Environnement : ne réduisons pas l’homme à un ennemi de la nature

Il n’est pas question de caricaturer les lanceurs d’alerte, rendant compte des dommages environnementaux et de leurs causes. Mais il est assurément malhonnête d’adopter une approche dualiste et partisane opposant l’Homme à la nature.

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How 'Wild' is a Wild Squirrel? By: Peter Trimming - CC BY 2.0

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Environnement : ne réduisons pas l’homme à un ennemi de la nature

Publié le 6 novembre 2018
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Par Jonathan Dubrulle.

Mardi dernier, le WWF publiait un rapport dans lequel un indicateur (l’Indice Planète Vivante) fait état d’une baisse de 60 % de l’abondance moyenne des principales espèces terrestres entre 1970 et 20141. Sans se lancer dans l’affrontement statistique, il est essentiel de nuancer ces données pour démontrer que la notion de biodiversité est à prendre avec mesure.

Des milieux fortement anthropisés comme nouveaux habitats naturels

Dans les villes du XIXème siècle, des espaces sont consacrés à l’exposition de plantes non autochtones, à l’image du Jardin d’Acclimatation dans le Bois de Boulogne. La diversité d’espèces introduites est supérieure à celle du peuplement originel composé de chênes, châtaigniers, hêtres ou bouleaux couvrant la majorité des forêts d’Île-de-France. De même, dans les parcs urbains, de nombreuses espèces sont introduites à l’image du magnolia, de l’alisier ou du cerisier à fleurs. La ville de Paris a constitué une base de données répertoriant l’ensemble des arbres urbains. Ainsi, sur les 190 espèces répertoriées, la majorité ont été introduites par l’Homme2.

Au-delà du simple comptage d’espèces, il est intéressant de voir que certains habitats urbains sont privilégiés par la faune. Philippe Clergeau, professeur en écologie au Muséum national d’Histoire naturelle considère les villes – habitat entièrement façonné par l’Homme – comme de véritables puits de biodiversité. Selon lui, c’est dans l’habitat « parcs, jardins et terres cultivées » que le nombre d’espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de reptiles exotiques est le plus élevé3. Pour autant, des programmes doivent gérer cette diversité pour éviter que des espèces invasives ne prolifèrent, avec une surveillance et une régulation des espèces sauvages entrant dans les espaces urbains4.

De même, l’agriculture s’invite à nouveau en ville, et permet d’accroître le nombre d’écosystèmes et d’habitats. L’Île-de-France compte 367 hectares d’agriculture urbaine5 répartis sur des parcelles, toits, murs, bacs ou conteneurs. Ainsi ces espaces comportent une diversité d’espèces végétales, servant d’habitats pour la macrofaune du sol et les insectes, qui peuvent servir de nourriture aux oiseaux.

Par ces quelques exemples, nous pouvons observer que la diversité du vivant reste présente, voire abondante, dans des espaces pensés, créés et gérés par l’Homme.

N’oublions pas qu’une partie de la diversité du vivant est créée par la main de l’homme

Dans un précédent article, traitant également de la biodiversité, nous avons vu que l’Homme a su introduire et croiser des individus pour satisfaire ses besoins. Indéniablement, les échanges commerciaux ainsi que la sélection animale et végétale ont permis d’introduire de nouvelles espèces qui ne seraient pas arrivées par elles-mêmes dans certains milieux, et d’améliorer les propriétés de variétés existantes. Mais la science permet également de supplanter un certain « ordre naturel » pour créer de nouvelles espèces ou variétés, permettant d’accroître la diversité du vivant.

Par les biotechnologies (techniques et savoirs utilisant les propriétés du vivant à des fins pratiques et industrielles6), l’Homme est amené à étudier et modifier la diversité génétique. Sans la recherche scientifique menée par des Hommes, un pan entier du vivant serait inconnu et incompris.

Si la disparition de certaines espèces ou variétés s’accompagne de beaucoup de bruit, la création de nouvelles est bien plus silencieuse. Rappelons que sur les 40 espèces les plus cultivées, 6 à 8 sont nées de la main de l’Homme7. Sans faire de liste à la Prévert des différentes espèces ou variétés créées par la recherche, citons tout de même quelques exemples d’applications biotechnologiques.

