Aujourd’hui, l’État a consommé toutes ses ressources et recommence à s’endetter

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Paris, Bercy By: dierk schaefer - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Aujourd’hui, l’État a consommé toutes ses ressources et recommence à s’endetter

Publié le 15 novembre 2018
- A +

Un article de l’Institut économique Molinari

L’Institut économique Molinari vient de calculer le jour où les États de l’Union européenne (UE) ont dépensé toutes leurs recettes annuelles.

La quatrième édition de cette étude montre que :

- Les administrations centrales de l’UE avaient épuisé en moyenne leurs ressources le 13 décembre 2017, 18 jours avant la fin de l’année. C’est 7 jours plus tard qu’en 2016, ce qui représente une amélioration significative.
- Parmi les 28 administrations centrales de l’UE, 9 étaient en situation excédentaire l’an passé, 13 épuisaient leurs ressources en décembre, 6 avaient tout dépensé dès novembre.
- L’administration centrale française avait dépensé l’intégralité de ses ressources le 15 novembre, 47 jours avant la fin du dernier exercice budgétaire clos.
- L’écart entre la France et la moyenne de l’UE est de 29 jours. Il reste stable en 2016 et 2017, en dépit d’une conjoncture économique favorable.
- Les projections réalisées par l’IEM montrent que la situation française n’est pas en voie de normalisation : les dépenses non financées de l’administration centrale française devraient à nouveau augmenter. Elles pourraient représenter 56 jours fin 2018 et 67 jours fin 2019.

Calendrier des jours où les administrations centrales de l’UE ont dépensé toutes leurs recettes

Les administrations centrales, principale source des déficits publics dans l’UE

En dépit de la conjoncture favorable, les États restent le point noir des finances publiques européennes. Au niveau de l’UE, les administrations centrales expliquent l’essentiel des dérapages des comptes publics (18 jours non financés).

Les administrations d’États fédérés sont équilibrées depuis 2017 (2 jours d’excédent). Les administrations locales sont équilibrées (3 jours d’excédent l’an passé) depuis 2014. C’est aussi le cas des administrations de sécurité sociale (4 jours d’excédent l’an passé) depuis 2016.

3 mois d’écart entre l’administration centrale la plus excédentaire et la plus déficitaire

Les champions étaient Malte (excédent équivalent à 35 jours de dépenses), la Suède (excédent de 23 jours) et la Bulgarie (excédent de 15 jours). Leurs recettes 2017 leur ont permis de financer toutes les dépenses de l’année et de se désendetter. Si la Suède est dans le trio de tête des pays excédentaires depuis 3 ans, Malte depuis 2 ans, ce n’était pas le cas de la Bulgarie.

La Pologne, La Roumanie et la France sont en queue de classement. La Pologne est dans la situation la plus déséquilibrée (épuisement des recettes le 10 novembre), suivie de la Roumanie (13 novembre) et de la France (15 novembre). La France et la Roumanie sont coutumières des contre-performances. La France figure dans le trio des États les plus déséquilibrés depuis 3 ans, la Roumanie depuis 2 ans.

La situation de l’administration centrale française est précaire

Alors que les administrations centrales de l’UE ont profité des 8 dernières années pour résorber leurs déficits, ce n’est pas ce qu’on constate en France. Le mouvement de rééquilibrage des comptes post-crise (2009-2013) s’est essoufflé plus vite qu’ailleurs, il y a 5 ans.

Le déficit de l’administration centrale française est reparti à la hausse entre 2014 et 2016, au rythme d’un jour non financé en plus par an, tandis qu’en moyenne l’UE résorbait ses déficits de 5 jours par an.

Si l’année 2017 a été moins dispendieuse, elle n’a pas permis de resserrer l’écart avec le reste de l’Union européenne représentant 29 jours de dépenses non financées en 2016 comme en 2017.

L’incapacité à améliorer durablement les comptes en période d’embellie ne se résorbe pas, en dépit d’une conjoncture économique favorable.

Pire, chaque phase de « consolidation » paraît plus précaire que la précédente. Entre 1999 et 2001, les déficits français restaient supérieurs à 30 jours par an en moyenne. Entre 2004 et 2007, ils étaient de 40 jours. Entre 2013 et 2017, ils représentaient 50 jours en moyenne.

Ressources

L’étude intitulée « Le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes leurs recettes annuelles » est disponible sur notre site : http://www.institutmolinari.org/le-…
Une infographie européenne (Datawrapper) est fournie ici.

 

Voir les commentaires (5)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (5)
  • Oui, mais c’est pour laisser un meilleur monde à nos enfants qu’on les endette.

    • Tout à fait. Il faut le voir comme un encouragement à faire bosser ces feignasses de gosses, qui dans le cas contraire, cad dans un pays riche et sans dettes, auraient vite fait, par leur oisevité, de dilapider le capital hérité (*). Quand on démarre, dans la vie, sans le sou, criblé de dettes, on a la gnaque !

      (*) Il est bien connu que la première génération amasse, la deuxième gère, la troisième dilapide.

  • L’état n’a pas de ressources, simplement de l’argent qu’il a volé à la population qu’il est sensé servir par l’intermédiaire des impots, taxe et autre confiscation

  • Bientôt cette date coincidera avec la date de libération fiscale: l’Etat dépensera aussi rapidement que la production du pays tout entier.

    CPEF

  • Votre titre « recommence à s’endetter » est plein d’humour ! Il sous-entend que la dette fut un temps résorbée, bel optimisme ! La vérité est que la France continue fidèlement son endettement jouant sans l’ombre d’une inquiétude à la cigale… qui va bientôt danser.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Daniel Lacalle. Un article de Mises.org

Aucune économie n'a été capable d'ignorer une bulle immobilière, encore moins de la compenser et tout en poursuivant sa croissance, le tout en remplaçant un secteur immobilier en ruines par d'autres pans de l'économie. Les économies lourdement réglementées, de l'Islande à l'Espagne, n'ont pas réussi à contenir l'impact négatif de l'effondrement du secteur immobilier. Il en sera de même pour la Chine.

Il y a trois problèmes dans le domaine de l’immobilier en Chine : la taille massive du... Poursuivre la lecture

Par Maria Lily Shaw. Un article de l'Institut économique de Montréal

À la veille d’une campagne électorale, les politiciens canadiens devront bientôt fournir des réponses quant à leur approche privilégiée pour faire face aux nombreux enjeux auxquels le pays est confronté. Il ne fait aucun doute que la dette colossale du Canada et ses déficits astronomiques et récurrents figurent parmi les préoccupations les plus pressantes.

Comme l’a récemment noté le directeur parlementaire du budget (DPB), nous nous dirigeons actuellement vers... Poursuivre la lecture

Par Gérard Dréan.

Je retrouve cette lettre de Thomas Jefferson à James Madison, qui figure dans un recueil de ses écrits politiques que j’avais eu le plaisir de traduire en 2006. Elle prend un relief particulier avec d’une part l’accumulation des dettes et d’autre part la crise climatique.

Thomas Jefferson a été le troisième président des Etats-Unis (de 1801 à 1809). C’est aussi un grand penseur (libéral) des Lumières et une personnalité fascinante. Il était à l’époque ambassadeur des Etats-Unis en France. Le destinataire était ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles