Pourquoi la dépense publique menace la République

Augmenter la dépense publique n’est pas sans conséquence pour la liberté.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Danger de mort By: Frédéric BISSON - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Pourquoi la dépense publique menace la République

Publié le 28 septembre 2018
- A +

Par Erwan Le Noan.
Un article de Trop Libre

Ce lundi, le gouvernement présente son budget pour 2019. En filigrane, depuis quelques semaines, monte une inquiétude : que la maîtrise des dépenses publiques et la réforme de l’État ne soient toujours pas là. L’héritage est lourd : l’histoire de la dette publique est celle d’une fuite incontrôlée. En 1978, il y a 40 ans, elle représentait 21 % du PIB, puis 33,6 % en 1988, 61,4 % en 1998, 68,8 % en 2008 et près de 98 % en 2018 !

De mandat en mandat, les discussions sur le sujet sont devenues purement techniques : on touche des paramètres ici, on modifie des critères d’attribution là. Les oppositions crient systématiquement : chaque euro de baisse est une souffrance insupportable, un coup porté à la dignité de l’action publique. La vision politique ne transparaît plus depuis longtemps sur le rôle et la place de l’État. La dépense publique est subie, reconduite sans marge d’investissement. Elle gangrène la société. Et aujourd’hui, elle menace la République.

La dépense publique menaçante

La dépense publique menace la liberté. La liberté économique d’abord, en prenant la place de l’initiative privée dans un grand nombre de domaines du marché. Elle menace la liberté politique ensuite : dans une démocratie, un financement collectif croissant implique une fiscalité accrue et a pour corollaire un contrôle étendu des citoyens pour surveiller l’usage qui est fait des deniers publics. Si la collectivité paie, elle est légitime à examiner la façon dont le malade fume, dont le médecin soigne, dont l’entrepreneur use des dispositifs fiscaux. Un budget public qui croît, c’est la liberté qui recule.

La dépense publique menace l’égalité. Reconduite sans être interrogée, elle génère des rentes. Sans surprise, et généralement de toute bonne foi, ceux qui en bénéficient ne veulent pas les voir remises en cause. La réforme est impossible. La société se bloque : les moyens accaparés par les uns ne bénéficient pas aux autres. Pour rendre la situation acceptable, l’État répartit les places : maintenue entre deux bornes au nom de la redistribution, la société est égalitaire, mais elle est figée et ceux qui sont en bas de l’échelle n’ont aucune chance de monter. Il suffit de voir ce qu’est devenue l’Éducation nationale, dont les moyens ne cessent de croître et les performances se dégrader, au détriment des plus fragiles…

La dépense publique affaiblit la responsabilité

La dépense publique menace la fraternité. En remplaçant les liens locaux au profit d’une solidarité verticale, elle a affaibli le sens des responsabilisés. La canicule ? On accuse l’État, sans penser prendre soin de son propre voisin ! Pire, incapable de se réformer, l’État s’est trouvé fort dépourvu quand la crise et la mondialisation furent venues. Dans l’opinion publique s’est répandu le sentiment de son impotence et de son inefficacité : il n’a plus de quoi faire grandir le gâteau. Dès lors, chacun se mobilise pour sauver les miettes qui lui reviennent.

Bien sûr, la dépense publique contribue au financement des infrastructures. Sans doute, elle participe de la solidarité. Évidemment, elle finance les écoles et les hôpitaux. Mais le processus qui la produit, qui commence dans une restriction du droit de propriété et finit dans un contrôle des libertés individuelles n’est pas anodin. La société peut légitimement faire le choix de cette voie, mais encore faut-il qu’elle en ait pleinement conscience. Augmenter la dépense publique n’est pas sans conséquence pour la liberté.

