Le socialisme aujourd’hui (1) : la chute du Venezuela

Quelles sont les leçons à tirer de la débâcle vénézuélienne ?

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El pueblo venzolano acompano los restos de su presidente Chavez by Cancilleria del Ecuador(CC BY-SA 2.0)

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Le socialisme aujourd’hui (1) : la chute du Venezuela

Publié le 25 février 2019
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Par Daniel J. Mitchell.

Avec le succès surprenant du sénateur Bernie Sanders lors de la dernière course à la présidentielle américaine et le statut de célébrité plus récent de la représentante au Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, certains se demandent si les États-Unis ne sont pas sur le point d’entrer dans une « ère socialiste ». J’ai déjà critiqué certaines des propositions portées par ce mouvement, telles que les taux d’imposition confiscatoires et le soi-disant New Deal « vert ». Il va sans dire que je ne suis pas un partisan.

Pour en savoir davantage sur les implications du socialisme dans le monde moderne et distinguer les diverses formes qu’il revêt aujourd’hui, je vous propose un petit tour du monde dans une série de cinq billets. Nous allons commencer par le Venezuela.

L’échec du socialisme bolivarien financé par l’argent du pétrole

Le Venezuela fait l’objet d’un article très intéressant dans le Washington Post. En voici quelques extraits :

Le socialisme a-t-il tué le Venezuela ? Doté des plus grandes réserves pétrolières du monde, ce pays d’Amérique du Sud était autrefois le plus riche par habitant de la région. Vingt ans après le lancement de la révolution bolivarienne de feu Hugo Chávez, il fait maintenant partie des plus pauvres. (…)

À Washington (…) les républicains se servent du Venezuela pour marquer des points contre les démocrates qui ont récemment repris le terme. (…) Mais les observateurs disent que le rôle du socialisme dans l’effondrement du Venezuela n’est pas aussi clair que l’une ou l’autre des parties aime le penser. Les politiques socialistes soutenues par des pétrodollars d’État ont contribué à renforcer le statut du pays comme l’une des sociétés les plus égalitaires de l’hémisphère occidental, du moins de façon fugace. Mais des politiques étatiques lourdes qui ont faussé les prix et les taux de change, associées à de la corruption, une mauvaise gouvernance et la répression des autorités, ont transformé le paysage économique du Venezuela en terre brûlée. (…)

Pour autant ce n’est pas non plus le Cuba communiste ou la Corée du Nord, où les investissements étrangers et la propriété privée sont strictement limités. (…) Les riches Vénézuéliens possèdent toujours des sociétés privées et des manoirs à hauts murs dans des quartiers d’élite. Ils jouent au golf dans des country clubs et sont taxés à un taux relativement raisonnable de 34 %.

C’est une chronique très juste. Les principaux points sont exacts : le niveau de vie s’est effondré au Venezuela, l’argent du pétrole complique les analyses et l’économie n’est pas aussi étatique que celles de Cuba et de la Corée du Nord.

L’article rapporte ensuite les points de vue de plusieurs Vénézuéliens :

« Tous les maux ont été semés sous Chávez », déclare Henkel Garcia, directeur d’Econometrica, une société d’analyse financière basée à Caracas. « L’économie a survécu aussi longtemps qu’elle a pu en raison des prix élevés du pétrole. » (…)

Selon les sondages, environ un tiers du pays semble toujours en faveur du socialisme aujourd’hui – bien que seulement la moitié d’entre eux reste fidèle à Maduro. (…) L’hyperinflation provoquant de graves pénuries de nourriture et de médicaments, de plus en plus d’anciens chavistes, ou adeptes des idéaux de Chávez, expriment des mea culpa et se retournent progressivement contre Maduro. « Avant de mourir, je veux que le socialisme disparaisse du Venezuela », déclare Yessid Merlano, un serveur âgé de 50 ans. (…) Les pénuries de nourriture et de médicaments ont commencé à se manifester il y a des années, mais elles sont maintenant si chroniques que, comme lui, des millions de Vénézuéliens ont maigri et sont allé chercher du travail à l’étranger. Avant de revenir à Caracas l’année dernière, il a travaillé pendant 10 mois comme ouvrier dans la Colombie voisine, « où je n’ai vu que des Vénézuéliens mendier dans la rue », déclare-t-il. « Je me sens coupable d’avoir été chaviste », dit-il. « Tout est de ma faute, toutes ces souffrances. »

Je me réjouis que beaucoup de Vénézuéliens réalisent maintenant que le socialisme est une erreur. Même si je me demande s’ils soutiendront les réformes nécessaires une fois que le régime actuel aura été destitué (et étant donné les intentions perverses des politiciens, je suis encore plus inquiet de savoir si un nouveau gouvernement mettra en œuvre ces réformes).

Le déclin économique du Venezuela

L’article se termine par des informations accablantes sur les dégradations économiques du pays.

Les soins de santé publics, qui étaient autrefois une fierté des socialistes, sont devenus catastrophiques sous l’effet de l’hyperinflation et de la diminution des ressources, laissant les hôpitaux avec des pénuries de seringues et d’antibiotiques, ainsi que des équipements défectueux, trop coûteux à réparer. (…)

Chávez a évincé les managers, ingénieurs et techniciens qualifiés du géant pétrolier d’État PDVSA, pour les remplacer par des fidèles du régime. Cela a provoqué un désastreux fiasco tandis que les prix mondiaux ont chuté de leurs plus hauts records. La production de pétrole vénézuélienne est désormais à son plus bas niveau depuis les années 50.

Les industries nationalisées par Chávez, qui a exproprié 1 500 entreprises, se sont effondrées, les prix réglementés ayant faussé les marchés. En deux décennies, le régime a saisi près de 5 millions d’acres de terres agricoles productives qui ont été en grande partie abandonnées. En 1999, le Venezuela comptait 490 000 entreprises privées. Selon le dernier décompte, ce chiffre est tombé à 280 000 en juin dernier.

Rien de tout cela n’est surprenant. Le Venezuela est un cas d’espèce.

Mais ce n’est pas notre sujet du jour. Nous nous demandons plutôt s’il y a des leçons à tirer de la débâcle vénézuélienne. Ou, pour être plus précis, je pense que la question clé est de savoir si les défenseurs du socialisme démocratique en Amérique ou en Europe ont appris quelque chose des piètres performances du Venezuela.

Beaucoup de gauchistes, dont le sénateur Sanders aux États-Unis (et Mélenchon en France, NDT), ont loué les abominables politiques de Chavez et Maduro.

Maintenant qu’il faut payer les pots cassés et que l’économie du Venezuela est en chute libre, l’un d’entre eux s’est-il excusé ? L’un d’entre eux a-t-il essayé de comprendre ce qui s’est passé ? Ou même exprimé des doutes sur la prétendue sagesse du socialisme ?

À suivre : le deuxième article de notre série, consacré au social-libéralisme scandinave


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.

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  • on connait depuis longtemps la dynamique du socialisme , qui mène a la faillite générale du pays puis conséquemment a la privation de liberté, puis a la dictature.
    La social democratie est sur a meme tendance , elle a échoué partout en europe..
    voir le resultat en france depuis 1981

  • Vous imaginez la France avec Mélenchon à la tête de notre Pays.?

  • « …la question clé est de savoir si les défenseurs du socialisme démocratique en Amérique ou en Europe ont appris quelque chose des piètres performances du Venezuela. »

    J’en doute. Le socialisme est une idéologie et à ce titre il est assez imperméable aux réalités. C’est pourquoi il renaît sans arrêt, malgré ses échecs.

  • « réformes nécessaires »

    Nécessaires pour atteindre le socialisme ?
    Le mot « nécessaire » mérite d’être complété, nécessaires dans quel but ?

    Car le constat est interprétable de plusieurs façons, ici l’absence de vraie collectivisation et la forte emprise du secteur privé sur l’économie mettent à mal les projets planistes des élus de la République.

    • Mon colonel, les réformes sont nécessaires pour ignifuger les camions qui apportent de la nourriture au Venezuela et protéger Maduro du ridicule.

      On espère simplement que ce n’est pas Tapioca qui remplacera Alcazar ou le contraire.

  • « [Est-ce que] les défenseurs du socialisme démocratique en Amérique ou en Europe ont appris quelque chose des piètres performances du Venezuela »
    Absolument rien ! J’ai 2 collègues à la machine à café qui m’affirmait que c’est à cause des USA et de la CIA que le Venezuela est dans cette crise.
    Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

  • Le Washington Post se tortille pour dire que le socialisme est bien tout en étant pas bien et que c’est la catastrophe mais pas de la faute à Maduro qui aurait quand même mal géré ?!?

    Je comprends bien que les problèmes de justice sociale soient grands et pas faciles à résoudre en Amérique du Sud, mais quand même !

    La chute du Venezuela est un record de vitesse et de gâchis et laisser supposer que ce serait des « erreurs » ou « pas de chance » ou « pas grave » est un peu fort de café arabica.

    « Support great journalism » et débloquez votre addBlocker si vous voulez assister à cette grand leçon de journalisme !

  • Tout est arrivé insidieusement dans un pays premier producteur de pétrole du monde
    Pour lutter contre la mainmise américaine,ils ont vendu leur âme au diable en l’occurrence les cubains
    L’illettrisme a peut-être reculé mais le bo sens ne l’a pas remplacé
    Maduro essaie de faire du Chávez mais sans aucun talent
    Il va gérer la crise par la pénurie
    Je lisais dans abc Ou la razón que les cadres de l’entourage direct de NM avaient mis leurs familles et leurs bien à l’étranger
    Je reviens de México où j’ai vu à la télé AMLO le nouveau président faire des discours pathétiques (paraît il tous les matins) d’une indigence rare, mais avec une forme non agressive
    J’ai une amie qui travaillait dans un ancien ministère qui n’ait plus payé
    On est en train de gérer la pénurie.
    Pour le bien-être du peuple

    • « Pour lutter contre la mainmise américaine,ils ont vendu leur âme au diable en l’occurrence les cubains »

      Comprends pas !

      Vous attaquez les Cubains pour défendre le Chavisme ?

      Les Cubains ont fait leur révolution et elle était probablement juste et nécessaire. Peut être aussi pour le Venezuela. Mais le collectivisme est bien à condition d’en sortir le plus rapidement possible, ce que n’on fait ni les Cubains ni les Venezueliens.

      Le socialisme est un double piège : l’effondrement économique ET la dictature.

  • Merci pour ces 4 articles…Bravo au traducteur…

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