Europe : renoncer à l’intégration politique, renforcer l’intégration économique

Comment libérer le commerce international en dehors des carcans supranationaux ?

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Europe : renoncer à l’intégration politique, renforcer l’intégration économique

Publié le 15 mai 2019
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Par Ferghane Azihari.
Un article de l’Iref-Europe

Le constat régulier d’un « déficit démocratique européen » conduit depuis longtemps les décideurs à renforcer la participation des citoyens au fil des traités européens. Mais cette évolution s’est toujours accompagnée d’une baisse de la participation électorale. Autrement dit, l’abstention se creuserait au rythme où l’Europe se démocratiserait.

Cette évolution s’explique par l’incapacité des citoyens à s’identifier aux institutions européennes. Or contrairement à ce que suggèrent les théories post-nationales, la participation politique ne suffit pas à créer un sentiment d’identification à une communauté politique paneuropéenne. La démocratisation ne se décrète pas. Tout projet politique pacifique doit s’appuyer sur un sentiment d’appartenance qui lui préexiste. Autrement, l’intégration politique ne fait qu’instiller un sentiment de dépossession politique. Les nationalismes et la sécession britannique ne sont finalement que le résultat de ce sentiment de dépossession.

Le succès de l’intégration économique

À l’inverse de l’intégration politique, l’intégration économique et ses bénéfices réciproques ne nécessitent pas l’existence d’un sentiment d’identification à une même communauté pour réussir. La part grandissante du commerce international dans l’économie des pays européens atteste que l’intégration économique est l’état naturel du monde dès lors que l’on s’abstient d’instaurer arbitrairement des barrières commerciales entre les peuples.

Toutefois, il y a lieu de remarquer que cette intégration économique n’est pas exclusive à l’Union européenne. En effet, certains pays non-membres de l’UE (comme la Suisse ou l’Islande) sont beaucoup mieux insérés dans la mondialisation que les trois économies les plus importantes, ainsi que le montrent les figures suivantes sur la part du commerce international par rapport au produit intérieur brut.

Les avantages de l’Europe sans les inconvénients : l’exemple de l’Association européenne de libre-échange

Le cas de la Suisse et de l’Islande montre qu’il est tout à fait possible d’obtenir les avantages de la mondialisation économique sans les inconvénients de l’intégration politique. En matière de liberté et d’ouverture du commerce international, la Suisse et l’Islande font jeu égal avec les plus grandes économies européennes, sans voir leur autonomie politique dissoute dans des organisations supranationales.

Autrement dit, il est possible d’avoir une économie plus ouverte sur le monde sans faire partie de l’Union européenne, et donc en sauvegardant une certaine autonomie politique.

Le refus d’adhérer à l’Union européenne n’induit pas le rejet de toute forme de multilatéralisme. À titre d’exemple, la Suisse et l’Islande font partie de plusieurs organisations commerciales multilatérales, dont l’Association européenne de libre-échange (AELE). Initialement créée pour concurrencer les communautés européennes, l’AELE regroupe aujourd’hui quatre pays : la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Ainsi que l’atteste le tableau suivant, l’Association européenne de libre-échange semble avoir une politique commerciale au moins tout aussi active que celle de l’Union européenne.

À ces accords commerciaux s’ajoutent les traités individuellement signés par les États-membres de l’AELE. En effet, à la différence de l’Union européenne, l’AELE n’a pas de compétence exclusive dans la conclusion d’accords commerciaux. Elle préserve donc l’autonomie politique des États. Cette autonomie permet à un pays comme la Suisse de signer des traités avec d’autres puissances en dehors du multilatéralisme. La confédération helvétique a ainsi conclu des traités commerciaux avec le Japon et la Chine.

Cette particularité de l’AELE est très intéressante à l’heure où l’Union européenne voit sa politique commerciale perturbée par les lourdeurs procédurales et les divergences politiques nationales et locales en matière d’agenda commercial. Souvenons-nous des négociations commerciales entre l’Europe et le Canada qui ont failli échouer en raison du veto de la Wallonie…

Entre les désirs d’autonomie politique des peuples et les lourdeurs bureaucratiques de certaines organisations multilatérales, il semble intéressant de réfléchir dès maintenant aux méthodes permettant de poursuivre la libéralisation du commerce international en dehors des carcans supranationaux.

En Europe, il faudrait bien entendu veiller à ce qu’une plus grande liberté des États en la matière s’harmonise avec les accords conclus au niveau européen, mais cette alternative pourrait introduire une certaine concurrence entre les États et inciter l’Union à accepter davantage de flexibilité et moins de lourdeur technocratique.

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  • l’histoire abonde de tentatives de créer un empire européen , depuis les conquêtes romaines, Charlemagne,Charles-quint, napoleon ,hitler etc..
    çà a toujours foiré pour des raisons bien simple la langue. les intérêts commerciaux divergents,les différences fiscales et sociales..
    La volonté de faire l’europe est celle du dominant a un moment T de l’histoire.. en ce qui nous concerne c’est l’allemagne..
    C’est l’allemagne qui a asservi les pays d’Europe pour son plus grand profit , on paye pour les pays de l’est récupères du bloc soviétique , mais c’est l’allemagne qui en profite

    • L’Allemagne est de loin le plus gros client de la Suisse.
      L’Allemagne ne profite pas de l’Europe, elle profite de sa position géographique au sein de l’Europe (tout comme la Suisse d’ailleurs).
      La France possède le deuxième domaine maritime du monde, et qu’en fait-elle ? Elle dispose du plus grand territoire de l’UE avec de nombreuses ressources, qu’en fait-elle ?

      L’Europe avec la France en chef de file serait encore plus centralisée. Soyons content que ne soit pas le cas.
      Le temps des empires est fini !

  • L’allemagne domine l’Europe actuellement c’est indéniable mais que serait elle si elle n’avait pas d’abord fait son unification en 1871 ?
    Avant cette date il y avait , en allemagne, une multitude (plus de 300) entités plus au moins autonomes, Napoléon s’en servit d’ailleurs puisqu’il envahit la prusse en 1806 avec comme alliés, entre autres la Bavière et le brandebourg !!
    Et avant cette unification il y eut, il est bon de le rappeler, une union douanière conçue par le ministre des finances prussien Hans von Bülow (1774-1825) en 1818, qui devint en 1834 le Zollverein. Au cours des trente années qui suivirent, presque tous les États allemands rejoignirent cette union douanière. Cette union douanière, unification économique, prépara ensuite l’union politique.
    On pourrait également citer le cas de l’Italie. Que pèserait ce pays aujourd’hui si il était resté dans son organisation politique d’avant son unification en 1866 ?
    Sans une union politique l’Europe sera « baladée » comme l’ont été ces deux pays avant leur propre union. Mais il faudra sans doute etre patient. A moins qu’un événement imprévu ne précipite les choses. L’agression d’un pays de l’UE par une puissance extérieure ?

    • L’Allemagne est tout simplement le pays d’Europe le plus peuplé, qui en occupe le centre par dessus le marché, et où on a su faire les réformes nécessaires. Il n’y a nulle volonté de domination mais un simple état de fait.

  • Lorsqe la grenouille fut aussi grosse que le boeuf elle eclata.
    L’ue veut rivaliser avec la chine , les usa …elle ne pourra jamais faire le poids et la population en a conscience ,on s’en fout de l’UE , car on connait notre avenir ,soit on se soumet soi on creve économiquement et l’ue est soumise au grand frere americain..pourtant cela devrait etre l’inverse..se soumettre pour quelques mercedes c’est pire que les 40 deniers…..heureux sont ceux qui n’en font pas partie ,ils sont libres car insignifiant.
    Une alliance économique ou politique n’a aucun interet si elle est tournee vers l’exterieur ,avoir des armes superieures aux autres..c’est un peu vers ca que va l’ue , armee commune siege commun aux nations unis etc.l’ue se forme uniquement pour se battre contre un adversaire…qui s’en doute ne sera pas le sien.

  • oui à une europe forte , solidaire NON à une europe du fric NON à une europe des multinationales !!

  • L’intégration politique, si elle a lieu un jour, ne pourra être que fédérale et subsidiaire, donc à rebours des idées françaises de centralisme étatique. Normalement dans une fédération, c’est le régalien (sécurité, protection de la civilisation et de l’état de droit…) qui est mis en commun et le détail qui reste local, régional ou national. Sous l’influence française on a essayé au contraire de mettre le détail en commun avec la montagne de réglementations tatillonnes qui agacent les citoyens, mais de conserver soigneusement le régalien au niveau de chaque Etat. D’où l’échec de la CED et l’absence de vision géopolitique commune, notamment face à la menace de l’islam.

    • Ce qui est mis en commun serait donc du ressort de la Commission, donc sous contrôle américain et des mondialistes transnationaux. En attendant la dictature mondiale qu’ils appellent de leurs voeux.

    • LOL ! France et fédéralisme ! Quand au principe de subsidiarité, personne ne sait ce que ça veut dire. Pas sûr que votre projet pour l’Europe passionne les Français.

    • @jacques
      C est pas faux. le Probleme c est que le Regalien au niveau de l europe c est impossible. Le parfait exemple c est la CED que vous citiez. Vous imaginez une armee europeenne ? Des hollandais allant se battre pour maintenir un tyran africain au pouvoir ? des suedois mourant en affrontant des pirates somaliens (enfin la on a une chance si on arrive a prouver que lesdit pirates sont d affreux misogynes ;-))

  • Les commentaires sont fermés.

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