Vers une 2ème journée de… solidarité ?

La « solidarité » est un concept bien commode pour introduire un nouvel impôt.

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Vers une 2ème journée de… solidarité ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 avril 2018
- A +

Par Phoebe Ann Moses.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a évoqué la possibilité d’instaurer une deuxième journée de solidarité pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Un deuxième « lundi de Pentecôte », en somme, supposé apporter financièrement de quoi répondre à un problème qui semble se poser de façon continuellement inattendue : le vieillissement de la population et son lot d’invalidités diverses entraînant la dépendance.

Du financement à foison

Nous payons déjà des cotisations sociales faramineuses, pour une Sécurité sociale qui prend de moins en moins en charge (sans pour autant que baissent les cotisations).

Ce système de solidarité que le monde nous envie ne suffisant pas à absorber nos dépenses vieillesse, la CSG avait été augmentée a plusieurs reprises.

Et comme si cela ne suffisait pas, les maisons de retraite proposent souvent des tarifs exorbitants. Malgré cela, le personnel de ces Ehpad fait ces temps-ci la Une des journaux pour expliquer à quel point les conditions de travail se sont dégradées. Ils ont de moins en moins le temps de s’occuper convenablement des patients et sont à la limite de la maltraitance.

C’est à se demander où sont passés tous les financements pléthoriques destinés à ces établissements. Des sous, il y en a à foison, sortant de notre poche. Mais il semblerait que ce ne soit pas suffisant. Se perdraient-ils en route, au milieu de cet enchevêtrement médico-administratif plutôt gourmand, quand on fait le compte du personnel administratif de certains établissements ?

C’est pourquoi on va de nouveau faire appel à votre sens de la solidarité.

La journée de « solidarité »

En 2004 on nous a vendu la « journée de solidarité », qui devait permettre de financer la dépendance. Les sommes dégagées, bien qu’importantes, ne suffisent pas. 30 milliards tout de même, en 14 ans.

14 ans plus tard, il est question d’une 2ème journée de solidarité. C’est à croire que les politiques n’ont pas été capables de faire des projections en observant une pyramide des âges.

D’après Le Figaro, Agnès Buzyn évoque plusieurs pistes pour financer la dépendance, outre la journée de solidarité :

Les pistes, ce sont évidemment les assurances privées.

Résumons : nous payons pour une Sécurité sociale défaillante et endettée, nous payons par le biais de la journée de solidarité et cela ne suffisant pas, nous allons payer une autre journée de solidarité, ou éventuellement, « des assurances privées ». Soit une nouvelle couche de ponction fiscale, annoncée sans ciller, pour une cause certes louable, mais prévisible et mal anticipée et pour laquelle nous payons déjà.

Cela peut durer indéfiniment : on fait patienter les Français en les faisant payer régulièrement un peu plus, tout en leur laissant croire que c’est pour leur bien ou celui de leurs aînés. La situation se répète, et se répètera parce que l’argent récolté se diffuse dans les méandres administratifs avant d’arriver jusqu’à sa destination. Il n’y en aura jamais assez.

Financer soi-même ce dont on a besoin, toute sa vie

Et si on posait le problème en des termes plus simples ? Tout d’abord, avant de parler comme d’habitude d’un manque de moyens, encore faudrait-il se poser la question de la manière dont ces moyens sont utilisés, quelle efficacité est attendue en termes de rapport qualité/prix : il n’y  a vraiment qu’en France dans le domaine de la santé, que l’on distribue l’argent sans compter et sans contrepartie. Le minimum dans ce domaine comme dans les autres est d’en avoir pour son argent.

Le compte n’y est pas, et pourtant les Français continuent à payer sans trop rechigner. Une nouvelle fois l’Etat a voulu s’occuper d’un domaine qu’il gère comme à son habitude : mal. La région et les ARS sont supposées veiller au bon fonctionnement des Ehpad, ce qui n’est visiblement pas le cas.

L’État devrait se désengager mais pour cela il faudrait qu’il laisse apparaître le coût réel de la santé. Ce qui, politiquement, est à l’opposé de ce qu’ont décidé tous les gouvernements depuis 40 ans. Et surtout, ce qui, politiquement, ne permet pas d’obtenir des bulletins de vote.

On continuera donc à ponctionner une partie de la population pour le bénéfice d’une autre, le tout avec l’assentiment de celle qui vote et de celle qui reçoit, et qui correspond de moins en moins à celle qui travaille et qui cotise.

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  • en finalité,comme cela se fait :vous donnerez 2 jours de RTT,C’EST L’ENTREPRISE QUI VA PAYER…Augmentation de salaire SERA Négative. ..

  • j’ose espérer que nos très chers élus se feront un plaisir de  » travailler  » une journée sans salaire pour nos aînés …..ça n’impacteras surement pas leur niveau de vie ….c’est qu’ils ont tellement l’habitude de s’arranger pour échapper à tout euros en moins dans leur porte monnaie…..

  • Il s’agit en quelque sorte du retour de la corvée, impôt en nature aboli en 1789 et plus guère en vigueur dans le monde que dans quelques dictatures.

    Les forces du progrès sont en marche…

  • L’Etat aurait quand même pu essayer de régler le problème en une fois pour toute la durée du quinquennat en demandant 5 semaines de solidarité, voire 10 ou 52.

  • Prennez un journal local, toutes les taxes locales grimpent en flèche ! Macron avait dit « il n’y a pas de culture en France » Une fois de plus cet idiot se trompe il y a bien une culture en France, celle des taxes, qu’elle soit nationale ou locales les inventions vont bon train pour trouver des prélèvements sans qu’ils soient nommés « taxe » et qu’ils ne rentrent pas dans les statistiques officielles permettant de les rangers dans le barème des taxes. Cette bande d’escrocs politico-administratifs se foutent royalement (comme leur train de vie) de la poire des Français lesquels sont aujourd’hui maléables au point de n’avoir plus aucune réaction. La dictature de l’ENA est en MARCHE sans limitation de vitesse aucune même sur le plan local.

  • « Deuxième » journée ? Elle est bien bonne.

    Pour rappel, en France, tous les jours de l’année jusqu’au 29 juillet (date de libération fiscale) sont déjà des journées de solidarité.

  • 2ème journée?
    Pour certains c’est déjà plus de 200 jours/an de corvée solidaire redistributive …

  • à véra…vous rêver. ..ils sont bien entendu hors du coup…ils ne sont pas de notre monde..!!!!

  • Macron a dit merci aux retraités. Les retraités vont pouvoir dire merci aux salariés…
    Trop cool !

    • Les retraités font déjà la première journée de solidarité, on leur a mis 0.3% de prélèvements en plus comme aux salariés !

  • Les commentaires sont fermés.

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