Les bons vœux de Nathalie MP [vidéo]

Daniel Lee, 2018, CC BY-NC-ND 2.0

Par Nathalie MP.

Et si l’on plaçait 2019 sous le signe de “la première fois” ?

Vidéo :

[Déjà une bonne résolution : j’ai décidé de prendre mes distances avec le torrent impétueux dont le vacarme a quelque peu brouillé le son de mes deux vidéos précédentes. Cette fois-ci, l’écoute devrait être plus agréable !]

Texte :

Bonjour ! Je suis Nathalie MP. Nous sommes le 31 décembre 2018 et me voici à nouveau dans mon petit coin familier des Hautes-Alpes. Bien entourée par le bleu du ciel, le blanc de la neige et la chaleur des vieilles pierres qui ont façonné peu à peu la vallée de Briançon qui se déploie derrière moi, j’aimerais beaucoup vous parler de 2019.

Contrairement aux voeux formés ici il y a un an, voeux qui consistaient à demander à Emmanuel Macron de passer enfin des paroles aux actes dans son projet de faire souffler un vent de liberté sur la France, force est de constater aujourd’hui que peu a été fait. À certains égards, à travers la loi Pacte pour les entreprises par exemple, on assiste même à une augmentation des contraintes et à la consolidation de l’idée que tout ce qui relève du privé et se développe sur la base du profit est fondamentalement vicieux et doit être surveillé de près.

[Je ne reviens pas plus en détail sur les événements saillants de 2018, mais je vous ai concocté un petit panorama mensuel en fin d’article.]

Résultat : l’année 2018 a fait brillamment honneur aux nombreuses années qui l’ont précédée en rejoignant à son tour le cimetière surpeuplé des “années pour rien”. Malgré les belles déclarations d’intention, toutes les réformes véritablement fondamentales qu’il faudrait faire, celles qui touchent à la structure même de notre système économique et social très collectivisé, ont été au mieux effleurées, mais le plus souvent évitées ou repoussées.

Comme avant, la France reste le pays qui dépense, taxe et redistribue plus que tous les autres parmi ses pairs du monde développé, tout en étant également celui dont la prospérité est la moins assurée. Notre taux de chômage élevé, double ou triple de celui de nos voisins, en témoigne.

Voici du moins ce que je pouvais dire avant que la révolte tumultueuse des Gilets jaunes ne vienne jeter un pavé inédit dans l’acceptation trop calme de nos faiblesses. Tout reste vrai, bien sûr, et les Gilets jaunes ne sont qu’un symptôme de plus de nos échecs. Mais pourrait-on imaginer que grâce à eux, l’année 2018 serve au moins à cela : prendre conscience que malgré nos convictions sur la justesse de notre modèle social, il y a quelque chose de pourri dans le pays de France qui demande instamment à être extirpé de ses multiples non-dits ?

Oh, bien sûr, il serait facile de prendre prétexte de l’incohérence des revendications des Gilets jaunes et de l’inexcusable propension à la violence de certains groupes pour ne surtout rien changer. Un peu de traitement social pour calmer la fureur, tant pis pour le creusement du déficit et l’accroissement de la dette et hop, tout le monde rentre dans le rang jusqu’à la prochaine crise. C’est précisément ce qu’a fait Emmanuel Macron, dans la plus pure tradition française.

Et il est vrai qu’on discerne mal si les Gilets jaunes souffrent de trop d’État ou de pas assez d’État dans leur vie. La révolte fiscale est évidente, mais elle s’accompagne bien souvent d’une demande pour moins de fracture sociale et plus de services publics qui ne trouve sa résolution que dans la taxation accrue des “autres”, les riches étant évidemment les mieux placés pour entretenir tout le monde dans l’illusion de la “solidarité” et de la prospérité.

Pour toutes ces raisons, j’aimerais mettre ces voeux sous le signe de “la première fois”.

À Emmanuel Macron, je souhaite que l’année ravageuse qu’il vient de vivre lui fasse envisager une sortie de ses problèmes par le haut plutôt que par la continuité et que, “pour la première fois” en France depuis plus de 45 ans, un président de la République se mette effectivement à réduire le poids de l’État dans la vie de ses concitoyens.

Le moment pour le faire semble assez mal choisi car l’état de grâce est loin et sa cote d’amour chez les Français est au plus bas. Mais cet obstacle pourrait presque devenir un avantage. Qu’a-t-il à perdre dorénavant à mettre en avant des réformes à n’en point douter douloureuses qui feront redémarrer l’activité, avec toutes leurs conséquences positives sur l’emploi et le pouvoir d’achat ? Cette opportunité existe d’autant plus que malgré son impopularité, aucun leader politique ne semble véritablement en mesure de s’imposer à sa place.

À nous Français, Gilets jaunes ou pas, mais tous très chatouilleux sur le thème de l’égalité, je souhaite que 2019 soit l’occasion de retrouver de la cohérence. Et si, “pour la première fois”, on essayait de considérer que la politique ne consiste pas forcément à préserver notre modèle social coûte que coûte mais à en briser les monopoles afin de trouver les équilibres éventuellement inédits qui permettront d’accéder au mieux à la prospérité économique et à l’épanouissement des libertés civiles ?

À vous enfin, chers lecteurs, je souhaite non seulement que 2019 vous apporte bonheur et réussite, que la santé soit au rendez-vous et que les désaccords s’éloignent, mais que cette nouvelle année soit aussi un commencement, une occasion de découvertes et de “premières fois” qui font que la vie est entièrement palpitante, bien au-delà de nos jeunes années.

Revivez l’année 2018 en 12 articles :
Sélection centrée sur l’actualité politique et économique de la France

Janvier  :         Entreprises : Bruno Le Maire a un plan !

Février :          SNCF : une réforme entre « OUI » et « non »

Mars :               Je pense au Lt-colonel Beltrame et je me dis que…

Avril :                « La Commune de Tolbiac » ou la nouvelle sitcom du printemps 18

Mai :                  Taxe d’habitation : l’impôt est mort, vive la surtaxe !

Juin :                 Social : « pognon de dingue » et méthode Macron

Juillet :             Macron : un an après, le roi de la com’ est un roi nu

Août :                Chez McDo, le plus indigeste, et de loin, ce sont les syndicats !

Sept. :                SOS impôts en danger : des Français hostiles volent l’État !

Octobre :        #Urssaf : Moi, Macron, Président, je vais vous faire aimer l’État !

Novembre :   Gilets jaunes : Et si maintenant on parlait dépenses publiques ?

Décembre :   Revendications pour la liberté et la prospérité (#GiletsJaunes)

TRÈS  HEUREUSE  ANNÉE  2019  À  TOUS  !

L’absence de changement fondamental n’empêche pas que le cours de l’actualité puisse être mouvementé. S’annoncent déjà le prélèvement à la source, les élections européennes… Rendez-vous ici dans quelques jours pour ne rien manquer des rebondissements de l’année 2019 !

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