Le destin espagnol de Manuel Valls

Les administrés du député de l’Essonne ont fini par comprendre. Les électeurs de Barcelone devraient se méfier.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le destin espagnol de Manuel Valls

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 septembre 2018
- A +

Par la rédaction de Contrepoints.

Manuel Valls se retrouve candidat à la mairie de Barcelone, après avoir mis fin à sa carrière française d’homme politique de gauche. Celui qui a tenté pendant tout le mandat de François Hollande de se présenter comme l’alternative tantôt social-libérale, tantôt sécuritaire à la gauche du parti socialiste, a gardé son mandat de député pour préparer sa nouvelle vie en Espagne.

Ses électeurs passés et futurs apprécieront d’avoir contribué à la carrière de ce professionnel de la politique qui, comme beaucoup de ses anciens camarades de l’UNEF, n’a jamais vécu autrement que d’argent public.

L’ancien Emmanuel Macron ?

Dans son dernier livre, Jean-Marc Daniel estime que Manuel Valls et Emmanuel Macron cherchaient à occuper le même créneau « social-libéral ». Seulement, Emmanuel Macron a réussi là où l’ancien Premier ministre a échoué, à savoir incarner la nouveauté en trahissant François Hollande au bon moment, là où Valls fit l’erreur de trahir au mauvais moment l’ancien président de la République, c’est-à-dire beaucoup trop tard.

Social certes, mais libéral ? Le propos est à nuancer. Si Manuel Valls choque l’aile gauche du PS en affirmant « aimer l’entreprise » à une université du Medef en 2014, la gestion d’Evry dont il est maire, tout comme ses initiatives sécuritaires, font de ce Sarkozy de gauche un socialiste autoritaire assez classique.

En 10 ans, la pression fiscale à Evry a explosé. Manuel Valls a réussi le tour de force de transformer la ville en l’une des plus imposées de France, sans toutefois boucler ses budgets qu’il doit financer par l’emprunt massif. Le gaspillage à tous les étages, l’inflation du personnel et même le clientélisme ont marqué les deux mandats de l’ancien premier flic de France.

Dans le domaine de la liberté d’expression, et au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, l’héritage de Manuel Valls est tout aussi désastreux. Soucieux de construire son image d’homme de fer à la Sarkozy, il multiplie les mesures répressives et maladroites.

Victime de l’effet François Hollande

La popularité catastrophique de François Hollande à la veille de l’élection d’Emmanuel Macron a rejailli sur ses anciens collaborateurs. Celui qui fut son ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, n’échappe pas à la déconvenue du Parti socialiste qui finit par se choisir Benoît Hamon pour lui barrer la route de la présidentielle. Histoire classique au sein de la formation sociale-démocrate, les élus, cadres et militants se persuadent que la déconfiture annoncée vient du fait qu’ils n’ont pas été assez à gauche. Ils sanctionnent Valls pour son droitisme devenu objet de détestation universelle. Résultat : les électeurs préféreront l’original à la copie en votant Mélenchon, et les plus modérés Macron — le Manuel Valls sans casseroles.

De Premier ministre à député LREM de secours

Manuel Valls sent le vent tourner et, malgré son implication dans la catastrophe du Hollandisme et sa rivalité personnelle avec Macron, s’humilie une dernière fois en redevenant simple député sous l’étiquette LREM. De Premier ministre, il redevient député lambda au sein d’un groupe politique sans vraiment de culture commune, qui se distingue surtout par son suivisme à l’endroit d’Emmanuel Macron à qui ils sont en tout point redevables.

Les contribuables au service de sa reconversion politique

Mais Manuel Valls n’a pas dit son dernier mot, et ne veut pas finir à Pôle Emploi, comme ses anciens camarades du PS qui le détestent désormais. Il se redécouvre Espagnol et s’investit dans la campagne de Barcelone, tout en restant député de l’Essonne sous l’étiquette LREM. Une dernière fois, les contribuables financeront la campagne de l’ancien ministre, qui pourtant ne s’intéresse plus guère à Evry. Ses administrés se sont fait une raison. Les Barcelonais sont prévenus.

