Décider de tout, tout seul : le syndrome du joueur de golf

Causeway Challenge by SingaporeMaven2013(CC BY-NC 2.0)

Ce syndrome de celui qui se concentre et décide seul, quels que soient les conseils, n’est-ce pas pourtant le modèle du décideur ?

Par Gilles Martin.

«  Le monde est bien trop complexe pour qu’une seule personne puisse tout contrôler seule ». Ainsi s’exprime l’éditorialiste du journal coréen en langue anglaise « The Korea Herald » ( non, je ne lis pas le Korean Herald dans le texte, c’était rapporté dans Les Échos de mercredi). C’est à propos de Trump et de son comportement d’électron libre, qui n’écoute pas les conseils des membres de son cabinet, et qui veut être son propre conseiller en politique étrangère, d’où son comportement lors du sommet d’Helsinki face à Poutine.

Et l’éditorialiste de Korea Herald a trouvé un nom pour ça, c’est « le syndrome du joueur de golf ». Car Trump ne pratique pas de sport d’équipe, tout se passe entre lui et la balle ; il ne fait confiance qu’à ses impressions (instincts).

Alors que le golf a aussi servi de nombreuses métaphores pour le management, comme ici par exemple, voilà que, avec Trump, le golf devient l’anti-management, l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Ce syndrome de celui qui se concentre et décide seul, quels que soient les conseils des conseillers, n’est-ce pas pourtant le modèle du décideur, celui qui sait que l’on décide toujours seul. Ce qui n’empêche pas d’écouter les conseillers, contrairement peut-être à Trump, mais qui sait. C’est mon ami Olivier Zara, expert en intelligence collective qui me l’avait dit :

« Plus la décision est collective et plus elle sera stable dans le temps, difficile à remettre en cause, rigide,

Moins la décision est collective et plus elle sera flexible, adaptable, facile à changer ou à supprimer. »

Pour d’autres, décider seul n’est plus possible.

Alors : syndrome ou pas syndrome du joueur de golf ?

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