Venezuela : malédiction du pétrole ou du socialisme ?

Comment un pays démocratique, non régi par des lois religieuses d’un autre temps, est-il arrivé au point de devoir rationner les biens les plus élémentaires et voir ses habitants fuir par milliers ?

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Venezuela : malédiction du pétrole ou du socialisme ?

Publié le 8 août 2017
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Par Samuel Furfari.

Le Venezuela se trouve à la croisée des chemins. Se dirige-t-il vers le modernisme ou va-t-il poursuivre sa révolution bolivarienne vers le socialisme qui l’a conduit à la débâcle à laquelle nous assistons aujourd’hui ?

Le pays possède tout ce qu’il faut pour connaitre la prospérité et la paix. Ses abondantes ressources d’hydrocarbures auraient pu en faire la Norvège de l’Amérique latine.

Même son tout petit voisin, le Trinité-et-Tobago, fait nettement mieux que lui. Caracas, la capitale vénézuélienne, est devenue le modèle à ne pas suivre. Comment un pays démocratique, non régi par des lois religieuses d’un autre temps, est-il arrivé au point de devoir rationner les biens les plus élémentaires et voir ses habitants fuir par milliers ?

Sauvegarder l’avenir du pays

Dans sa lettre pastorale aux églises libres du Venezuela et à la société vénézuélienne, l’Association des Églises évangéliques libres, face à la violence généralisée qui sévit dans le pays, a demandé à ses fidèles de réfléchir à deux fois avant de partir afin de sauvegarder l’avenir du pays.

Curieusement, c’est le pétrole qui est à la base de cette situation désastreuse. Avec 301 milliards de barils, soit 17,7% du total mondial, le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de brut au monde, loin devant l’Arabie Saoudite qui en possède 267.

La plupart des réserves de pétrole prouvées du Venezuela sont situées dans le bassin du fleuve Orinoco où 220,5 milliards de barils de pétrole lourd gisent, pratiquement inexploités. Même s’il n’est pas de première qualité, c’est du pétrole. La principale zone de production se trouve dans le bassin de Maracaibo, où l’on pompe près de 50% du pétrole vénézuélien.

Chute du Brut

En 2015, la production quotidienne n’a totalisé que 2,6 millions de barils (Mb) par jour, soit 3,1% de la production mondiale et bien en deçà de celle de 1970, année où l’on extrayait 3,7 Mb de brut par jour ! La situation économique du pays s’est empirée suite à la chute du prix du brut et plus récemment à la forte réduction des importations américaines.

De 600 Mb/an entre 1994 et 2004 – soit 2/3 de la production vénézuélienne – grâce à leur pétrole de roche mère, les USA n’en importent plus que 150 Mb. Avec ses 5 600 milliards de m³, le Venezuela se place au huitième rang mondial des réserves gazières mais descend à la vingt-sixième pour sa production de gaz naturel. Ces quelques chiffres montrent à l’évidence que quelque chose ne tourne pas rond dans ce pays.

L’échec de Chávez

L’idéologie imposée par Hugo Chávez ne pouvait qu’aboutir à un lamentable échec. Pour Chávez – et Nicolas Maduro qui lui a succédé après sa mort – la richesse pétrolière du Venezuela devait être l’instrument qui activerait la révolution bolivarienne.

L’objectif était l’instauration du socialisme, non seulement dans le pays, mais dans toute l’Amérique latine et ensuite dans le monde entier. Avec les réserves pétrolières gigantesques de son pays, Chávez s’imaginait devenir le maître du monde. Il a racheté les 528 M$ de la dette de l’Argentine, construit des maisons à Cuba, aidé le nouveau gouvernement équatorien, proposé la création de l’ALBA – une zone de libre échange pour les Amériques.

L’offre pétrolière de Chávez

Le 29 juin 2005, en présence de Fidel Castro, Chávez a proposé à ses voisins des Caraïbes la création de Petrocaribe, un programme censé permettre à quinze pays des Caraïbes de régler 40% de leur facture pétrolière par des crédits à vingt-cinq ans et au taux de 1% sur une période démarrant deux ans après la livraison ; l’offre de participation au programme a aussi été étendue aux municipalités de gauche d’El Salvador et du Nicaragua.

