À quoi sert vraiment l’éducation ?

Un résumé du travail de Bryan Caplan dans son livre « The Case Against Education ». À rebours des idées reçues !

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À quoi sert vraiment l’éducation ?

Publié le 16 avril 2018
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Par Cécile Philippe.

On a tous une réponse à cette question et je suis sûre que nous tous ici pourrions nous entendre sur le fait évidemment que l’éducation permet :

  • d’acquérir des compétences cruciales pour trouver un emploi,
  • de réduire les inégalités,
  • de faire de nous de bons citoyens,
  • d’apprendre à penser.

Mais l’a-t-on vérifié ? Le système éducatif permet-il d’atteindre ces objectifs et plus encore vise-t-il tout simplement à les atteindre ?

C’est là tout l’intérêt du travail de Bryan Caplan dans son livre The Case Against Education. Il a pris la peine au cours des 10 dernières années de confronter les croyances en matière d’éducation à la réalité.

Autant vous dire tout de suite que la réponse de Caplan est détonante. Elle va à l’encontre de tout ce que nous croyons gravé dans le marbre en matière d’éducation.

Le système éducatif est un gaspillage de temps et d’argent

Il n’y va pas par quatre chemins : le système éducatif actuel est un énorme gaspillage de temps et d’argent et on aurait tout intérêt à en avoir moins que plus pour tout le monde, y compris les plus pauvres et peut-être même encore plus pour eux que pour les autres.

Scandaleux, n’est-ce pas ? Sauf qu’au fil de la lecture de cet ouvrage, on ne peut s’empêcher de lui donner des points et de se dire qu’il offre des arguments solides à son argumentation.

Je vais évoquer avec vous les principaux arguments de sa thèse mais pour commencer, quelques constats :

  • Nous nous sommes tous dit plus souvent que de raison : à quoi ça sert d’apprendre ça.
  • On célébrait l’absence d’un professeur.
  • On demandait : « est-ce que ça va être au programme du test ? »
  • Entre avoir un diplôme sans étudier ou des compétences sans diplôme, le choix est vite fait.
  • 80% de réussite au bac et les inégalités sociales n’ont pas diminué.
  • Ne pas terminer le lycée aujourd’hui est beaucoup plus pénalisant qu’en 1945.
  • Un barman diplômé gagne plus que celui qui ne l’est pas.

Tous ces constats nous sont relativement familiers. Et en les lisant dans l’ouvrage de Caplan, on se dit : « bien sûr ».

Mais comment les réconcilier avec cette croyance fondamentale que plus d’éducation, c’est plus de richesse, de prospérité pour tous et c’est la voie royale à l’enrichissement collectif ?

Je suis désolée de vous apprendre que Caplan a accepté de jouer le mauvais rôle en refusant de brosser dans le sens du poil.

Pour Caplan, il n’y a pas de contradiction. L’investissement dans le système scolaire ne favorise pas la prospérité. Pour l’auteur, il y a une inversion entre la cause et la conséquence. Contre-intuitif, non ? C’est plutôt parce qu’on vit dans des pays riches que les dépenses sont colossales et malheureusement, cela a plein de conséquences négatives, en particulier le fait de nourrir l’inflation des diplômes.

Comment Caplan peut-il défendre une thèse aussi radicale ? Il est en fait parti de ses propres expériences d’élève et de professeur et les a confrontées aux explications les plus répandues en matière d’éducation. Ça ne matche pas.

La théorie du capital humain est inexacte

Nous sommes tous les tenants de la croyance selon laquelle la principale raison d’étudier est d’acquérir des compétences. On reste sagement assis pendant de nombreuses années pour apprendre des choses qui nous seront utiles par la suite. C’est ce qu’on appelle en économie la théorie du capital humain largement développée par le prix Nobel d’économie Gary Becker. Fort de ces compétences, on trouve un job sur le marché du travail et on est rémunéré pour cela. VRAI pour ce dernier point. FAUX pour le premier nous montre Caplan.

La théorie du capital humain peut sans doute expliquer une petite partie de ce qui se passe sur le marché du travail mais seulement une petite partie. Rappelez-vous les constats faits précédemment. Si les compétences acquises étaient vraiment cruciales pour un futur employeur, alors il n’y aurait pas vraiment besoin d’avoir un diplôme mais seulement lesdites compétences. Or, ce n’est pas du tout ainsi que ça se passe, en particulier parce que l’employeur a besoin d’un moyen de départager les bons employés des moins bons. Il a besoin d’un signal.

Et ce signal, c’est le diplôme. Les tenants de la théorie du capital reconnaissent évidemment que le diplôme est en partie du signalement mais ils continuent de penser que le signalement n’est pas grand-chose au regard des compétences que le diplômé a acquis.

Faux nous dit encore Caplan. Pourquoi ?

L’éducation transmet peu de compétences et connaissances et n’apprend pas à penser

Une analyse fine des programmes montre que sont enseignées des compétences/connaissances qui n’ont pas beaucoup d’utilité sur le marché du travail et des décennies de recherche en psychologie de l’éducation arrivent à la conclusion que l’on ne sait toujours pas comment on apprend.

Très convaincantes sont les observations sur le taux de rétention des connaissances des individus. Les chiffres sont effarants. Car il ne suffit pas d’apprendre à l’école mais évidemment de retenir les connaissances acquises pour qu’elles se révèlent utiles. Or, les mesures des connaissances des adultes sur toutes sortes de sujets enseignés à l’école sont accablantes.

Le National Assessment of Adult Litterary a réalisé en 2003 une étude sur 18 000 personnes et révèle que :

  • la moitié de ceux qui n’ont pas terminé le lycée mais ont quand même passé 9 ans sur les bancs de l’école est en partie analphabète,
  • la moitié des personnes diplômées a moins que le minimum des compétences qu’on pense naïvement qu’elles devraient avoir,
  • parmi ceux qui ont un diplôme de l’université (17 ans d’études), moins d’un tiers a le niveau.

Dans le cadre de la General Social Survey, à peine la moitié des personnes interrogées savait que la Terre tournait autour du Soleil, 32% que les atomes sont plus gros que les électrons, 14% que les antibiotiques ne tuent pas les virus et presque aucun ne connaissait la théorie de l’évolution. Bref, le niveau des connaissances des adultes ayant passé un grand nombre d’années à l’école est exécrable.

Les employeurs ne peuvent donc pas vouloir les embaucher pour cette raison. Les embauchent-ils parce qu’ils savent penser ? Ils n’ont peut-être pas appris grand-chose mais ont-ils appris à réfléchir ?

Caplan s’est penché sérieusement sur cette question et il a fait ce que peu d’économistes font, à savoir lire ce qui est écrit dans d’autres disciplines, en l’occurrence la psychologie de l’éducation. Et là, force est de constater que les observations ne sont pas réjouissantes pour les tenants de la théorie du capital humain. On veut croire qu’il est possible d’apprendre aux gens comment penser mais après 100 ans de recherche à ce sujet, la conclusion semble irrévocable : on n’en sait rien.

Plus concrètement, des expériences ont été menées sur le capacité des élèves à transférer leur savoir d’un domaine à un autre et le constat est que les élèves n’apprennent que le matériel qu’on leur enseigne spécifiquement. Plus encore, les chercheurs indiquent que l’éducation ne parvient pas à améliorer durablement la pensée critique en dehors de la classe. En gros, à l’université, on apprend ce qu’il faut penser des sujets au programme mais pas comment penser le monde.

La théorie du signalement explique la prédominance des diplômes

Face à ces constats, on se retrouve donc face à ce dilemme que les employeurs privilégient néanmoins les personnes diplômées. Et Caplan de nous dire que dans ce domaine, on a trop longtemps sous-estimé l’importance du signal qu’envoie le diplôme en ce qu’il signale non pas les connaissances de la personne qui le détient mais trois autres choses : son intelligence, sa capacité d’endurance et sa capacité à se conformer aux attentes sociales. Quel meilleur moyen que de passer 17 ans sagement assis à écouter des abstractions pour montrer à un futur employeur son niveau de conformisme social et son sérieux ?

Sur la base de la théorie du signalement, élaborée elle-aussi par des économistes détenteurs du prix Nobel – Michael Spence, Kenneth Arrow, Joseph Stiglitz, Thomas Schelling et Edmund Phelps – le diplôme (le signal) expliquerait 80% de la rémunération obtenue contre 20% pour les compétences acquises au cours de la scolarité.

Comment Caplan part-il de ces constats pour arriver à l’idée qu’il faut à tout prix diminuer la quantité d’éducation déversée dans la société ? C’est que le signalement pose problème. Il coûte cher et surtout il a des externalités négatives. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce terme en économie, c’est l’idée que les dépenses en éducation entraînent toutes sortes d’effets négatifs pour la société dans son ensemble. Ce n’est pas parce que le diplôme rapporte à celui qui le détient que globalement le système qui délivre des diplômes est bon pour la société dans son ensemble.

Ce que montre Caplan, c’est que si le diplôme est payant pour ceux qui arrivent à terminer la course, au global la société enregistre des pertes immenses. Car le signalement est un jeu à somme nulle. Dès lors que tout le monde a le bac, le signal ne signale plus rien du tout et il faut trouver de nouvelles marques de distinction : Bac+2, bac+4, master etc. Et le signal du diplôme coûte vraiment trop cher selon l’auteur car on pourrait garder son effet pour un niveau bien moindre de diplôme tout en minimisant les conséquences particulièrement négatives pour les « mauvais » élèves ou les élèves les plus pauvres.

Dans son ouvrage Caplan consacre plusieurs chapitres à l’évaluation du rendement sur investissement du diplôme pour l’élève et à l’évaluation du rendement sur investissement du diplôme pour la société. Sur ces aspects, on est obligé d’admirer l’ampleur du travail réalisé et la minutie avec laquelle il cherche à tenir compte de tout ce qu’il est possible de mesurer, y compris quand les mesures sont quasi inexistantes ou difficiles à évaluer.

Quand on dépense autant pour des résultats aussi médiocres, ce n’est pas possible.

Le rendement de l’éducation est quasiment négatif pour la société

Ses résultats sont les suivants : pour tous les individus, du fait de l’impact léger mais néanmoins présent de l’éducation sur le niveau de criminalité, tous les individus ont intérêt à terminer le lycée, sauf ceux qui sont particulièrement mauvais et ne pensent pas travailler à plein temps. Au-delà, cela dépend, en particulier de la capacité de l’individu à terminer le cursus.

Pour l’élève excellent, il faut aller jusqu’à bac+4, le master ne pouvant être qu’un cas particulier comme le fait de vouloir devenir professeur ou d’adorer les études. Pour les bons élèves, le cursus universitaire rapporte plus que l’investissement si la spécialité choisie est bonne (ingénierie, agriculture, professions de la santé), l’université de bon niveau et qu’on envisage de travailler à plein temps. Dans tous les autres cas, mieux vaut éviter à moins d’adorer les études, ce qui est toujours possible mais rare.

Sur le plan collectif, les choses sont différentes et varient en fonction de la part de signalement que l’on donne au diplôme. Plus cette part est importante, moins le retour sur investissement est bon. Dans l’hypothèse où tous les bénéfices de l’éducation reflètent le capital humain et dans le cas du bon étudiant, le retour sur investissement social du lycée est d’environ 3,4%, de l’université de moins de 2% et du master de moins de 4% Pourquoi est-ce aussi bas ? Tout simplement parce que les ressources investies dans l’éducation pourraient être investies ailleurs où elles rapporteraient plus.

Plus le niveau de l’étudiant baisse et plus le rendement baisse lui aussi. Dans le cas d’un niveau de signalement à 80%, le retour sur investissement est très bas quel que soit le niveau de l’élève et des études. Rappelons que l’on parle ici du retour pour la société, pas pour l’individu. Et ce que montrent les chiffres de Caplan, c’est que la société ne va pas récupérer ce qu’elle a investi dans l’éducation, notamment parce que le signalement est redistributif. Il permet à certains de récupérer une plus grosse part du gâteau sans augmenter le gâteau.

Faire de nous de bons citoyens et nous exposer à la haute culture ?

Certains d’entre vous, comme moi, se disent : attention, tout n’est pas mesurable. L’éducation n’a pas pour seul objectif de faire de nous de bons employés. Elle a aussi pour objectif de faire de nous de bons citoyens, de nous initier à l’art, à la haute culture.

Sur ces sujets-là, malheureusement, Caplan a aussi travaillé pour essayer de trouver des preuves de ce que le système scolaire pouvait améliorer la donne. Je dis bien « système scolaire », avec ses classes et ses professeurs, car Caplan est convaincu que l’éducation est bien plus que cela mais que malheureusement dans nos sociétés, les deux ont tendance à être confondus.

Les adultes d’aujourd’hui sont le produit de plus d’une décennie d’exposition à des idées abstraites et à la grande Culture. Si cela les avait marqués durablement, cela se verrait dans ce qu’ils regardent sur internet. Or, sur le web, Kim Kardashian obtient 20 fois plus de hits que Wagner et 200 fois plus que David Hume. Mais peut-être consomment-ils offline ? La demande pour les livres s’élève à 0,2% du revenu des Américains, soit moins de 100$ par an. La musique classique équivaut à 1,4% du marché de la musique, 5% du marché mondial.

Sur l’aspect citoyen, Caplan reconnait que la connaissance de l’Histoire est probablement un moyen de prendre des décisions de politique publique mais au regard de ce que retiennent les individus de leur cours d’histoire, force est de constater que le système éducatif actuel ne permet pas aux individus d’acquérir et de retenir les connaissances dont ils pourraient avoir besoin. En dépit d’années d’études, l’individu moyen est illettré en histoire, sans compter encore une fois que le transfert de savoir est très faible.

Au sujet du vote, il observe que les gens ne votent pas parce qu’ils sont éduqués mais parce qu’ils sont plus éduqués. Donc augmenter le niveau d’éducation ne va pas augmenter les votants.

Et les inégalités dans tout ça ?

Nous, Français, pensons souvent égalité quand nous parlons éducation. L’éducation permettrait de corriger les inégalités. Mais là Caplan nous enlève encore une fois nos illusions. Ne serait-ce pas une catastrophe pour l’élève pauvre que de ne plus pouvoir bénéficier d’une bourse pour faire des études ?

Pour Caplan, c’est justement pour les élèves pauvres et aussi d’ailleurs pour les élèves médiocres que le système est le plus injuste. Car en vertu de l’inflation des diplômes et de la gratuité des études, ni l’un ni l’autre ne peuvent invoquer devant un futur employeur l’absence de moyens ou le manque d’intérêt pour les matières enseignées. De fait, ni l’un ni l’autre n’obtiendraient d’entretien d’embauche en l’absence de diplôme. Mais dans le cas où une faible proportion de la population disposerait d’un diplôme, les employeurs seraient bien obligés de proposer des jobs à des personnes non diplômées mais néanmoins compétentes et le manque de moyens serait une excuse tout à fait crédible. L’absence de diplôme ne serait plus aussi stigmatisante et d’autres voies s’offriraient aux jeunes qui s’ennuient fermement à l’école ou qui n’ont pas les moyens.

Dans leur cas et dans celui de tous les autres qui pourraient le préférer, l’apprentissage et la formation professionnalisante deviendraient beaucoup plus crédibles.

Il faut cesser de penser l’éducation comme un cursus général imposé à tous. Cela avait peut-être du sens – comme l’expliquent Yuval Noah Harari dans Sapiens ou Robin Hanson dans The Elephant in the Brain – quand il s’agissait de construire des Nations mais sans doute moins aujourd’hui et eu égard au coût colossal du système, l’auteur considère qu’il faut arrêter les frais et les reporter sur les élèves et leurs familles. Le challenge n’est pas d’améliorer le système – on a déjà essayé maintes et maintes fois – mais d’en faire moins, notamment pour baisser le niveau de signal nécessaire.

Au final, le livre de Caplan a l’effet d’un café corsé le matin. Il réveille. Que l’on soit d’accord ou pas avec lui, une chose est sûre, sa démarche est absolument essentielle. Sa tentative de comparer nos croyances, nos aspirations en la matière à la réalité, d’évaluer le système est digne d’intérêt et enrichit le débat en la matière.

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  • savait que la Terre tournait autour du Soleil, 32% que les atomes sont plus gros que les électrons,
    le soleil tourne autour de la terre dans un référentiel géocentrique… vous le constatez tous les jours! les atomes n’ont pas de « taille » ni les électrons à proprement parler… ce qui illustre parfaitement le point de l’article par ailleurs…

  •  » L’EDUCATION NATIONALE SOCIALO-MARXISTE est une PRISON & UN CAMP D’ENDOCTRINEMENT  » by Stefan MOLYNEUX ©
    http://58-rue-de-longchamp.forumactif.org/t17-l-education-nationale-socialo-fasciste-est-une-prison-un-camp-d-endoctrinement-by-fred-bullot
    L’éducation nationale (un monopole d’état OBLIGATOIRE !!!) est un outil d’apprentissage à la soumission (fabrique de moutons).
    Du positionnement de dominant à dominé adopté par le personnel, jusqu’aux programmes scolaires trafiqués; tout tend à obtenir de l’enfant l’asservissement
    et la soumission dont il devra faire preuve dans sa vie d’adulte !
    Le but étant qu’il entre dans le rang comme les autres ESCLAVES !
    Le cœur du cancer, c’est l’éducation nationale et le ministère de la culture.
    Toute cette mafia socialiste hait le libéralisme, car elle sait fort bien, comme l’a souvent expliqué Raymond Boudon notamment dans  » Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme  » ?
    Dans un système libéral, cette cléricature pourrie et corrompue serait payée à sa juste valeur !!! C’est à dire proche de 0 !

    • J’ignorais que les USA avaient le même problème que nous à l’EN, qui endoctrine les enfants au socialisme. Il suffit de lire les bouquins des élèves où capitalisme et libéralisme sont décriés et le socialisme étatique magnifié!

  • Enfin qq qui a de la visibilité et qui n’est pas dans l’illusion. Bravo M. Caplan !
    Avec un soupçon de sens de l’observation n’importe qui peut voir que le véritable apprentissage s’effectue auprès de ses pairs pas dans les écoles. L’éducation est dans l’illusion depuis ses débuts croyant que le cerveau est une table rase.

  • L’éducation sert à faire la part entre le vrai et le faux. A partir des notions acquises chacun peut en réfléchissant le déterminer. Mais à l’heure actuelle on constate que les gens en sont incapables. Ils ont complètement oublié ce qu »ils ont appris durant leurs études.

  • My 2 cents:
    L’instruction est la boîte à outils qui permet de s’éduquer face à la réalité.
    C’est pourquoi un régime despotique se garde bien d’instruire.

  • Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. En effet, je suis passé par Maths Sup et Maths Spé et je ne me sers pas aujourd’hui dans mon travail des K espaces vectoriels ni des équations de Maxwell.
    Mais j’aurais été incapable de faire le travail que je fais aujourd’hui dans le conseil si je n’avais pas développé un certain niveau d’abstraction et une capacité à jongler avec des concepts. Désolé mais dans les études, on apprend à penser, et ce en emmagasinant des connaissances. Elles permettent de structurer la pensée, d’adopter des schémas. Et c’est la variété des méthodes, des constructions intellectuels pour résoudre tel ou tel problèmes de maths ou de physique, qui m’a permis de m’adapter et d’être outillé pour en résoudre des complètement différents dans le monde de l’entreprise.
    Enfin, pour ce qui est des connaissances en histoire, j’ai en effet appris la plupart des choses après le lycée mais le lycée m’a donné le goût de me cultiver et j’ai eu d’assez bons professeurs pour me donner des bases solides, sur lesquelles j’ai construit ensuite.

    • Bonjour Orior

      De mon temps c’était le latin et le grec qui formait l’intelligence, alias fort en thème.

      O tempora, o mores !
      Cicéron.

      M’enfin on disait aussi; la culture c’est comme la confiture..

      • Rassurez vous, j’ai eu aussi des bases en littérature, et en histoire. En effet, il manquait le latin.
        Mais je peux vous assurer que les concepts d’espaces vectoriels recèlent des beautés (sans parler des raisonnement dessus) insoupçonnées. Je sais que la langue de Virgile en recèle également et qu’elle est indéniable mais croyez moi, l’algèbre linéaire en possède également. Et ça ne sert à rien, comme le latin. 😉

        • Et bien moi j’ai perdu mon temps avec le latin et les espaces vectoriels qui sont des mathématiques sans intérêt pour un ingénieur.

          La réforme des math modernes, alias théorie des ensemble, a été voulu par Bourbaki (Dieudonné Weil ) et la commission Lichnerowicz qui avait pour but:

          « Pour quelques années, parents de toutes classes sociales seront également désarmés pour aider leurs enfants à apprendre ce qu’ils ont eux-mêmes appris »Jean Frenkel, Bulletin APMEP n°286.

          et

          « Ce n’est pas pour former des mathématiciens professionnels purs ou appliquées qu’un renouvellement de l’enseignement mathématique à l’école a été nécessaire ; ce l’est surtout et d’abord pour les futurs citoyens, […] qui ne devront pas subir passivement les trames variées qui leur seront proposées ou imposées, qui ne devront pouvoir dire non à tels manipulateurs trop adroit d’ordinateurs, et ne pas capituler devant un terrorisme pseudo-scientifique »
          André Lichnérowicz, L’école libératrice, janvier 1973.

          Relisez plutôt Yvan Illitch, deschooling society, mais faites gaffe cela décoiffe.

    • C’est cette exigeante, frustrante et joyeuse musculation mentale (latin-grec-algèbre-physique-résumé-dessin…) qui prépare en effet à reconnaître et affronter les problèmes futurs tous azimuts, et aussi à résister aux tentatives de rééducation et de désinformation déployées par les pouvoirs en place.

      • Tout à fait ! Mais on ne peut pas prendre seulement un de ces domaines. C’est une combinaison de plusieurs qui le permet vraiment.

  • I’ll me faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain… oui dans pas mal de cas l’auteur a raison mais pas pour les métier qui necessite la maîtrise de certain concept/ outils. car le diplome, plus qu’un signal, donne une certaine assurance que le candidat est capable de travailler avec le concepts (ce n’est pas forcément vérifiable autrement sur un CV ou pendant un interview )

  • J’ai pris mes distances avec la recherche d’utilité directe de ce que j’apprenais quand j’avais 10 ans à peu près, en ayant compris que les objets symboliques manipulés avaient leur propre intérêt et une utilité dans la capacité de représentation et d’expression. Les outils cognitifs même les plus abstraits permettent la conception, la résolution de problème et la mise en commun des idées donc la collaboration. L’histoire de l’alphabétisation, de l’industrie et de l’économie ne va pas vraiment dans le sens de ce que raconte cet article. Il faudrait voir ce que raconte le livre dont il est question…
    Il faudrait aussi examiner l’étude sur les connaissance qui y est référencée… j’ai des doutes sur la qualité du sondage s’il se contente de faire réciter à des gens des certitudes de celui qui pose les questions. Je sais que certains croient que l’éducation sert à gagner Questions-pour-un-champion, mais c’est déjà un biais à la base. Le transfert de savoir n’est plus au centre des défis de l’éducation d’aujourd’hui, des exigences de notre monde économique où la valeur de la reproduction du même continue de décroître. Le transfert était suffisant lorsque l’accès à l’information était rare et cher. Macroscopiquement nous connaissons la capacité de transformation que peut avoir une instruction de masse au niveau de la société. Aujourd’hui nous nous retrouvons d’ailleurs avec de sacrés problèmes à gérer avec la remise en question des structures hiérarchiques verticales par la démocratisation des compétences… et l’employabilité des personnes ayant une instruction minimale ne semble pas au top. Mon expérience est que les entreprises on du mal à formuler leurs besoins, souhaitant des gens formés et directement productifs sur des tâches pensées individuellement sans pour autant prendre à leur charge cette formation (ce qui serait dans leur intérêt) mais en même temps très flexibles, capables de comprendre leurs changements d’orientation de plus en plus rapide et dans un cadre de collaboration. L’agilité et la collaboration sont des compétences élevées… les formations qui s’attardent sur les tâches plus que sur les rôles et missions s’avèrent souvent bonnes à jeter.
    D’un point de vue historique le coût de l’alphabétisation de ses enfants a toujours paru à la fois accessoire et inutile… jusqu’à ce que le moteur de l’industrie et du capitalisme en montre la valeur ; et encore il y a toujours eu des voix expliquant comment les gens étaient trop instruits pour ce qu’on leur demandait. On peut mettre facilement de côté les remises en question du primaire et du secondaire, tant notre société peut difficilement fonctionner sans désormais, et considérer que la question se porte exclusivement sur les études supérieures, puisque toute la population n’en profite pas et qu’elle ne protège pas tout à fait du chômage. Il me semble plus intéressant de comprendre comment les organisations internes des entreprises sont remises en cause (et d’ailleurs nous pouvons bel et bien entendre les vieux se plaindre d’une décadence en cours, quand des entreprises modernes s’en sortent « inexplicablement » voire de manière suspecte pour les dinosaures qui pleurent du côté de l’état pour toucher des subventions), et on pourrait supposer que le chômage de masse actuel est lui aussi une remise en cause d’un système qui a parfaitement fonctionné pour soutenir les dynamiques de démocratisation (des compétences techniques et organisationnels, d’une certaine richesse et des moyens mis à disposition par la production de masse). A priori nous atteignons des niveaux d’efficacité et de perfectionnement tels que les changements sociétaux ne sont plus quantitatifs mais qualitatifs. L’instruction de masse avec des objectifs purement quantitatifs a atteint ses objectifs, ce modèle ne pourra pas faire plus. Le marché pourtant va continuer de se transformer, tout comme l’organisation des entreprises… je ne parierais pas sur un travail qui en revienne à une simple exécution de tâches demandées par un contremaître.

    Bon… pour ce qui est de Wagner, une certaine culture reconnue par les élites, il s’avère désormais que des machines savent parfaitement reproduire ce type de musique très mathématique, très rationnel, même si c’est très brillant ; quand des oeuvres populaires à succès (quelle est la culture musicale véritable des producteurs de musique ? sans doute pas nulle ; à un moment, en dehors des créatures inventées par le showbizz qui orientent plutôt leur carrière vers le métier d’acteur, les musiciens aussi s’intéressent toujours à la musique) restent encore insolubles. Sur l’Histoire on peut remarquer en effet qu’une partie de nos élites médiatiques est particulièrement performante en ce qui concerne une approche traditionnelle, de reproduction des discours, permettant une prise de décision performante sur des problématiques traditionnelles et donc cherchant à faire systématiquement rentrer les problématiques actuelles dans leurs champs de compétence… on peut être dubitatif de la capacité à affronter des problématiques nouvelles. S’intéresser d’un peu plus près aux travaux des historiens modernes qui montrent beaucoup plus de complexité dans les phénomènes sociaux qu’avant, dans une approche scientifique plutôt que de se contenter de l’approche technicienne, est sans doute une capacité des nouvelles élites qui émergent et qui ne sont pas encore véritablement reconnues.

    On pourrait espérer qu’en faisant baisser le niveau d’instruction de tout le monde on puisse recréer les dynamiques positives du début du 20è siècle, en gardant les mêmes structures sociales qu’avant et en empêchant de nouvelles structures d’émerger (qui ne sont pas folichonnes pour tout le monde, c’est sûr, mais peu importe). On peut même parier que ce sera testé, que nous connaîtrons un épisode totalitaire voulant revenir notamment sur les changements de comportements familiaux (divorce et remariage, frivolité sexuelle, mobilité géographique… etc.). Je ne crois pas en la réussite de ce genre de plan à terme, parce que ça ne crée pas de richesse, et que si ça conforte bien les premières générations dans une certaine routine, les générations d’après ne s’y conforment pas. L’éducation de masse doit donc être réinventer et doit répondre à des enjeux qualitatifs, mais revoir les ambitions à la baisse est une blague : il faut évaluer notre système sur une échelle de temps correcte (qui dépasse la génération) pour prendre en compte les boucles de rétroaction véritablement à l’oeuvre.

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