La crise au Venezuela s’aggrave, mais Maduro s’accroche au pouvoir

Blâmer l’impérialisme américain, comme certains le font, c’est simplement rejeter la responsabilité de Maduro et fermer les yeux sur une autre catastrophe socialiste.

Par Julio Araujo.

« Alors que des affrontements éclataient à Caracas, des véhicules blindés de la Garde nationale ont heurté des manifestants et plusieurs ont été tués dans les jours qui ont suivi. »

Le chef de l’opposition et président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó, a appelé les Vénézuéliens à protester contre le président Nicolás Maduro qui serait illégitime. Il l’a appelée « opération liberté », un effort commun contre l’oppression du régime. Guaidó, qui est apparu dans une vidéo aux côtés des forces militaires, a basé son discours sur l’hypothèse que l’armée vénézuélienne – cooptée par Maduro – était maintenant aux côtés du peuple. Il a cependant découvert que ce n’était pas vrai ; partant, ses actes en ont subi les conséquences.

Les manifestations ont été suivies d’actions répressives et les images choquantes de véhicules blindés renversant des manifestants à Caracas ont montré au monde le visage autoritaire du régime. En effet, certains soldats étaient aux côtés de Guaidó et cela peut montrer qu’il existe une résistance croissante au sein des forces de sécurité ; mais les plus hauts gradés au Venezuela soutiennent toujours le président bolivarien.

Les forces de sécurité attentistes

Comme l’élite gouvernementale connaît le rôle que jouent les forces de sécurité dans le maintien du statu quo, des ressources ont été fournies pour l’armée (nourriture, eau, argent, armes, etc.). À ce stade, il n’est pas intéressant pour elles de simplement quitter Maduro et de risquer leur propre sécurité ainsi que celle de leur famille.

Les critiques qui accusent Guaidó de tenter un coup d’État contre le gouvernement du Venezuela ne semblent pas comprendre ce qui se passe sous un régime autoritaire et fermé au dialogue. Il ne s’agit pas d’une démocratie menacée par l’opposition. En fait, il n’y a aucune démocratie et la crise humanitaire semble être pire qu’avant.

L’hyperinflation est déjà supérieure à 1 million de pour cent et plus de 5 millions de personnes pourraient être contraintes à immigrer en 2019, selon l’Organisation des États américains (OEA). Ce nombre pourrait atteindre 8 millions en 2020 s’il n’y a pas de changement dans le scénario politique, soit environ 25 % de la population totale. Le rapport souligne également le fait qu’une partie de ces immigrants souffre de problèmes nutritionnels.

Pannes et censure

Néanmoins, ce ne sont pas les seuls problèmes qu’ils ont connus ; les pannes sont devenues constantes à mesure que le système électrique du Venezuela commençait à s’effondrer. Parallèlement à ces coupures de courant, Internet est la cible de la censure depuis des mois et CANTV, une chaîne publique, a « bloqué l’accès aux médias sociaux ».

Cette catastrophe n’est pas due aux sanctions imposées par les États-Unis, comme on peut le penser, mais à une série de politiques et de choix économiques terribles au cours des deux premières décennies du XXIe siècle. Blâmer l’impérialisme américain, comme certains le font, c’est simplement rejeter la responsabilité de Maduro et fermer les yeux sur une autre catastrophe socialiste.

Les efforts des États-Unis et du Groupe de Lima, une association de pays d’Amérique latine créée pour discuter d’une solution pacifique à cette crise, sont plus que valables et n’ont rien à voir avec la souveraineté du Venezuela. L’Amérique du Sud souffre des conséquences des actions de Maduro et elle portera un fardeau de plus en plus lourd à mesure que la situation s’aggravera. Participer dans ce contexte est aussi un moyen d’éviter que la situation ne dégénère trop vite en génocide, comme ce fut le cas au Rwanda en 1994.

Cette crise humanitaire touche tous les pays susmentionnés qui devraient prendre des mesures pacifiques et diplomatiques pour aider à la résoudre. Ce n’est même plus une question d’idéologie. Plus c’est grave, plus les gens souffriront et mourront des mains d’un gouvernement autoritaire.