Pourquoi est-il essentiel qu’il y ait de grandes fortunes ?

Le pouvoir du businessman peut être contesté par n’importe quel concurrent qui parviendrait à offrir un meilleur service.

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Pourquoi est-il essentiel qu’il y ait de grandes fortunes ?

Publié le 25 avril 2019
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Par Stanislas Kowalski.

Vous vous dites peut-être que je vais vous parler du mérite, de la récompense nécessaire pour motiver les gens et qu’on a déjà entendu ces arguments des millions de fois. Peut-être même préparez-vous des contre-arguments. « On peut admettre qu’un patron gagne 7 ou 8 fois ce que gagne un ouvrier, mais cela ne justifie pas des revenus 1000 ou 10000 fois supérieurs… »

Ce n’est pas sous l’angle du mérite que je veux aborder la question, même s’il est parfaitement possible de rendre un service non trivial à des millions de personnes et que cela explique très bien comment se forment les très hauts revenus. Je ne veux pas discuter ici pour savoir quelle est la part de chance et de mérite dans le succès.

La récompense m’intéresse peu. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que permettent les très grosses fortunes, comme celles de Bezos ou de Bill Gates. Quand Bill Gates a gagné son deuxième milliard, il avait assez de récompense pour toute sa vie. Il possédait déjà assez d’argent pour assurer tous ses besoins et ceux de sa famille sur plusieurs générations. On pourrait le récompenser avec des médailles ou des plaques commémoratives que ce serait pareil pour son confort personnel.

En revanche, ce que cela changerait, c’est sa capacité à prendre des initiatives, en l’occurrence pour faire tourner une fondation caritative majeure. Mais ça ne se limite pas à ce genre d’initiatives annexes. Et d’ailleurs tous les milliardaires ne sont pas des philanthropes ou des mécènes.

Qui prend les initiatives ?

À un niveau peut-être plus fondamental, la question est de savoir qui prend les initiatives. Se lancer dans une activité créative est une démarche risquée par définition. Il n’y a pas de critères pour déterminer d’avance si une innovation va fonctionner. Mais il est de fait que les esprits les plus féconds sont capables d’accumuler les succès.

Ils ne s’arrêtent pas à une seule invention, mais forts de leur expérience et encouragés par leur succès, ils accumulent les projets. Dans toutes les entreprises innovantes qui représentent une infime proportion des entreprises, une infime minorité d’ingénieurs et de managers proposent l’immense majorité des idées vraiment originales.

Les autres ne sont pas forcément inutiles, ils apportent un soutien, mais ne sont pas des forces de transformation. Quand on regarde l’histoire des inventions, il y a énormément d’individus qui proposent des améliorations mineures, par adaptation de principes déjà connus.

Un très petit nombre d’inventeurs de génie concentrent les succès majeurs. Pasteur est connu surtout pour le vaccin contre la rage. À elle seule, cette invention suffirait à en faire un bienfaiteur de l’humanité. Mais Pasteur est allé beaucoup plus loin, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique.

Il comprend l’existence des agents pathogènes, donnant la première explication sérieuse aux maladies et conduisant immédiatement à toute une batterie de mesures d’hygiène qui ont fait bondir l’espérance de vie de plusieurs décennies. Une nouvelle fois bienfaiteur de l’humanité. En chimie, il a compris la chiralité, facteur subtil mais décisif, qui distingue un poison d’un médicament de même formule chimique. Encore un point. Il s’est même payé le luxe d’améliorer la production de la bière, grâce à son travail sur les levures. Et j’en passe.

La liberté de créer

Quand on a fait la preuve de son talent et de sa capacité à innover, il est éminemment utile à la société qu’on puisse continuer à le faire sans remettre les compteurs à zéro à chaque invention, sans demander à la bureaucratie l’autorisation de faire de nouvelles recherches et sans quémander les budgets pour de nouveaux prototypes.

Il est bon que Steve Jobs, s’appuyant sur l’interface graphique du Lisa, puis capitalisant sur le succès du Macintosh, ait pu produire la longue série des produits Apple, jusqu’à inventer les tablettes tactiles et l’iPhone, tout en se payant le luxe de lancer les studios Pixar.