L’hybridation permet de croiser deux parents, appartenant chacun à une variété distincte pour obtenir un individu à meilleur potentiel de rendement. La transgénèse permet de transférer du matériel génétique au sein d’une ou de plusieurs espèces ; à l’image du riz doré, où la valeur nutritionnelle8 fut améliorée pour réduire lutter contre la malvoyance en Asie du Sud-Est. Autre exemple : la mutagénèse. Cette biotechnologie utilise des procédés chimiques ou physiques pour provoquer des mutations. Notons au passage que le nombre de variétés mutantes est loin d’être anecdotique, puisque la FAO (United Nations Food and Agriculture Organization) estime que plus de 2 000 variétés furent créées à partir de mutations naturelles ou induites9.

Par la science, l’Homme crée des espèces ou des variétés nouvelles, souvent plus adaptées aux besoins des producteurs, aux enjeux de préservation des ressources et de lutte contre la malnutrition. Pour permettre le progrès scientifique, il est dans l’intérêt des chercheurs de maintenir la diversité génétique au sein de collections ou d’infrastructures telles que Réserve mondiale de semences du Svalbard. Ainsi, les espèces et variétés créées viennent enrichir la diversité du vivant.

La biodiversité, un concept protéiforme et souvent instrumentalisé

Si la notion de biodiversité est brandie par certains comme un sacro-saint baromètre de l’état de notre planète, le concept s’avère éminemment complexe et subjectif.

Selon le Muséum national d’Histoire naturelle, « la biodiversité est une notion complexe, dont les différentes facettes sont la diversité génétique des individus au sein d’une espèce [la diversité intra-spécifique vue dans le paragraphe précédent], la diversité des espèces au sein d’un écosystème, la diversité des écosystèmes dans un paysage, la diversité du monde vivant à l’échelle de la planète »10. Il n’existe non pas une, mais des biodiversités. Celles-ci s’imbriquent les unes dans les autres, ce qui nécessite une approche systémique qui dépasse la simple comptabilisation du nombre d’espèces présentes.

Les définitions de la biodiversité abondent. En effet, celles-ci sont reprises et adaptées selon les situations vécues par chacun, les messages véhiculés et les causes défendues. D’une personne à une autre, le concept diffère en fonction de la représentation que l’on se fait de la nature. Chacun s’accroche à un idéal, qu’il tente de transposer à la réalité. Pour certains, il s’agira d’une nature originelle, vierge de toute occupation humaine. Pour d’autres, la biodiversité s’apparente à des idéaux paysagers, renvoyant à des souvenirs familiaux, à une époque appréciée, ou à une simple préférence esthétique – à l’image des paysages bocagers.

Christian Lévêque, écologue, directeur de recherche émérite de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et Président Honoraire de l’Académie d’Agriculture de France11, est l’un des plus fervents opposants au « mythe de la nature originelle ». D’abord, selon lui, il existe différentes conceptions de la nature, avec la nature réelle ; la nature vécue et souhaitée, où le cadre de vie et l’esthétisme sont privilégiés ; et la nature imaginée, regroupant une nature vierge, ainsi qu’une nature patrimoniale renvoyant au passé12.

De même, pour C. Lévêque une partie des lanceurs d’alerte jouent aux marchands de peur, instrumentalisant le débat. Il analyse les débats sur la biodiversité comme tronqués par des biais de confirmation, où le grand public sélectionne des informations qui entrent dans sa zone de confort intellectuel, répondant à des opinions et des idées préconçues. Parmi celles-ci, nous pouvons retenir quelques raisonnements hâtifs et sophismes du type « Le nombre d’espèces animales diminue sur Terre. Des activités humaines, qui engendrent des pollutions et des destructions d’habitats sont préjudiciables pour certaines espèces. Les activités humaines sont donc un danger pour l’environnement »13.

Le comptage du nombre d’espèces, l’étude des habitats, des interactions ou des dynamiques est une activité scientifique. Sans remettre en question les effets pervers de certaines activités humaines, la généralisation est une méthode souvent employée par les marchands de peur. Certains arguments, cachés derrière des chiffres chocs, des actions coup de poing et des photos/vidéos à sensation irriguent la sphère médiatique et les réseaux sociaux. Ainsi, l’individu profane reçoit d’abord l’information de celui qui crie le plus fort, avant celle véhiculée par le (trop) discret pragmatique.

Il n’est pas question de caricaturer les lanceurs d’alerte, rendant compte des dommages environnementaux et de leurs causes. Mais il est assurément malhonnête d’adopter une approche dualiste et partisane opposant l’Homme à la nature. L’anthropisation permet de créer de nouveaux habitats, pouvant présenter un intérêt pour de nombreuses espèces. De même, par les biotechnologies, l’Homme accroît la diversité et les fonctions du vivant. Pour autant, ces bénéfices sont souvent occultés, car cachés par la notion de biodiversité, trop souvent réduite au simplisme et à l’instrumentalisation.

  1. WWF. 2018. Rapport Planète Vivante® 2018 : Soyons ambitieux. Grooten, M. and Almond, R.E.A. (Eds). WWF, Gland, Suisse. En ligne : lien.
  2. ParisData. 2018. Les arbres. Mairie de Paris. En ligne : lien.
  3. Clergeau, P. 2009. Les villes, terres d’accueil. Pour la Science. dossier n°65. En ligne : lien.
  4. Ibid.
  5. Observatoire de l’agriculture urbaine et de la biodiversité. 2018. L’agriculture urbaine en Île-de-France. Agence régionale de la biodiversité Île-de-France. En ligne : lien.
  6. Laperche, B., Crétiéneau, A. M., & Uzunidis, D. (Eds.). 2009. Développement durable: pour une nouvelle économie. Peter Lang.
  7. Thomas CD. 2015 Accélération rapide de la spéciation des plantes au cours de l’anthropocène. Ttends Ecol. Evol. 30 , 448 – 455.
  8. Le riz doré est amélioré pour produire davantage de β carotène, précurseur de la vitamine A indispensable à la vision.
  9. INRA. 2016. Les biotechnologies vertes, nouvelles pistes pour l’agriculture. 3. La mutation. INRA. En ligne : lien.
  10. Mounolou, J.-C. 2008. In Lévêque, C. (2008). La biodiversité au quotidien: le développement durable à l’épreuve des faits. Editions Quae.
  11. Sol et civilisation. 2018. (Ouvrage) “La biodiversité avec ou sans l’homme?” De Christian Lévêque. Sol et civilisation. En ligne : lien.
  12. Lévêque, C. 2014. Chapitre 8. Biodiversité: mythologies et dénis de réalité. In La biodiversité en question. Editions Matériologiques. pp. 209-228. En ligne : lien.
  13. Ibid.
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  • et alors ces espèces appartiennent aux WWF?

    il est clair que la disparition d’un animal d’un milieu se réalise souvent pas la simple utilisation par l’homme du milieu qui cultive ou abat une forêt..
    Bizarrement certains agriculteurs refusent que leur récoltes soient dévastés par la faune…sont ils insensibles quand m^me!
    WWF veut juste dicter à l’humanité entière comment vivre ou ne pas vivre.
    Il y a des campagnes en europe contre la déforestation de l’Indonésie ou de l’amazonie.. C’est tout dire…

  • La photo est merveilleuse.

  • Article impeccable, merci.

  • « Par ces quelques exemples, nous pouvons observer que la diversité du vivant reste présente, voire abondante, dans des espaces pensés, créés et gérés par l’Homme. »
    Cette conclusion optimiste du 1 er chapitre oublie de préciser que ces espaces ne doivent représenter au mieux que quelques 0,00000001 des terres cultivées dans le monde.

    • @ PVDD
      Oui et non: avec le génie agricole, historiquement, on constate qu’on peut produire bien plus de nourriture humaine végétale sur des surfaces équivalentes ou même moins. Je lis régulièrement que la France se reboise, ce qui permet aux animaux de se développer.
      Ce que dit l’article, c’est que la biodiversité est une réalité abstraite regroupant tous les vivants (dont encore beaucoup d’inconnus!), c’est aussi comique que de parler de « les pesticides », « les OGM » ou « les catastrophes naturelles »!
      De plus je suis accroché à l’idée que si « la nature » ou la biodiversité existe, alors j’en fais évidemment intégralement partie!
      Donc, pas de panique!

      • Il est exact que la France se reboise car énormément de fermes sont abandonnées, les champs tombant en friches. Ce qui permet aux cerfs, sangliers et chevreuils de pulluler. Mais lorsqu’ils sont trop nombreux ils dévastent et ont des problèmes de sous alimentation. ET WWF oublient que nous sommes des mammifères!

        • @ Virgile
          C’est la même chose dans les ardennes belges et luxembourgeoises: les sangliers deviennent trop nombreux et font trop de dégâts! Une période plus longue de chasse (pour le seul sanglier et sa laie non suitée) serait opportune.
          Et WWF, il y a à prendre et (beaucoup) à laisser!
          Peu de cerfs (trop vastes nécessaires); les chevreuils détruisent bien moins.

  • Ce dont je me méfie le plus ce sont les « compteurs » qui à jour fixe tous les ans se pointent pour compter des migrateurs par exemple…Manque de chance cette année là une dépression a ralenti ces oiseaux….Les » compteurs »se fendent de communiqué de presse alarmiste et bien sur c’est de la faute de l’agriculteur (moi) qui a épandu un produit qui a stérilisé ou tué ces bestioles ou qui ne cultive pas les variété qui assureraient la survie de cette espèce devenue par emballement médiatique plus sacrée qu’une vache indienne…..
    Huit jours plus tard mes labours sont couverts d’oiseaux mais ya personne pour les compter….
    J’en profite pour alpaguer ici les » lombricophiles »qui accusent à tout va les agriculteurs et leurs pratiques d’exterminer ces sympathiques bestioles….
    Qu’ils viennent m’expliquer pourquoi quand on déchaume ou qu’on laboure on est entouré d’une nuée de goélands en train de se gaver de ces précieux vers….
    Ai je le droit de flinguer ces volatiles? Tous comptes fait ces vers m’appartiennent et travaillent a améliorer mes sols….

    • voui.;votre terrain votre travail..si les gens veulent une faune sauvage..ils achètent le terrain.. et c’est ce que ne veulent pas faire ces gens..ils veulent dicter sans payer…

      je suis toujours très populaire quand je dis que si un apiculteur met ses ruches près de mon jardin je les tuerai si ses abeilles viennent butiner « mes fleurs » que je réserve à mes bourdons…..

  • Pour ne citer que les ours blancs, sujets de la sollicitude des écolos et des media, d’une estimation entre 8.000 à 10.000 individus fin des années 1960, ils sont passés entre 28.000 à 32.000 d’après la revue Ecology and Evolution.
    Alors les alertes de WWF sont plutôt disqualifiées car militantes!

  • « ne réduisons pas l’homme à un ennemi de la nature »

    Ne réduisons pas la vie à l’écologie, surtout pas à celle qui se comporte comme une secte millénariste.

  • * Maintenant dans les forêts domaniales ; il existe un raz le bol des forestiers contre les « coupes rases » qui ont + de mal à se reconstituer que les coupes sélectives et raisonnées comme jadis.. pour faire du profit selon eux ! et l’on n’attend pas toujours que les fûts arrivent à leur maturité pour les couper: http://www.tl2b.com/2013/04/les-coupes-rases-c-pas-bientot-fini.html?fbclid=IwAR0inB1jGLEkmOLU5QMTKvUyddRd_dRsEUbHAXqXJ9CzJmP0K12u_HHk6a0
    donc les forestiers en ont marre de l’industrialisation de la foret et commencent par se manifester devant les médias comme France Info :
    https://www.nouvelobs.com/planete/20180919.OBS2585/couper-couper-couper-les-forestiers-en-ont-marre-de-devoir-etre-rentables.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR2PTeufrQs-vjaVlPY1tC-Hy_IRFIc67WrF5zv_7qe1YG7qeBF09sZjr2o#Echobox=1538037894
    https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/ce-n-est-pas-une-usine-a-bois-des-forestiers-manifestent-dans-l-allier-contre-l-industrialisation-de-la-foret_3003685.html?fbclid=IwAR1uDum4uVmF2qQYvujwqe6wZ_QgasW05JTlOJSjlZHpfOzl3eui5NWie7g
    * Certains partis d’opposition comme le PRCF s’insurgent contre l’exploitation capitaliste des forets publique ( quelle foret pour nos enfants ?) et rencontrent 1 certain écho citoyen de gens sensibles à l’environnement et la défense de la faune sauvage : https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/quand-le-capitalisme-veut-detruire-la-foret-et-les-forestiers/

    • il faudra se passer d’engrais et pesticides.. et donc voire les rendements donc ne pas reboiser ..et « en m^me temps construire en bois, se chauffer au bois utiliser le papier pour remplacer le plastique etc etc…

      et alors les gens se diront zut le petrole c’est pas si con que ça…

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