Dette de la SNCF : l’occasion de réforme manquée

La reprise de la dette de la SNCF par l’État est une mauvaise nouvelle et une occasion manquée de réformer en profondeur l’Etat-providence.

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Dette de la SNCF : l’occasion de réforme manquée

Publié le 20 octobre 2018
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Par Xavier Fontanet.

La reprise par l’État de l’ensemble de la dette de la SNCF a été présentée comme un acte normal, et les syndicats eux-mêmes n’ont probablement même pas réalisé l’énorme charge qui était passée pour leur compte sur le dos de leurs concitoyens : environ 1 700 euros de passif supplémentaire pour chaque foyer fiscal, et 3 500 euros pour ceux qui paient l’impôt. Ceci est d’autant plus malvenu que la dette tutoie le PIB et que le budget est toujours en lourde perte. Encore une belle occasion ratée de faire de la pédagogie économique. On aurait pu lancer un projet franco-européen, mettant sur la table l’idée d’une fusion de Deutsche Bahn et de la SNCF, suivie d’une cotation.

Ce qui aurait pu se passer

La nouvelle entreprise aurait misé sur la force de la SNCF en transport de voyageurs et celle de la Deutsche Bahn en transport de marchandises ; elle exploiterait les possibilités d’aller à 500 km/h sur un territoire désormais adapté à cette fabuleuse technologie. L’extension à la France du modèle allemand de transport par train des marchandises aurait permis de contenir l’encombrement des autoroutes et les accidents que provoque la cohabitation de véhicules aux caractéristiques très différentes. Et le projet aurait réduit la facture écologique.

La Deutsche Bahn aurait probablement été leader en capital (le prix à payer pour apporter la dette à l’entreprise). Le fin du fin aurait été évidemment de doter largement d’actions le personnel qui accepterait de prendre un contrat analogue à celui des entreprises privées. Si elle veut à terme garder son rang de grande puissance dans le monde, l’Europe a besoin de grands projets porteurs de sens comme celui-là.

La France et l’Allemagne en sont les piliers, c’est à elles de montrer la voie. Il est toujours possible de relancer l’idée, mais nous avons maintenant cette nouvelle dette sur les bras. Bien plus grave, à cause du message d’aisance financière qu’a passé cette reprise en catimini, les Français croient toujours en cette fiction mortifère et inhibitrice de vraies réformes qu’est l’État providence.

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  • la dette de la SNCF , ce sont nos dirigeants successifs qui l’ont endetté …Maintenant nous payons l’addition !!! Comme tout ce que entreprend L’ÉTAT..autre ex : Areva et ainsi de suite …. qu’il change d’une politique Autrement , différente , la dette du PIB et de la dépense publique s’envole . à par faire le concessionnaire au lieu de gérer les finances
    de L’ÉTAT..mais ça , en a t-il les compétences
    j’en doute !!! il est dans une contradiction flagrante … dans un premier temps : il dit que trop d’impôts et de hausses sans fin des taxes tue l’économie Francaise et que fait -il
    le contraire …

  • L’objectif des politiques français c’est d’être réélus , pas d’être empêches par des reformes utiles et audacieuses.
    La structure meme de la gestion du pays , état+ paritarisme , ne permet pas de sortir de l’idéologie marxiste mise en place au pouvoir par deGaulle a la libération.
    De ce fait , aucun pouvoir ne se suicidera pour le bien du pays et préférera de loin passer le probleme a son successeur..
    voir les retraites, la dette , la secu etc..
    Dans ces conditions on ne voit pas comment ce pays pourrait échapper a un destin a la grecque sans une revolution.

  • Le fin du fin aurait été évidemment de doter largement d’actions le personnel qui accepterait de prendre un contrat analogue à celui des entreprises privées.

    Excellente idée. Mais qu’auraient braillé les syndicats ❓

    • @ MichelC
      Une action est une part de capital: qui paie?
      La DB a-t-elle envie de fusionner avec la SNCF qui est en perte? Dans quel but?

    • le fait est que le prix d’une action d’une société en faillite , est plus proche de zéro que d’autre chose..
      La sncf est détenue a 100% par l’etat t ce n’est pas une société par action sinon elle serait morte depuis 50 ans, remplacée par des gestionnaires plus avisés

      • L’avenir appartient à ceux qui prennent des risques.
        D’ailleurs, vu que l’action ne vaut rien, ils en recevraient un gros tas.
        Et si l’action prend 50% grâce à leur travail acharné, une qualité de service irréprochable, ce sera le jackpot 🙂
        Ciel des plus-values taxables par l’état…
        L’état prendra-t-il ce risque ❓
        Non, la faillite, c’est plus sur :mrgreen:

        • On arrive au paradoxe, qu’avec ces crétins d’étatistes de droite ou de gauche, il est préférable d’avoir la certitude de ne rien posséder. Au moins pas de soucis… On se repose sur les autres qui seront forcément sympathiques.
          Et s’ils ne le sont pas, un bon petit bombardement à la Moraline, en barils de 250 kg par hélico suffira pour ramener les récalcitrants sur la bonne voie

          • @ MichelC
            Vous ne faites pas dans la dentelle! Mais Bon! Donc évidemment la D.B. ne va pas se précipiter pour combler les trous de laSNCF! On peut rêver, mais il y a des limites!
            Non la France dégringole petit à petit! Les autres pays ne sont pas prêts à remplir sa sébile tendue. Faut pas rêver! Aux Français à combler les trous: de toute façon, c’est eux qui payeront!

  • A l’origine, l’état nous prenait des sous pour nous fournir des routes, des voies ferrées, des canaux, la poste, l’eau et l’électricité…
    C’est sur ces bases que nous en sommes arrivés à plus de 1000 milliards d’euros de prélèvements par an.
    Avec les privatisations, l’état se débarrasse de ces obligations, ce qui n’est pas une erreur en soi.
    Par contre, il continue d’encaisser le pognon pour ces services, alors que nous sommes en droit de diminuer notre contribution à hauteur de chaque privatisation:
    SNCF privatisée ? moins 10 milliards (au pif)
    La Poste ? moins 5 milliards
    EDF ? moins 50 milliards
    Les autoroutes ? moins 3 milliards, etc…

    Ben non, on continue à payer, et de plus en plus, sur une base de ‘contrat social’ qui n’existe plus…

    • dees qu’un service devient « payant » il perd de facto le titre de « public »
      l’etat utilise les services et société publiques comme pompe a fric
      rien d’autre

  • La faillite réglera cette situation.

  • Tiens ! Tiens ! Ça ne vous fait pas penser à la fusion Essilor -Luxottica , numéro 13 au CAC 40 ?

  • Les commentaires sont fermés.

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