L’État et les salariés premiers bénéficiaires des entreprises du CAC 40

La contribution sociale et fiscale des grandes entreprises, en France et dans le monde, reste en grande partie méconnue.

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L’État et les salariés premiers bénéficiaires des entreprises du CAC 40

Publié le 17 mai 2019
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Un article de l’Institut économique Molinari

L’Institut économique Molinari publie la 2ème édition de la Contribution sociale et fiscale des entreprises du CAC 40. Cette étude intègre des chiffrages inédits apportant un nouvel éclairage sur la contribution des entreprises et son partage entre les salariés, les États et les actionnaires au titre de l’année écoulée.

L’étude montre que les entreprises du CAC 40 ont créé 373 milliards d’euros de richesse pour la collectivité française et mondiale en 2018. Les salariés sont les premiers bénéficiaires du développement des entreprises du CAC 40 avec 265 milliards d’euros, suivis par les États (72 milliards) et les actionnaires (36 milliards).

Par rapport à la précédente édition portant sur 2016 la contribution fiscale et sociale du CAC progresse de 10 % à 373 milliards d’euros. Les États sont les premiers gagnants (+14 %), suivis des salariés (+ 10 %) et des actionnaires (+ 2 %).

Lorsqu’on se focalise sur le partage des seuls résultats non réinvestis, soit 84 milliards d’euros, les États sont les premiers bénéficiaires avec 43 milliards d’euros, devant les actionnaires (35 milliards) et les salariés (6 milliards).

Les salariés sont les premiers bénéficiaires du partage de la contribution sociale et fiscale des entreprises du CAC 40

L’étude montre que les entreprises du CAC 40 ont créé 373 milliards d’euros de richesse pour la collectivité française et mondiale en 2018. Ces 373 milliards d’euros ont été partagés entre les salariés (71 %), les États français et étrangers (19 %) et les actionnaires collectifs ou individuels (10 %).

Les salariés sont les premiers bénéficiaires de cette création de richesse, avec 260 milliards d’euros de dépenses de personnel (salaires, primes, protection sociale obligatoire et facultative…), 4 milliards d’euros d’épargne et d’actionnariat salarié et 1 milliard d’euros de dividendes liés à l’actionnariat salarié.

Les États sont les deuxièmes bénéficiaires avec 29 milliards d’euros d’impôt de production, 33 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés et 10 milliards d’euros de fiscalité sur les dividendes.

Les actionnaires collectifs ou individuels arrivent après les salariés et les États. Ils sont les troisièmes bénéficiaires avec 36 milliards d’euros de dividendes nets d’impôts. Loin de s’accaparer l’essentiel des profits, ils participent à une chaîne de création de richesse collective représentant 373 milliards d’euros en France et à l’étranger.

Les États et les salariés sont les premiers gagnants de la dynamique économique

Par rapport à la précédente édition, portant sur 2016, la contribution fiscale et sociale du CAC progresse de 10 % à 373 milliards d’euros.

Les États sont les premiers gagnants (+14 %), suivis des salariés (+ 10 %) et des actionnaires (+ 2 %).

Cette dynamique s’explique par une évolution bien plus rapide des recettes liées aux impôts sur les sociétés (+ 20 %) et des dépenses de personnel (+ 11 %), tandis que stagnent les dividendes nets d’impôt sur les sociétés.

Les États sont les premiers bénéficiaires des résultats des entreprises du CAC 40

Si l’on se focalise sur le seul partage des résultats non réinvestis, soit 84 milliards d’euros, les États apparaissent comme les premiers bénéficiaires, suivis des actionnaires puis des salariés.

 

Les États sont les premiers bénéficiaires des résultats, avec 43 milliards d’euros dont 33 milliards d’impôt sur les sociétés et 10 milliards de fiscalité sur les dividendes.

Les actionnaires sont les deuxièmes bénéficiaires des résultats, avec 36 milliards d’euros de dividendes une fois déduits les dividendes versés aux salariés.

Les salariés sont les troisièmes bénéficiaires des résultats, avec 5 milliards d’euros dont 4 milliards d’épargne et d’actionnariat salarié collectif et 1 milliard de dividendes nets.

L’État Français est particulièrement gagnant

Parmi les États bénéficiant du développement des entreprises du CAC 40, l’État français est particulièrement intéressé.

D’une part, il bénéficie de recettes liées aux impôts de production deux fois plus élevés qu’en moyenne. Ces impôts prélevés avant même que les entreprises fassent des bénéfices représentent 3,2 % du PIB en France, contre 1,6 % du PIB en moyenne dans l’Union européenne et 0,4 % du PIB en Allemagne. Méconnus du grand public, ils constituent pourtant une source de rentrées fiscales deux fois plus significative que l’impôt sur les sociétés, avec 72 milliards d’euros contre 36 milliards d’euros déduction faite des crédits d’impôts.

D’autre part, il bénéficie d’un impôt sur les sociétés significatif. Le taux plafond est de 33,33 %, auquel convient d’ajouter la contribution sociale sur les bénéfices de 3,3 %. Cela donne un taux maximal d’imposition de 34,43 %, le plus élevé des 35 pays de l’OCDE. Ce taux devrait redescendre à 25 % en 2022, soit 25,83 % en tenant compte de la contribution sociale sur les bénéfices, pour se rapprocher de la moyenne de l’OCDE.

Enfin, l’État français bénéficie des impositions sur les dividendes distribués aux personnes physiques et morales actionnaires du CAC 40, avec une fiscalité qui reste significative en dépit des ajustements opérés avec la création du Prélèvement forfaitaire unique (PFU).

Une approche économique fondamentale

Cette étude propose des chiffrages inédits du partage de la richesse créée par les entreprises du CAC 40 et du partage des résultats.

La contribution sociale et fiscale des grandes entreprises, en France et dans le monde, reste en grande partie méconnue. Les présentations comptables ou financières classiques ne permettent pas d’extérioriser la création et le partage de la richesse collective au sens large. Destinées à présenter les résultats des entreprises, elles se focalisent sur des données financières significatives pour les actionnaires. Elles sous-évaluent les gains pour les collectivités, tout en surévaluant les recettes des actionnaires faute de prendre en compte la fiscalité.

L’étude de l’IEM remédie à ce manque. Elle identifie et quantifie les gains des salariés, des États et des actionnaires avec une méthodologie logique, robuste et documentée. Elle a vocation à donner des ordres de grandeurs permettant d’avoir un vrai débat sur la création et le partage de la richesse créée par les entreprises.

Retrouvez l’étude de l’Institut économique Molinari ici

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  • C’est malgre tout beaucoup trop pour les actionnaires ,ils devraient se contenter de la plus value boursière….meme problemes pour les loueurs de biens immobiliers.
    Ce qui nous fait des loyers trop eleves et des salaires trop bas….sans oublier l’autre usurier , l’etat ,qui se goinfre a nous faire crever.
    N’oublions pas que le prix de l’argent est de quelques pourcents.

    • on présente toujours l’actionnaire , in fine comme un privilégié sur des résultats qui ne sont que des moyennes , certains perdent aussi.;
      en outre le premier actionnaire de france c’est l’etat avec plus de 700 participations dans les entreprises.. alors l’actionnaire.. faut voir

      • L’Etat est un des rares actionnaires à avoir le pouvoir de contraindre les entreprises à s’endetter pour qu’elles lui versent des dividendes, pour couvrir ses propres déficits. Voilà qui résume le « capitalisme » à la française : ça a l’apparence du capitalisme, mais c’est du socialo-étatisme dans toute sa splendeur.

        • Surtout que c’est l’état ou ses commis qui siègent aux conseils d’administration et qui fixent le montant des dividendes, tout en laissant ses ministres traiter les 5 à 8% d’actionnaires individuels privés de profiteurs.
          Le comble du cynisme…

    • Combien de fois faudra-t-il répéter que les actionnaires ne gagnent pas plus à choisir entre dividende et plus-value (puisque les dividendes réduisent la plus-value d’autant) et qu’il s’agit d’un simple arbitrage temporel ?

      Quant aux loyers trop chers, étant donné le rendement fortement dégradé par les hausses des prix d’achat, des charges et des contraintes légales que les taux faibles ne parviennent plus à masquer, ce serait surprenant qu’ils baissent. N’oubliez pas que chaque fois qu’un propriétaire découragé renonce à louer, les loyers augmentent mécaniquement.

      • Le probleme de l’actionnaire et du loueur est le meme, un choix court terme dividende ou longterme plus value a la revente.
        Les temps ont change , le long terme n’existe plus d’ou les dividendes et les loyers excessifs..c’est mon avis t je peux me tromper..mr cavaignac , vous, vous tromper jamais , ca fait peur des fois..mais ca rassure aussi qu’il existe des gens de savoir

        • Votre problème est de porter un jugement de valeur bien/mal sur la distinction court/long terme, alors qu’il s’agit d’un simple arbitrage amoral. En portant un jugement de valeur, vous vous interdisez de réfléchir.

          Sinon, les loueurs qui veulent préserver le long terme doivent demander des loyers élevés afin de financer l’entretien et la préservation du bien. Quand les loyers sont faibles, les biens tombent en ruine. Pour reprendre les termes de votre crible d’analyse, le locataire qui exige un loyer faible joue égoïstement le court terme contre l’avenir. A long terme, les loyers faibles font les taudis.

    • @Reactitude2.0
      Bonjour,
      Ce que vous ne semblez pas comprendre c’est que les actionnaires reçoivent leur retour sur investissement. Le montant relevé n’est qu’une partie de ce qui a été investi par les actionnaires dans les entreprises. Un actionnaire est comme un banquier : l’actionnaire verse de l’argent à l’entreprise contre un retour sur investissement ; le banquier prête de l’argent contre des intérêts. Le banquier est plus sûr de son retour sur investissement.

      Les loyers sont élevés parce que les propriétaires sont assomés de taxes, qu’ils répercutent sur les loyers.
      Les salaires sont trop bas puisque l’Etat nous en prend plus de 40% chaque mois, et enuiste il vient parler de « pouvoir d’achat », et que comme expliqué dans l’article, il se sert goulûment à tous les niveaux de l’économie. Du coup ça en laisse moins pour payer les salaires.

  • Les actionnaires « bénéficient » aussi des plus- ou moins-values. L’Etat encore plus puisqu’il n’est pas toujours possible de compenser la fiscalité sur les plus-values par les moins-values qui ne seraient pas datées du même exercice fiscal. Une société comme Berkshire Hataway, qui n’a jamais versé un cent de dividende, mais dont l’action est passée de moins de 12 à 308000$ sous le règne de Warren Buffett, apparaîtrait comme extraordinairement vertueuse à nos défenseurs obtus des salariés !
    Pour le CAC, les plus-values pour l’actionnaire peuvent être estimées en soustrayant les dividendes de la différence entre le CAC nu et le CAC dividendes réinvestis en début et fin d’année. C’est un peu difficile à expliquer, mais parfaitement à la portée de l’Institut Molinari.

  • Il ne me semble pas forcément judicieux d’intégrer les charges sociales dans ce que reçoivent les salariés. Ce n’est pas de l’argent qu’ils dépebsent librement et une protection sociale non éléphantesque leur coûterait moins cher.
    Avec cette modification, les chiffres seraient différents…

  • Les commentaires sont fermés.

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