Tous ces impôts locaux que vous payez sans le savoir

Ce gouvernement nous a promis un débat fiscal. Va-t-il évoquer le maquis de la fiscalité locale qui pèse sur notre niveau de vie ? Très douteux.

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Tous ces impôts locaux que vous payez sans le savoir

Publié le 10 janvier 2019
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Par Patrick Coquart.

Le grand débat sur la fiscalité promis par le gouvernement pour tenter de canaliser les Gilets jaunes risque fort d’accoucher d’une souris.

C’est pourquoi vous devriez vous intéresser à toutes ces taxes payées par les entreprises lorsque vous achetez un bien dans une commune pour vous y installer ou pour le louer. Car, nécessairement, elles se retrouvent dans le prix des produits et services fournis par les artisans, commerçants et entrepreneurs de la commune. Elles ont donc une influence sur votre niveau de vie ou sur l’attractivité de votre bien.

Nous vous avons déjà alerté sur la fiscalité locale, en particulier des taxes foncières qui, sous cette appellation générique, comportent déjà de nombreuses excroissances, telles les taxes spéciales d’équipement, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) ou la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI).

Aujourd’hui, nous nous intéressons à une autre catégorie de contribuables, qui n’échappe pas aux impôts locaux : les entreprises. Elles sont soumises à une multitude de taxes locales spécifiques, outre celles déjà citées ci-dessus.

La contribution économique territoriale

Les entreprises doivent d’abord s’acquitter de la cotisation foncière des entreprises (CFE), assise sur la valeur locative des biens utilisés pour exercer une activité professionnelle. Cependant, si vous n’avez aucun local pour exercer votre activité, vous êtes tout de même soumis à une cotisation minimale. Les auto-entrepreneurs sont également soumis à la CFE : en l’absence de local, une cotisation minimale est établie par chaque commune.

Les taux de la CFE sont votés par les communes ou les intercommunalités. À cela s’ajoutent des taxes additionnelles qui bénéficient aux établissements publics fonciers et aux organismes consulaires (CCI et CMA).

Si quelques communes ont un taux de CFE égal à zéro – probablement parce qu’aucune entreprise n’est présente sur leur territoire – ce n’est pas, loin s’en faut, le cas de la majorité. Entre Crillon (Oise) dont le taux de CFE est 0,14 % et Chiconi (Mayotte) à 51,52 %, la fourchette est large. Dans les grandes villes, le taux oscille entre 38,67 % à Montreuil et 16,52 % à Paris.

Dans ces exemples, il semble que les villes du sud, exceptés les bastions communistes que sont Montreuil et Saint-Denis, taxent davantage que celles du nord. S’installer au soleil aurait donc un prix !

Deuxième taxe d’importance, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Comme son nom le laisse pressentir, cette cotisation est assise sur la valeur ajoutée produite par l’entreprise. Son taux est unique à 1,5 % de la valeur ajoutée.

Cependant, il n’est appliqué que pour les entreprises qui réalisent plus de 50 millions d’euros. Les autres bénéficient de dégrèvements, variables selon le montant de leur chiffre d’affaires comme le montre le tableau ci-dessous :

Les bénéficiaires de la CVAE sont les communes et intercommunalités (pour 26,5 %), les départements (23,5 %) et les régions (50 %). Une taxe additionnelle vient également s’ajouter pour financer les chambres de commerce et d’industrie (CCI).

Ces deux taxes – CFE et CVAE – constituent ensemble la contribution économique territoriale (CET).

L’énergie bien taxée, mais aussi le transport et le téléphone

Autre source de revenus importante pour certaines collectivités, l’imposition forfaitaire des entreprises de réseau (IFER). Cette IFER se divise en neuf composantes dont l’énoncé ci-dessous illustre parfaitement le langage à la Prévert de l’administration française :

  • imposition sur les éoliennes et hydroliennes ;
  • imposition sur les installations de production d’électricité d’origine nucléaire ou thermique à flamme ;
  • imposition sur les centrales de production d’électricité d’origine photovoltaïque ou hydraulique ;
  • imposition sur les transformateurs électriques ;
  • imposition sur les stations radioélectriques ;
  • imposition sur les installations gazières et sur les canalisations de transport de gaz naturel, d’autres hydrocarbures et de produits chimiques ;
  • imposition sur le matériel ferroviaire roulant utilisé sur le réseau ferré national pour les opérations de transport de voyageurs ;
  • imposition sur certains matériels roulants utilisés sur les lignes de transport en commun de voyageurs en Île-de-France ;
  • imposition sur les répartiteurs principaux de la boucle locale cuivre et certains équipements de commutation téléphonique.

Nous passerons sur les taux et les montants réclamés qu’il serait fastidieux d’énumérer. Relevons simplement que les énergies non carbonées, subventionnées d’un côté au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, sont imposées d’un autre côté au nom d’on ne sait pas trop quoi. La justice fiscale sans doute !

Bizarrement le transport de l’électricité semble échapper à l’IFER. C’est qu’il existe, pour les entreprises exploitant des lignes électriques, l’imposition forfaitaire sur les pylônes. Elle s’applique aux pylônes supportant des lignes électriques dont la tension est au moins égale à 200 kilovolts. Le montant de l’imposition, fixé par pylône, varie selon la tension électrique des lignes.

Les bénéficiaires en sont les communes et les intercommunalités. En 2018, les montants sont fixés à 2 368 € pour les pylônes supportant des lignes électriques dont la tension est comprise entre 200 et 350 kilovolts et à 4 730 € pour ceux supportant des lignes électriques dont la tension est supérieure à 350 kilovolts.

Il existe aussi une taxe sur les éoliennes maritimes, ainsi qu’une redevance proportionnelle sur l’énergie hydraulique.

N’oublions pas la taxe sur la consommation finale d’électricité, due par les fournisseurs d’électricité, et assise sur la quantité d’électricité consommée par les usagers pour une puissance souscrite inférieure ou égale à 250 kVA. Facultative, cette taxe bénéficie aux communes, intercommunalités, départements, syndicats intercommunaux et d’aménagement, ainsi qu’à la métropole de Lyon.

Rappelons également qu’une part de la taxe sur les carburants (32 %) va aux départements et aux régions.

Citons enfin, même si elle peut paraître anecdotique, la redevance des mines à laquelle sont soumis les concessionnaires de mines, les amodiataires et sous-amodiataires des concessions minières, les titulaires de permis d’exploitation des mines, et les explorateurs de mines de pétrole et de gaz combustibles. Cette redevance bénéficie aux communes et départements.

Le commerce n’échappe pas à la furie taxatrice

Les commerces exploitant une surface de vente au détail de plus de 400 m² et réalisant un chiffre d’affaires hors taxe à partir de 460 000 € sont soumis à la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM). Son produit est destiné aux caisses communales et intercommunales.

Le montant de la taxe est fonction de la surface commerciale et du chiffre d’affaires réalisé par l’établissement.

On s’arrêtera sur le fait que l’imposition est plus élevée pour les stations-service. Encore un moyen détourné et bien caché de taxer les automobilistes.

Les communes ou les intercommunalités peuvent également, si elles le souhaitent, instituer une taxe sur les friches commerciales situées sur leur territoire. Elle s’applique aux biens qui ne sont plus affectés à une activité entrant dans le champ de la cotisation foncière des entreprises depuis au moins deux ans au 1er  janvier de l’année d’imposition et qui sont restés inoccupés au cours de la même période. Cette taxe est payée par le redevable de la taxe foncière.

Exploité ou nom, un local commercial a donc sa taxe. La créativité fiscale française est, on le voit, sans bornes.

Les communes peuvent mettre en place, de façon facultative, une taxe sur les activités commerciales saisonnières non salariées exercées sur leur territoire. Chaque municipalité en détermine le montant par délibération et recouvre l’impôt sur déclaration de l’exploitant. Sont soumis à cette taxe les commerçants ambulants, les marchands saisonniers, les exploitants de food truck… qui ne sont pas déjà soumis à la CFE.

De même, communes et intercommunalités peuvent instaurer une taxe locale sur les enseignes et publicités extérieures (TLPE). La taxe s’applique à tous les supports publicitaires fixes, extérieurs, visibles d’une voie publique : panneaux publicitaires, enseignes, pré-enseignes. Elles peuvent aussi décider d’une taxe sur les véhicules publicitaires.

Par ailleurs, l’occupation du domaine public (trottoirs, places) par un commerce nécessite une autorisation d’occupation temporaire (AOT) du domaine public, qui prend la forme d’un arrêté et entraîne le paiement de droits de voirie. Leur montant varie en fonction notamment de l’emprise au sol, du mode d’usage et de la durée d’exploitation (usage annuel ou saisonnier), de la valeur commerciale de la voie considérée.

Une foultitude d’autres taxes sur les entreprises

À lire la liste ci-dessous, on peut raisonnablement se demander si chaque activité économique n’a pas sa taxe propre, au bénéfice des collectivités locales :

  • impôt sur les spectacles, jeux et divertissements
  • surtaxe sur les eaux minérales
  • taxe sur les remontées mécaniques
  • prélèvement progressif sur les produits des jeux dans les casinos
  • taxe d’usage des abattoirs publics
  • taxe sur les jeux de boules et de quilles comportant des dispositifs électromécaniques…

Le cas particulier de l’Île-de-France

La région Île-de-France a des taxes qui lui sont propres :

  • la taxe pour la création de bureaux et commerce (TCB) perçue à l’occasion de travaux de construction, reconstruction, rénovation, transformation ou agrandissement de bureaux, locaux commerciaux ou de stockage. Elle est due par les propriétaires. On notera que certains locaux ne sont pas soumis à la redevance, notamment les bureaux des professions libérales, officiers ministériels (notaires, huissiers) ;
  • la taxe sur les bureaux (TSB), perçue annuellement pour les locaux à usage de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement ;
  • la taxe sur les droits de mutation de locaux professionnels, est due sur les mutations à titre onéreux des locaux soumis à la taxe sur les bureaux.

La fiscalité locale est à l’image du millefeuille territorial, un empilage complexe et coûteux. La technique de l’émiettage permet d’égarer et de diviser les contribuables, chacun ayant tendance à penser « ouf, ce n’est pas moi qui paie ». Mais lors de votre prochain achat immobilier, pensez aussi à chercher le moins-disant fiscal !

_____

Pour plus d’informations, c’est ici

 

 

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  • Cela se confirme, le parti communiste qui en principe n’existe plus sauf son pouvoir de nuisance sur tous les transports tant par mer, terre et eau que presse et TV. Son armée la CGT financée par l’Etat

  • Merci pour cet article. Ne pourrait on pas simplifier drastiquement ces taxes en 1 pour chaque niveau de collectivité et l’usage fait des taxes ?

    • Si l’Etat simplifie le maquis des taxes, il ne pourra plus dissimuler aussi efficacement les détournements et les ponctions multiples destinées aux copains du pouvoir.

  • la France est gouverné par des rapetouts , comme le dit si bien la chanson des inconnus ; et ça ne date pas d’hier ;

    • un mai qui a tenté de se reconvertir dans la brocante et franchise, avec deux employés qui en comptait pas ses heures mais gavé de taxes et d’impôts s’est suicidé dans son local….en plus d’être des rapetous ils sont aussi criminels..

  • En tous cas, dans ce pays qui se claironne défenseur de la ‘justice sociale’, je ne comprend toujours pas pourquoi le chauffage (et autres mesures d’isolation) est taxé de la même façon à Banyuls dans les Pyrénées Orientales qu’à Mouthe dans le Jura…

    • on parle de « justice sociale ». Pourquoi on taxerait moins à l’endroit où le besoin est le plus fort ? Au contraire, on a de la chance : on n’est pas plus taxé dans les lieux plus froids ! On dit merci qui ? Après tout, c’est l’État qui subit un terrible mankagagné, là !
      (ou alors ils n’y ont juste pas encore pensé… ça finira par venir)

      • Rien que de rajouter « sociale » derrière le mot « justice » me fait pousser des boutons. La justice est la justice, c’est tout. C’est vrai pour la sécurité, la mixité, … et ainsi de suite
        On est pas en URSS bordel

        • J’oubliais , nous sommes en URSSAF (union des républiques socialistes soviétiques antenne francaise)

        • Vous ne me verrez jamais écrire ‘ justice sociale’ autrement qu’entre guillemets, comme tout gros mot qu’une certaine trivialité m’autorise à placer dans un texte…

  • Il a raté le coche , la 1ére réforme était de mettre toute la fiscalité sur la table et la simplifié , ensuite traité la dépense publique
    qui sont un frein de notre économie !!! Mais pour ça, il n’a pas le niveau .. Il a plombé l’économie du pays avec la suppression de la taxe d’habitation , avec une caisse vide ..
    persiste et signe son entêtement et sera obligé de la faire pour tout le monde ou il espere qu’elle soit rétorqué dans son ensemble par le Conseil Constitutionnel !!

  • Une idée, elle vaut ce qu’elle vaut :
    Dissolution de l’ENA et de La CGT.
    Mise en détention préventive durant les quelques mois de débats sur les reformes de tous les énarques sans exceptions. Si d’autres veulent compléter …

    • Détention préventive, non. Ils n’ont qu’à bosser, juste pour une fois, et ne plus être aux frais de la princesse…

      • Ils n’arrêtent pas de bosser, vu le tas de rapports qu’ils nous pondent. Quant à l’utilité de leur travail, c’est une autre histoire.

        • Ils creusent le trou sans fond, oui. Ils n’arrivent pas à atteindre ce fond. Ils n’ont qu’à creuser plus vite. Ils se reposeront quand ils l’auront atteint :mrgreen:

      • Ils bosseront en détention préventive ! Des entreprises font faire des travaux manuels à des détenus. Mais pour les énarques et cégétistes, ce sera sans salaires, ils se sont assez gavés comme ça.

  • On arrête pas de se plaindre mais ça brule bien un millefeuille ! Ils ne savent même plus ce qu’il y a comme taxes. Ils empilent. Une couche de taxe, on verrouille avec une loi. Puis on recommence. C’est compulsif chez les communistes. Plutôt que d’essayer d’expliquer ou de diminuer il faut cramer le gâteau. C’est impossible de réformer un bordel pareil.

    • je commence à penser comme toi.. c’est impossible de bouger un orteil dans un merdier pareil
      j’en viens presque à espérer une montée brutale des taux d’interêt, et une cessation de paiement, pour forcer nos dirigeants à choisir entre une simplification drastique ou la guillotine

      • Ce n’est pas un espoir, mais une certitude. La seule inconnue, c’est la date.

      • @ragnarok
        Détrompez vous ils ne seront pas guillotinés mais vous peut-être.!!

        • Quand je vois les intrusions dans les ministères, les cagnottes pour sponsoriser le silence de telle politicienne minable, les barbecues de péages, les plans d’évacuation de l’élysée… je me dis que ça commence quand même à chauffer sévère pour leur cul

  • Et sans honte ni sans-gêne ni délicatesse, Macron et Philippe va nous demander ce que je pense de la fiscalité alors qu’il me fait les poches tous les mois depuis le 1èr janvier 2018. C’est vraiment prendre les gens pour des « cons ».

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