Tristes extrémismes

Frown Clown By: Shawn Campbell - CC BY 2.0

Féminisme radical, intersectionnalité, déconstruction du genre : le témoignage d’un gauchiste dogmatique revenu de tout.

Par Conor Barnes.
Un article de Quillette

Quand je suis devenu anarchiste, j’avais 18 ans, j’étais déprimé, angoissé et prêt à sauver le monde. J’ai emménagé avec d’autres anarchistes et j’ai travaillé dans un café végétarien coopératif. J’ai protesté contre les frais de scolarité des étudiants, la privatisation des prisons et l’extension des pipelines.

Des numéros d’avocats étaient écrits sur ma cheville et j’aidais des amis qui avaient été gazés aux lacrymogènes lors de manifestations. J’ai travaillé pour des brochures militantes, j’ai vécu avec la famille que je m’étais choisie, et j’ai composé des slams sur la fin du monde. Pendant ce temps-là, ma communauté déconstruisait le genre, la monogamie et la psychiatrie, nous vivions et respirions concepts et actions : dénonciations de propos outranciers, intersectionnalité, appropriation culturelle, caveats (NDT trigger warning), espaces protégés, théorie des privilèges et culture du viol.

Qu’est-ce qu’une communauté radicale ? Dans cet article, je la définirai comme « une communauté qui partage à la fois une idéologie d’insatisfaction totale à l’égard de la société existante en raison de sa nature oppressive et un désir de la modifier ou la détruire radicalement parce qu’elle ne peut être rachetée par ses propres moyens ». J’ai fini par entrer en conflit avec ma propre communauté. L’idéologie et ceux qui la composent m’avaient laissé comme une épave humaine. Alors que je me déprogrammais, j’ai vu une version édulcorée de mon idéologie extrémiste se diffuser en dehors du milieu universitaire et devenir en vogue : j’ai vu la gauche s’éveiller (NDT : jeu de mot sur woke, terme qui signifie en même temps s’éveiller et indique une personne consciente des problèmes sociaux pointés par les tenants des politiques identitaires).

Les journalistes ont induit en erreur les militants de la justice sociale sur la toxicité de l’état d’esprit woke. C’est ce dont beaucoup de radicaux à travers l’Amérique du Nord sont conscients et qu’ils essaient de comprendre. Joyful Militancy (JM) de Nicholas Montgomery et Carla Bergman, publié l’an dernier, est l’étude la plus approfondie de la nocivité radicale (je fais amende honorable : j’ai rencontré Nick Montgomery très brièvement il y a quelques années. Ma clique anarchiste n’appréciait pas la sienne). Comme on le dit, « il y a un courant totalitaire sous-jacent, non seulement dans la culture de dénonciation, mais aussi dans la façon dont les communautés progressistes contrôlent et définissent les limites entre ce qui est admis et ce qui ne l’est pas ».

Montgomery et Bergman considèrent la toxicité radicale comme un problème exogène. Ils ne se demandent pas si le radicalisme pourrait être intrinsèquement malveillant. En conséquence, les solutions qu’ils proposent sont inconsistantes et abstraites, du type « il faut augmenter sa sensibilité et vivre les expériences plus pleinement » ; peut-être parce que les solutions existantes se situent toutes au-delà des frontières de la pensée radicale. Comme Jonathan Haidt l’a souligné, « la morale enchaîne et aveugle. »

Malheureusement, la nocivité des mouvements extrémistes n’est pas un bug, mais une fonctionnalité. L’idéologie et les normes du radicalisme ont évolué pour produire des sujets toxiques, paranoïaques et déprimés. Ce qui suit illustre ce qui se passe au sein des mouvements passionnément, sincèrement, radicalement woke, et présenté du point de vue d’un apostat.

La ferveur

Les commentateurs  ont bien noté à quel point la justice sociale peut s’apparenter à une religion. Elle reflète le sens et l’accomplissement que j’ai trouvés dans les protestations et les occupations ; et montre aussi comment, en dehors de ces bouffées d’exubérance, la vie quotidienne au sein de ces communautés est banale mais fervente. En tant que militant radical, j’ai consacré une grande partie de mon temps au prosélytisme.

Les non-anarchistes étaient comme des païens à convertir au moyen de brochures militantes et d’affiches collées avec de la pâte de blé au lieu d’une Bible et d’un baptême. Quand les non-radicaux ont écouté mes affirmations selon lesquelles les nazis méritaient la mort, que toute la vie était devenue spectacle et que la monogamie était une construction sociale capitaliste, ils étaient probablement davantage déconcertés que séduits.

Au lieu de reconnaitre nos propres imperfections, nous voulions que nos familles et amis non-anarchistes développent leur propre analyse et reconnaissent leur participation aux méfaits du capitalisme. Plus je devenais anarchiste et plus ces amis se faisaient rares. Ils ne se rendaient pas compte comme le monde était mauvais, et s’exprimaient de façon problématique, révélatrice d’une politique désespérément sans issue. Frustré par eux, je me retirai de plus en plus dans la chambre d’écho grise de ma famille de cœur.

Trent Eady de Montréal dit de son propre radicalisme : « Quand je faisais partie de groupes comme celui-ci, tout le monde était exactement sur la même longueur d’ondes sur un éventail de questions si grand qu’il en était suspect. Lorsque mes amis et moi avions des désaccords théoriques, ils tendaient vers des détails purement tactiques ou philosophiques. Les policiers sont-ils humains ? Si nous prêtons attention aux quelques nationalistes blancs de la ville, est-ce que cela va les exciter ? Le polyamour est-il queer, ou privilégié ? »

Un engagement profond et sincère sur des points de vue opposés est inadmissible. Le radicalisme fonctionne comme un clan trop méfiant à l’égard des étrangers pour renoncer aux unions incestueuses ; et, telle une descendance consanguine, la progéniture intellectuelle du radicalisme accuse un fardeau génétique. Les théories étriquées doivent fournir des explications de plus en plus alambiquées sur le monde. Par exemple, Montgomery et Bergman décrivent l’utilisation du terme Empire par Michael Hardt et Antonio Negri dans leur livre éponyme, à la fois comme une émanation « accumulant et répandant la tristesse » et comme une espèce de créature qui « œuvre à installer ses sujets dans des relations évanescentes et à insuffler violence et domination ».

Aucune compréhension du monde ne reflète parfaitement la réalité. Mais confrontée à une connaissance discordante, elle peut soit évoluer pour s’y adapter, soit traiter celle-ci comme une menace. Si cette vision du monde rend menaçante toute contradiction, alors il s’agit d’une idéologie. Ses adeptes apprennent à se considérer comme des gardiens au lieu d’être à la recherche de la vérité. Les conséquences pratiques d’une telle vision du monde peuvent être dévastatrices.

La crainte

Quand je suis devenu anarchiste, j’étais un adolescent déprimé et anxieux, à la recherche de réponses. Le radicalisme m’a enseigné que mes problèmes ne provenaient pas de facteurs biologiques et de style de vie, mais résultaient d’une vie dans un monde aliéné par le capitalisme. Car, comme le dit Kelsey C. Cham, « Le monde entier est basé sur la misère » et « dans les systèmes capitalistes nous ne sommes pas supposés être heureux. » Le radicalisme ne suppose pas seulement que toutes les oppressions et les souffrances se renforcent.

La force à l’origine des dépressions économiques est la même que celle qui cause la guerre, la violence familiale et le racisme. En acceptant ce cadre, je me suis soumis à un point de vue externe. Dans un tel modèle, les convictions intimes sont ridicules. Et puis, au fur et à mesure que je devenais moins heureux en tant qu’anarchiste, j’avais une explication sous la main.

Le recours à la critique est une compétence sur-développée dans le radicalisme, capable de débusquer l’oppression derrière la moindre banalité. D’où vient ce réflexe critique ? Le philosophe français Paul Ricœur a inventé le terme herméneutique de la suspicion pour décrire chez Marx, Nietzsche et Freud la prétention de découvrir les sens cachés de textes et de la société. Les radicaux d’aujourd’hui ont hérité de ce dynamisme par l’intermédiaire de Foucault et d’autres intellectuels marxo-nietzschéens.

En tant que radicaux, nous vivions dans ce que je nomme un univers de suspicion, l’une des principes issus de la consanguinité intellectuelle. Nous avons hérité de névroses familiales et avons été témoins d’oppressions et d’exploitations insidieuses dans toutes les interactions sociales, nous empêchant d’établir sans cynisme des relations avec les autres ou nous-mêmes. Les militantes et militants s’interrogent anxieusement sur les interactions, cherchant par quels circuits la banalité quotidienne masque en fait la domination. Envisager que chaque interaction contienne de la violence cachée, c’est devenir une victime permanente, car si vous n’êtes qu’un clou, tout ressemble à un marteau.

Le paradigme de la suspicion laisse le radical épuisé et misanthrope, parce que toute action ou déclaration peut, si on s’y efforce, être désignée comme masquant un privilège, une micro-agression ou un parti pris inconscient. Cité dans JM, le professeur anarchiste Richard Day propose la notion de responsabilité infinie : « nous ne pouvons jamais nous permettre de penser que nous en avons fini, que nous avons identifié tous les points, toutes les structures et processus d’oppression là-bas ou ici, à l’intérieur de nos propres identités individuelles et collectives ». La responsabilité infinie signifie une culpabilité infinie, une sorte de christianisme sans salut : débusquer le pouvoir dans chaque interaction, c’est apercevoir le péché dans chaque interaction. Tout ce que le militant peut faire pour s’absoudre représente un effort digne de Sisyphe, jusqu’à l’épuisement. Le résumé d’Eady est plus simple : « Tout est problématique. »

Cet effort ne s’adresse pas seulement à soi-même, mais aussi au monde extérieur. La morale et la politique sont imbriquées dans ce système, de sorte qu’une bonne politique devient un signe de bonne moralité. Montgomery et Bergman emploient impitoyablement cette manière de penser : « Pour rester pieux, le prêtre doit avouer de nouveaux péchés… Le nouvel Autre est le non-radical, le libéral, l’agresseur, l’oppresseur. » Parce que la bonne réputation morale ne peut jamais être garantie, la meilleure façon de la maintenir est de s’attaquer à la réputation morale des autres.

Comme le soulignent Montgomery et Bergman, c’est aussi une alternative palpitante et concrète au découragement qui hante les radicaux après chaque conflit perdu contre le capitalisme et l’État. C’est ainsi qu’émergent des clans et des jeux de pouvoir au sein de communautés prétendant s’opposer à toute hiérarchie, transformant les gens en ce que Freddie DeBoer désignait autrefois péjorativement comme des archéologues de l’offense.

Il en résulte des amitiés et des activités sans saveurs ; les conversations sont gênantes et tendues car les extrémistes se contorsionnent pour éviter de se blesser mutuellement. En tant qu’anarchiste, je ne me suis pas engagé avec des individus en tant que tels, mais comme autant de bibelots de porcelaine, pensant toujours d’abord et avant tout à l’identité de groupe que nous incarnions.

Sortir du paradigme de la suspicion est rendu très difficile par le piège kafkaïen : s’opposer au point de vue radical est justement une preuve de son existence. Les minorités qui le remettent en question ont intériorisé leur oppression et les privilégiés prouvent par là leur culpabilité. La seule chose dont les radicaux ne doutent pas, c’est la nécessité d’un doute implacable. Comme l’écrivent Haidt et Greg Lukianoff à propos de l’uniformisation des campus : « Si quelqu’un avait voulu créer un environnement de haine perpétuelle et de conflits entre les groupes, ce serait le meilleur moyen d’y arriver ».

L’échec

Les communautés radicales sélectionnent des types particuliers de personnalité : elles attirent des personnes profondément compatissantes, en particulier les jeunes sensibles à la souffrance inhérente à l’existence, et les individus meurtris, cherchant une explication à la douleur qu’ils ont endurée. Et ces deux types de personnes attribuent cette souffrance à la force de leur engagement d’opposition à l’adversité. Ils ne sont plus simplement des victimes, mais deviennent des opprimés.

Cependant, les communautés radicales attirent aussi ceux qui cherchent un alibi pour être violents et hors la loi (NdT : le terme employé est illegalism, il dénote une philosophie particulière de l’anarchisme promouvant un mode de vie délibérément hors la loi). Et l’abondance de personnes vulnérables et compatissantes attire des sadiques et des agresseurs prêts à les exploiter. La seule barrière qui résiste dans les communautés radicales est celle de la langue et de la passion — si vous pouvez vilipender le capitalisme en langage woke, vous êtes bon.

Un groupe est constitué d’individus stables, vulnérables, prédateurs. Que les communautés radicales soient composées de combinaisons plus nocives que la moyenne ne les condamne pas forcément. Cependant, elles rejettent également les normes traditionnelles qui pourraient les protéger, en faveur de normes expérimentales. Ces groupes sont animés des meilleures intentions du monde et visent à résoudre des problèmes réels. Mais les intentions n’ont pas d’importance si l’on ne tient pas compte de la nature humaine.

Les agresseurs prospèrent dans les communautés radicales car les normes radicales sont fragiles et exploitables. Une culture promouvant la drogue et l’alcool sans limites génère des situations propices aux prédateurs. La fétichisation culturelle de la violence sert de prétexte aux personnes agressives et instables. La pratique des dénonciations (NdT : call-outs) publiques est beaucoup plus souvent utilisée dans des luttes de pouvoir que pour des objectifs constructifs.

Les valeurs radicales permettent de contrer les allégations de préjudice en faisant appel à la compassion et à la croyance. Cependant, les agresseurs les exploitent de la même façon que les enfants exploitent leurs parents et leurs enseignants : les pleurnicheries deviennent un moyen de punir leurs adversaires ou leurs proies. Alors que croire a priori la plainte d’une victime est la norme dans la  famille et l’environnement proche où confiance et responsabilité sont réelles, la plainte devient une arme dans des communautés informelles.

Une pratique particulière l’illustre bien : le processus de responsabilisation est une sous-culture où les victimes peuvent demander des comptes aux agresseurs, et que la communauté doit tenir pour responsables. Les radicaux hésitent à dénoncer les agresseurs et les violeurs à la police, de peur de faire incarcérer leurs camarades. Mais faire des victimes en même temps des juges et des jurés et transformer les amis communs en bourreaux est une recette parfaite pour créer des injustices qui ne satisferont personne. Et à la lumière du fait qu’instantanément on accorde le statut de vérité aux allégations d’abus, les processus de responsabilisation sont une arme curieusement parfaite pour des agresseurs biens réels.

Comme le dit l’un des auteurs de la brochure militante « The Broken Teapot » : « Ces dernières années, j’ai vu avec effroi prospérer la manipulation mentale sous couvert d’un discours responsabilisant. Il a permis de perfectionner un nouveau genre marginal de prédateur — celui qui a été formaté par le langage de la sensibilité — en utilisant l’illusion de la responsabilité comme monnaie d’échange à l’intérieur de la communauté. »

C’est ma rencontre avec un tel individu qui m’a finalement libéré de mon propre dogmatisme. Que quelqu’un puisse me menacer d’être agressé physiquement par ses amis si je n’admettais pas être un suprémaciste blanc, et que son travail de sensibilisation méritait rémunération, était au-delà de ce que mon idéologie pouvait accepter. La crise interne qu’elle a induite m’a conduit à une désillusion progressive. En fin de compte, cependant, c’était le plus beau cadeau que je pouvais demander.

La fuite

Quelle est l’alternative au radicalisme, pour l’extrémiste désabusé ? Il pourrait abandonner le projet et engager son talent et son énergie ailleurs. Fuir le culte. Comme le dit Michael Huemer : « Se battre pour une cause a un coût important. Généralement, on dépense beaucoup de temps et d’énergie, tout en imposant des coûts aux autres, en particulier à ceux qui s’opposent à sa propre position politique… Très souvent, l’effort est consacré à l’élaboration d’une politique qui se révèle néfaste ou injuste. Il vaudrait mieux consacrer son temps et son énergie à des objectifs que l’on sait être bénéfiques. » Des petits pas lents et patients offrent un chemin plus fiable vers un monde meilleur que des gestes dramatiques qui se retournent le plus souvent contre nous.

La conversation est moins romantique que la confrontation, développer sa propre petite entreprise l’est moins que voler à l’étalage, les soupes populaires moins que le vandalisme. Si une personne veut mettre fin à la souffrance, elle devrait réfléchir sérieusement aux raisons pour lesquelles elle a rejoint des communautés glorifiant la violence, la vengeance et l’irrationalisme. Ayant quitté cette scène, je suis étonné des efforts que nous déployons pour faire du monde un endroit plus douloureux et plus difficile qu’il ne l’est déjà au service d’une utopie post-révolutionnaire.

Les radicaux devraient faire l’inventaire des progrès réalisés par les démocraties libérales. Comme le souligne Steven Pinker dans The Better Angels of Our Nature, plus personne en Occident ne peut justifier la violence conjugale ou refuser le droit de vote aux femmes. Les taux de mortalité infantile se sont effondrés et l’extrême pauvreté est en chute libre. Avec de telles tendances, le capitalisme libéral apparaît moins comme l’ennemi juré de l’humanité, que comme un mécanisme miraculeux. Il pourrait même être amélioré par la compassion et le dévouement d’anciens radicaux. Bien sûr, ces progrès ne signifient pas que l’exploitation et l’oppression ont été éradiquées, mais que notre société actuelle est la seule à avoir fait des avancées significatives pour les combattre.

Les radicaux devraient surtout apprendre à abandonner les fausses vérités. La seule façon d’échapper au dogmatisme est de résister à la calcification et à la sanctification de valeurs, et d’apprendre de la sagesse des perspectives différentes. Comme l’affirme Haidt, des positions politiques opposées peuvent détenir une part de vérité. Les extrémistes se rendent un mauvais service en considérant qu’en dehors de leur monoculture radicale le monde des idées est contaminé par la réaction et le mal.

Une riche diversité de pensées les y attend, si seulement ils voulaient bien ouvrir leur esprit. La liberté d’expression est l’une des conquêtes du libéralisme, qui autorise le partage de la diversité des idées. Chaque nouvelle et stimulante école de pensée que j’ai découvert après l’anarchisme a ébranlé ma vision du monde, moi qui croyais autrefois que c’est dans la lutte qu’émergeait la sagesse. La quête de la vérité passe par la confrontation intellectuelle, plutôt que par la réduction au silence.

Les jeunes adultes deviennent souvent radicaux après avoir réalisé l’immensité de la cruauté et de la malveillance dans le monde. Ils rejettent une société qui tolère une telle souffrance, et la justice devient leur mission. Mais sans vérité pour guider la justice, les assoiffés de justice s’écraseront encore et encore contre la réalité, élaboreront des analyses idéologiques de plus en plus cauchemardesques et paranoïaques. Pour paraphraser Alice Dreger, pas de justice sans sagesse, et pas de sagesse sans sacrifier à l’incertitude dans la recherche de la vérité.

Conor Barnes est étudiant, écrivain et poète. Ses publications apparaissent également dans Areo Magazine et the Mantle. Vous pouvez le suivre sur Twitter @ideopunk

Traduction de Frédéric Prost pour Contrepoints

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