Aube : l’administration pénalise un boulanger qui travaille le dimanche

Le boulanger de la petite commune de Lusigny-sur-Barse a été condamné à payer 3000 euros d’amende suite aux poursuites de l’administration pour ne pas avoir respecté le repos hebdomadaire pendant la période estivale.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Aube : l’administration pénalise un boulanger qui travaille le dimanche

Publié le 14 mars 2018
- A +

Par Frédéric Mas.

Le boulanger de Lusigny-sur-Barse dans l’Aube vient d’être condamné à payer 3000 euros d’amende pour avoir trop travaillé cet été, c’est-à-dire 7 jours sur 7, et cela en violation de la règlementation qui impose un jour de repos hebdomadaire.

>>> Lire aussi : En France, travailler dur est condamné sévèrement, par h16

Le maire et les habitants de la commune de Lusigny-sur-Barse se sont mobilisés pour protester contre une décision qui apparaît comme absurde pour ce village de 2000 habitants. La saison touristique offre en effet une période privilégiée pour la vie des petits commerces comme l’animation de la commune, ce que la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) ne semble pas avoir considéré. Jusqu’en 2016, le boulanger de Lusigny-sur-Barse bénéficiait d’une dérogation. Mais celle-ci n’a pas été renouvelée en 2017.

Une pétition circule pour soutenir le boulanger, qui jusqu’à cette semaine et un reportage sur TF1, n’avait pas eu beaucoup d’écho.

Il est difficile de ne pas ramener cet épisode particulier à la situation économique plus générale du pays, qui croule sous les réglementations jusqu’à décourager les entrepreneurs de se lancer. Alors que la classe politique raisonne encore et toujours en termes de politique et d’administration centralisées, les petites et moyennes entreprises se battent pour survivre et trouver leur place aux yeux d’un gouvernement surtout soucieux des grandes entreprises. S’ajoute à cela la vieille tradition corporatiste française qui conçoit le marché du travail comme un gâteau que l’État a pour rôle de débiter et de distribuer, quitte à pénaliser les nouveaux entrants et les non conformistes.

>>>> Lire aussi RGPD : de nouvelles contraintes pour l’entreprise

Notons également que comme pour la question des jours fériés ou du repos dominical, la règlementation n’est pas assez souple pour embrasser tous les cas, et l’entrepreneur est encore une fois en tort par défaut face aux pouvoirs publics.

>>> Lire aussi Macron pris d’une frénésie anti-entreprises

 

Voir les commentaires (25)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (25)
  • S’il y a concurrence, ceux qui n’observent pas la fermeture hebdomadaire empêchent les autres de le faire, alors même qu’ils le voudraient.
    Mais si je comprends bien le billet, le boulanger en cause n’a pas de concurrent. L’obliger à fermer n’a pas de sens. La loi qui ne prévoit pas d’exception, ou la bêtise des fonctionnaires ?

    • « S’il y a concurrence, ceux qui n’observent pas la fermeture hebdomadaire empêchent les autres de le faire, alors même qu’ils le voudraient. »
      Ah bon? Vous êtes sûr? Et les supérettes ouvertes jusqu’à y’a pas d’heure, elles n’obligent pas les supermarchés voisins à ouvrir 24h/24? Comment se fait-il?
      Quant à votre question à la fin, la réponse est simple: Les deux, mon Général! Avec renvoi au billet récent de H16 sur le pouvoir des minables, qui se manifeste partout dans ce beau pays.

    • Si on laisse la concurrence libre et non faussée, celui qui veut ouvrir, ouvre; travailler, travaille !
      Il avait une dérogation… non renouvelée.
      Je crois que le bêtise des fonctionnaires n’est plus à prouver.

    • De ce que j’ai compris, il ne s’agit pas de la loi elle même mais d’une disposition ne concernant que les boulangeries.

      … et rien que ça déjà on peut se demander l’intérêt de garder une telle règle que pour eux.

  • le problème de la France , c’est qu’elle est gouverné par des gens qui ne connaissent rien au monde du travail et qui n’ont pas besoin de se battre pour gagner sa vie ; en somme , nous sommes dirigés par des glands ;

  • Le Docteur fou furieux de l’Élysée pourrait peut-être rédiger rapidement une ordonnance. Il ne devrait pas y avoir une réaction de rejet.

  • C’est ubuesque !

  • Laisser les artisans et entrepreneurs bosser comme ils l’entendent ! S’il y a du personnel employé parmi eux il y en a surement qui préfèrent soit le vendredi, soit le samedi ou le dimanche pour pratiquer leur culte… Et pendant les périodes non touristique leur accorder par exemple 3 jours de congés au lieu des 2 réglementaires une semaine sur deux ou trois.
    Se faire aider par une organisation syndicale pour rédiger les contrats… mais c’est dans ce cas il faudrait des syndicats qui ne serait pas là uniquement que pour mettre des bâtons dans les roues du patronat !

  • Comment l’administration a-t-elle su que ce boulanger était ouvert 7j/7 ?
    Par qui a-t-il été balancé ?

  • Nul doute que celui qui a dressé le PV cotise à la CGT et n’a aucune connaissances de la règle « travail = salaire ».
    Qu’il ait au moins le courage de se nommer sur ce site !!!!

  • l’administration anonyme courageuse et honnête, ou bien veule, lâche et hypocrite ?

  • – Je suis retraité et je connais les problèmes des petites campagnes.. et les gens qui y habitent et se déplacent en voiture, sont devenus assez prévoyants pour parer à ce genre de problèmes. J’ai 1 seul boulanger au village et il a le droit d’être malade ou de prendre des vacances et de fermer 1 jour par semaine. Les gens vont à 6km dans 1 gros bourg doté d’1 supermarché, de 2 autres boulangers dont 1 possède 1 distributeur automatique de baguettes collé à son magasin, en dehors de ses heures d’ouverture. Il faut prévoir l’impensable pour ma pharmacie, le N° d’urgence dans mon hôpital en temps que diabétique..et divers services. L’autre jour ; la batterie de mon auto m’a lâchée au bout de 5 ans : j’ai téléphoné au service d’assistance de mon assurance, qui m’a envoyé 1 dépanneur gratos au bout de 45mn, qui l’ redémarrée… et ensuite ce fut facile de me rendre chez mon garagiste qui l’a remplacée… C’est ça la campagne !

  • Ce pays et son administration marchent sur la tête!
    D’autres pays européens quasiment aussi anciens que le notre ont un rapport au travail nettement plus sain.
    A Amsterdam, par exemple, les musées sont ouverts tous les jours de l’année sauf celui de Noël et de la fête nationale soit 363 jours ouvrés!
    Honte à l’Etat français qui néglige non seulement la culture mais également le droit au pain quotidien.
    Du pain et des jeux comme à Rome?
    Que nenni mon ami, austérité et famine, voilà les deux nouvelles mamelles de la France.

    • @ montesquieu
      Bien sûr, dans le business, le « pouvoir » est « séduisant » et « généreux » (le « cadeau »)!
      Dans la politique, le pouvoir, c’est « contraindre et interdire »: le « pouvoir des impuissants »!

  • Ce pays est totalement dirigé par des personnes qui ne sont pas dans l’économie de marché. C’est comme si avant son effondrement officiel l’URSS avait noyauté tous les postes du public en France. Pour l’instant les 30% du privé qui finançait tout ça tient le coup mais dans plus en plus d’entreprises tout part en sucette… Il est cent clair qu’à moyen/long terme on va passer d’une lente et certaine descente aux enfers que nous vivons actuellement à un effondrement violent de ce pays un de ces jours.

  • là encore pas d’appel à changer la règle à la noix, demande de dérogation ou de grâce… Nous aurons droit à un articulet reportant que l’administration dans sa grande bonté ne fera pas payer le zig ou lui accordera on ne sait quoi…
    alors que non je ne sais pas si la loi est dure elle est certainement stupide et notre aptitude à conserver ou produire des lois stupides est stupéfiante..

  • Ne pas oublier que l’interdiction d’ouvrir 7j/7 est une demande des artisans boulanger eux mêmes… ils l’ont réclamée pour se protéger des chaines et grosses structures…

    Aujourd’hui, c’est largement contourné par les distributeurs de pain…

    • @ Cap2006
      Le congé « obligatoire » est fait pour qu’un autre ne gagne rien quand je ne travaille pas: ce serait trop injuste!!!

  • Hallucinant ! Jusqu’où ira la bêtise « administrative » ? Mais ne « tapons » pas trop sur elle, son rôle étant l’application des lois. Montons d’un échelon. C’est là que réside et règne, sans conteste, la stupidité, l’absurdité et le non sens économique. Pour nos socialo (se prétendant libéraux) le crime est de travailler trop ! Quelle horreur ce boulanger, qui durant l’été et sans autorisation, s’octroie le droit de travailler 7j/7 ! Il sort du rang, il faut le sanctionner, car nous savons mieux (que lui) ce qui est bien pour lui. Telle est la pensée de « ces foudres de guerre » qui nous gouvernent et concoctent toutes ces lois contraignantes, répressives et étouffantes pour les entrepreneurs. Quant à sa boulangerie… Mais savent-ils ce qu’est un commerce… dans un village ? Mieux vaut ne pas approfondir.
    Cet artisan boulanger, si la saison estivale lui est favorable, grand bien lui fasse ! Il est absolument scandaleux que l’on sanctionne son travail par des lois imbéciles, restrictives le « menottant ». Il aura tous loisirs, si c’est son choix, de fermer son commerce plus longuement en saison de moindre activité. Je préfère ne pas m’étendre sur l’hypocrisie des « distributeurs de pains ». Car quoi, ces baguettes se font-elles toutes seules dans le distributeur, ou est-ce le fruit du travail de l’artisan ? Alors, pourquoi n’aurait-il pas droit à la vente en magasin… qui de surcroît est sympathique et conviviale, face au rebutant anonymat d’une austère machine qui vous crache le pain après y avoir jeter des sous.
    Mais, cette loi sanctionnant le « trop » de travail m’inspire : on devrait l’appliquer à nos politiques (« Jupiter » et sa clique) en instaurant des sanctions financières extrêmes ainsi que de lourdes sentences pénales (mettant tout ce petit monde hors nuisance) pour toutes leurs âneries débitées, élaborées puis appliquées. Au rythme ou elles déferlent quotidiennement et en toutes saisons, le « trop » est rapidement et largement atteint… voire dépassé.
    En un temps record la France, grâce à cette manne, passerait du sur-endettement à l’opulence !

  • Pénaliser un artisan parce qu’il travaille trop !!! On nage en plein délire en France !
    Naturellement j’ai signé la pétition

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Philbert Carbon. Un article de l'IREF Europe

Il y a un an nous nous penchions sur ce que nous préparait l’Union européenne-nounou pour nous empêcher de mourir en réglementant et taxant davantage l’alcool, le tabac et le sucre. En matière d’alcool, une nouvelle offensive est menée par Véronique Trillet-Lenoir, député européen de la République en marche (LREM), qui a rédigé un rapport dans le cadre de la commission spéciale sur la lutte contre le cancer (BECA) du Parlement européen. Sur la base de ce rapport, le Parlement de Strasbou... Poursuivre la lecture

Par Mohamed Moutii. Un article de l'IREF Europe

Aujourd’hui, les données personnelles sont devenues de véritables ressources dans notre économie mondiale. Internet a fait tomber les frontières nationales dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne. Nous considérons souvent le commerce comme le transfert de biens entre des lieux ou des services, mais une grande partie du commerce mondial actuel est constituée de transferts de données moins tangibles, mais non moins réels, dans ce que l’on appelle les flux de données transfrontalie... Poursuivre la lecture

2
Sauvegarder cet article

Pour Ridley, le terme innovation signifie trouver de nouvelles façons d’utiliser de l’énergie pour créer des choses improbables naturellement. L’innovation va au-delà de l’invention car celle-ci n’est pas nécessairement utile à l’humanité. C’est à partir d'une invention que va pouvoir se développer une innovation jusqu’au point où elle devient utilisable de manière abordable, fiable et productive.

Cet ouvrage est rendu particulièrement intéressant grâce aux innombrables exemples historiques démontrant ce qui favorise l’innovation et ce... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles