Les privatisations à l’ère Macron

La politique du « en même temps » conduit ce gouvernement à privatiser tout en conservant ses prétentions d’Etat stratège.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les privatisations à l’ère Macron

Publié le 15 juin 2018
- A +

Par Simone Wapler.

Ca y est ! Le gouvernement fait son coming-out ultra-néo-libéral ; les incisives sanglantes, le regard cruel et bleu acier, le loup Bruno Le Maire a déclaré « l’État n’a pas vocation à diriger des entreprises concurrentielles ».

Dans un pays où l’État contrôle plus ou moins directement 57% de l’économie, avouez que c’est un choc.

Seront donc privatisés Aéroport de Paris (ADP), la Française des Jeux (FDJ) et Engie (un avatar de GDF), l’État se séparant d’un paquet d’actions dans ce dernier cas.

Le gouvernement espère – c’est sa nouvelle marotte – que les investisseurs particuliers souscriront massivement à cette émission d’action pour « redynamiser l’actionnariat populaire ».

Il faut dire que l’actionnariat populaire fond comme neige au soleil ; de sept millions avant 2007, les particuliers sont passés à 3,5 millions. Les cinq millions d’entre eux qui avaient investi dans l’action EDF en 2007 n’ont pas dû être convaincus des bienfaits d’être actionnaire d’une entreprise « privatisée ».

Idem pour les sept millions de déçus avec les PTT devenus Orange – qui se traîne à un cours encore inférieur à 50% à celui de son introduction.

Dans le cas d’Engie, les germes d’une future catastrophe pour l’actionnaire à la mémoire défaillante qui se laisserait tenter sont déjà là, si l’on en croit Le Parisien :

L’État […] a annoncé la vente de 99,9 millions d’actions d’Engie, soit 4,1% sur les 28,65% de parts que l’État possède dans le géant de l’énergie. […] L’État reste, malgré cette vente, le premier actionnaire. Il conserve aussi sa minorité de blocage pour les grandes décisions stratégiques ainsi que sa ‘golden share’, c’est-à-dire son droit de veto sur la vente d’infrastructures ou de gisements essentiels à la sécurité énergétique de la France. 

Engie a d’ailleurs déjà perdu 40% de sa valeur depuis juillet 2005. 4,1% de « moins d’État » ne changeront pas la stratégie de l’entreprise.

Ne soyons toutefois pas grincheux, les privatisations sont une bonne chose. Cependant, la présence de l’État comme actionnaire même minoritaire est un risque pour l’investisseur. La concurrence, pour être efficace, doit s’exercer pleinement. La liberté de gestion doit être totale et la faillite acceptable.

Le retour de la maladie interventionniste

Que va faire l’État de l’argent ? Réduire la dette ? Vous n’y pensez pas…

Nos gouvernants étatistes ont, hélas, déjà des idées de dépenses : il faut un État stratège « un État capable d’inventer et construire l’avenir des Français », nous dit Bruno Le Maire.

Avez-vous vraiment envie de confier l’invention et la construction de votre avenir à l’État ? Quelles sont les véritables innovations dont peut se prévaloir l’État français ? Internet, la téléphonie mobile, la technologie blockchain, la fusion de l’atome ?

On nous annonce une nouvelle gabegie dans ces fameux « investissements d’avenir » dont la caractéristique principale est de ne pas en avoir. Pour quelques très modestes succès, que de coûteux échecs ! Qui se souvient encore des 1 000 km de routes couvertes de panneaux solaires, idée lumineuse de Ségolène Royal

Bien choisir ses investissements d’avenir, loin de l’État

La vie de l’investisseur particulier devient très compliquée. Nous sommes en sommet de cycle après 10 ans de hausse des actifs financiers et de l’immobilier, sous l’effet des tricheries monétaires des banquiers centraux.

Une des règles fondamentales consiste à acheter pas cher pour espérer revendre plus cher… mais les opportunités se font très rares puisque tout est trop cher.

