Non, le capital et le travail n’ont pas des intérêts divergents !

L'idée que le travail et le capital ont des intérêts divergents est fausse. La prospérité est le résultat d'une collaboration entre les employeurs et les employés.
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Non, le capital et le travail n’ont pas des intérêts divergents !

Publié le 6 mai 2019
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Par Mpiyakhe Dhlamini.
Un article de Libre Afrique

Vous ne pouvez rien produire sans capital. Si tout le capital est centralisé entre les mains de l’État, vous ne pourrez pas avoir les mêmes résultats que dans une société qui permet à ses citoyens libres d’être propriétaires et plus généralement de posséder des biens. En effet, le contrôle centralisé ne permet pas de distribuer du capital à ceux qui l’utiliseront le plus efficacement possible.

Le capitalisme est-il néfaste ?

Il n’y a aucun signal permettant à ceux qui contrôlent le capital de savoir combien il faut produire. En effet, sans marché et donc sans prix libre il n’existe aucun signal permettant de faire les meilleurs choix. C’est la raison pour laquelle les économies les plus libres comme Hong-Kong et les États-Unis affichent des performances économiques exceptionnelles, surclassant les économies répressives comme le Venezuela et Cuba.

Cela n’a aucun sens d’être contre le capital ou les capitalistes, car sans eux nous n’aurions pas atteint le confort moderne actuel, nous n’aurions pas possédé ce qui fait de nous des producteurs (capitalistes) à part entière et nous n’aurions pas eu accès à ce qui fait notre divertissement et notre confort.

L’impact de la liberté économique

Je ne comprends pas pourquoi certains laissent entendre que les travailleurs sont contre les capitalistes. La collaboration de ces deux groupes de personnes améliore le sort de tous, en particulier des employés et de leurs employeurs.

Avant de pouvoir produire, les conditions essentielles sont la propriété privée du capital et un marché libre. Cette relation est illustrée de manière très succincte dans les rapports annuels sur la liberté économique dans le monde, qui comparent liberté économique et production par habitant (PIB par habitant) dans un pays. Les résultats sont limpides : plus la liberté économique est grande, plus élevée est la production économique.

Si vous n’êtes pas convaincu de la nécessité de liberté économique pour produire davantage de richesse, peut-être est-ce dû à l’idée dominante selon laquelle la répartition des richesses est inégalitaire dans le sens où les fruits de la production vont aux propriétaires du capital et non aux travailleurs. Ce n’est tout simplement pas vrai.

Dans un pays qui produit plus, tout le monde va mieux, surtout les travailleurs. Il est vrai que l’augmentation de la production économique entraîne une augmentation des investissements en capital (machines et matériel informatique, par exemple), mais nous constatons que cet investissement profite surtout aux travailleurs. En effet, plus les détenteurs de capitaux investissent pour augmenter leur propre richesse, plus la productivité de la main-d’œuvre est élevée et inévitablement, plus les salaires sont élevés.

Dès qu’une entreprise gagne plus d’argent par employé, les concurrents adoptent la même technologie. Lorsque toutes les entreprises ont plus à dépenser en main-d’œuvre pour attirer et retenir les meilleurs travailleurs disponibles elles doivent payer davantage ou bien elles risquent de perdre ces travailleurs compétents au profit de leurs concurrents.

Le grand avantage du travail par rapport au capital réside dans sa mobilité. Chaque travailleur est un acteur rationnel, alors qu’une machine ne peut pas décider ce qui est dans son propre intérêt et ne peut faire que ce que le propriétaire lui demande. La main-d’œuvre n’est soumise à aucune contrainte de ce type, sauf bien sûr dans les sociétés à planification centralisée où les gouvernements obligent les travailleurs à produire pour le « bien de la société ».

L’idée de « chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins » semble bonne en théorie jusqu’à ce que vous réalisiez ses implications horribles pour chaque individu. En tant que travailleur vous devez autant que tout homme d’affaires faire ce qui est dans votre intérêt et ne pas avoir à accepter les miettes qui vous sont données sur la base du plus petit dénominateur commun de votre société.

Les salaires augmentent en même temps que le capital

La preuve que des investissements plus élevés en capital entraînent des salaires plus élevés est assez claire. Dans tous les pays la relation entre le capital par employé et le bénéfice par employé est assez évidente ; mais pour ceux qui sont familiarisés avec la statistique et l’économétrie, on trouve un coefficient de corrélation de Pearson de 0,97 au niveau de signification de 1 % (mon ordinateur a arrondi la valeur de p à 0, la relation était si forte), ce qui signifie que la probabilité qu’il n’y ait pas de corrélation entre les deux variables est de beaucoup inférieure à 1 %.

Somme toute, deux grands enseignements sont à retenir de ce que nous venons de décrire :

  1. La liberté économique conduit à une production plus élevée, et puisque la production a besoin de capital, il est évident que la liberté économique conduit à des taux plus élevés de formation de capital.
  2. Une fois que les taux de formation de capital sont plus élevés, les travailleurs ont des revenus plus élevés. Certes, vous ne vous débarrassez jamais de l’inégalité car le risque n’est pas également réparti, mais les travailleurs des économies plus libres (plus capitalistes) seront plus riches que ceux des économies moins libres.

Ainsi, l’idée que le travail et le capital ont des intérêts divergents est fausse. La prospérité est le résultat d’une collaboration entre les employeurs et les employés avec un minimum de restriction gouvernementale.

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  • Il me semble que la Chine est autour de la 100ème place de l’index de liberté économique et elle est pourtant la 2nde économie mondiale.
    Imaginez un peu si elle était dans les 5 premières, qu’elle reprenait par exemple le système Hongkongais. Belle utopie 😀

    • Il faudrait comparer en « économie par habitant », la Chine n’est probablement pas 2e dans ce cas…

  • claude henry de chasne
    6 mai 2019 at 10 h 52 min

    c’est simple
    Un poste de travail c’est un capital ,un savoir ou une experience.
    Si le poste de travail et constitué de 80% de capital et 20% d’expérience ce poste ne viendra, ou ne restera pas , pas en France, il ira dans les pays européens a bas coûts.
    Si le poste nécessite 20% de capital et 80% de savoir , alors ce poste pourrait etre créé en France, si l’image qu »il produit est favorable..
    tout est là..

    • @ claude henry de chasne
      +1.
      dit autrement, nous devons apporter de la valeur sur des produits sophistiqués, à forte valeur ajoutés. « compte tenue de notre couverture d’état providence ».

  • L’opposition capital/travail est une légende entretenue par les hommes de l’Etat pour pouvoir mieux taxer. Elle explique d’ailleurs la connivence manifeste entre étatistes et socialistes, l’idéologie servant merveilleusement le pragmatisme fiscal. En revanche, en France en particulier, les étatistes n’ont toujours pas réussi à expliquer par quelle étrange tournure d’esprit ils affichent leur mépris du capital alors que l’Etat est le premier capitaliste du pays. Environ moitié des fameux dividendes du CAC 40 vont en effet dans sa poche, soit au titre des taxes, soit au titre des dividendes perçus.

    Diviser pour mieux régner sur le pays et le piller sans vergogne. Triste de voir tant d’individus se laisser prendre par le mensonge commun.

  • Le faible nombre (et la baisse) des syndiqués dans l’entreprise privée en France a sans doute à voir avec cette collaboration et implication de plus en plus grande entre directions d’entreprises et travailleurs. Où les travailleurs deviennent de plus en plus conscients des retombées économiques, connaisseurs de l’économie et du fonctionnement complexes des entreprises dans un cadre de mondialisation.

    Alors que le syndicat public reste fort. C’est pourquoi l’actuel gouvernement a identifié que le meilleur moyen de faire évoluer les opinions ne pouvait pas être la réduction des effectifs sans risquer le suicide politique, mais bien de libéraliser certains secteurs, de s’attaquer à la main mise des syndicats sur les cheminements de carrière (rendant de fait impossible le renvoi de fonctionnaires), l’obtention des primes (privilégiant l’ancienneté au détriment des compétences), l’augmentation constante de leurs taux passant sans raison et à peu près sur la même base de 10 à 30 % sans que la société civile rançonnée ne se doute de rien ou conscientise.

    Espoir. Néanmoins, il semblerait que la société civile soit mieux informée et commence à réaliser le traquenard dans lequel la gauche à la fois étatiste et libérale mondialiste- communautariste, proche sur ce dernier point de la droite anglo-saxonne libérale, essaie de la piéger.

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