Le Président Chávez s’était investi du rôle de bienfaiteur de pays souffrant du prix élevé du pétrole… vénézuélien, prix qu’il a contribué à fixer, comme on le verra.
Les USA sont devenus son ennemi n° 1. On l’a vu se moquer publiquement de George Bush lors du Sommet des Amériques à Mar del Plata (Argentine) de novembre 2005 et en compagnie de l’ex footballeur Diego Maradona, haranguer la foule anti-Bush. Chávez décida aussi de retirer une grande partie des réserves financières vénézuéliennes des États-Unis.

Chávez contre les USA

En visite à Paris le 9 mars 2005, Chávez a déclaré que « si les U.S.A. parvenaient à le tuer, les travailleurs vénézuéliens n’enverraient plus une seule goutte de pétrole à ce pays ». Le héros de la révolution bolivarienne a également proposé, dans son discours à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies du 20 septembre 2006, que le siège de l’organisation soit déplacé au Venezuela et au passage, qualifié Georges Bush de diable traînant une odeur de soufre.

Son rôle croissant dans la géopolitique de l’énergie l’a incité à offrir son soutien au programme nucléaire iranien. Dans le but de punir le pays symbole de l’économie de marché, le Président populiste envisage la réduction des livraisons de son pays au puissant voisin du Nord et à cet effet, déploie tous ses efforts pour multiplier les ventes ailleurs, y compris dans la lointaine Asie, pourtant à 45 jours de navigation. C’était évidemment sans compter sur la révolution du pétrole de roche-mère des USA, une révolution réussie, contrairement à celle de Chávez et de son héritier Maduro…

Pourquoi ne te tais-tu pas ?

Toujours en défiance des USA, Chávez se lie d’amitié avec l’Iranien d’Ahmadinejad et dans la foulée propose l’établissement de la fameuse ‘bande de prix’ à l’OPEP, qui a eu pour conséquences des années de prix surfait du pétrole. Au sommet de l’Amérique latine-Espagne du 10 novembre 2007, il a tant exaspéré le roi Juan Carlos que celui-ci lui a lancé : « ¿Por que no te callas? » (Pourquoi ne te tais-tu pas ?).

Après la grève de 2002, 18 000 cadres de la société nationale Petroleos de Venezuela (PDVSA) sont licenciés ainsi que 85% des ingénieurs et 90% du personnel travaillant dans l’activité extractive. Ceux qui possédaient le savoir-faire sont remplacés par des acolytes du régime. Les recettes pétrolières ne sont pas réinjectées dans le secteur mais dans des programmes sociaux.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre, d’autant plus que le prix du brut revenait à un niveau normal grâce à l’abondance du pétrole tant conventionnel que de roche-mère.

Le pétrole comme instrument politique

Du temps des prédécesseurs de Chávez, le pétrole servait aussi d’instrument politique et géopolitique. Pendant les années 50 le président vénézuélien Marcos Pérez Jiménez promit de moderniser le pays « en une nuit » ; la promesse s’est vite évaporée avec un gouvernement marqué par la corruption et le gaspillage.

En 1960, en réaction à une première crise avec les USA suite aux décisions du président Eisenhower, le Venezuela proposa aux pays arabes la création de l’OPEP, qui s’est concrétisée à Baghdâd en septembre 1960. Dans les années 1970, le président Carlos Andrés Pérez promit une rapide transformation du Venezuela en une nation développée, mais la chute du prix du pétrole provoqua l’endettement du pays qui finit par s’effondrer une décennie plus tard.

Plus que le plan Marshall

Raul Gallegos, un analyste vénézuélien, explique qu’entre 1999 et 2014, le gouvernement vénézuélien a gagné, grâce au pétrole, plus de 1 300 Md$, soit plus de 13 fois les dépenses du plan Marshall (ajusté pour l’inflation) qui ont permis à l’Europe de se remettre de la Deuxième guerre mondiale.

Même si les dépenses ont brièvement aidé les pauvres, qui constituent 80% de la population vénézuélienne, le pays est tombé en ruine lors de la chute des prix du pétrole en 2014. L’échec du socialisme bolivarien a permis à l’opposition de remporter une large victoire en décembre 2015.

Les pétroliers mondiaux, comprenant que l’instabilité allait perdurer, ont boudé l’édition 2015 du Venezuela Oil Roadshow qui se tient annuellement à Maracaibo. L’événement fut un fiasco : au lieu des 40 000 participants attendus, seuls 3 000 étaient présents – dont des centaines d’employés de l’entreprise publique PDVSA ajoutés pour gonfler le nombre.

Face à la Russie

Face au manque de technologies modernes et faute de majors occidentaux devenus réticents à cause de l’instabilité qui règne dans le pays, le gouvernement se tourne alors vers les entreprises russes pour une coopération. Serait-ce la raison pour laquelle la Russie figure parmi les quelques nations ayant reconnu les résultats du dernier référendum constitutionnel de juillet 2017 ?

En juin 2015, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, Rosneft et la PDVSA ont signé un accord visant au développement conjoint de projets au Venezuela, tout en promouvant des technologies de pointe dont l’entreprise nationale vénézuélienne a grandement besoin. L’un des projets porte sur l’exploration et l’exploitation des blocs Rio-Caribe et Mejillones (phase II du projet Mariscal Sucre).

La solution du gaz

Le Venezuela compte également exploiter, avec la collaboration de Rosneft, les opportunités offertes par l’immense bassin de gaz non associé en offshore, bassin qui se prolonge vers le Trinité-et-Tobago (14 km séparent les deux voisins).

C’est ce qui a permis à ce petit État des Caraïbes de devenir exportateur de gaz naturel liquéfié depuis 1999. Grâce à un plan conçu il y a dix ans par BP, l’espagnole Repsol et la National Gas Company du Trinité-et-Tobago, la production de gaz et son exportation sous forme de gaz naturel liquide (GNL) ont contribué à faire la fortune de ce petit voisin du Venezuela.

Par ailleurs, le Trinité-et-Tobago était, avant l’émergence de la production de gaz de roche-mère, le principal fournisseur de gaz des États-Unis.

À côté de Trinité-et-Tobago, le Venezuela fait figure de géant, mais de géant endormi qui a perdu la course du gaz tout simplement parce que Caracas a rejeté l’idée de toute coopération avec les entreprises internationales. Grâce à son attitude favorable à la loi du marché et à l’opposé du socialisme bolivarien, le Trinité-et-Tobago est désormais le plus grand producteur de pétrole et de gaz naturel des Caraïbes.

Excrément du diable

Il a également développé son industrie pétrochimique et est devenu en 2013 le plus grand exportateur mondial d’ammoniac et le deuxième exportateur de méthanol. En reconnaissance de l’épanouissement économique du pays, l’OCDE l’a enlevé de sa liste de pays en développement et placé parmi les pays les plus développés des Caraïbes.

Juan Pablo Pérez Alonzo, ministre de l’Énergie vénézuélien et fondateur de l’OPEP, a qualifié le pétrole «d’excrément du diable». Dans son livre Hundiéndonos en el excremento del diablo, publié en 1976, il affirme que « le pétrole amène le gaspillage, la corruption, les dépenses inutiles et la dette… Nous allons souffrir pendant des années et des années de ces dettes ». Il ne s’est pas trompé, vu la corruption devenue endémique dans son pays et dans tant d’autres pays pétroliers. Certains se sont enrichis tandis que leurs populations sont restées très pauvres. Hormis une poignée de pays principalement de l’OCDE (U.S.A., Royaume Uni, Australie…) – mais aussi quelques exceptions comme l’atteste l’exemple de Trinité-et-Tobago, les pays producteurs de pétrole ou de gaz ne sont pas de véritables démocraties, ne connaissent pas de stabilité économique et sont confrontés à des troubles récurrents. Dans le monde de l’énergie, cette triste réalité s’appelle the curse of oil (la malédiction du pétrole).

La Norvège contre la malédiction

La Norvège est un des exemples qui échappent à cette malédiction. C’est une démocratie riche et prospère – bien qu’elle ne possède que 2,6% de ses réserves pétrolières et 1/3 des gazières du Venezuela – dont les revenus sont particulièrement bien gérés. Son éthique protestante rigoureuse limite sans doute la corruption et promeut la solidarité intergénérationnelle.

Le jour où son pétrole aura tari, ses générations futures sont assurées de bénéficier encore de cette manne grâce au Fonds créé par le gouvernement norvégien. Géré par la Norges Bank Investment Management, cet immense fonds souverain mondial affiche une valeur de 810 Md€ et croît sans cesse. Quel contraste avec la révolution bolivarienne !

Formons le vœu que la crise vénézuélienne ne débouche pas sur une guerre civile mais qu’elle aide l’État à reconnaître que ce ne sont pas tant les richesses du sous-sol qui apportent prospérité et paix mais la bonne gouvernance, pas l’idéologie mais la bonne gestion.

L’auteur s’exprime à titre personnel.

Le dernier ouvrage de Samuele Furfari est une œuvre de plus de 1200 pages en deux volumes The changing world of energy and the geopolitical challenges.

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  • Une excellente et complète analyse du problème. Les passions, idéologiques, nationalistes, et internationalistes, ont balayé la raison, le simple calcul des avantages et des inconvénients d’une politique.
    Le Vénézuela est maintenant en guerre civile, en continuité avec la guerre économique avec l’ennemi héréditaire, les États-Unis.
    Mélenchon et sa suite adorent, mais nous n’avons de pétrole à mettre en gage.

    • Le Venezuela ne sait pas gérer ses problèmes politiques autrement que par la violence, Chavez a lui même fait les frais d’un putsch en 2001. L’état faible ne tiens pas ses polices (on parle plus de milices). La corruption est endémique depuis des lustres et les prédécesseurs de Chavez ne faisaient pas vraiment mieux en terme économique.
      À part la Norvège et quelques petits pays qui ne sont pas comparables en terme de population, aucun grand pays pétrolier ne sait gérer ses ressources, socialisme ou pas socialisme (cf. Russie).
      Quant à ses voisins, pour être allé en Colombie récemment, 80% du territoire n’est pas accessible sans garde du corps, le peu de classe moyenne vit dans des camps retranchés. Même cirque au Mexique.

      Quand ce n’est pas le pétrole ou le socialisme, les latinos trouverons un truc pour se martyriser.

      • Vous avez tort. Oui la corruption existait avant Chavez au Venezuela mais pas à ce degré. Le Venezuela n’a jamais eu autant de corruption.
        Le Venezuela a été confronté à un pillage de ses ressources par l’élite chaviste. Certes, la captation des ressources naturelles par l’élite n’est pas nouveau mais cela a jamais atteint un tel degré.
        Au Venezuela, environ 300 milliards $ des fonds de la République vénézuélienne ont été volés, donnés à leurs amis, par Chavez et Maduro en 17 ans. Cela s’est l’estimation la plus basse. Certaines estimations parlent de plus de 600 milliards $. C’est le plus grand vol jamais orchestré. Jamais dans l’histoire du pays il y a eu de tel vol.

        Quand à la violence, sous le régime chaviste, elle s’est développer pour atteindre un niveau que le Venezuela n’avait jamais connu auparavant.
        Un excellent article au sujet de la sécurité au Vénézuela: http://www.inhesj.fr/sites/default/files/cs27_28_vasquez_lezama_weinberger.pdf
        Entre 2002 et 2012, le taux de mortalité toute cause confondue a augmenté de 30 % au Vénézuela d’après les chiffres officiels.

      • Jamais le Venezuela n’avait connu une telle violence. En 1998 3.000 morts. En 2016 +33.000 morts. A cause du chavisme, le Venezuela a connu une explosion de la criminalité sans précédente dans l’histoire du pays. C’est devenu un pays ultra violent.
        Pour la Colombie, vous vous trompez totalement. Votre description est sans doute vrai pour le passé mais ce n’est plus du tout le cas. je connais des gens qui sont allés assez récemment dans le pays et justement ils ont été étonnés de la sécurité. C’est un pays très sûr. Il y a toujours quels endroits dangereux mais dans la majorité du pays c’est sûr.
        Pour le Mexique, c’est un pays violent mais la violence dépent des états. Il y a des états sûrs et d’autres très dangereux.

      • Une excellent vidéo sur les prisons vénézuéliennes: https://www.youtube.com/watch?v=9G6H5Z_JzOc&feature=youtu.be (cela peut permettre de se faire une idée de ce pays et de la sécurité au Vénézuela).
        Au Vénézuela, les prisonniers ont des fusils d’assaut automatiques, ce sont eux qui gèrent les prisons (tout cela se fait avec la complicité du gouvernement)
        Caracas au Vénézuela est la ville la plus violente au monde: http://www.francetvinfo.fr/monde/carte-voici-les-20-villes-les-plus-violentes-du-monde_1289827.html#xtor=RSS-3-%5Bmonde%5D

      • A noter que le Venezuela est un état mafieux dans le sens où le trafic de drogue est directement organisé par l’élite au pouvoir. Ce sont les généreux vénézuéliens qui dirigent le narcotrafic au Venezuela. Des membres de la famille de Maduro sont impliqués dans le narcotrafic.

