Ce que l’attitude de Donald Trump au G7 nous dit sur l’avenir du monde

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
By: Michael Candelori - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Ce que l’attitude de Donald Trump au G7 nous dit sur l’avenir du monde

Publié le 13 juin 2018
- A +

Par Frédéric Charillon.
Un article de The Conversation

Au risque d’être rébarbatif, nous avancerons que ce qui vient de se passer au Canada s’annonce fort instructif du point de vue théorique pour l’analyse des relations internationales.

Donald Trump, par son attitude, n’a fait que pousser une fois plus à l’extrême une posture déjà existante aux États-Unis depuis longtemps, assimilable à la tradition jacksonnienne, et rétive à toute contrainte liée à des engagements extérieurs qui pourraient nuire à la sécurité, à l’identité, aux intérêts des « vrais » Américains. Simplement, il le fait au XXIe siècle (Andrew Jackson était président de 1829 à 1837), dans un monde de globalisation et d’interdépendance complexe, où chacun est lié à tous les autres par les échanges ou l’information en temps réel.

Trois questions intéressantes se posent aujourd’hui.

  • Jusqu’à quand l’Alliance avec les Européens va-t-elle tenir ?
  • Jusqu’où le système politique américain va-t-il permettre à son président de se comporter de la sorte ?
  • Trump peut-il faire triompher sa logique et garder une majorité pour mettre fin à soixante-dix ans de Grand Strategy américaine ?

Le sens des alliances

Y a-t-il encore une alliance entre les États-Unis et leurs partenaires de l’OTAN, ou leurs interlocuteurs privilégiés comme le Japon ? Les camouflets s’accumulent, les insultes pleuvent, et la bataille commerciale qui s’annonce montre qu’il s’agit de divergences d’intérêts réels, non d’une simple incompatibilité d’humeur.

Le fait d’être alliés sur le plan militaire mais concurrents sur le plan économique est classique entre l’Amérique, l’Europe et le Japon. Mais l’atmosphère à la Maison Blanche laisse penser que, cette fois, son locataire considère globalement ses partenaires comme des handicaps, non plus comme des atouts.

Cette remise en cause du concept même d’alliance trouve aujourd’hui d’autres expressions ailleurs, qui cette fois ne doivent rien à Trump. L’évolution interne de la Turquie, son attitude en Syrie, et même à certains égards la gestion de sa diaspora en Europe, deviennent difficilement compatibles avec son adhésion à l’OTAN, et sa candidature (certes de plus en plus rhétorique) à l’UE.

Plus loin encore (on serait tenté de dire « en face »), dans l’organisation de coopération de Shanghai, l’arrivée probable de l’Iran comme membre à part entière, l’entrée de l’Inde et du Pakistan en 2017, empêchent de faire de ce groupe une entité homogène, sorte de « contre-OTAN ».

Trump exacerbe certes la tendance par son style, mais c’est plus généralement la question de la viabilité même d’alliances stables et pérennes qui est posée désormais dans le monde des années 2018 et suivantes.

Que va faire l’État profond ?

Si l’on retient les leçons de Robert Putnam et de ses collègues (Peter B. Evans, Harold Karan Jacobson), dans leur ouvrage célèbre de 1993 (Double-Edged Diplomacy), on se souvient que la politique étrangère, peut-être plus encore aux États-Unis, est façonnée au moins autant par des rapports de force internes que par les événements internationaux auxquels il s’agit de répondre.

La question est donc : que pense le système américain, avec ses animateurs, ses contre-pouvoirs, ses décideurs, son « État profond », ses analystes, ses groupes d’intérêt, d’un Président qui affaiblit chaque jour la parole des États-Unis ? Un président qui effraie ses alliés les plus importants, insulte ses voisins, remet en cause les traités signés, y compris ceux qui étaient jugés favorables aux intérêts américains. Qui s’exprime essentiellement par tweets. Qui, en plein bras de fer intérieur sur ses liens supposés avec une Russie considérée comme extrêmement agressive sur le plan du renseignement et de la déstabilisation, se permet le luxe de proposer la réintégration de Moscou dans le G7-G8, essuyant par-là même sur ce point une rebuffade des Européens ?

Sans compter que le découplage entre l’Europe et l’Amérique, auquel Trump travaille régulièrement, fait de la Russie le premier bénéficiaire de ces rodomontades. Même si, en réalité, Trump et Poutine sont en train de devenir à eux deux les meilleurs impresarios d’une vision stratégique ouest-européenne commune, soudain ressuscitée, et à laquelle s’adjoint le Canada.

Cela est-il encore acceptable par les gardiens du dogme ? S’ils sont divisés, quel est le rapport de force entre les camps en présence ? Si leur patience a des limites, où se situe le point de rupture, quelles sont les lignes rouges ? Et qu’envisagent-ils de faire si celles-ci sont franchies ? Il y a là, du point de vue de l’analyse du système politique américain, des défis passionnants à venir.

Et si Trump gagnait ?

Le suspens sera en partie levé dès les midterm (élections de mi-mandat) de novembre 2018, lorsque nous saurons si l’actuel Président a conforté son parti, ou contribué à sa perte. Mais imaginons un instant que Trump, en exprimant son aversion vis-à-vis du multilatéralisme, en rejetant toute contrainte extérieure, et en signifiant son refus de payer encore pour des Alliés jugés à la fois ingrats et « vivant sur la bête », incarne, au moins encore pour quelques années, le temps d’une évolution démographique inéluctable, la tendance majoritaire en Amérique ?

Les États-Unis connaîtraient alors plusieurs dilemmes profonds. Un dilemme, d’abord, entre leur attachement intérieur à la démocratie, qui impose de respecter la volonté de la majorité, et la défense, à l’extérieur, de l’intérêt national au sens le plus réaliste du terme, qui ne peut pas ne pas voir les dégâts du trumpisme.

Depuis 1945, la grande stratégie américaine consiste à renforcer ses alliances, à plaider pour le libéralisme des institutions globales, et pour le libre-échange. Cela a assuré aux États-Unis le leadership mondial, la première place économique, la victoire dans la Guerre froide. Or Trump souhaite balayer désormais cette recette gagnante.

Un deuxième dilemme s’ouvre alors : faut-il mettre fin à l’expérience, et comment ? Avec quels risques électoraux pour le Parti républicain et quels risques politiques pour la stabilité du pays ?

Ce qui s’est passé au Canada est un symptôme davantage qu’un déclencheur. On peut gloser à l’infini sur les traces de poignée de main macronienne imprimées sur l’épiderme de Donald, sur les efforts vains d’un Président français qui aurait perdu son temps à prendre jadis son homologue américain dans ses bras : le problème, en réalité, est davantage entre Washington et Ottawa, qu’entre Washington et Paris.

The ConversationOn peut spéculer sur l’échec tragique du dernier G7 : celui-ci n’a jamais eu d’issues qu’aimables, en demi-teinte, inutiles ou non-contraignantes pour quiconque. Ce qui est en jeu, c’est la recomposition d’un monde dont Trump a eu l’intuition populiste qu’elle était appelée de ses vœux par une partie de son électorat. Ce qui inquiète les initiés aux États-Unis : ces derniers estiment que cette partie-là de l’électorat n’est pas la plus à même de juger des intérêts américains à l’extérieur.

Frédéric Charillon, professeur de science politique, Université Clermont Auvergne

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Voir les commentaires (34)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (34)
  • Il nous faudrait un président comme lui pour sauver la France !
    Un patriote et un battant !

    • Et oui Trump renonce à être le gendarme du monde, recentre son économie en interne et met en avant la protection des intérêts de son peuple. C’est vrais que ces prédécesseurs ont fait beaucoup mieux avec ou sans l’OTAN, Corée,Vietnam, Irak, Afghanistan, Libye, etc.

    • Le grand retour du nationalisme xénophobe antilibéral. À gerber – pour les libéraux, en tout cas. Je comprends que les droitards, qui viennent polluer Contrepoints, applaudissent.

  • Et le fait que la montée des nationalismes au début du XXe siècle ait amené deux guerres mondiales, ça n’inquiète personne ?

    • On n’est plus au début du XXe siècle, au cas ou vous n’auriez pas compris. Personne n’y a intérêt puisque c’est l’économie qui prime.

      • Il n’y avait aucun interêt économique à déclencher la première mondiale – le « suicide de l’Europe » -. Pourtant on l’a fait…

      • Stanislas Kowalski
        14 juin 2018 at 4 h 32 min

        Ce raisonnement existait déjà au début du XXe siècle. Et puis, les intérêts économiques intriqués, ça va bien tant qu’on n’a pas trop le sentiment d’être floué. Notez au passage que le sentiment suffit à provoquer des réactions violentes. Nul besoin d’être réellement victime d’une injustice pour se révolter contre l’injustice. Croire que la mondialisation des échanges commerciaux suffit à empêcher la guerre est très naïf.

    • Ce n’est pas le nationalisme qui a provoqué les deux conflits. Ce sont les systèmes totalitaires. Le nationalisme d’une démocratie et celui de régimes totalitaires n’ont rien à voir les uns avec les autres. Le patriotisme anglais a été salutaire lors que celui du chancelier Hitler…

      • Permettez moi d’en douter, surtout concernant la 1ere guerre mondiale :
        France : république — aussi empire colonial
        Royaume Uni : monarchie parlementaire — aussi empire colonial
        Allemagne : Empire / Monarchie constitutionnelle fédérale — aussi empire colonial
        Autriche Hongrie : Empire
        Russie : Empire
        Italie : Royaume / Monarchie constitutionnelle

        Il n’y avait pas que des totalitaires dans le lot.
        Par contre il y a bien eu une poussée nationaliste dans tous ces pays, avec comme tragique paroxysme la guerre.

  • Je pense que Trump défend bien la civilisation occidentale. C’est du moins ce qui ressort de son brillant discours de Varsovie de juillet 2017. J’espère qu’il n’a pas changé d’avis depuis.
    Ce qui est décevant chez lui, c’est son protectionnisme. Il ne comprend pas que l’échange libre est profitable aux deux parties (sinon il n’aurait pas lieu).

    • Je pense qu’il le comprend, mais qu’il estime que les échanges ne sont jamais vraiment libres (qu’est-ce qu’une union douanière, sinon du protectionnisme envers l’extérieur ?) et que la réglementation des échanges internationaux est un outil de plus à sa disposition dans les négociations. Trump ma paraît surtout le cynisme pragmatique ramené en pleine lumière, il a un côté rafraîchissant, des objectifs compréhensibles même si on n’est pas forcément d’accord, et une méthode qui fonctionne. Il n’y a pas que la taille du bouton qui diffère avec ses collègues…

      • @ MichelO
        Bien sûr qu’il le comprend (lui ou ses conseillers)!

        Ce qu’il n’avale pas bien, c’est le déficit U.S. de la balance commerciale, particulièrement avec la Chine!
        Ça parait simpliste mais quand on exporte plus qu’on n’importe, on s’enrichit et on maitrise mieux sa dette!

        • Le déficit de la balance commerciale n’est pas un problème puisque les créanciers sont bien obligés d’utiliser leurs dollars et ils le font en investissant aux USA.
          Quand à l’idée que l’exportation permet de mieux gérer la dette, cela doit sans doute se comprendre comme le fait que des ventes supérieures aux achats permettent de faire du profit et donc de payer des impôts qui diminuent la dette.

      • « cynisme pragmatique  » c’est exactement ca… et le retour en force de la Realpolitik.

        • @DrStefool: Non, il va au-delà du pragmatisme en politique intérieure et du réalisme en politique extérieure.

          Il veut relancer la situation de la classe moyenne, et pas seulement lui trouver des petits boulots – sans compter toute la population non active.

          Il ne veut absolument pas rester dans l’illusion de gendarme du monde – sans vouloir être piégé par la Chine.

          • @amike: On parlait de relations extérieures… il a repris le motto de Reagan: « Peace through strength » c’est à dire: « exit » les idéologies neocon ou neolib qui ont conduit aux beaux résultats que l’on voit au Moyen Orient, en Afrique du Nord et au Sahel. Sans compter la faiblesse et le manque de leadership pathologiques de son prédecesseur, qui a sabré le budget militaire de $100Mds. Contrairement à ce qui est dit dans l’article, il n’y a pas d’affaiblissement de la voix des USA, mais un retour en force brutal du leadership US. Notez que les militaires sont en force dans son administration, jusqu’en politique étrangere.
            Sur le plan intérieur je suis d’accord avec vous… j’ai suivi quasiment tous ses discours à partir de juillet 2016. Et son obsession était de remettre les « laissés pour compte » au travail.
            Il va y arriver par deux moyens: (1) la réduction des régulations, la libéralisation du secteur de l’énergie, la réforme fiscale pour encourager l’activité locale et attirer les investissements étrangers (2) le « terrorisme commercial » pour forcer les investissements étrangers à venir aux USA
            Je le vois comme un « hold up » sur l’investissement mondial… avec la carotte en (1) et le Smith&Wesson sur la tempe en (2).
            J’ai idée qu’il va gagner sur tous les tableaux… Joignant l’utile à l’agréable, il ajoute l’arme commerciale et l’arme de la dominance énergétique pour préserver la suprématie US.

    • Ce serait vrai si certains ne trichaient pas, comme la Chine qui pille les richesses de l’Occident. Le déficit des USA est de plus de 350 milliards de $. Un échange libre exige que tout le monde joue le jeu!

      • Parce que bien entendu, l’Occident n’a pas pillé les richesses de la Chine en premier…
        (19e et début 20e siècle, les comptoirs commerciaux, la guerre de l’opium, etc)

  • Durant l’ère Obama les emplois sont passés de 67 à 62 millions aux USA. 5 millions de perdu. On comprend que les gens s’inquiètent.

    • La crise de 2008 étant bien entendue causée par Obama lui même…

    • @Virgile Je me rends compte que je suis très caustique aujourd’hui, et que c’est vous qui avez pris le plus de réponses.

      N’y voyez rien de personnel ! Je suis d’accord avec certaines de vos affirmations, meme si je ne le dis pas.

  • La Chine qui prévoit un autre plan stratégique a mis au pas le turbulent Kim le nord coréen. Et Trump qui vise les élections de Midterm aux USA (changement de 435 membres des Représentants et 1/3 des Sénateurs) fait tout pour les gagner et se fout complétement de ce que peuvent dire les Européens, divisés et naïfs comme d’habitude. Leur seul souci actuel etant de vendre leurs bagnoles.!!

  • hazère-tyuillope
    13 juin 2018 at 13 h 30 min

    Encore un grand démocrate qui se cache à peine qu’ il envisagerait volontiers de retirer le droit de vote à plus de la moitié des citoyens américains….

  • le professeur de siences Po Clermont Auvergne devrait aller vivre aux usa une années ou deux , dans des états comme la Louisiane , les dakotas N&S , des états du sud ou le Michigan , l’état de Washington , tous les états sinistrés par « le libre échange » voulu par Obama .
    il pourrait avoir alors le pouls exact de ce que pensent les américains , employant le mot populiste (mot a la mode gauchiste pour designer un » patriote » , un battant ) et étant professeur, son appartenance politique est donc a gauche , il n’a aucun sens de ce que veux dire pour un pays « be the first ! »
    pour l’instant on a la vision de Trump qu’a travers des conférenciers et de journalistes qui n’arrêtent de « tirer sur le pianiste » alors qu’on a un président complètement a la ramasse !et que la France a travers le monde n’est plus rien !

    • @duglimbule

      Je ne peux que souscrire à vos propos….Mes amis agriculteurs du Kansas, du Montana, du Missouri, sont très content de la politique de Trump qui fait ce qu’il a promis…
      La belle famille de ma fille qui construit des yachts de pèche en Caroline du nord, aussi, les clients sont nombreux, riches, et pressés, ils embauchent des charpentiers, des ébénistes et des mécanos à tour de bras….
      En Floride où vit ma fille, les délais de construction s’allongent proportionnellement aux carnets de commandes..

  • les puissances qui maîtriseront économiquement le monde sont les USA, la Chine, la Russie et notre president arrogant et incapable sera impuissant a inverser la chose nous n’en avons pas les moyens.
    Merkel commence déjà a se rapprocher de Moscou pour le futur gazoduc (qui alimentera en énergie une partie de l’Europe ) . non seulement la France ne lui sert plus a rien dans le contexte agité de l’UE ou avec la montée de partis extrêmes (voir l’italie) elle meme a subit un échec cuisant aux elections et a été obligées de faire alliance a des partenaires a qui elle a des comptes a rendre sous peine d’être mise en minorité.
    ce qu’on peut se dire ou en serons nous la France dans un an , et en fin de mandat de Macron ; mais qui se pose cette question ?

    • Je vois la meme chose… Le rapprochement de l’Allemagne avec la Russie est un « casus belli » pour les USA… mais aussi pour la France (et le UK).
      Voilà qui explique bien des choses. En particulier les embrassades Macron-Trump sur les Champs-Elysées. Ou à la Maison Blanche.
      L’ironie: le projet européen, l’euro étaient censés contenir la puissance allemande. Depuis 2009, l’Allemagne est devenue une puissance hégémonique sur le continent européen…. Je repense à Mitterrand qui ne voulait pas de la réunification, et je plains les Presidents francais qui depuis 2009 doivent « composer » avec la superpuissance. Macron a été rudement habile.

  • @breizh
    j’ai lu l’article merci c’est dans le vrai !

  • @breizh @duglimbule
    Merci pour l’article. D’accord avec la conclusion selon laquelle les performances médiocres des économies en zone Euro s’expliquent par le fait que nos gouvernements ne cessent de limiter nos capacités d’actions dans tous les domaines, d’où la rentabilité du capital investi beaucoup plus faible dans la zone Euro que partout ailleurs.

    Par contre, il ne semble pas que la France réunisse les conditions de retour à la souveraineté du peuple dans le cadre de la nation. Car cela suppose que le peuple partage des valeurs cohérentes. Or en France, la devise républicaine soumet le pays à une injonction contradictoire qui rend impossible ce partage. En effet, le principe d’égalité est généralement revendiqué comme soumis à l’impératif d’une égalité de résultat au lieu d’être compris comme une égalité de moyens, Or l’impératif d’égalité de résultat est incompatible avec le principe de liberté et cette incompatibilité rend caduc l’idéal de fraternité posé entre des individus censés se reconnaître comme appartenant à un même peuple. Du coup, les Français sont profondément divisés par un pacte républicain incohérent qui sème la confusion et qui les empêche de nourrir le sentiment d’appartenir à un peuple homogène et constitutif d’une nation.

    En outre, plus les individus évoluent, plus ils se différencient et plus ils se trouvent des appartenances qui ne correspondent ni à un peuple, ni à une nation, sans pour autant être des « hommes des bateaux », car ils peuvent avoir une appartenance territoriale puissante qui en fait toujours des « hommes des arbres ».

    Ma conclusion est que les Français territoriaux pourraient partager des valeurs communes et constituer un peuple dans le cadre d’une nation à condition que ce soit avec un autre pacte d’alliance qui pourrait être formulé sur la base d’un libéralisme bien compris.

    La question qui se pose alors est de savoir si le libéralisme peut être la valeur qui soude un peuple pour défendre les frontières de son territoire comme étant sa propriété afin d’en faire une réserve de liberté, comme un parc national protégé… Ce libéralisme tempéré serait une étape transitoire populaire (pour ne pas dire populiste). Cependant, pour les libéraux radicaux, nous en sommes déjà à l’étape suivante, celle où l’individu est supposé prêt à s’affranchir de toute appartenance.

    La question est alors de savoir comment peut se piloter un libéralisme à deux vitesses. De ce point de vue, les hommes de l’Etat comme Macron peuvent bien être regardés comme des étatistes pour eux-mêmes et des libéraux radicaux pour les autres, lesquels s’en alarment quand ils veulent eux aussi rester dans le giron étatiste. Or ce n’est plus possible, car il en va de la survie de l’Etat que soient jetés par-dessus bord la surabondance d’étatistes qui chargent la barque et qui maintenant doivent apprendre à nager… tout en étant lestés des boulets étatiques aux pieds. D’où le malaise ambiant car les bouleversement nécessaires sont envisagés dans la cadre d’un système inchangé qui rend la rentabilité des efforts à fournir trop faible pour qu’ils en vaillent la peine.

  • Je ne suis pas spécialement « Trumpiste » mais je trouve navrant que lorsque vous parlez de « guerre commerciale » vous omettez au moins 2 choses : 1_ Européens et Canadiens taxent plus les produits US que l’inverse (ex voitures) et 2 _ Avant le G7 Trump a proposé d’étudier un accord dans lequel plus aucun pays ne taxait aucun autre. Ce qui a fait rigoler (ils avaient tort) les européens. Quel manque d’objectivité !!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Après un barrage non-stop de couverture négative des médias envers le croquemitaine orange – c’était justifié à l’occasion – le « sauveur » Joe Biden est arrivé. Un an après son inauguration, est-ce que l’enthousiasme débordant des médias à l’époque se justifie encore ?

Continuité des politiques de Trump avec Joe Biden

Non, en fait, il n’a jamais été justifiable considérant la trop grande proximité idéologique (antilibérale) des deux principaux concurrents pour la Maison Blanche en 2020.

C’est tellement évident que l’on peut dif... Poursuivre la lecture

Le monstre de l’inflation est sorti de son placard dans les pays occidentaux. Et pas sûr qu’il y retourne gentiment.

La dérive des prix a atteint 7 % l’an dernier aux États-Unis, du jamais vu depuis… 39 ans. En zone euro, elle est passé en douze mois de presque zéro à 5 %, un niveau atteint pour la dernière fois il y a trente ans sur le continent. La France est en retrait, à 2,8 %, mais sans doute plus pour longtemps.

Cette flambée est essentiellement la conséquence des restrictions imposées suites au covid. Les confinements, fe... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Albin Wagener. Un article de The Conversation.

Considéré avant tout comme un emblème très actuel de la (contre-) culture web, les mèmes pullulent désormais sur les boards (ces plates-formes collaboratives alternatives comme 4chan, Reddit ou 9gag) ou les réseaux sociaux – et ont même permis l’émergence de groupes de chineurs de mèmes (ou neurchi), dédiés au rassemblement de consommateurs et de producteurs de mèmes, attirant ainsi à nouveau une population plus jeune sur Facebook. Mais les mèmes ne sont pas que de simples objets humor... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles