Ma boulangère face aux grévistes et autres râleurs professionnels

Ma boulangère, comme un restaurateur ou une infirmière, ne fait pas grève tous les trois mois… Si elle s’amusait à ce jeu, elle perdrait rapidement toute sa clientèle, contrairement aux râleurs professionnels qui nous empoisonnent l’existence.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Ma boulangère face aux grévistes et autres râleurs professionnels

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 juin 2018
- A +

Par Jacques Clouteau. 

Voici une photo prise devant le four de la boulangerie où je me rends chaque jour en painlerinage, près de mon village. À gauche Catherine, la boulangère. À droite Caroline, la jeune apprentie (les prénoms ont été changés).
Je leur ai demandé l’autorisation de prendre et diffuser cette photo, avec quelques précautions de discrétion, car leur travail m’a inspiré cet article.
Ces deux-là, tout le monde les aime au village. Le pain de Catherine est le meilleur de tout le canton. Pétri avec une farine écrasée à la meule, cuit dans un four à bois, il parfume nos repas et embellit nos plats régionaux.

Un moment d’agitation

Leur tâche quotidienne est une prière au dieu des bonnes choses, une ode au travail bien fait, un exemple de vie. Tellement loin de ce qui emplit nos journaux télévisés…
Car la France vit en ce moment un moment d’agitation, comme il s’en produit de temps à autre dans notre beau pays. Un Eyjafjallajökull social. Mais curieusement, ce sont toujours les mêmes qui manifestent, qui occupent les écrans, qui battent le pavé, qui hurlent les mêmes slogans éculés et qui nous vaporisent leur rhétorique antédiluviennne.
Depuis 50 ans, depuis que j’ai commencé à suivre les journaux télévisés, ces gens-là ne sont pas contents. Enfin plus exactement ceux qui n’étaient pas contents en 1968 sont désormais en retraite, après n’avoir pas été contents toute leur vie. Et aujourd’hui, pendant leur retraite, ils ne sont toujours pas contents…. c’est terrible d’être malheureux comme ça toute sa vie. J’espère au moins qu’il y a dans chaque administration une cellule psychologique pour les assister dans cette perpétuelle douleur…
Désormais ce sont leurs enfants et petits-enfants qui ne sont pas contents. C’est une affaire de famille, que voulez-vous, que de souffrir dans l’Administration de la république …

Leur slogan numéro 1 : ils veulent davantge de monde dans le service public. Mais oyez bien, braves gens : ils étaient 500.000 en 1900, pour 40 millions de Français, plus tout l’Empire colonial. Ils sont aujourd’hui 5 millions et demi, 11 fois plus, pour 65 millions de Français. Et ils ne sont pas encore assez… un fonctionnaire pour 11 Français. Diantre, on est bien encadrés avec une telle armée de serviteurs de l’État…

Leur slogan numéro 2 : ils veulent davantage de moyens dans le (s) service (s) public (s). Car ils ne sont pas là pour être rentables, mais pour assurer la reproduction de l’espèce. Et si le budget est trop ric-rac, il n’y a qu’à faire la poche des riches, comme le proclamait un certain Le Manchon. Problème : il n’y a plus beaucoup de riches dans notre pays. À force de leur faire les poches, ils sont ou bien devenus pauvres, ou partis créer des entreprises ailleurs.

Leur slogan numéro 3 : ils veulent garder à tout prix le statut régissant leur profession. On ne change rien à rien. Le monde change mais nous on est pareils…

Le fer de lance de cette grande bataille sociale, ce sont bien entendu les bataillons de choc de la SNCF. Ce sont les plus malheureux de tous. Des forçats du rail… les conditions de travail de cette entreprise ferroviaire quasi monopolistique sont dantesques : il arrive aux cheminots de travailler le week-end, loin de leur famille éplorée. Certains, plus exploités que les autres, travailleraient même de nuit…

Les malheureux étudiants

Parmi les citoyens pas contents, il y a aussi ces gens qu’on appelle étudiants. Ceux-là, zont même pas commencé à travailler que déjà ils sont malheureux. Alors ils se mettent en grève, qu’ils disent… Pendant quelques semaines, ils vont cesser d’étudier pour bivouaquer dans la Fac occupée, peindre des slogans sur les murs, entasser des chaises devant les portes et, surtout, faire la révolution et refaire le monde, partager la planète entre bons et méchants… Quand on a le temps aux frais des autres….

