Aube : l’administration pénalise un boulanger qui travaille le dimanche

Le boulanger de la petite commune de Lusigny-sur-Barse a été condamné à payer 3000 euros d’amende suite aux poursuites de l’administration pour ne pas avoir respecté le repos hebdomadaire pendant la période estivale.

Par Frédéric Mas.

Le boulanger de Lusigny-sur-Barse dans l’Aube vient d’être condamné à payer 3000 euros d’amende pour avoir trop travaillé cet été, c’est-à-dire 7 jours sur 7, et cela en violation de la règlementation qui impose un jour de repos hebdomadaire.

>>> Lire aussi : En France, travailler dur est condamné sévèrement, par h16

Le maire et les habitants de la commune de Lusigny-sur-Barse se sont mobilisés pour protester contre une décision qui apparaît comme absurde pour ce village de 2000 habitants. La saison touristique offre en effet une période privilégiée pour la vie des petits commerces comme l’animation de la commune, ce que la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) ne semble pas avoir considéré. Jusqu’en 2016, le boulanger de Lusigny-sur-Barse bénéficiait d’une dérogation. Mais celle-ci n’a pas été renouvelée en 2017.

Une pétition circule pour soutenir le boulanger, qui jusqu’à cette semaine et un reportage sur TF1, n’avait pas eu beaucoup d’écho.

Il est difficile de ne pas ramener cet épisode particulier à la situation économique plus générale du pays, qui croule sous les réglementations jusqu’à décourager les entrepreneurs de se lancer. Alors que la classe politique raisonne encore et toujours en termes de politique et d’administration centralisées, les petites et moyennes entreprises se battent pour survivre et trouver leur place aux yeux d’un gouvernement surtout soucieux des grandes entreprises. S’ajoute à cela la vieille tradition corporatiste française qui conçoit le marché du travail comme un gâteau que l’État a pour rôle de débiter et de distribuer, quitte à pénaliser les nouveaux entrants et les non conformistes.

>>>> Lire aussi RGPD : de nouvelles contraintes pour l’entreprise

Notons également que comme pour la question des jours fériés ou du repos dominical, la règlementation n’est pas assez souple pour embrasser tous les cas, et l’entrepreneur est encore une fois en tort par défaut face aux pouvoirs publics.

>>> Lire aussi Macron pris d’une frénésie anti-entreprises