C’est là que la possibilité de faire fortune est importante. Ceux qui ont prouvé leur capacité à satisfaire une clientèle doivent pouvoir démarrer de nouveaux projets, avec de nouveaux services et de nouveaux produits. Leur laisser l’argent qu’ils ont gagné, ce n’est rien d’autre que leur faire confiance pour continuer ce qu’ils savent faire.

D’ailleurs, en quoi consiste la fortune des milliardaires ? Quelques châteaux peut-être… S’ils s’en mettent pour 150 millions, ils ne vont probablement pas visiter toutes les chambres chaque jour. Mettons un yacht ou deux, s’ils aiment le style bling-bling, de quoi ajouter quelques dizaines de millions dans l’addition.

Un Falcon X-7 coûte environ 40 millions de dollars. On reste loin du milliard. Il y a une idée très fausse selon laquelle les fortunes des très riches pourraient simplement être redistribuées à la population. Mais ce dont ils se gobergent ne représente que peu de choses par rapport au déficit de l’État. L’essentiel consiste dans le patrimoine boursier. Cela représente des usines, des machines-outils, des bureaux ; pas des choses se convertissant aisément en bols de riz.

Il ne faut pas se faire d’illusion sur la valeur boursière de ces actions. Non seulement cette valeur est extrêmement fluctuante, mais elle n’est en rien comparable à une réserve de cash qui serait disponible à tout moment. Si Bezos voulait demain liquider ses actions d’Amazon pour se lancer dans la débauche, il en obtiendrait bien moins que leur cours actuel. Entre le fait qu’il n’y a pas un nombre infini d’acheteurs au prix fort et la suspicion que susciterait une telle lubie, on pourrait prévoir un décrochage massif en bourse. En fait, cette fortune en actions signifie surtout une chose : le pouvoir de diriger l’entreprise en question.

Un pouvoir considérable, mais contrôlable

C’est un pouvoir considérable, qui vient avec tous les dangers du pouvoir. Mais quelle est l’alternative ? Confier un pouvoir encore plus grand à un ministre ? Pouvoir qui serait en outre adossé à la force publique, donc beaucoup plus arbitraire et définitif. Le pouvoir du businessman peut être contesté par n’importe quel concurrent qui parviendrait à offrir un meilleur service. Le vote par le marché est permanent. Ce n’est pas un coup de poker électoral tous les 4 ou 5 ans.

Il faut qu’on puisse faire des choses en grand. Il est bon de vivre dans un pays où les grandes idées ne viennent pas toutes du gouvernement et où de bons gestionnaires puissent décider dans l’urgence de mettre 200 millions sur la table pour sauver un trésor national, ou pour n’importe quelle cause qui le mérite, ou même juste pour créer de nouveaux produits que les gens achèteront.

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  • Juste une petite question. Les très riche ne font que du bien ? Le communisme n’est évidemment pas la solution. Je pense qu’il faut se poser la question de la limite haute des fortunes. Je pense que la limite devrait aussi se poser sur le pouvoir potentiel des personnes. Quelqu’un qui dispose d’un grand pouvoir a un potentiel de destruction tout aussi important que de construction. Il est assez basique de considérer certaines actions comme positive et d’autres comme négative. Pourquoi ne pas donner tout le pouvoir a une personne en considérant que celui-ci serait le mieux à même de gérer l’avenir de l’humanité ?

    • J’ai envie de la jouer pédagogue et de laisser la classe répondre. Je reviendrai plus tard, si c’est nécessaire.

    • « Pourquoi ne pas donner tout le pouvoir a une personne en considérant que celui-ci serait le mieux à même de gérer l’avenir de l’humanité ? »

      Faites votre choix :
      A) Hitler
      B) Staline
      C) Khomeini
      D) Ghosn

      Un indice : calculez le nombre de morts nécessaires pour s’en débarrasser quand on s’aperçoit qu’ils deviennent encombrants …

    • Non, en effet, les riches ne font pas que du bien. Simplement, les pauvres, quoi que montrent les reportages, font au final moins de bien que les riches et le font moins efficacement.
      Quant à l’idée qu’une personne pourrait être le mieux à même de gérer l’avenir de l’humanité, ça se heurte à deux obstacles infranchissables : 1. gérer l’avenir de l’humanité présente un attrait intrinsèque bien supérieur à gérer l’avenir pour l’humanité, si bien que celui qui sera désigné n’a guère de motivations, et 2. personne ne bénéficiera jamais à la fois de la compétence de désigner ce gérant et de le mettre en place. Laisser la loi du marché économique le faire à notre place, plutôt que des considérations morales ou théoriques, est à mon avis la moins mauvaise solution.

      • Il peut exister des riches qui pratiquent de sombres manoeuvres, mais qui se rachètent une vertu avec quelques bonnes actions (médiatisées).
        En écrivant cela, je me rends compte que c’est exactement ce que fait l’Etat…

    • Ah le pouvoir du bien et du mal. Dommage que vous ne donniez pas votre définition personnel des deux notions.
      Et la limite haute des fortunes, qui la donnerait et dans quel but ?
      Pourquoi ne pas donner, aussi, une limite au nombre de conquêtes amoureuses par personne, et une limite de hauteur pour les perchistes, etc.
      On est bien là dans l’envie pure : si moi je ne peux pas ou ne veux pas avoir ça, pourquoi quelqu’un d’autre pourrait y accéder ?
      C’est quoi l’idée de destruction, c’est celle de raser un superbe champ de pâquerettes pour y construire un pavillon de banlieue comme il y en a déjà des centaines de milliers ?

    • L’essentiel a été dit par d’autres commentateurs.
      J’insisterai juste sur une question: sur quels critères déterminer la limite des hautes fortunes, sans que cela ne coupe l’initiative privée?
      On sera assez d’accord, sur le plan moral, pour dire qu’une fortune excessive peut avoir un effet corrupteur. Mais à partir de quel montant cet effet se fait-il sentir? Si vous y réfléchissez bien, il est étonnamment bas. Peut-être que ça commence quand on peut s’offrir une Bentley plutôt qu’une Peugeot. Peut-être une BMW… En fait, il est bien plus bas que ce qui est nécessaire pour un grand projet industriel. Votre maximum sera inférieur au minimum pratique pour faire tourner l’économie.
      On est là dans un cas typique où il vaut mieux s’en remettre à la conscience des gens que d’écrire des lois qui écraseront tout sur leur passage. La parabole de l’ivraie et du bon grain, en quelque sorte.
      Toute cela mériterait d’être développé. Peut-être dans un prochain article…
      En attendant, pour ceux qui lisent l’anglais: http://egomet.sanqualis.com/a-nouveau-riche-paradox/

      • On a posé à Mr Rockfeller la question : avez vous conscience d’être riche ?
        Sa réponse:  » j’ai compris ce que j’étais riche le jour où, à la suite d’une erreur du fisc, j’ai payé 1 million de $ d’impôts en trop et personne de mon coté ne l’avait remarqué… »

    • Quid de la limite haute de l’état, qu’il commence le premier à limiter tous les périmètres dans lesquels il n’a rien à faire, dès que cet exemplarité sera actée alors on pourra s’occuper de « (a)raisonner » les riches

  • Personnellement j’aimerais être milliardaire, très riche et en bonne santé.Je n’en rajouterai pas plus car je risque t’être critiqué par nos lecteurs.!!!!

    • Moi aussi.
      Et je veux dire que j’aimerais que vous le soyez. Bon, s’il fallait choisir entre vous et moi, je donnerais quand même la priorité à être, moi, beau riche et bien portant. Mais en fait, non seulement il n’y a pas à choisir, mais en plus si vous étiez riche et bien portant, mes chances de l’être aussi seraient augmentées, je le sais, moi.

  • « le pouvoir de diriger l’entreprise en question » C’est vraiment la clé de la réussite de la propriété privée face aux échecs à répétition des systèmes collectivistes, la réussite du marché libre face à l’échec systématique des socialismes.

    Qui est plus compétent pour investir l’argent, son légitime propriétaire méritant, ayant satisfait démocratiquement d’innombrables consommateurs qui ont voté avec leur argent ou une caste de politiciens et de hauts fonctionnaires cooptés entre copains et coquins, vaguement contrôlée par des processus démocratiques largement déficients, sans mérite ni compétence ?

    Chaque milliardaire est plus compétent pour gérer ses richesses légitimes que des milliers de fonctionnaires illégitimes et irresponsables dédiés à gérer les richesses spoliées par collectivisation étatique. Les fonctionnaires ne sont pas illégitimes en eux-mêmes. Individuellement, ce sont généralement des personnes de grande qualité. Mais Ils deviennent incompétents par destination, simplement parce que les richesses qu’ils gèrent ne leur appartiennent pas.

  • Petit passage secondaire… Le problème des milliardaires voir multimilliardaire n’est pas de pouvoir gérer correctement l’argent il est clair qu’il ont une certaine compétence (ne serait ce d’arriver a prendre l’argent des autres). Le fait d’avoir actuellement une différence importante entre les revenus, je dirais même excessive, n’est pas une bonne chose. Il faut cultiver la juste mesure. Trop peu d’argent n’est pas bon car les pauvres n’ont pas vraiment intérêt à faire vivre la société et de l’autre côté du spectre l’ultra riche n’a pas besoin de la société. Les deux type de personnalité sont dans les excès. Cependant donner au pauvres ou prendre aux riches est une facilité dans laquelle il ne faudrait pas tomber. Donner au pauvres mais pas sans compensation. Par contre pour les riches il faut bien arriver a limiter leur accumulation de richesses. Il est possible que le fait de vivre en société équilibrée puisse être positif aussi bien pour les ultras riches que pour les pauvres… Un riche n’as t’il que le but d’accumuler ? Avons nous une preuve que d’avoir beaucoup de milliardaires est plus sain que ne pas en avoir ? Si pendant un certain temps nous faisions l’expérience de n’avoir que des multimillionnaire à la place de milliardaires au sommet ne notre pyramide économique, est-ce que le monde se porterait plus mal ?

    • « Il faut bien arriver a limiter leur accumulation de richesses. Il est possible que le fait de vivre en société équilibrée puisse être positif. » Pour quelle raison mystérieuse raison faudrait-il limiter l’accumulation ? Par ailleurs, vous confondez une société égalitaire avec une société équilibrée, alors que les deux n’ont rien à voir.

      Une société équilibrée est celle qui respecte la liberté individuelle et la propriété privée, donc l’accumulation sans limite tant qu’elle est légitime, conditions nécessaires et suffisantes pour satisfaire les besoins du plus grand nombre. Une société équilibrée est par essence inégalitaire, inégalités de fortune, de cultures, d’origines, de familles, d’éducations, de modes de vie, d’intelligences, de talents, de goûts, de compétences, de chances…

      Une société égalitaire est en revanche une société déséquilibrée où les besoins de chacun ne peuvent pas être satisfaits. Pire, pour limiter l’accumulation, votre société est fondée sur le vol et la coercition étatiques. Elle est foncièrement immorale, l’antithèse de la civilisation, condamnée à s’effondrer tôt ou tard. Essayée de nombreuses fois, ça s’est toujours mal terminé, par l’appauvrissement du plus grand nombre. Plus la France est collectivisée, plus la menace de cette fin dramatique devient sérieuse.

      Pour relativiser le sujet, les milliardaires seraient au nombre de 2000 et leur patrimoine cumulé de l’ordre de 9000 milliards, à comparer au patrimoine mondial estimé entre 200 et 300 000 milliards. En outre, leur patrimoine est essentiellement constitué d’actions d’entreprises dont la valeur est actuellement gonflée à l’hélium monétaire des banques centrales dont les politiques délirantes ne vont pas durer longtemps. Autrement dit, ce patrimoine est en grande partie du vent. Franchement, il n’y a pas de sujet. Passez à autre chose.

  • Bonne analyse mais je suis quand même un peu étonné de constater que d’une certaine manière le monde tel qu’il est vous convient. N’y a-t-il pas une dérive vers de moins en moins de gens possédant de plus en plus ?

    • Doit-on forcément être insatisfait de tout? Si vous lisez mes autres articles, vous verrez qu’il y a bien des choses qui m’inquiètent.
      Mais sur le plan strictement matériel, l’honnêteté m’oblige à dire que les choses vont plutôt bien. Les niveaux de vie n’ont jamais été aussi élevés, y compris dans les pays pauvres. Je vis au Cambodge, le Wi-Fi se trouve à peu près partout, à Phnom Penh, il n’y a guère que les Occidentaux qui s’obstinent à utiliser le vélo. Bien sûr, c’est sale. Bien sûr, il y a encore du chemin à faire. Mais ne crachons pas dans la soupe simplement parce que nous manquons de mémoire et que nous avons oublié d’où nous venons.
      Quant à votre question, elle est mal formulée, parce qu’elle suggère quelque chose de faux, tout en observant quelque chose de vrai. Il est vrai qu’il existe une infime minorité d’hommes d’affaires qui acquièrent des fortunes jamais vues. Il est vrai que l’écart entre le plus faible revenu et le plus grand augmente, puisqu’il reste une frange de la population qui stagne tout en bas, tandis que les autres améliorent leurs vies. Il y aura toujours des prolétaires, des gens blessés par la vie qui se retrouvent sans rien. Mais ils sont beaucoup moins nombreux qu’avant. Votre constat serait un problème si le gâteau était fixe. Mais ce n’est pas le cas. On produit de plus en plus de richesse et cette richesse, malgré tout, parvient à toucher la majorité du monde.

      Attention à ne pas confondre les indicateurs de pauvreté et les indicateurs d’inégalités. Une bonne façon de comprendre la différence, c’est d’aller voir les statiques de l’INSEE. Faites-le, c’est instructif. Comparez l’évolution du taux de pauvreté et celle des taux d’équipement en biens de consommation (télévision, ordinateurs etc.). Et voyez si ça colle.

      Au passage, essayez de vous rappeler à quoi ressemblait la vie quand vous étiez petit, de quels équipements les gens disposaient, quelle était la qualité des voitures, des téléphones, des radiateurs, des appareils photos et toute ces choses qui nous semblent indispensables. Et demandez-vous s’il y a vraiment matière à se plaindre.

    • « d’une certaine manière le monde tel qu’il est vous convient »

      Ceux qui prétendent changer le monde sont effrayants, tellement leurs projets ressemblent à des crimes contre l’humanité. Qu’ils commencent donc par se changer eux-mêmes ! Ainsi, nous serons édifiés par leur exemplarité.

  • Ok, je n’avais pas remarqué que nous étions arrivés à la fin de l’histoire et que nous vivions dans le meilleur des mondes possibles… Arrêtons tout de suite toute évolution et réflexion sur le futur. Feriez vous partie de ces multimilliardaire M. Cavaignac ?

    • C’est précisément parce que nous ne sommes pas arrivés à la fin de l’histoire que nous devons regarder d’où nous venons et préserver les conditions du progrès.
      Peut-on améliorer les institutions en plus des technologies? Oui, mais il convient d’être prudent. On sait qu’il est très facile de faire des erreurs et que dans ce domaine, les erreurs se corrigent dans la douleur.
      Des tentatives d’améliorer nos lois, il y en a tout le temps. Regardez la production législative sur une année. Personne n’a le temps de lire sérieusement tout cela. On se demande même parfois si les députés lisent. Etant donné qu’ils ne viennent pas pour les voter… Ce qui manque le plus, c’est une procédure pour faire le tri.
      Quant aux transformations radicales, elles sont presque toujours catastrophiques. Il n’y a pas de révolution qui se passe bien, à l’exception peut-être des guerres d’indépendance. Mais peut-on vraiment parler de révolution dans ce cas? C’est juste le transfert du pouvoir d’une institution vers une autre. On fait forcément des erreurs et quand on est prêt à tout renverser, on en fait beaucoup.

      Ma position peut paraître conservatrice, encore que la liberté d’entreprendre comporte une jolie place pour le progrès. Mais elle pourrait se résumer ainsi: c’est à celui qui prétend apporter une innovation de faire la preuve qu’elle est valable.

  • Je me permets de répondre aussi a M. Kowalski. Je concède que dans beaucoup de régions dans le monde cela aille mieux et je suis totalement en accord avec cela. J’espère que cela va durer. Le constat que je fais viens de l’endroit où je vis. En France nous sommes dans une situation où j’ai la forte impression que nous sommes sur le point de tomber de très haut et cela m’inquiète aussi pour le reste de l’Europe de l’ouest. Les milliardaires achètent chez nous des groupes de presse ou de médias qui en fait sont déficitaires voir soutenus par l’État ce qui peu sembler curieux pour des personnes censé avoir fait fortune. Ces éléments peuvent faire qu’on puisse se poser légitimement des questions à leur sujet. L’industrie et en chute libre ainsi que l’économie et le reste suit le même chemin. Il est clair que je parle d’où je viens et c’est le pourquoi de mes question…

    • Pour commencer, la France reste un pays incroyablement riche. Et je peux vous dire que de là où je suis les jérémiades des Français ont un côté un peu surréaliste. Pauvres petites filles riches!
      Cela dit, c’est vrai que la dynamique n’est pas rassurante. Objectivement les Français vivent bien, mais les perspectives d’avenir sont tristes.
      C’est un problème un peu complexe car il mélange des sentiments et des problèmes réels. L’impression de décadence a toujours plus ou moins existé, même lorsque cette idée est très fausse. Sur le pouvoir d’achat, c’est très net.
      Mais il est très possible qu’à force de se tromper de combat, la décadence finisse par être vraie. On a tellement trituré l’école à coups de réformes tous les 4 ans que le niveau scolaire a effectivement chuté. Aujourd’hui c’est clair. Et pourtant, c’était le lieu par excellence du biais décliniste.
      Il y a des raisons d’être inquiets. L’école en est une. Je pense qu’un pallier a été atteint vers la fin des années 90, quand la massification a été achevée. Le ministère a fait le choix de la quantité sur la qualité en créant le collège unique. Mécaniquement, ça augmente le niveau moyen de la population. C’est bourrin, mais ça fonctionne pendant un temps. Simplement, lorsqu’il y a eu saturation, nous ne sommes pas entrés dans une phase de reconquête de la qualité (contrairement à ce qui se passe dans l’industrie moderne par rapport à l’industrie tayloriste).

      Pour ce qui est de la destruction de notre base industrielle, c’est un problème très sérieux. Mais demandez-vous ce qui détruit cette base. La fiscalité est un élément, à coup sûr. Les méandres du code du travail également. Les risques liés à des conflits sociaux que les investisseurs étrangers ne comprennent pas entrent aussi dans l’équation. La France est en train de se faire mal, parce qu’elle a cru pouvoir obtenir le beurre et l’argent du beurre.

      En ce qui concerne les médias l’intervention publique a pas mal d’effets délétères. D’abord elle désincite les propriétaires de groupes de presse à adapter leur modèle économique, puisqu’il est plus facile de réclamer les subventions. Ensuite, et c’est peut-être plus grave, elle constitue une prime aux acteurs déjà en place, au détriment d’éventuels nouveaux venus. Eh oui, pour profiter des subventions, il faut être reconnu officiellement. Cela crée une distorsion de la concurrence et un ticket d’entrée particulièrement élevé. Rien de tel pour figer l’offre entre les mains de quelques barons de l’industrie. Il faudra vraiment arriver à comprendre que la faillite d’une compagnie en particulier fait partie du processus normal de régulation. La disparition de l’Humanité (le journal, hein) aurait dû se faire il y a longtemps, au profit d’autres titres qui auraient pu apparaitre si on n’avait rien fait.

  • Eh oui, et c’est sans compter les secteurs comme la défense, la santé, la protection des personnes, l’information, et bientôt l’énergie. Cette dernière est aussi assez représentative de création de richesses pour certains (ceux qui gèrent les parcs éoliens par exemple) et la spoliation pour d’autres (Cspe, et bientôt augmentation du prix de l’électricité de 5,9%). Dans ce domaine comme dans d’autres ce ne sont pas des personnes qui ont travaillé qui sont devenues très riches mais bien des « copains » des hommes de pouvoir…

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