Ce n’est pas fini… Parmi les travailleurs en souffrance on trouve aussi les pilotes de la compagnie Air France. Ils sont les mieux payés de toutes les compagnies aériennes européennes, mais ce n’est pas suffisant à leurs yeux. À peine leur compagnie renoue-t-elle avec la croissance qu’ils veulent en manger les maigres réserves. Que l’image de marque de l’entreprise prenne une énorme claque auprès des clients, qu’elle risque tout simplement le dépôt de bilan, tout ça ne les concerne pas le moins du monde…

Tous rêvent de cette convergence des luttes qui n’arrivera pas, car leur prétendu combat est un combat d’arrière-arrière-garde. Ils sont dans un tel décalage avec le reste de la population laborieuse que c’en est pitié.

Alors, pendant que ces guignols démolissent un peu plus l’image du pays, chaque jour que Dieu fait, je vais à la petite boulangerie au milieu des champs, et je compare…

Râleurs professionnels

Les râleurs professionnels se plaignent de travailler le dimanche. Mais ma petite boulangère aussi travaille le dimanche…
Les râleurs professionnels se plaignent de travailler la nuit. Mais ma petite boulangère aussi travaille la nuit…

La différence, c’est que ma boulangère, comme un restaurateur ou une infirmière, ne fait pas grève tous les trois mois… Si elle s’amusait à ce jeu, elle perdrait rapidement toute sa clientèle. Alors, par amour de son travail, et par respect de ses clients, elle pétrit et cuit chaque nuit, au feu de bois, un pain à damner un chrétien.

Et nous, les gens du village, par respect pour son travail, nous allons chaque jour lui dire merci.

Voir les commentaires (33)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (33)
  • merci pour cet article !

  • Démonstratif et magnifique !

  • Oh l’agréable et ravigorante lecture du matin. Quand je serai grand , moi aussi je serai boulanger.

  • Félicitations! Et mes hommages à Madame « Catherine ».

  • Quand la France des cigales fait grève la France des fourmis travaille……………….

  • Merci pour cette superbe démonstration avec un bémol. Que je saches les infirmières sont des fonctionnaires, travaillent 35 heures avec RTT et heures supplémentaires cumulées en fin de carrière, pour partir plus tôt. Bénéficiant de la sécurité de l’emploi et des avantages du statut de fonctionnaire, pourtant représentée par un certain Pelou cette profession repend avec succès sa misère et le manque de moyen dans les médias. Alors si je partage le sort de notre boulangère je ne peux l’associer aux infirmières de la fonction publique aussi sympathiques soient elles.

    • @boysander les infirmières de la fp sont les poissons volants de la fp . L’exception qui leur confirme la règle immuable.

    • Pas tout à fait.
      640000 infirmiers/ières dont la moitié dans la fonction publique. Le reste se partage dans l’hospitalisation privée et les cabinets libéraux (110000).

    • Il faut dire que les infirmières, comme avant les facteurs ou parfois les gardiens de prison, servent de bouclier humain aux fonctionnaires quand une menace se profile.
      On dit ‘trop de fonctionnaires’, automatiquement la réponse est « vous trouvez qu’il y a trop d’infirmières ? ou de gardiens de prison, de facteurs ?  »
      Obligés de répondre « non » à ce moment précis, le reste de vos arguments seront balayés…
      Echec et mat !

    • sachant surtout que la pénibilité du travail revient aux aides soignant(e)s ..les infirmier(ere)s ont le beau rôle.

    • Boysander
      Franchement, je n’ai pas vu de différences entre infirmières publiques et privées et elles ont toutes, actuellement, une sécurité d’emploi dans ce boulot réellement « pénible » et pas trop payé! Mais oui, elle servent aussi de paravent aux hordes d’inutiles administratifs gratte-papiers de la fonction publique, avec les pompiers ou les profs.

  • Vous pouvez rajouter a la cohorte des raleurs professionnels les paysans de la FNSEA qui bloquent les raffineries (en progres, quand j etais jeune ils remplissaient de purin les sous prefectures, ca coutait plus cher au con-tribuable).
    Mais tant que c est payant ca continuera (La FNSEA aura de nouvelle subvention, pour les etudiants par contre je serai moins affirmatif. Le PS est en crise et il sera difficile de se recaser en tant que deputé/maire PS apres une belle carriere a l UNEF)

  • Il est grand temps de créer une « boulangerie nationale », avec tickets de pain distribués à la population, qui pourra ainsi se procurer gratuitement cette denrée auprès des services publics désintéressés de l’Etat, au lieu d’engraisser ces capitalistes sans scrupules qui ne respectent même pas la trêve syndicale 😀

    • Arrêtez! Ces crétins risquent d’y penser.

      • Je crois qu’ils y ont déjà pensé, mais ils ne sont pas aussi cons que l’on peut supposer, et savent très bien que ça dégénérerait rapidement, exposant de la sorte leur incompétence manifeste.

    • Ha … le retour du « sandwich communiste » :
      – un ticket de pain;
      – un ticket de beurre;
      – un ticket de jambon;
      – un ticket de pain.
      Bon appétit !

  • Ben oui, mais votre boulangère va se prendre une prune sévère parce que, des fois, elle a peut-être travaillé 7 jours d’affilé? Et peut-être aussi, elle a un site web qui n’est pas RGPD? Et peut-être même que la meule n’est pas aux normes UE? Voire peut-être que son bois n’est pas labellisé et qu’il pollue gravement les poumons des petits nenfants de migrants que l’Etat, fort social, a collé par paquets de 10 dans l’école désaffectée mitoyenne, puisque classe fermée pour mettre 2 profs en classe de ZEP?
    Heureusement qu’il y a tous ces fonctionnaires attentifs aux respect des lois, pointant avec assiduité les égarements. Voire sur plusieurs générations parce qu’il faut bien transmettre depuis Pétain le délicat savoir-faire du traitement des lettres anonymes…

  • Il y a pourtant une solution, qui serait approuvée par la majorité des citoyens: arrêter de subventionner les syndicats avec les impôts des braves gens!

  • Quel magnifique article. Un grand merci.

  • Les infirmières ont fait nettement plus d’années d’études que les aides-soignantes

    • Espérons quand même qu’elles n’ont pas eu le diplôme à l’usure…

    • et ça justifie de faire tout le sale boulot par les aides soignant(e)s et de détruire leur santé (dos principalement) …belle mentalité…..tiens toi t’as pas fait d’études tu peux donc en chier au taf et crever la bouche ouverte, moi j’ai fait des études et donc je me préserve …j’en ai connu des gens comme vous, supérieurs aux autres parce qu’avec des diplômes, ça empêche pas d’être le dernier es crétins et j’espère que la vie pour renverra l’ascenseur.

  • C’est l’argument habituel, quand les uns parlent de réduire le nombre de fonctionnaires, les autres répondent « vous voulez moins de profs, de policiers ou d’infirmières ? » comme s’il n’y avait pas d’autres métiers, lesquels pouvant être transférés au privé. C’est ce qui se fait tout doucement d’ailleurs, les employeurs en font de plus en plus, le prélèvement à la source étant le dernier glissement en date. Pas d’échec et mat donc. J’ai récemment fait l’expérience dans ma boîte que même le montant du prélèvement pour un avis à tiers détenteur transmis par l’administration à l’employeur doit être calculé par… l’employeur ! Que celui-ci demande donc à son salarié s’il a des personnes à charge, ce paramètre étant pris en compte pour le calcul… j’espère qu’au moins la baisse du nombre de fonctionnaires au sein de l’Administration des finances publiques est bien En Marche…

    • @ RaphSud
      O.K. Mais sachez quand même que le prélèvement à la source est un système qui se pratique largement ailleurs avec satisfaction depuis longtemps! Aux Finances à enfin simplifier la fiscalité et les cotisations sociales déductibles (dont cette CSG absconse). La composition du ménage est dans le big data!

  • Je rajouterai que votre boulangère préférée n a pas droit elle ni aux congés payés ni aux congés maladie,RTT,compte épargne temps…et autres avancées sociales comme ils disent;elle travaille comme avant 1936 ,elle, sans que cela indigne quiconque par contre elle paye des charges astronomiques et exponentielles pour financer les acquis sociaux des autres!
    le gentil boulanger de mon village lui en a eu ras le bol au bout de nombreuses années(où il n a jamais pu passer un noel en famille)d’esclavage pour l étatet il a arreté son activité!pourtant son pain était delicieux sa boulangerie toujours remplie mais il a été degouté,épuisé, ecoeuré!

  • j’adore votre élégance de style et j’aimerais goûter le pain de Madame Catherine, vous avez vu juste; et quoi qu’en pensent certain(e)s, même si l’on fait la distinction entre infirmier(e)s du service public et du privé, voire à domicile, vu les horaires, la charge de travail et les patients pas toujours rigolos, personnellement je leur dis bravo et merci d’être là.

  • Mikylux Nous aurons l’occasion d’en reparler, je suis en 1ère ligne dans ma petite boîte. Avec un cabinet social rémunéré par nos soins.

  • dekkard Je ne vois pas pourquoi vous vous échauffez, vous comparez 2 métiers qui ne sont pas les mêmes. Les aides-soignantes ne font pas le sale boulot des infirmières, chacun son boulot, c’est tout ce que j’ai dit, je ne vois pas pourquoi vous opposez les 2. Votre propos donnait l’impression que les infirmières refilaient aux aides-soignantes ce qu’elles ne veulent pas faire, ce qui n’est pas le cas.

  • Méfiez-vous juste d’une chose mikylux, la France n’est pas les autres pays loin de là, elle est la championne des prélèvements, impôts, taxes en tous genres. Rendre un impôts ou une taxe indolore permet de l’augmenter subrepticement.

  • Bonjour à tous, quelqu’un saurait-il argumenter là-dessus, svp ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Rappelons tout d’abord les limites au droit de grève.

Elles sont au nombre de trois :

En cas d’atteinte à l’ordre public. En cas de nécessité absolue d’assurer le respect du service minimum. En cas de nécessité absolue d’assurer la sécurité.

La grève CGT qui bloque le pays n'en respecte aucune.

 

Atteinte à l’ordre public

La CGT est coutumière de blocages en tout genre afin de conserver ses privilèges ou dans le simple but de semer la zizanie dans le pays. Elle le fait en connaissance de cause.

En eff... Poursuivre la lecture

3
Sauvegarder cet article

 

Définition

À regarder de près l'histoire tumultueuse de la grève depuis au moins une centaine d'années, il est difficile d'en donner une définition – dont acte.

La Place de Grève à Paris, autrefois un lieu d'offre d'emplois de chargement et de déchargement, a donné aujourd'hui son nom à un véritable fléau.

 

Fondement légal de la grève

Ensuite, il y en a eu beaucoup d'autres, comme celles qui réglementent les services publics qui ont le droit de grève depuis 1950. Dans son arrêt Dehaene du 7 juillet de cette... Poursuivre la lecture

Comme souvent, une poignée de mécontents se permet de bloquer tout un secteur. Le 9 juin, les personnels au sol de Paris Aéroport étaient en grève pour protester contre leurs conditions de salaire.

 

Le droit de grève dans la Constitution

Depuis le 27 octobre 1946, le droit de grève est pleinement reconnu à l'alinéa 7 du préambule de la Constitution :

Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

Il est tout de même interdit à certaines professions : surveillants de prison, CRS, magis... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles