La Stratégie bas carbone : une application de la méthode Coué

La France vient de publier la trajectoire qu’elle se donne pour arriver à son objectif à 2050 pour le climat, c’est-à-dire la « neutralité carbone ». A coup d’interdiction et de renchérissement de certains biens et services.

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La Stratégie bas carbone : une application de la méthode Coué

Publié le 10 décembre 2018
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Par Michel Quatrevalet.

La méthode Coué est une méthode fondée sur l’auto-suggestion et l’auto-hypnose, due au psychologue et pharmacien français Émile Coué de la Châtaigneraie (1857-1926).

Elle utilise « l’autosuggestion consciente » basée sur ce principe : toute idée que nous avons à l’esprit devient vraie pour nous et a tendance à se réaliser.

Cette méthode est, à l’évidence, celle qu’ont choisie la plupart des gouvernements européens pour  lutter  contre le  changement  climatique.

Les scenarii « Bas carbone »

La France vient de publier la trajectoire qu’elle se donne pour arriver à son objectif à 2050 pour le climat, c’est-à-dire la « neutralité carbone ».

Cela voudrait dire que le peu d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle se permettrait à cette date serait « compensé » (comprenez, on planterait suffisamment d’arbres pour absorber du carbone. Comme si les arbres ne poussaient pas tout seuls : la forêt gagne du terrain en France.)

Traduite en terme énergétique, cette stratégie est tout à fait conforme au scenario Negawatt, élaboré par un consortium comprenant des ONG comme Greenpeace et le Syndicat européen des énergies renouvelables.

L’hypothèse de base de ce type de scenarii est une baisse drastique de la consommation énergétique, en général au moins 50 %, dont les leviers sont à peine esquissés de façon crédible sauf un : la « sobriété », décrite en détails, jusqu’au contenu des assiettes du Français moyen.

Même affublée du qualitatif « d’heureuse », on a peine à croire, lorsqu’on imagine la vie dans ce monde Negawatt, que cette sobriété soit « consentie ». Seule la rareté des ressources peut contraindre une société à de telles extrémités. Or en 2050, il n’y aura, en tout cas pas encore, de pénurie de quoi que ce soit, et même dans les études les plus pessimistes, le climat ne sera pas invivable.

La sobriété sera donc artificiellement provoquée… par l’interdiction et le renchérissement de certains biens et services. Les classes supérieures, elles, auront les moyens de payer. Elles échapperont donc à cette « sobriété heureuse »… On en est vraiment triste pour eux.

En réalité, même si ces scenarii étaient techniquement crédibles (et ils ne le sont pas, car prennent pour certitudes des hypothèses technologiques non validées), ils ne seraient pas socialement possibles, du moins sous un régime démocratique.

Il semble pourtant que les gouvernements, et les promoteurs de ces trajectoires, au moins pour certains, croient vraiment à ces utopies dangereuses. Il s’agit bien ici d’un phénomène d’auto suggestion, et même, de « dissonance cognitive » : plus la réalité montre l’utopie (les Gilets jaunes, la soif de consommation des pays en voie de développement, le développement du charbon en Chine et en Inde…) et plus les gouvernements européens font de la surenchère.

Inconscience ou provocation ?

Le ministère de l’Écologie vient de sortir la révision du  projet de Stratégie bas carbone pour la France. L’objectif intermédiaire est de baisser de 40 % les émissions françaises de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Depuis 1990, en 28 ans, dont presque 8 ans de crise économique, elles ont baissé de 16 %, Il (ne) reste donc (plus qu)’à baisser de 24 % en 12 ans. Un fameux coup d’accélérateur…

Mais il est arrivé un évènement fâcheux ces trois dernières années : les émissions de la France ne baissent plus, elles augmentent même légèrement. Le document de synthèse du Ministère en fournit les explications :

« Près d’un cinquième des dépassements observés pour le premier budget carbone est lié à des facteurs conjoncturels défavorables, dont les deux principaux sont le prix bas des énergies et, pour les années 2016 et 2017, l’indisponibilité d’une partie du parc de production électrique nucléaire (environ +15 MtCO2eq sur l’ensemble de la période). »

En effet, c’est gênant : 3 années consécutives de hausse, ça démarre mal pour 40 % dans 12 ans ! Les facteurs de l’échec : prix bas de l’énergie ! Certains s’en réjouiraient non ? Le texte le déplore. Heureusement que les Gilets jaunes ne lisent pas ces trucs là. Indisponibilité du nucléaire ? Ah bon ? Supprimer du nucléaire, ça augmente les émissions ?

« Outre le faible prix des énergies déjà mentionné, la stagnation des émissions dans le secteur des transports s’explique notamment par un rebond des trafics routiers, la faible amélioration des performances des véhicules neufs, la faible pénétration des véhicules à faibles émissions et les résultats moins bons qu’espérés pour le report modal dans le secteur des marchandises. »

C’est affreux : rebond du transport des marchandises ! L’activité reprend, quelle catastrophe… Et le report modal : 30 ans qu’on en parle, il faudrait quand même se rendre à l’évidence : ça ne marche pas !

Publier un tel texte dans un climat quasi insurrectionnel déclenché par le prix des énergies est soit de l’inconscience, soit de la provocation.

Lors d’une des dernières réunion à Bruxelles sur l’objectif des énergies renouvelables en Europe, Peter Altmaier, le ministre allemand, plaidant pour un compromis moins délirant que celui qui a été adopté disait :

« Les citoyens de toute l’Europe perdent confiance dans la politique. Quand ils nous voient instaurer des objectifs très ambitieux puis, quelques années, les manquer, nous ne répondons pas à leurs attentes. »

Perte de confiance dans la politique : c’est bien de cela qu’il s’agit.

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  • L’hypothèse de base de ce type de scenarii est une baisse drastique de la consommation énergétique, en général au moins 50 %…… ben oui…
    appauvrissement..à moins que…l’efficacité energetique de TOUT fasse un progrès énorme où qu’on trouve une autre source d’energie qui ne soit pas comptée là dedans.. et ceci proposé par des gens qui n’applique ne rien cette « sobriété heureuse ».
    Mais ne vous y trompez pas ce genre d’idiotie est encore populaire chez beaucoup de gens dits éduqués.
    Le seul refuge est..c’est la faute des riches…
    https://reporterre.net/Les-riches-detruisent-la-planete-A-bas-les-riches

      • donc yaka taxer les riches.. tout en sachant que nous somme tous riches dans les pays occidentaux. alors d’abord l’égalité des richesses..chez nous.. puis…ben euh ..faudrait aussi que les chinois les indiens et les africains comprennent combien ils sont sobres et heureux..

        • Non, vous n’y êtes pas. Selon je ne sais plus quelle étude, un paysan d’un pays du tiers monde avec un patrimoine proche de 0 est infiniment plus riche qu’un étudiant de Harvard avec un prêt pour financer ses études, ou qu’un ménage moyen endetté pour son logement.
          Il faut donc logiquement faire payer ce paysan.

    • De toutes les façons ,c’est tellement invraisemblable de diminuer de 50% notre consommation alors qu’il y a des millions de chômeurs et qui n’existe pas un emploi n’utilisant pas de l’énergie..actent ils que le chômage de la France va augmenter dans les années a venir…cela ne m’étonnerait pas d’eux et d’un type comme Holland un nihiliste hors normes.

  • Remarquez que cette décision de diminuer notre consommation d’énergie va permettre d’inverser les flux migratoires ,pourquoi se les geler et sans travail au nord alors qu’au sud…

  • Pourquoi un tel « pognon » gaspillé ?
    Demander donc a la Royale (qui ose encore intervenir sur ces sujets!!)
    il faut arrêter le mensonge écologique et là il y a des milliards à récupérer.
    Les GJ veulent remettre l’ISF en place (pour récupérer 3 milliards)???
    ils oublient ce qu’est « l’écologie à la française »!!
    L’écologie politique à la sauce française c’est la royale qui signe un contrat de 45 milliards pour les trois sites d’éoliennes offshores , puis macron qui passe plus d’un an après et qui en juin 2018 renégocie une baisse sur les contrats de 15 milliards pour descendre le tout a 30 milliards « seulement ». 15 milliards une paille que la royale n’avait pas de mal a balancer par les fenêtres puisque payé par nos impôts.
    Là les GJ hurlent pour une perte de 3 milliards du à l’abandon de l’ISF???
    Il faut se réveiller et arrêter tous les délires mis en avant sur l’écologie comme le font les ong escrologistes environnementeurs qui finissent par être de vrai enverdeurs destructeurs de nos sociétés.
    Pour la petite histoire, les 15 milliards que macron a réussi a récupérer ne servent pas à économiser sur les futures amortissements de l’électricité que vont produire ces éoliennes offshores (mais non cela serait trop logique), ils seront investi dans d’autres mises en places d’énergies renouvelables qu’EDF achètera plus chère que ce qu’elle aura le droit de revendre!! la différence sera sur les factures d’électricité de tous les Français encore une fois de plus!
    Pour rappel et autres exemples sur le fric foutu en l’air: les ours dans les Pyrénées: plus d’un million d’euro par ours payé directement a la Slovénie, plus des millions pour leur transport et leurs suivis jusqu’à ce que ….PAN!!

    • C’est dingue le prix de l’ours , il y a quelques années j’ai mangé de l’ours en Roumanie pas plus cher qu’une viande de bœuf,un peu plus dur quand même !

    • Par rapport à ce que nous coûtent les ours polaires, l’ours pyrénéen n’est vraiment pas cher !

  • Entendre des gens appeler à la sobriété en négligeant qu’ils s’adressent aussi à des gens qui sont « sobres » par manque de moyens, est révoltant.
    «En réalité, même si ces scenarii étaient techniquement crédibles (et ils ne le sont pas, car prennent pour certitudes des hypothèses technologiques non validées), ils ne seraient pas socialement possibles, du moins sous un régime démocratique.»
    Mais ceux qui sont à l’origine de ces folies détestent la démocratie! Tous les écrits et discours des mondialistes (qui ont enfourché dès les années 70 le cheval de l’écologie pour faire advenir leur projet de gouvernance globale), le prouvent .

  • Le ministère de l’Écologie tombe le masque: son objectif est bel et bien la décroissance. Peu importent les attentes et les besoins de la population: seul compte le dogme écolo selon lequel les activités humaines sont mauvaise pour la planète.

    Considérer que le prix bas de l’énergie est une mauvaise chose c’est (au mieux) de la stupidité et au pire le signe d’une intention criminelle: apauvrir délibérément les populations riches et empêcher les populations pauvres de sortir de la misère.

    Le terme de « sobriété heureuse » c’est de la novlangue.

  •  » ils nous voient instaurer des objectifs très ambitieux »

    Attention, il y a 2 natures différentes d’objectifs : moyen et résultat.

    Il m’étonnerait beaucoup que les citoyens arrivent à se rendre compte des résultats auxquels les moyens mis en oeuvre vont aboutir : Beaucoup d’efforts pour … rien et perdus pour autre chose.

  • Les politiciens sont formidables : ils ont toujours réponse à tout même quand il n’y a pas de solution. Et encore plus quand il n’y a pas de problème !

  • L’écolo est con, certes, mais le problème c’est qu’écouter et ou faire ce que dit l’écolo est extrêmement dangereux.
    Voila tout est dit.
    Tenez vous coi et pas Coué.

  • Les commentaires sont fermés.

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