        Près des 3 quarts des crimes au Venezuela sont commis avec la complicité d’au moins un membre des services de sécurité. la police vénézuélienne est la plus grande organisation criminelle du Venezuela. Elle vole les gens et les rackettent. Les services de sécurité commettent des crimes ce qui conduit les gens ordinaires à se faire justice eux mêmes. Au Venezuela il n’est pas rare que les voleurs soient lynchés à mort par la foule. Jamais le Venezuela n’avait connu pareille situation avant Chavez

  • En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, socialistes . . .
    Ça fait peur ! ! !

  • Qu’on me cite un pays socialiste et/ou communiste qui, par la force des évènements devient obligatoirement une dictature, où la prospérité règne? Le socialisme conduit toujours à la ruine pour tous. Malgré les nombreux exemples de l’Histoire, beaucoup continuent de penser que c’est la solution et prétendent que les pays où ça n’a pas marché (la totalité) c’est parce que ce n’est pas du « vrai » socialisme-communisme. Naïveté et/ou cynisme! Combien de tragédies humaines, de sang versé faudra-t-il pour comprendre qu’il mène à notre perte?

    • Sur les effets dévastateurs du socialisme et de l’étatisme aucun doute la dessus.
      Je reste plus dubitatif quand au vrai communisme qui n’a rien à voir avec le socialisme, j’oserais dire que les 2 systèmes sont diamétralement opposés, à mon avis une des grandes conneries qu’a écris Marx est que le socialisme mène au communisme ce qui est un non sens, vu qu’un des 2 est l’extreme de l’étatisme, et l’autre est sensé fonctionné sans état…..
      Je doute que ca fonctionne pour moultes raison mais j’aimerai tout de même voir se créer un vrai pays communiste au moins une fois pour voir le résultat.

    • @ Sans blague

      Je sais bien que le « socialisme » est ici la cible favorite mais il y a, dans l’aventure du Venezuela, autre chose: un chef d’état « monarchique », ambitieux et « arrivé » (problème psy évident) donc sans limite, qui « se récompense » lui-même puis jouis de son pouvoir pour corrompre et acheter les autres: et un dictateur n’est pas forcément de gauche, mais toujours narcissique et égocentré.

      Son successeur qui veut changer la constitution est évidemment encore pire. Quand on adapte la constitution à ses besoins, oui, ça déconne!

      • Vous passez trop légèrement sur ce qui précède…

        • @ MichelC
          Un pays n’est pas dirigé par une idéologie mais par des personnes et, libéralement, la responsabilité est individuelle.

          • @mikylux
            Bonjour,
            « Je sais bien que le « socialisme » est ici la cible favorite »
            Ici, la « cible favorite » sont les régimes qui criblent la liberté de trous façon gruyère au-dessus d’un feu plus ou moins ardent.
            « mais il y a, dans l’aventure du Venezuela, autre chose : un chef d’état « monarchique », ambitieux et « arrivé » (problème psy évident) donc sans limite, qui « se récompense »  »
            En France nous avons le bonheur d’avoir le même genre de personnalités en charge de la France depuis des lustres. Nous avons eu aussi, il y a quelques années maintenant, des Monarches, des vrais, donc nous connaissons. L’Histoire de la France nous le rappelle.
            « Un pays n’est pas dirigé par une idéologie mais par des personnes et, libéralement, la responsabilité est individuelle. »
            « Libéralement » et « responsabilité individuelle » ne peuvent pas s’appliquer à ces personnes irresponsables, peu importe le sens, qui se placent au-dessus des lois et de leur Constitution, qui les contournent toutes deux, se les arrangent, et qui se servent de la DDHC comme papier hygiénique.
            Quand des personnes arrivent au pouvoir avec des idéologies, c’est avec ces idéologies qu’ils dirigent, qu’ils exercent leur pouvoir. Quand les idéologies ne vont pas, qu’elles ne fonctionnnent pas, on les distord pour qu’elles cadrent.