 

Voir les commentaires (35)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (35)
  • rien a foutre de ce personnage ,aucun intérêt, encore une fois l’électeur est pris pour un imbécile. quoiqu’il arrive ,aura sa retraite de parlementaire et comme tout ancien ministre nous lui rembourserons dans une fourchette de dépenses 80 000 à 100 00 euros par an !!!
    Et ces idiots touchent le pactole chaque année. tous nos anciens 1 er ministre vivant de 1980 à ce jour ..c’est la démocratie exemplaire ! À méditer…

    • on peut au moins demander au président de l’assemblée nationale si c’est simplement dans les règles..
      ça devrait faire taire tous ceux qui affirment que député ou homme politique est un « métier »..

      je me demande d’ailleurs si ce n’est pas à l’origine d’une partie du rejet de trump… quand un type que vous qualifiiez de crétin semi fou fait votre » travail » que vous avez constamment présenté comme un sacerdoce demandant un sacrifice total et une charge de travail extravagante , vous avez un problème ..

      il s’agit bien sur d’antiparlementarisme primaire voire de déni de démocratie que de dire qu’on peut effectivement élire des crétins et des pourris ..

    • Que proposez vous pour remplacer la démocratie, à laquelle je n adhère pas non plus ? Un bonne démocratie populaire ? Une bonne dictature à l ancienne ? L’anomie ? Une Monarchie de droits divins ? L’anarchie ? Autre chose ? Rien ?

      • Le système idéal serait un despotisme éclairé – tout le problème étant dans la façon de trouver le despote et de s’assurer de son éclairage.
        En attendant, une démocratie n’est pas si mal. Ou plutôt ne serait pas si mal, si les 3 pouvoirs fondamentaux avaient la possibilité de se contrôler réellement les uns les autres.

      • comme les suisses ca serait deja mieux

  • Un minus habens à la pensée abyssalement vide dont les coups de mentons ressemblent trop aux vieilles actualités de Mussolini.

  • Voilà le danger des bi-nationaux , on ne sait jamais où penche leur cœur…si un homme politique a un cœur …plus que douteux. Courage pour Barcelone ,ce type est charmant mais a l’interieur…..tiens , j’en connais un autre , Macron , français ou rotchildien ?

  • il n’y a plus qu’à espérer qu’il y ait assez de whites et de blancos pour voter pour lui à Barcelone et qu’il nous débarrasse le plancher.
    Je ne veux pas de mal aux Espagnols , mais ça nous aiderait.

  • Notre ancien 1er (s) ministre, qui main sur le cœur, la larme à l’œil nous assurait de son amour indéfectible pour notre pays lorsqu’il était en fonction semble subitement frappé d’amnésie. La France ? C’est où ce truc là ? Barcelone alors là oui, c’est Byzance pour se ressourcer politiquement. Sauf que ses adversaires ne surtout pas le laisser faire. Et en France, il pourra revenir mais gageons que les électeurs lui botteront le derrière.

    • Il lui restera Israël à laquelle il est éternellement lié. C’est du moins ce qu’il disait il y a quelques années mais comme il a changé plusieurs fois de nana entre temps …

      • C’était quand il était avec son ex ! maintenant, j’ai cru comprendre qu’il buvait régulièrement des bières avec son nouveau pote Dieudonné . . .

  • Et ensuite il nous fera la morale sur la finance apatride.
    Ah ces soces n’ont vraiment honte de rien, c est comme ça que je les reconnais.

  • En Europe, il est inscrit la libre circulation des personnes et des biens
    en conséquence Manual Valls est plus européen que Emmanuel Macron, qui veut aider Barcelone de sa connaissance de la politique en France

  • L’exportation de nos polytocards est En Marche. Joli paradoxe.
    Il reste à espérer que Barcelone en profitera, d’un façon ou d’une autre.

  • Fillon saisi par la Justice car il aurait rémunéré son assistante parlementaire à ne rien faire (paraît-il) et là il s’agit d’un parlementaire qui sans vergogne ne fiche rien et la Justice ne se saisit pas du cas ?

    • pour info:
      177 députes socialistes ont été au fil du temps dans la même situation que F Fillon voir pire(détournement de fond publics, prise illégale d’intérêt etc….etc qui en parle , qui en a parlé tous relaxés !
      qui va donc se mêler de ce cas « valls » , personne ! voila ou en est la France dirigées par des pantins sans vergogne !

      • la seule difference, c est que Fillon se presentait a l election presidentielle. En plus pour eliminer Sarkozy, il n a rien trouve mieux que de l attaquer sur le terrain moral (qui imagine le General de gaulle mit en examen ?). alors evidement, le retour de flamme a ete violent. Surtout quand les copains de sarko s y sont mit aussi (les costumes payes par Bourgui)

  • bouffeur de gamelle…..c’est tout ce qu’il est….

  • décidément ce pantin ne manque pas de souffle. j’ose espérer que les catalans le rejetterons !

    • C’est pourtant agréable d’imaginer que Barcelone puisse nous débarrasser de ce gus…

      • @jean le type est encore jeune, pensez vous qu’il se contentera longtemps de Barcelone ? il risque de nous revenir avec force et nuisance à Bruxelles, son cimetière des éléphants officiel.

  • Les Catalans anti-indépendantistes n’attendent pas ce Rigolo Politique pour faire leur choix. Ils savent très bien que c’est uniquement la peur de Pole Emploi qui l’oblige à revenir au travail. Ce n’est pas avec une licence d’histoire en poche qu’on retrouve du travail.

  • On va encore se faire des ennemis en exportant dans des pays proches des produits défraîchis et toxiques. N’y a -t- il pas une agence sanitaire qui permettrait aux Barcelonais d’éviter une prochaine catastrophe ?

  • Je ne sais pas si le type se rend compte du grotesque de son ambition. L’amplitude de sa future déculottée sera un bon indicateur de la santé mentale des Barcelonais.

  • @le papet ,effectivement , quitter l’Espagne avec 100 cartouches de cigarettes ,traverser la frontière, vous êtes en France,contrôler par la douane Française même si c’est pour vous ,vous êtes considérer comme un fraudeur ,vous acquitter une amende et la marchandise est confisqué !!! ou est la libre circulation des biens et des personnes !

  • j’attend que le président de l’assemblée lui demande de demissionner de son poste de député avant de déposer sa candidature à
    Barcelone .. la Macronie en exportation…ouf la France est sauvé….

  • ouf…nous sommes débarrassé , il a démissionné..enfin..

  • je ne pense pas que sa demission soit actée !
    il a dit qu il allait le faire mais quand???
    mystère…
    des fois qu on lui lâcherait les baskets sur le sujet…

  • Dieudonné va pouvoir aller louer une salle la bas, j aurais plut^t pensé qu’il se présenterait a jérusalem ou tel aviv, ma foi !!

  • La macronie exporte ses déchets et aucune ONG écologiste ne s’en offusque.

  • c’est cocasse ..tout lui revient dans la tronche..ses slogans de fidélité à la France et le reste …. quelle honte ce mec.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Un entretien mené par Matthieu Creson pour la la Revue Politique et Parlementaire. 

 

Pascal Salin est économiste, professeur émérite de l’université Paris-Dauphine, et fut président de la société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996.

Parmi les ouvrages qu’il a publiés, citons notamment La Vérité sur la monnaie (Paris, Odile Jacob, 1990), Libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2000), Français, n’ayez pas peur du libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2007), Revenir au capitalisme pour éviter les crises (Paris, Odile Jacob, 2010), La T... Poursuivre la lecture

L’âge de la retraite semble avoir beaucoup d’intérêt pour les candidats, il n’en a pratiquement pas pour les retraités actuels et futurs.

Certes l’âge de la retraite est désormais au cœur de la campagne électorale. Dans son allocution de lundi soir le Premier ministre a annoncé non seulement son soutien inconditionnel au candidat Macron (ce qui était surprenant et courageux) mais aussi sa certitude que les tout premiers jours du nouveau président (« reconduit » a-t-il dit avant de corriger pour « réélu ») seraient consacrés à la réform... Poursuivre la lecture

boomers non-travail orpea actionnaire
6
Sauvegarder cet article

Mais puisqu'on vous dit que Macron, c'est Le Grand Réformateur ! Puisqu'on vous dit qu'il n'a pas arrêté de réformer, d'affûter avec habileté la France pour la prochaine décennie ! Les petits dérapages budgétaires n'y changeront rien : les réformes sont sur des rails, elles passeront. Quoi qu'il en coûte.

C'est sans doute dans cet esprit que l'actuel gouvernement planche à nouveau sur la réforme des retraites qui avait été subrepticement mise en pause suite à la déclaration de guerre (non, pas contre Poutine, contre le virus il... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles