Donald Trump : bonne réforme de la fonction publique, détestable protectionnisme

Dommage que les mesures de Donald Trump en faveur de la réforme de l’État soient ternies par des tentations protectionnistes.

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Donald Trump by Ninian Reid(CC BY 2.0)

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Donald Trump : bonne réforme de la fonction publique, détestable protectionnisme

Publié le 8 juin 2018
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Il y a seulement quelques jours, lors des manifestations organisées par les syndicats de fonctionnaires, les analystes se posaient la question de l’efficacité de notre fonction publique. Le président américain vient de leur donner une sérieuse piste de réflexion. Le 25 mai dernier, il a signé trois décrets qui donnent la possibilité à l’administration fédérale de licencier très facilement les fonctionnaires qui ne sont pas performants.

L’un des ordres exécutifs a pour but de faciliter la tâche des agences qui licencient des employés peu performants et rend encore plus difficile pour ces employés la dissimulation des informations défavorables les concernant lorsqu’ils cherchent à être réembauchés dans une autre agence. L’ordre exécutif raccourcit aussi le délai pour les plans d’amélioration du rendement (PEP). En fonction de l’agence, une période PEP peut durer entre 60 et 120 jours, mais le décret raccourcit cette période à 30 jours pour tous les fonctionnaires de l’administration.

Contre l’arbitraire syndical

Avec ces décrets, Trump affaiblit aussi le pouvoir des fonctionnaires syndicalistes dont le temps consacré aux activités du syndicat est de plus en plus limité : pas plus de 25 % du temps de travail. Quand on pense à nos syndicalistes à temps plein payés par l’administration… De même, les embauches des fonctionnaires fédéraux se feront de manière transparente, les contrats seront même publiés en ligne, afin de court-circuiter les syndicats. L’année passée, plus de 2 500 fonctionnaires fédéraux ont été licenciés, 80 % de plus qu’en 2016. Rappelons que l’Amérique compte 3,6 millions de fonctionnaires fédéraux pour une population de 326 millions d’habitants contre 2,4 millions de fonctionnaires d’État en France pour 67 millions d’habitants.

Dommage que ces mesures en faveur de la réforme de l’État soient ternies par les tentations protectionnistes du président américain. S’il a raison de demander des comptes à la Chine qui doit revoir sa politique commerciale, les sanctions qu’il s’apprête à mettre en place contre l’Europe, le Canada et le Mexique sont beaucoup moins justifiées. Il avait repoussé ces mesures dans l’espoir d’un dialogue constructif mais il semblerait que cela n’ait pas marché et les conséquences pourraient être plus graves.

La guerre commerciale

Déjà, avant l’annonce de jeudi, les prix de l’acier aux États-Unis avaient augmenté de 40 % en 2017 et de près de 50 % par rapport à l’indice de référence européen. Le Canada fournit 43 % des importations d’aluminium des États-Unis, soit plus de deux fois celles de la Chine et la Russie réunies. Ensemble, le Mexique et le Canada représentent environ un cinquième des importations d’acier des États-Unis, contre 2 % pour la Chine et 9 % pour la Russie.

Les autres pays préparent leur riposte. L’Europe imposerait des tarifs allant jusqu’à 50 % sur des produits américains y compris sur le bourbon et les bateaux à moteur. Le Canada prévoit de taxer de nombreux produits américains comme l’acier, le yogourt, les laques pour les cheveux, les fûts de bière et les voiliers… Le Mexique a annoncé des tarifs sur l’acier, les lampes, le porc, les pommes, les raisins et le fromage en provenance des États-Unis. Le Mexique est d’ailleurs le plus grand marché d’exportation pour les pommes américaines.

Le président Trump a déjà fait d’importantes réformes (baisse des impôts, réduction des réglementations…) qui ont beaucoup renforcé l’économie américaine. Espérons qu’il finira par trouver une solution efficace à cette guerre commerciale. Le protectionnisme est mauvais pour toutes les parties et il annonce la guerre entre les nations.

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  • Les droits de douane sont supportés par les consommateurs du pays qui les impose. Avec ses tarifs, Trump pénalise les Américains. En imposant à son tour des tarifs, l’UE pénalise les européens. Est-ce la bonne réponse? Ne vaudrait-il pas mieux laisser nos frontières ouvertes pour le plus grand profit de nos consommateurs?

    • Un pays ne marche pas qu’avec des consommateur, mais aussi avec des producteurs.

      Peu importe l’idéologie, un pays qui ne produit rien est condamné.

      • Vous aimez bien enfoncer les portes grandes ouvertes 🙂
        C’est plus facile 🙂

      • « un pays qui ne produit rien est condamné. »


        @pascompliqué : un pays qui ne produit rien d’intéressant est condamné.
        Plus précisemment : un pays qui viole la liberté de choix des consommateurs en accordant des protections spéciales (protectionnisme) à certaines industries nationnales qui ne produisent rien d’intéressant est condamné.

      • Les producteurs sont aussi des importateurs qui ont intérêt à pouvoir importer librement au meilleur prix.

  • Est ce que vous auriez par hasard les taux de douanes actuels des différents pays ? Car il serait intéressant de comparer la taxation des produit américains vers Europe et inversement… Histoire de se donner une vraie idée sur ce que fait Trump. Peut être est ce juste un rééquilibrage ?

  • La haine que suscite Trump en France, je dois l’avouer, me pousse instinctivement à concevoir de la sympathie à son égard.
    Sur le fond, nombre de ses décisions et réformes m’apparaissent tout à fait pertinente et de bon sens.
    Elles ont un autre mérite, d’autant plus remarquable qu’il fait appel à une qualité devenue rarissime, elles sont courageuses. Enfin, elles tournent généralement le dos à ce que je ne peux plus supporter, une pensée hors sol qui se veut éclairée et qui est imposée aux individus contre les évidences et contre leur gré.
    Concernant les taux des droits de douanes, plutôt que d’hurler imbécilement avec la meute sans comprendre, une recherche de ce qui se pratique aux USA et ailleurs révèle la vérité.
    Vous avez raison Maniaco. C’est la seule façon d’aborder cette question

  • Répliquer est une sottise, mais qu’attendre d’autre de nos idiots de dirigeants. Ce qui avec la taxe illégale sur les GAFA est confirmé. On ne peut reprocher à Trump ce qu’on fait soi-même!

  • « Les syndicalistes français payés par l’administration ». Je pensais que, sur Contrepoints, on avait l’honnêteté de dire « payés par les contribuables »

  • Moyenne des tariffs douaniers US : 2.6%
    Moyenne des tariffs douaniers FR (=EU) : 3.2%
    (Source https://www.dreuz.info/2018/06/08/la-peur-au-ventre-macron-et-trudeau-sappretent-a-rencontrer-trump-au-g7/)

    Ce que cherche Trump, c’est de rééquilibrer.

    De plus, il offre de supprimer toutes les barrières douanières :
    « Pourquoi l’Union européenne et le Canada n’informent-ils pas le public que, depuis des années, ils ont massivement utilisé les tarifs commerciaux et les barrières commerciales non monétaires contre les États-Unis, ce qui est totalement injuste pour nos agriculteurs, nos travailleurs et nos entreprises ? Supprimez vos tarifs et barrières et nous en ferons autant, et nous irons même au-delà ! »

    Mais les media français n’en parlent pas.

    • @Karizoc: Il suffit de jeter un coup d’oeil à la définition du protectionnisme dans Wikiberal pour induire les multiples formes déjà en place par toutes les pays : tarifs, normes, lois,…

      Trump met en place ces mesures en prétendant vouloir améliorer la situation de son « tiers état ». Et les électeurs des états l’ont voulu comme Président. Donc acte.

      On verra bien si les électeurs reviendront dans un bon sens libéral de vouloir acheter des t-shirts toujours moins chers, ou partiront dans cette folie populiste « inconséquente » de vouloir un bon boulot bien payé 🙂

  • Les commentaires sont fermés.

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