Sur le web

Voir les commentaires (21)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (21)
  • faire des cadeaux financiers à des fins électoraux rien de surprenant …pour les décideurs aucune responsabilité !!! en derniers exemple le déficit de l’assemblée nationale , pourquoi se gêner…

    • lou 17 , comme vous dites , pourquoi se gêner , c’est tellement facile de dépenser l’argent des autres…..et puis , quand les français sauront qu’ils risquent de payer une amende de 24 milliards d’euros réclamés par la justice américaine dans une affaire de corruption concernant AREVA ou se trouvait à l’époque Anne lauvergeon mais aussi édouard philippe…..c’est pas grave hein , c’est l’état qui paie…..

  • « … incapable de se réformer, l’État s’est trouvé fort dépourvu quand la crise et la mondialisation furent venues. »

    Le problème est l’invasion des cigales… car quand elles sont en nombre elles dévastent tout sur leur passage… la France n’est pas un pays de fourmis…

    • La France est surtout un pays où le gouvernement se nourrit de cigales inconscientes et défèque sur les fourmis laborieuses. L’idée générale est que celles qui dépensent plus qu’elles ne gagnent doivent être défendues (cf. les actualités récentes sur les frais de découvert). Et que celles qui gagnent plus que les autres doivent être imposées pour permettre cela.

      • Quoi qu’il en soit, tout cela va très mal finir (à mon humble avis).

        • @ Sans blague
          La « fin » est sans doute imprévisible et, théoriquement, pas une fatalité!
          En attendant, on voit déjà que le « chemin choisi » n’est sans doute pas le meilleur: les « chiffres » le montrent régulièrement. La Grèce n’a pas « fini », elle a changé de chemin!
          Quand h16 dit CPEF, c’est sans doute plus le fait de conserver la même direction sans améliorer les chiffres et autres constatations qu’il dénonce.
          Ce sont les Grecs qui remboursent l’argent prêté par les pays partenaires, capital et intérêts!

      • c’est carrément ça..

    • Notre problème actuel, ce ne sont pas les cigales, mais les criquets en provenance directe de l’Afrique.

  • Il est certain qu’on ne peut pas gérer un Etat comme un ménage, mais nous en sommes à un point critique parce que nous avons adopté un point de vue marxiste qui dissèque l’économie en deux aspects: 1/ il faut produire, parce que rien n’est possible sans production. 2/ La production doit bénéficier à ceux qui en ont besoin. Or le mécanisme n’est pas celui-là. En réalité, une demande s’exerce à laquelle la production répond.
    Notre état vise à égaliser le statut de chaque individu, à gommer les différences pour que chacun se rapproche d’un lot commun. Et comme ça ne marche pas, on en revient à la conception de Lénine: si le socialisme ne marche pa c’est qu’on n’a pas fait assez de socialisme, et la fuit en avant est vouée au capotage. Les français haïssent le réussite et s’accommodent assez bien de cet état. Ils ne subiront pas ce qu’ont subi les soviétiques, pardon, les russes, mais ils connaîtront la récession, parce que nous vivons dans un monde qui ne raisonne pas comme Marchais, Mélenchon et autres fonctionnaires de la pensée marxiste.
    Or, avec un endettement aussi ridicule, la récession ruinera l’épargne et là, on se rapprochera du communisme, par nécessité.
    Ce la a été dit et redit: l’ENA ruine la France en l’administrant par des algorithmes et des courbes, non pas sur l’expérience. Les gens qui en sortent sont des privilégiés, destinés à devenir des membres du Politburo, des apparatchiki et ils le savent, agissent sciemment pour un gouvernement inhumain.

    • Vous avez raison, la France se meurt à cause de faux projets de société et surtout une absence totale de bon sens paysan.

      • Du bon sens, ils en ont. Ils savent parfaitement combien dépenser pour faire bien voter un électeur. Et à cette fin ils savent très bien employer l’argent des autres.

    • Pour l’ENA, vous avez raison et tort à la fois. Le problème n’est pas que les énarques utilisent courbes et algorithmes (ce sont de bons outils), ni même qu’ils ignorent les réalités de terrain (pourtant nécessaires), c’est qu’ils y ont appris à ne pas avoir pour objectif la prospérité d’autres que les membres de leur petite coterie !

  • comme pour l’assemblée nationale des députés, 48 millions d’euros ,à prendre sur leurs indemnités, qui dépense paye…
    ça promet à la fin du mandat de l’autre politique .. j’espère que cela fera réfléchir..
    il faut dans l’ensemble les virer aux prochaines élections …mais tous sans exception …. que le peuple va enfin se réveiller !!! SVP …REVEILLEZ -VOUS ….

  • @VERA , non ce n’est pas L’ÉTAT c’est nous les Citoyens qui payons .mais les 2 cocos ,je leur confisquerai leurs biens ….ils font partis des meilleurs entre nous !!!

  • au faite il touche une somme d’argent pour leur frais , ils n’ont pas les moyens de s’acheter une tablette ?? et quand ils veulent que les administrations, tout ce fera par le net ,vous avez reçu une aide pour vous équiper en informatique ?

  • Concernant la Dépense Publique, tous nos Dirigeants Politiques nous ont vendu jusqu’à présent de « la poudre de perlimpinpin ». Il est tellement plus facile de dépenser « l’argent des autres ».

  • A propos de Fraternité, l’émission « réplique » sur France Culture » de samedi 22 septembre exposait deux conceptions opposées, suite à une décision de la Haute assemblée de la République qui l’érige au rang de principe constitutionnel.
    https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/quest-ce-que-la-fraternite-republicaine

  • Pourquoi constamment tourner autour du pot : ce sont les 1 à 2 millions de ponxionnaires en surnombre*, inutiles et parfois nuisibles, qui tuent notre démocratie,
    *utilisés comme variable d’ajustement pour faire baisser le chômage.
    quant aux modalités . . .

  • j’entendais moscovisi donner des leçons de finances..je rêve : quand il a été ministre des finances a t il réduit depense publique et PIB
    bien sûr que non !! ras le bol de ces insignifiants qui se croit indispensable …
    désolé, mais qu’il ferme sa gueule !!! ce parasite !!!

    • La leçon qu’il donne pourrait avoir pour titre « Comment l’échec national peut conduire à une responsabilité européenne bien payée ». Il ne manque pas d’auditeurs intéressés…

  • si L’ÉTAT supprimer toutes les aides du travail et entreprises nous serions au
    minimum à 30 % ,voir plus de chômage.. L’ÉTAT a créer un marché artificiel du travail..plus rien ne s’entreprend sans subventions …

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Nathalie MP.

Il n’est pas simple de nager à contre-courant. Cela demande des efforts particuliers qui, bien souvent, ne reçoivent en retour que méfiance et hostilité. C’est déjà ce que remarquait Jacques Rueff en 1934 alors qu’il s’adressait à ses camarades polytechniciens dont il observait que les travaux économiques ne se développaient guère « dans un sens purement libéral » :

Je me sens donc parmi vous en état de singularité, et je vous prie de croire que je n’en éprouve nul plaisir, car ce n’est pas un mol oreiller que l... Poursuivre la lecture

La globalisation du droit a eu un fort impact en matière de droits fondamentaux.

Comme le rappellent Allard et Garapon :

« La mondialisation du droit s’est étendue à la vaste galaxie des droits fondamentaux, combinant ainsi vertu opératoire et ambition humaniste, voire universaliste. »

Outre l’extension du droit à tout ce qui est mobile, c’est bien l’extension de la globalisation judiciaire aux droits fondamentaux qui constituent son aspect le plus original. Ainsi, « ce n’est d’ailleurs pas tant le vocabulaire des droits ... Poursuivre la lecture

Peut-on encore faire dérailler le train qui nous conduit sur la route de la servitude ? À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, même les plus optimistes des intellectuels libéraux doutent. Tout paraît joué d’avance, et le candidat qui remportera la mise prévoit d’appliquer un programme qui de toute façon sera aux antipodes de l’esprit du libéralisme.

Cette année, l’offre politique est globalement assez pauvre et aucun programme ne propose de réforme suffisamment courageuse et originale pour créer l’adhésion plein... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles