Économie : 3 nouvelles qui vont dans le bon sens

Peut-être allons-nous enfin revenir à des raisonnements de bon sens et proclamer que le public comme le privé doivent être compétitifs.

Par Xavier Fontanet.

Le déficit public passe sous les 3 %, très bien ! La bonne nouvelle n’est pas celle-là, parce que tout le monde sait que le 3 % n’a pas grand sens économique et que la vraie norme c’est… 0 %.

La bonne nouvelle pour les entrepreneurs, c’est la réaction de la presse qui, de façon unanime, a enregistré le progrès (c’est déjà un progrès), mais a expliqué qu’il est dû à la croissance économique (exogène), en rappelant que les dépenses publiques ont continué à croître, qu’elles sont bien plus élevées que partout ailleurs (les tableaux de comparaison l’ont amplement démontré) et annoncé que ce handicap fera mal le jour où la croissance tombera. Tous concluent que la baisse des dépenses publiques est incontournable et que ce point sera jugé par l’Histoire.

L’arrogance qui disparaît

Deuxième bonne nouvelle : les Français acceptent de se comparer à l’extérieur. Le « nous, c’est différent ! », cette forme d’arrogance, est en train de disparaître.

Troisième bonne nouvelle : la performance de la Suède. La Suède, modèle dont on nous a rebattu les oreilles, est le pays qui a le plus baissé sa dépense publique ! La part de celle-ci dans le PIB est de 50 %, contre 57 % ici. Elle a affiché une croissance plus forte de 1,2 % l’an que la nôtre (il suffit de regarder les chiffres de la Banque mondiale), alors que d’après toutes les théories qu’on nous a rabâchées depuis quarante ans, la chute de la dépense publique aurait dû casser sa croissance.

Saluons au passage le courage d’Olivier Blanchard, ancien chef économiste du FMI, qui n’a pas hésité à exprimer ses doutes sur le fameux multiplicateur de dépense publique. Les choses sont peut-être plus simples que l’on croit : nous sommes tous en concurrence, les coûts de la sphère publique entrent dans les prix de revient, un pays ne peut pas avoir une dépense plus élevée que ses voisins sans handicaper ses entreprises. Peut-être allons-nous enfin revenir à des raisonnements de bon sens et proclamer que le public comme le privé doivent être compétitifs. Ce serait une avancée historique !

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