Quand les gouvernements essaient d’étouffer les cycles économiques

Gouvernements et banques centrales prétendent pouvoir adoucir une correction, relancer l’économie. Ce faisant, ils empêchent l’économie de respirer, ils l’étouffent.

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Quand les gouvernements essaient d’étouffer les cycles économiques

Publié le 9 septembre 2018
- A +

Par Simone Wapler.

Les folles politiques dites contracycliques – rendues possibles par le système monétaire et financier actuel – déboucheront sur une débâcle similaire à celle du « système de Law ».

La bourse est cyclique : des hauts puis des bas… 1987, 2000, 2008. Plus la bourse monte, plus les gens s’y intéressent et donc plus les marchés montent.

Même si la France compte (hélas) moins d’actionnaires en direct que les autres pays à niveau de vie comparable, en dix ans vous êtes nombreux à avoir retrouvé le chemin des marchés. D’ailleurs, le gouvernement vous y incite après neuf ans de hausse continue !

Puis la correction arrive, tout le monde prend peur, cherche à s’informer, à comprendre…

La bourse est cyclique, l’économie aussi.

Les cycles sont à l’activité économique ce que la respiration est à l’humain. Expansion, effervescence, surinvestissement puis récession et destruction des mauvais investissements dus à l’excès d’enthousiasme.

Mais depuis Keynes, gouvernements et banques centrales s’efforcent d’empêcher les cycles de se produire. Ils prétendent pouvoir adoucir une correction, relancer l’économie. Ce faisant, ils empêchent l’économie de respirer, ils l’étouffent et la rendent asthmatique. C’est le syndrome de la « croissance molle ».

Cela donne lieu à de jolie phrases comme celle-ci, des archives du journal Le Monde :

La récession a été évitée et le gouvernement revoit ses prévisions à la hausse, mais les perspectives restent moroses.

Le poids de la dette augmente, les taux d’intérêt sont abaissés de force pour la rendre supportable mais d’autres acteurs profitent des taux bas pour s’endetter à leur tour.

La crise du crédit subprime ou des « subprimes », comme disent les commentateurs, a été mal nommée. Les journalistes et experts français semblent d’ailleurs ignorer que subprime est – dans la langue de Shakespeare – un adjectif et donc invariable.

Plus grave, cette mauvaise dénomination implique que le mécanisme n’a toujours pas été compris. Il s’agit en fait d’une crise de surendettement généralisée rendue possible par le système monétaire et financier et aggravé par les politiques keynésiennes contracycliques.

Ce n’est pas la première fois qu’une crise est mal nommée. Durant la Régence, entre 1716 et 1720, John Law avait développé et appliqué en France un « système ». Il est important de se souvenir qu’on parlait bien du « système de Law ».

Le régent, face à des caisses vides et un État surendetté par les guerres de Louis XIV, était confronté au problème classique du pouvoir : comment avoir de l’argent contre rien ? La solution classique est l’avilissement de la monnaie métallique et l’endettement. Crésus, l’Empire romain, Philippe Le Bel, et bien d’autres en étaient passés par là avec toujours une issue désastreuse.

John Law et son système pour dissoudre les dettes

John Law a réellement inventé  la méthode moderne : monnaie papier, banque centrale, endettement, création monétaire et « assouplissement quantitatif ».

La Banque Royale était une banque centrale qui s’est livrée à de la création monétaire et a participé au rachat des créances du Trésor (contre des actions de la compagnie du Mississipi). Le « système » connut une telle faillite que, par la suite, la France traumatisée n’osait même plus appeler une banque « banque ». Après Law, les banques furent appelées « caisses ».

A tort, la faillite du « système de Law » fut appelée « bulle du Mississipi » ; pourtant, cela n’avait rien à voir avec une bulle purement boursière comme celle de la tulipe.

Le « système de Law » a été ressuscité depuis la fin des accords de Bretton Woods, qui a acté le décrochage de toutes les monnaies d’un repère réel (une contrepartie métallique en or ou argent).

Si Law revenait parmi nous, 300 ans après son premier séjour terrestre, il aurait quelques motifs de satisfaction.

On retrouve en effet dans l’histoire économique et monétaire de l’après-guerre, en particulier depuis 1971, la plupart des ingrédients qui ont fait la réussite et l’échec de son système : la démonétisation de l’or, une bulle d’actifs entretenue par une politique de taux bas en totale déconnexion de l’économie réelle, des émissions d’actions et de billets qui, sans toujours atteindre la sophistications de nos produits dérivés, n’avaient de contrepartie que dans la titrisation de dettes anciennes et nouvelles. Nicolas Buat, John Law, La dette ou comment s’en débarrasser.

Le « système de 1971 » connaîtra la même faillite que le « système de Law ». L’immense tas de dettes publiques et privées accumulées par le délire des politiques contracycliques – rendues possibles par une orgie de monnaie adossée à rien – sera un jour déclaré sans valeur.

Voltaire – qui avait vu le désastre de Law – ricanera dans sa tombe : « le peuple reçoit la religion, les lois, comme la monnaie : sans l’examiner ». Cette fois, ce n’est pas différent.

Pour plus d’informations, c’est ici.

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  • Idéalement, un Etat ne devrait pas pouvoir s’endetter. Toutefois, si on admet un certain endettement nécessaire pour financer les infrastructures régaliennes, la dette d’un Etat ne devrait pas dépasser plus d’un an de budget régalien. Pour un pays comme la France, le stock de dette publique soutenable ne devrait jamais excéder 350 milliards d’euros environ.

    • Si l’endettement se fait pour financer un investissement réel qui dégage ensuite un bénéfice pourquoi pas ? Mais les états s’endettent hélas plus pour du fonctionnement courant que pour de l’investissement. Ils essaient de le cacher en baptisant investissement ce qui n’est souvent que de l’entretien et donc du fonctionnement courant. Construire une route est un investissement (une augmentation du capital productif), réparer une route existante n’est pas de l’investissement.

      • Les fonctions régalienne dégagent des bénéfices qu’on peut mesurer par la négative en leur absence. Les fonctions non régaliennes dégagent également des bénéfices mais correspondent à des destructions de richesses au moins équivalentes, le plus souvent supérieures : leur bilan économique est nul à négatif.

        Un investissement étatique dans les domaines non régaliens est toujours réalisé en pure perte. L’endettement dans ce domaine n’est jamais justifié, peu importe qu’il concerne l’investissement ou le fonctionnement. En revanche, si le domaine régalien peut justifier un endettement raisonnable pour financer quelques investissements, il est de loin préférable de l’éviter autant que possible, notamment en constituant une épargne publique permanente à cette fin (excédents budgétaires systématiques).

  • L’état mène des politiques contra cycliques, mais que dans la partie négative du cycle… En gros on emprunte et on dépense quand ça va mal, et on dépense quand ça va bien. Du coup l’endettement moyen explose. Une vrais politique contra cyclique, c’est aussi réduire l’assurance chômage, RSA, aides au logements lorsque l’économie va bien, donc d’après l’article vers 1993, 2004, maintenant? Je n’ai pas souvenir de telles politiques.

    • Quand tout va bien, il serait effectivement contra-cyclique d’en profiter pour réduire l’endettement, la masse monétaire, etc. Mais il est tout aussi contra-cyclique de garder dans la sphère de l’état tout ce qui y a été introduit en période de crise parce que le privé n’était pas en état de le faire. On empêche alors ces activités de se développer et de se renforcer, on les garde dans un cercle non rentable et contraint, et on réduit la croissance et on augmente la fragilité.

  • bizarre vos raisonnements.vous avez un salaire ex:3000 euros ,vous faites un crédit de 500 euros .vous ne viver pas sur 3500 euros mais sur 2500 euros ..En France ,tous les ans nous augmentons notre dette du PIB..
    Si toutes les familles gèrent leurs budgets comme L’ÉTAT bonjour les dégâts…Et comme ils sont de passage ,que le où les prochains se demerde …aucune responsabilité, financière et pénale, ce n’est pas près de changer !!!

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