Ceux qui pratiquent les méthodes « d’investissement par la valeur » ont de plus en plus de mal à donner un prix à la valeur, d’autant plus que les « actifs incorporels » (brevets, marques, images…) ont gagné en importance dans une économie de moins en moins industrielle et basée sur des actifs corporels (usines, bâtiments, stocks…).

Il existe cependant quelques règles simples qui permettent de minimiser vos risques.

Choisissez des entreprises :

  • opérant sur un marché réellement concurrentiel,
  • éloignées des interférences de l’État,
  • dont vous comprenez le métier,
  • qui ont des clients, du chiffre d’affaires et des marges robustes, le tout en nombre croissant,
  • dont le prix n’est pas excessif en valeur absolue et non pas en comparaison avec autre chose. Pour cela, il vaut mieux éviter les grandes entreprises têtes d’indice, recherchées par les gérants de grands fonds et excessivement valorisées.

 

Pour plus d’informations, c’est ici

 

 

Voir les commentaires (5)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (5)
  • article publicitaire dangereux qui n’a pour unique but que de valoriser les publications Agora qui prospèrent (?) en jouant sur la peur des investisseurs. Affirmer que la France va faire faillite…

    • Un pays dont les dépenses sont plus élevées que ses recettes depuis des décennies peut faire faillite. Ce qui est arrivé à l’Argentine, à la Grèce, à Chypre et à bien d’autres arrivera à la France tôt ou tard…

  • Ce sera exactement comme pour les autoroutes: une explosion exponentielle des tarifs avec un service en berne …

  • ils ne faut pas se voiler la face la France est au début de la faillite en dehors d’augmenter les taxes et redevances quand un pays est incapable de réduire sa dépense publique qui est incapable de dire le nombre de fonctionnaire en place et de ces gens qui travaille détaché a la fonction publique ?? dernier ex:L’ÉTAT qui garantie de rembourser la dette de là SNCF C’est-à-dire un jeu d’écriture puisque cette dette là, est incorporé
    dans le PIB…donc pas loin de 99% du PIB …

    • @ Lou 17
      Une seule question: pourquoi C.Villani n’est-il pas ministre du budget pour que ce budget soit, pour une fois, exact à < 1% près? 1% c'est 10/00, 10000 par million et 10 millions par milliard! (Parce que 3%, ça peut paraitre peu!)

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L'Élysée maintient la consigne déjà édictée par Emmanuel Macron il y a cinq ans, et héritée de Nicolas Sarkozy en 2007. Les ministres défaits lors du scrutin des 12 et 19 juin devront quitter le gouvernement, a confirmé le palais présidentiel ce dimanche. Élisabeth Borne, fraîchement nommée à Matignon, ne dérogera pas à la règle. La moitié du gouvernement est concernée.

Bien que la situation soit nettement différente de celle de 2017 - ils n'étaient que six concernés -, l'Élysée a décidé de maintenir la consigne déjà édictée par Emmanu... Poursuivre la lecture

Macron Macron lettre dette
1
Sauvegarder cet article

Lors de sa campagne de réélection, le président faisait la promesse d’une planification écologique de l’économie.

Selon La Tribune, le président candidat a expliqué lors d'un meeting à Marseille :

« Cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements. »

Il a remplacé son Premier ministre par une écologiste, ex-ministre de la Transition écologique !

Le président maintient le cap. Mais pourquoi pas ? Personne ne s’oppose.

Dans une tribune publ... Poursuivre la lecture

Un mois après sa réélection et à trois semaines des élections législatives, le président de la République (sur proposition du Premier ministre) a choisi son gouvernement. L’attente a été longue, ne serait-ce que par les spéculations sur le nom du successeur de Jean Castex. Sinon, on garde les mêmes et on continue. Deux surprises cependant : le maintien du garde des Sceaux et le nouveau titulaire de la rue de Grenelle.

https://twitter.com/Elysee/status/1527657628540755969

Il faut dire que, soutenu par une coalition hétéroclite qu... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles