Tout le monde ne peut pas être Steve Jobs, mais ce n’est pas grave

Une armée ne peut fonctionner qu’avec des officiers, elle a également besoin de sous-officiers de qualité et de soldats impliqués.

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Tout le monde ne peut pas être Steve Jobs, mais ce n’est pas grave

Publié le 29 juin 2018
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Par Eddie Willers.

Les Scouts et Guides de France ont organisé plusieurs rassemblements nationaux ces dix dernières années. Ces rassemblements ont vocation à rassembler tous les jeunes d’une tranche d’âge autour de temps en commun et de les aider à grandir sur des thèmes qui ont été identifiés comme utiles par les équipes nationales.

Un thème récurrent m’avait marqué dans le cadre de rassemblements de 8-11 ans et de 14-17 ans : celui du leadership et de l’image du héros. J’avais été particulièrement perturbé par les choix de l’équipe organisatrice d’accentuer le développement de la fibre leadership pour le rassemblement des 14-17 ans.

Afin de définir les éléments clés cet article, le terme leader ou leadership s’entend comme la capacité d’une personne à insuffler de la motivation à un groupe et à en faire progresser ses membres vers un but commun.

Nous ne sommes pas tous des leaders

Je suis intimement convaincu que nous ne sommes pas tous appelés à être des leaders et que cela n’est absolument pas grave. J’en veux pour preuve les nombreuses personnes avec lesquelles j’évolue au quotidien ou aux scouts qui travaillent avec rigueur et dévouement sans pour autant réussir à transporter un groupe par leur motivation. Une armée ne peut fonctionner qu’avec des officiers, elle a également besoin de sous-officiers de qualité et de soldats impliqués.

Cela ne vous aura peut-être pas échappé mais le choix de mon pseudonyme n’est pas innocent. La Grève d’Ayn Rand est un roman fabuleux qui m’a profondément marqué. Les personnages du roman affichent tous une personnalité très forte :

  • Dagny Taggart, une femme de poigne capable de tenir une entreprise de transport ferroviaire d’une main de fer
  • John Galt, héros d’une grève internationale des entrepreneurs géniaux de ce monde
  • Francisco d’Anconia, charmeur fou doté d’une intelligence supérieure
  • Ragnar Danneskjöld, pirate au sens moral absolu
  • Hank Rearden, capitaine d’industrie capable de faire face à l’adversité de sa solitude

Pourtant le personnage qui m’a le plus marqué dans cet oeuvre n’est autre que l’assistant personnel de Dagny Taggart, Eddie Willers. Eddie Willers est un homme que nous pourrions qualifier de banal mais dévoué corps et âme à Dagny Taggart. Il n’est pas doté d’un charisme particulier ou d’une intelligence hors pair. Pourtant sans son investissement, les trains ne circuleraient pas.

Droit dans ses bottes

Loin de l’incarnation du héros randien, il s’attache à effectuer son travail du mieux qu’il peut en servant avec un dévouement extraordinaire les personnes qu’il juge estimables. Eddie n’est pas un héros, il n’est pas un leader. Il n’a pas le droit à la reconnaissance littéraire des entrepreneurs et autres génies qu’Ayn Rand met en avant.

Et pourtant Eddie est certainement le personnage dont nous sommes le plus proche. Nous ne pouvons pas tous être Steve Jobs ou Xavier Niel, cela ne veut certainement pas dire que nos actions sont insignifiantes. Eddie Willers est un personnage qui apparaît droit dans ses bottes et fier de qui il est et de ce qu’il fait.

De mon point de vue, ce doit être le plus important. À la différence d’une Dagny Taggart à qui il voue une dévotion totale mais qui apparait torturée, Eddie trace sa route avec certitude et conviction.

C’est la seule chose que je puisse souhaiter aux personnes que j’aime et apprécie. Je sais que je n’appartiens pas à la catégorie des héros randiens et autres leaders. Je m’attache en revanche à définir des principes de vie et à m’y tenir : savoir me mettre au service des autres, être fier de mon travail, accorder du temps à ma famille et mes amis, ne pas chercher à imposer par la force mes choix et convictions.

Ces principes ne sont pas fantastiques ni très recherchés, c’est pourtant ce sont eux qui m’ont permis d’être heureux et de me dire que je ne suis finalement pas très éloigné de notre ami Eddie.

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  • Eh oui chacun compose comme il peut avec les cartes qu’il a reçu. Nous serons toujours inégaux, en revanche, l’environnement social au sens large doit permettre à chaque individu d’exprimer son jeu. Les limites seront imposées par lex jeux des autres, naturellement, si tous sont soumis aux mêmes règles.

    • Sont surtout soumis aux règles imposés par « les autres »

    • En general dans un jeu de carte, on distribue les cartes avant la partie, rares sont les jeux où les gagnants de la partie d’avant reçoivent les meilleures cartes.

  • Très bel article. Merci.

  • malheureusement Eddie Willers n’arrive pas à s’arracher à sa « condition ».
    Il n’apparaît pas pleinement heureux/équilibré dans le roman (même quand il parle à John Galt dans la cafétéria).

    • @ breizh
      Non, Eddie Willers n’est pas un héros: pleinement heureux, équilibré?
      Qui l’est??? Et qui fait semblant de l’être?…

      Non, moi non plus, je ne me sentais pas fait pour être leader: le pouvoir, diriger ou commander: non merci! Je suis donc devenu indépendant: le pied! Je me suis plus cru moi-même que tout bouquin écrit par un autre, heureusement!

  • Merci pour cet article et ce rappel de l’importance de valeurs discrètes mais qui changent tout. Au foot, le buteur a besoin de LA bonne passe de la part d’un joueur qui ne deviendra pas ballon d’or ! (les joueurs savent que c’est un jeu d’équipe mais pas ceux qui discernent les prix !)

  • Les commentaires sont fermés.

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