Affaire Benalla : la nomenklatura du quai Branly

Austria Royal Items by Dennis Jarvis(CC BY-SA 2.0)

Les privilèges dont jouit Alexandre Benalla ne sont pas une situation que l’on peut qualifier de « normale ».

Par la rédaction de Contrepoints.

L’appartement mis à la disposition d’Alexandre Benalla fait couler beaucoup d’encre. Certes, l’attribution de logement souvent luxueux au frais du contribuable n’est pas chose nouvelle dans notre paysage politique français. Mais est-ce pour autant une situation normale ?

Plusieurs députés s’indignent, dont Marc Le Fur, député des Côtes d’Armor, ancien rapporteur du budget des pouvoirs publics pendant le mandat de François Hollande, qui signale s’être déjà intéressé à ce fameux immeuble pour savoir qui y résidait :

C’est vraiment la nomenklatura, les personnages les plus considérables de l’Élysée.

Signée par la directrice de cabinet, la liste des personnes résidant dans l’immeuble comprend : le secrétaire général, le directeur de cabinet, le chef de l’État major particulier, le conseiller diplomatique, le chef de cabinet, et… un individu de 26 ans.

Ainsi que le rapporte Le Monde, l’immeuble de fonction, dépendance de la présidence de la République, est sis quai Branly, un très chic arrondissement de Paris. 63 logements de fonction sont répartis sur 5000 m2. Toujours selon Le Monde, c’est là qu’à une certaine époque logeaient Mazarine Pingeot et sa mère,  ou encore François de Grossouvre.

Outre cet appartement, Alexandre Benalla jouissait de plusieurs autres privilèges.

Il n’y a cependant « rien d’anormal » aux yeux de certains, dont Gille Legendre, député LREM, qui témoigne sur BFM :

Pas nouvelle, cette situation n’est cependant pas si « normale », dans la mesure où, d’une part, c’est de l’argent public qui est utilisé ; d’autre part il y a un manque de transparence sur le mode d’attribution de logements ; enfin ce statut privilégié digne de la nomenklatura de l’URSS ou de la France de l’Ancien Régime montre une fois encore que la France n’a pas définitivement rompu avec son régime monarchique.