Le travail ardu d’un grand planificateur omniscient

Le régime de prix administrés sous lequel nous vivons fausse l’activité économique. Les prix du pétrole sont-ils vraiment formés librement ?

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Le travail ardu d’un grand planificateur omniscient

Publié le 28 septembre 2018
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Par Simone Wapler.

En ces premiers matins frais de l’automne, j’avais décidé qu’il était intéressant de se pencher sur les prix du pétrole.

C’est une donnée importante de notre vie quotidienne et de notre inflation, tout au moins pour ceux qui vivent au nord de la Loire. Lorsque le prix du pétrole baisse, nous le voyons peu baisser à la pompe, mais lorsqu’il monte, nous le constatons assez vite. La récente hausse est donc mauvais signe pour notre futur pouvoir d’achat dont se préoccupe tellement notre gouvernement.

Voici une évolution des prix des carburants depuis 2008 :

Source https://france-inflation.com/prix-carburants.php

Et voici par comparaison l’évolution des prix du pétrole sur les marchés financiers internationaux :

Les prix du pétrole ont énormément fluctué ces 10 dernières années, triplant entre 2009 et 2011 pour ensuite baisser de plus de 60% entre 2015 et 2016.

À 80 $ le baril, nous voilà revenus au niveau de 2010 ; pourtant, les prix à la pompe sont 20% plus élevés pour l’essence et 50% pour le gazole.

Commentaire de franceinflation.com :

« Au 1er janvier 2018, forte augmentation des carburants.

Le gouvernement a décidé d’accélérer la convergence du prix du gazole et celui du super sans plomb comme souhaité par les écologistes.

Mais surprise, le super a également été augmenté, réduisant ainsi l’effet de rattrapage.

Le gouvernement n’a pu résister à augmenter à bon compte ses rentrées d’argent, la TICPE étant une part importante des ponctions fiscales.

Les taxes de tous les carburants augmentent donc, alors qu’elles représentent déjà une part très importante du prix des carburants. »

Même lorsque les prix des marchés internationaux nous sont favorables, comptez sur les grands planificateurs pour nous prendre du pouvoir d’achat.

Les prix les plus importants pour notre vie quotidienne sont contrôlés et réglementés :

C’est ce que certains qualifient de « néolibéralisme » ou d’ « ultralibéralisme ». De grands planificateurs omniscients souhaitent même contrôler encore beaucoup plus de prix.

Mais quel est le juste prix du pétrole, des taux d’intérêt, d’un logement ou d’un salaire ?

Prenons le salaire minimum. J’estime qu’il y a une très grave injustice sociale à ce qu’il soit identique à Dunkerque et à Marseille. Vous devez dépenser beaucoup plus d’argent pour vous chauffer à Dunkerque qu’à Marseille et pourtant, le salaire minimum y est identique. En hiver, quand il gèle, la salade et les légumes fragiles sont bien plus chers à Dunkerque qu’à Marseille. Le Marseillais jouit d’un avantage indécent qu’il conviendrait de raboter pour une meilleure redistribution. On devrait pouvoir envisager un smic variable en fonction de la température moyenne d’une région et ajusté de la fertilité des sols pour tenir compte des variations de rendements agricoles.

Plus sérieusement, je lisais ce matin quelques analyses sur l’évolution future des prix du pétrole.

Je vous fais une liste en vrac de toutes les variables :

  • Les sautes d’humeur des grands de ce monde à la tête des États-Unis et de l’Iran,
  • Les prévisions d’activité économique,
  • La demande en provenance des pays développés et des pays émergents,
  • La situation au Venezuela et au Brésil,
  • Les tensions au sein de l’OPEP,
  • Les investissements des grandes compagnies pétrolières,
  • La production américaine de gaz et pétrole de schiste,
  • Les vagues de froid hivernales.

Comme vous le constatez, de nombreux éléments de cette liste non exhaustive sont subjectifs. Vous ne pouvez pas savoir si Trump a mal digéré le Štruklji mitonné par Melania avant de balancer un Tweet parlant de l’Iran. D’autres paramètres, supposés objectifs, sont en réalité sujets à caution. Les grands retournements de conjoncture n’ont jamais été par le passé correctement prévus. L’existence des zombies pétroliers américains, tributaires des taux bas, peut être menacée en cas de hausse des taux.

Or les taux vont monter si l’inflation augmente. L’inflation augmente si les prix du pétrole montent. Si les taux montent, la croissance freine… Mais même si la croissance freine, une vague de froid peut susciter une demande inattendue de pétrole. Ou un ouragan…

Pensez-vous honnêtement qu’un bataillon de grands planificateurs assistés d’ordinateurs puisse nous modéliser tout ça ?

Pas moi.

En revanche, des prix formés librement résultent des réflexions et de l’expérience de milliards d’individus. Cela me paraît plus fiable que le jus de crâne de quelques planificateurs surdiplômés. Il est certain que les prix ne reflètent pas toujours une vérité immuable mais ils se corrigent en permanence.

En revanche les systèmes dirigistes et centralisés échouent toujours et partout. Parce qu’ils sont incapables de s’auto-corriger du fait de l’arrogance de leurs promoteurs.

Notre système monétaire, qui survit grâce à des taux administrés, n’échappera pas à la règle. Si les taux remontent, il faudra répudier les dettes en organisant un jubilé.

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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  • « La seule façon de savoir si vous payez votre produit au bon prix est de le mettre en concurrence. » JM Daniel.

  • La principale chose qui manque pour un « Grand Planificateur », ce n’est pas la puissance de calcul, voire même les données (quoique ça se discute), mais la boucle de rétroaction.

    Pour toute décision que je prends, j’en supporte les conséquences, bonnes ou mauvaises. D’ailleurs, cette évaluation « bonne ou mauvaise » est très subjective.

    Il n’y a pas de solution pour que le planificateur central supporte les conséquences de ses décisions, car il prend des décisions qui impactent les autres, et non lui même. Il est donc incapable de simplement savoir s’il a bien fait ou pas, et de s’améliorer pour la suite.

    Et les gens qui font partie de cette planification n’ont même pas intérêt à essayer de savoir s’ils ont bien fait. Le risque étant de découvrir qu’ils sont inutiles, voire parasites.

  • L’existence d’un grand planificateur omniscient est l’argument définitif de la baisse des dépenses publiques jusqu’à un coût nul.

    S’il sait tout sur tout, pas besoin d’en avoir plusieurs : un seul exemplaire suffit. En France, il n’y aurait plus qu’un seul énarque, le modèle parfait, Dieu vivant parmi nous, l’énarque ultime.

    Inversement, plus les dépenses publiques sont élevées, plus la redistribution est intense, plus l’incompétence crasse des planificateurs est démontrée.

  • Pour les prix des carburants :
    « Les taxes perçues par l’Etat représentaient en 2017 la part la plus importante du prix du carburant (63 % du sans plomb 95-E10 et 60 % du gazole). Elles se découpent ainsi :

    la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE). Son montant est défini chaque année par la loi de Finances et peut être majoré par les Conseils Régionaux pouvant aboutir à des TICPE différentes selon les régions
    la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) qui s’applique sur l’ensemble et donc également sur la TICPE. La TVA en 2017 est de 20% et peut varier d’une année à l’autre.
    D’autres taxes, dites indirectes, sont également appliquées sur les carburants, comme par exemple le Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) …

    Bon à savoir

    Les divergences de prix entre le sans plomb et le diesel s’expliquent principalement par un montant de TICPE plus important pour l’essence que pour le gazole. » (https://www.total.fr/mes-deplacements/tout-savoir-sur-les-carburants-total/infos-prix-carburants/fixation-prix-carburant)

    « Des marges de plus en plus folles
    Pour l’essence, la marge appliquée par les distributeurs en 2017 était de 11 centimes par litre en moyenne. Elle est passée à 13,9 centimes en moyenne depuis le début de cette année. Pour le gazole, le constat est sensiblement le même. La marge des distributeurs était de 11,2 centimes par litre en moyenne l’année dernière. Elle est de 12,6 centimes en moyenne depuis le début 2018. »
    « Les taxes aussi augmentent, ce qui amplifie le phénomène de hausse à la pompe. Elles ont « beaucoup augmenté du fait de la hausse de la contribution climat énergie », affirme la CLCV. Le diesel est plus affecté, “car les pouvoirs publics souhaitent effectuer un rattrapage avec la fiscalité de l’essence ». Conséquence : le montant total des taxes était de 88,9 centimes par litre en moyenne sur l’année 2017 pour l’essence et de de 75,2 centimes par litre en moyenne pour le gazole. La CLCV interpelle les pouvoirs publics et demande « d’interrompre leur politique d’augmentation des taxes sur le carburant » et incite les professionnels à « modérer leurs marges de distribution ». » (https://www.capital.fr/economie-politique/prix-carburant-2018-hausse-essence-gazole-diesel-distributeur-distributeurs-marges-marge-etat-1287112)

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