L’éducation, grande absente de la lettre d’Emmanuel Macron

Une salle de classe dans une école (Crédits : Conseil Général du Val-de-Marne, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

L’éducation ne semble pas faire partie des priorités du Grand Débat national lancé par Emmanuel Macron. Dommage.

Par Jean-Baptiste Noé.

Tout est déjà dit dans le titre. Dans cette lettre fourre-tout de six pages, l’éducation n’est pas mentionnée, sauf dans cette formule creuse et sans réelle signification : « Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance », un terme cher à Jean-Michel Blanquer puisque c’est le titre de l’un de ses livres. Mais cela ne veut rien dire si on n’y met pas des actes. Il est curieux d’organiser un grand débat un an et demi après des élections présidentielles et législatives qui sont, justement, des moments de débats. Et en démocratie, ce débat se termine par une élection qui permet de trancher les sujets. Sinon, à quoi bon ?

En matière scolaire, on attend encore les grandes réformes. La version 2019 de Parcoursup a été présentée début janvier. Elle est dans la continuité de l’année dernière, si ce n’est que les délais ont été raccourcis.

Les nouveaux programmes du nouveau lycée sont en train d’être rendus publics, pour les Secondes et les Premières et les établissements travaillent à élaborer les emplois du temps de l’année prochaine, avec ces cours à la carte et la grosse usine à gaz du nouveau bac qui a été créée. Rien de nouveau donc. Les dépenses de l’Éducation nationale sont en hausse, sans que l’on voie de réelles améliorations.  

Une école indépendante pour assurer un service public

En ce début d’année 2019, la nouveauté ne vient pas de l’État, mais de la société civile. La commune de Céré-la-Ronde, dans le Cher, a vu une de ses classes publiques disparaître. Du coup, la municipalité a fait appel à une école indépendante pour s’installer dans la commune. C’est une association Montessori qui s’est installée et a ouvert à la rentrée de janvier.

La commune met les locaux de l’école à la disposition de l’association, et lui donne une subvention pour assurer les frais de fonctionnement, afin de diminuer les coûts pour les parents. C’est un bel exemple de subsidiarité. Le service public d’enseignement est désormais réalisé par une association privée, ce qui est conforme à la loi Guizot de 1833 et ce qui met les territoires et les personnes au cœur de l’action publique. Ici réside une véritable école de la confiance, car fruit de l’entente et des échanges entre l’association Montessori, les parents d’élèves et les élus locaux.

Mais tout à son étatisme, ce n’est sûrement pas à ce type d’école que pense Emmanuel Macron dans sa lettre.    

 

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