Le déficit public repasse sous les 3%. Tant mieux, mais dans quelles conditions ?

Le déficit public repasse sous les 3% : c’est une bonne nouvelle, qui malheureusement ne repose pas sur une politique vertueuse en matière de dépenses publiques.

Par Valéry Denis.

Le déficit public repasse sous les 3%. Rappelons tout d’abord qu’un déficit de 3 % du PIB représente plus de 66 Md€ de déficit sur un budget de 380 milliards… On est donc encore bien loin de l’équilibre budgétaire, voire des excédents que connaissent certains pays dans un contexte très favorable, celui d’une croissance mondiale très forte. Concrètement, cela signifie que la dette continue à croître.

Pas de baisse des dépenses

En réalité, cette nouvelle masque une réalité budgétaire peu vertueuse. La réduction du déficit budgétaire n’a pas pour origine une baisse des dépenses ; celles-ci, en dépit du réformisme affiché par l’Élysée, ont continué de progresser en 2017 : + 2,5 % !

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La réduction du déficit a trois causes : une fiscalité toujours plus lourde (le taux de prélèvement est aujourd’hui à 45,4 % et les prélèvements ont cru de 4 % !), puis une croissance économique mondiale forte dont la France finit par bénéficier ; et enfin, des taux d’intérêt historiquement bas. Malheureusement pour nos grands argentiers, la croissance mondiale finira par s’essouffler et surtout les taux d’intérêt ont commencé à remonter.

La « bonne nouvelle » est donc fragile car conjoncturelle et s’appuyant sur un niveau de prélèvements obligatoires jamais atteint. Elle nécessite d’être consolidée grâce à des réformes structurelles ayant pour objectif une réduction très sensible des dépenses publiques.