  • Bonjour,

    Ce fut grande pitié, en effet, de constater la gestion débraillée des revenus du pétrole aux temps de la splendeur d’Hugo Chavez :
    Raffineries délabrées, quasiment pas de formation de nouveaux ingénieurs, hiérarchie humiliée par la surveillance de militaires ignares de la gestion dans ce secteur…….

    Comme le répétait souvent le navigateur et diplomate Jean-François Deniau, « Trop fort n’a jamais manqué » — jusqu’au naufrage impensable;

  • Ce n’est pas le pétrole qui a dézingué ce pays, c’est le socialisme et la connerie de Chavez, qui ne manquait pas d’un certain charisme, comme Lénine, et de son pâle successeur Maduro.
    C’est aussi l’absence cruciale de compétences technologiques et donc d’éducation.
    La différence entre le Vénézuela et la Russie (qui a aussi subi la baisse des cours du pétrole), c’est le niveau de formation de ses ingénieurs, nul d’un côté, excellent de l’autre.
    Conclusion: le socialisme conduit toujours à la catastrophe; ajoutez-y une bonne dose de bêtise et un manque total d’éducation et vous avez la famine dans un pays assis sur un tas d’or…noir.

  • DU SOCIALISME, qui est une escroquerie consistant à affirmer qu’on veut faire le bonheur du peuple pour s’emparer du pouvoir et des richesses, en réduisant ce peuple à l’esclavage. Ce que fait Maduro en ce moment même!

  • Et notre Le Guen, socialo grand teint, du haut de sa suffisante connerie voit bien sur la main de la CIA dans les malheurs du Venezuela…

  • Le problème du Venezuela a été d’avoir un trop puissant voisin qui était également son principal client, Bien sûr il y a la mauvaise gouvernance et la corruption mais cela n’explique pas tout. Quand une partie des cadres sont aux ordres de Washington on peut toujours s’attendre au pire.
    A côté de cela il faut considérer la production à perte sur le territoire tatsunien. Cette politique est voulue par Washington pour casser les prix du pétrole et mettre en difficulté les pays dont la principale source de revenus est dans l’exportation du gaz et du pétrole.
    Par ailleurs les USA financent leurs pertes colossales avec la planche à billets ce qui veut dire aux frais du reste de la planète.
    Si le Venezuela (et Cuba, et l’Arabie Saoudite et l’Iran …) ne fonctionnent pas bien c’est aussi EN PARTIE parce que les USA font tout pour torpiller le système.

    • Cadres aux ordres de Washington ? Production à perte ? Quelle bonne blague !

    • Comment expliquez-vous la comparaison avec le petit pays juste à côté qui s’en sort très bien (Trinité et Tobago) ?
      Ce dernier est dans une situation similaire au Venezuela, à savoir :
      * économie basée essentiellement sur le pétrole et le gaz (ou leurs dérivés) – près de 85% des exportations proviennent du secteur des énergies
      * le client principal en terme de GNL : USA (plus ds 2/3 des importations américaines dans ce domaine)

      Pourtant, vous avez là un pays qui se développe (construction d’université, réduction de la mortalité infantile, etc.).

    • Mais bien sûr… et le milliard de manifestants qui bravent les milices de Maduro dans les rues de Caracas sont manipulés par la CIA sans doute

    • Les milliers pas le milliard of course…

    • A côté de cela il faut considérer la production à perte sur le territoire tatsunien.

      Ben, faudrait savoir : les ricains, ils aiment le fric ou pas ❓
      Donc selon vous, il seraient con au point de produire à perte ❓
      Faudrait voir à savoir.

  • Tres bon article truffé de reflexions bien pertinentes. Sinon pour repondre a la question posée en titre, un simple petit bilan : combien de régimes socialo-marxiste ont viré au succès flamboyant et au bonheur indicible ? Combien de producteurs d’une denrée notoirement abondante se sont pris un tres serieux revers du fait de l’exploitation à but tres lucratif de la dite denrée ?

  • Un très bon article, bien documenté qui retrace l’historique du pétrole au Vénézuéla. Non le pétrole n’est pas la source des problèmes Vénézuéliens. C’est le socialisme, car « le socialisme conduit, à la misère, à la dictature et à la mort ». Il n’y a pas de contre- exemple pouvant être cité en modèle. Et dire qu’en France , il y a toute une partie de la population pour adhérer à ces idées.

  • « Après la grève de 2002, 18 000 cadres de la société nationale Petroleos de Venezuela (PDVSA) sont licenciés ainsi que 85 % des ingénieurs et 90 % du personnel travaillant dans l’activité extractive. Ceux qui possédaient le savoir-faire sont remplacés par des acolytes du régime. Les recettes pétrolières ne sont pas réinjectées dans le secteur mais dans des programmes sociaux. »
    Ca c’est du socialisme ! A la prochaine grève SNCF, on fait pareil ? On place des membres d’En Marche ou du P.S et on voit comment ils font tourner la boîte, qui a certes un handicap de plus de 40 milliards de dettes, mais ce sera un vrai challenge !

    Gerald555 parle de Lénine, qui voulait la « dictature du prolétariat ». Lénine a en fait effectué « la dictature sur le prolétariat ». Chavez pour « aider » les pauvres, en a créés encore plus. Maduro continue de plus belle. Le Vénézuela a atteint le dernier stade du socialisme : la dictature.

  • Dommage , l’article est très intéressant et l’analyse mesurée mais les commentaires sont comme d’habitude plus versés dans l’idéologie ultra libérale …en tout cas plus idéologiques que l’idéologie qu’ils dénoncent. La pression de la droite et des Etats Unis sont vraiment pour rien dans ce désastre ??? Chavez avait quand même survécu à un putsch et un attentat …On n’est pas chez les bizounours !

    • « Chavez avait quand même survécu à un putsch et un attentat …On n’est pas chez les bizounours ! » Malheureusement pour le Venezuela. Par contre, le Venezuela ne lui aura pas survécu, comme tout pays face au socialisme.

    • Pôvre Chavez le dictateur socialiste du 21ème siècle. Comment peut on imaginer que certains voulaient se débarrasser de lui par la violence? Qui c’est le bisounours?

    • Les USA c’est homme de paille bien pratique pour détourner l’attention des bienfaits du socialisme et de l’exaspération de la population.

  • Maradona dont j’ai mentionné son lien avec Chávez dans cet article vient d’apporter son soutien à Maduro…

  • La chute du prix du pétrole a accéléré le désastre économique et l’a empiré mais ce n’est pas la cause Il est aussi important de souligner que déjà quand Chavez était au pouvoir la situation économique était mauvaise. Alors, cela ne sert à rien d’accuser Maduro d’être le responsable. Maduro mène la même politique que Chavez. La différence entre les deux hommes c’est que Chavez était charismatique. Là où Maduro n’avait aucun charisme. Il est intéressant de voir que les médias internationaux après avoir longtemps passé sous silence le désastre économique qu’était le venezuela (et vanter la politique de Chavez), ils sont obligés d’aujourd’hui de reconnaitre la situation du Venezuela tellement la vérité est devenue impossible à cacher. Mais au lieu de désigner les vrais responsables, ils préfèrent soit accuser l’incompétence de Maduro soit la chute du pétrole d’être responsable des problèmes du Venezuela alors que c’est Chavez. Certains médias (genre les sites de propagande russe) vont jusqu’à reprendre l’argumentaire des chavistes: c’est la bourgeoisie anti chaviste qui a créé la crise ou c’est un complot de la CIA. La bourgeoisie anti chaviste est soit parti du Venezuela depuis très longtemps (elle vit par exemple à Miami) soit est totalement ruiné et est devenue pauvre. La seule bourgeoisie existant aujourd’hui au Venezuela c’est la bourgeoisie chaviste.
    Quelques petits exemples pour montre que la situation économique était déjà mauvaise du temps de Chavez (même si les médias internationaux n’en parlaient pas ou en tout cas très peu).
    « Depuis 1998, le Venezuela est gouverné par Hugo Chavez, un président populiste qui dénonce régulièrement les élites économiques de la nation et adopte des mesures favorisant les pauvres et les classes ouvrières. Parmi ces mesures figuraient les contrôles de prix des biens alimentaires de base comme les haricots, le sucre, le boeuf, et le poulet, destinés à contenir le coût de la vie. Ces mesures entraînèrent des pénuries sporadiques à partir de 2003, mais ces pénuries devinrent bien plus graves en 2006. D’un côté, des mesures gouvernementales généreuses entraînèrent des dépenses plus élevées des consommateurs et des augmentations des prix importantes pour les biens qui n’étaient pas soumis au contrôle des prix. Le résultat fut une augmentation très importante de la demande des biens dont les prix étaient contrôlés. D’un Autre côté, une baisse importante de la monnaie du Venezuela entraîna une diminution des importations de biens étrangers. Le résultat fut des rayons vides dans les magasins alimentaires du pays.
    Le gouvernement réagit en accusant les producteurs de biens alimentaires, les distributeurs et les petits commerçants de profiter de la situation, menaçant de prendre le contrôle des supermarchés s’ils ne fournissaient pas davantage de nourriture. Mais même Mercal, une chaîne de magasins publics, avait des rayons vides.
    Le gouvernement imposa également des rationnements, restreignant les achats de sucre notamment. De manière prévisible, un marché noir du sucre se développa avec des vendeurs de rue.
    Finalement les pénuries alimentaires au Venezuela offrent un cas d’école: pourquoi les gouvernements pensent parfois que les prix plafond sont une bonne idée, et pourquoi ils se trompent généralement. »
    Ce texte, est disponible dans le livre « Microéconomie » de Paul R. Krugman (l’un des économistes préférés de la gauche) et Robin Wells pages 231 et 232)
    https://books.google.fr/books?id=A_CVjVouaigC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
    Pourtant en 2003 (début des pénuries) le cour du pétrole était de 31$ le baril. En 2006 (les pénuries s’aggravent), le cour du pétrole était à 66$ le baril.
    Étrange de voir que le doublement du prix de vente de la principale ressource d’exportation ne suffise pas à remplir les rayons des magasins???
    En 2010, le pétrole est à 80$ du baril, et Chavez dévalue le Bolivar pour stimuler les exportations de pétrole et surtout financer ses dépenses publiques:
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/11/venezuela-pour-financer-ses-depenses-publiques-hugo-chavez-devalue-le-bolivar_1290107_3234.html
    2003: Pénuries: 31$, 2006: Pénuries: 66$, 2008: Pénuries: 99$, 2009: Pénuries: 61$, 2010: Pénuries: 80$
    Même en 2012 et 2013, avec un pétrole tutoyant les 120$ du baril, nous avons quoi? Des pénuries alimentaires!!
    http://www.directmatin.fr/monde/2013-10-24/venezuela-importation-massive-daliments-contre-les-penuries-591719
    article datant de 2013: http://www.economist.com/news/americas/21571445-cost-postponing-inevitable-devaluation-out-stock

  • Chavez est arrivé au pouvoir en 99. De 91 à 99, le baril de brent était sous les 20$. Il est même tombé à 9,80$ en Décembre 1998. Chavez était au pouvoir de 99 à 2013. Sur cette période, le baril est passé de 10,20$ (au moment de son accession en février 1999) à 108$. Oui, une multiplication par 10 ! Encore, aujourd’hui (2016), le prix du pétrole tourne autour de 40-50 dollars soit plus du double du prix du pétrole dans les années 90. Or, la situation économique était bien meilleure dans les années 90 qu’aujourd’hui. Preuve que la chute du pétrole ne peut pas expliquer à elle seule la situation désastrueuse du Venezuela

  • a pauvreté atteinds maintenant 81 % de la population tandis que 87 % de la population souffre de faim :
    http://www.talcualdigital.com/Nota/124720/la-pobreza-alcanza-ya-a-81-de-los-venezolanos?platform=hootsuite
    En 1999, lorsque Chávez s’empara du pouvoir, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, la PDVSA, avait 51 000 employés et produisait 63 barils de pétrole brut par jour et par employé. Quinze ans plus tard, la PDVSA compte 140 000 employés et produit 20 barils de pétrole brut par jour et par employé. Aujourd’hui, d’exportateur, le Venezuela est devenu importateur de pétrole. http://af.reuters.com/article/algeriaNews/idAFL5N0R33EC20140902
    La dette de PDVSA approcherait 114 milliards de dollars (105 milliards d’euros). Il faut bien comprendre que PDVSA est le bras armé du clientélisme chaviste. PDVSA mène de nombreux » programmes sociaux » (c’est surtout de l’achat de votes ) au détriment de ses investissements pétroliers.

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