detruit un equillibre de milliards d’annees……c’est tellement absurde qui n’y a meme pas a refflechir et peser les arguments des rechauffistes ,ils sont idiots dans le sens medical du terme ou niais si vous préférez

        • «un équilibre de milliards d’années» ?? ça aussi c’est une belle idiotie ! Il me semble que l’idiotie est une chose assez partagée dans l’humanité. Donc traiter les autres d’idiots c’est se moquer un peu de soi-même, non ?

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