Gratuité dans les transports publics ? Une coûteuse fausse bonne idée

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Gratuité dans les transports publics ? Une coûteuse fausse bonne idée

Publié le 29 mars 2018
- A +

Par Cécile Philippe et Nicolas Marques.
Un article de l’Institut économique Molinari

La maire de Paris a annoncé le 19 mars vouloir lancer une étude sur la « gratuité » des transports en commun pour tous les Parisiens. Il s’agirait de voir s’il existe un modèle économique permettant de rendre ce projet réalisable. Or ce modèle, à base de taxes et subventions, existe déjà dans les transports et présente un maximum d’effets pervers. Il contribue à faire de la France la championne de la fiscalité du salarié moyen au sein de l’Union européenne.

[related-post id=312427 mode=ModeLarge]

Depuis plusieurs années, l’Institut économique Molinari s’attache à introduire de la transparence en matière de fiscalité. Les deux dernières éditions de son baromètre avec le cabinet EY montrent que la France est devenue la championne de la fiscalité, du fait de l’importance des charges sociales. Pour pouvoir distribuer 100 euros de pouvoir d’achat réel à un salarié moyen, l’employeur français doit s’acquitter de 78 euros de charges dites patronales et de 40 euros de charges dites salariales. Ce sont des records au sein de l’UE.

200 syndicats de transport financés par les fiches de paie

Or, rares sont ceux qui savent que l’augmentation des charges sociales est entretenue par une myriade de prélèvements finançant des dépenses collectives, dont les transports en commun. Plus de 200 syndicats de transport sont par exemple financés par les fiches de paie.

Les URSSAF collectent en effet une taxe, le « versement transport », qu’elles leur reversent. Île-de-France mobilités (anciennement STIF) est le plus connu de ces syndicats. En 2015, ses recettes s’élevaient à 5,7 milliards d’euros. La grande majorité (66 %) provenait du versement transport qui représentait 3,8 milliards d’euros. Le reste (34 %) était essentiellement composé de contributions et subventions publiques.

Cette façon de faire ne contribue pas à la transparence. À l’heure actuelle le « versement transport » représente 2,95 % des salaires bruts sur Paris et sur les Hauts-de-Seine. C’est 1100 euros pour un salarié moyen. Le vrai prix du PASS Navigo n’est pas de 75,20 euros par mois, mais de plus de 1900 euros par an…

Une « innovation » tristement banale

L’« innovation » proposée par la mairie de Paris est tristement banale. Elle consisterait à faire disparaître totalement la participation des utilisateurs, en augmentant les contributions sociales et fiscales existant par ailleurs.

Or, cette façon de financer les dépenses collectives génère des effets pervers bien réels. Elle pousse les employeurs à un comportement malthusien, en limitant les embauches comme les augmentations de salaires. Cette réalité s’impose à tous, du particulier employeur à la grande entreprise en passant par les PME. Elle contribue à la persistance d’un chômage élevé et la faiblesse de la croissance française. Pousser à la « gratuité » des transports parisiens, c’est renforcer cet engrenage. Il n’est pas sûr que nous soyons assez riches pour nous permettre ce genre de gratuité.

Sur le web

Voir les commentaires (19)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • Stanislas Kowalski
    29 mars 2018 at 6 h 10 min

    Ne comparez pas un prix mensuel avec un coût annuel! Cela donne des impressions très fausses et nuit à l’efficacité de votre discours.

    Oui, il faut se méfier des coûts cachés. Mais on n’est pas dans un rapport de 75 à 1900!

  • Démagogie et charité avec l’argent des autres.
    Tout le socialisme béat à la française est là.

    • Hugo von Graffenberg
      29 mars 2018 at 14 h 33 min

      Bonjour,
      £e vrai Montesquieu ne se contentait pas de ƒulminer, vous avez bien quelque chose de magniƒique à proposer, ne soyez pas timide.

      • Ja,

        Que chacun paie son billet même à tarif réduit, mais paie.
        La gratuité n’existe pas qu’elle soit financière ce que chacun peut comprendre mais également autre: Que me rapporte de donner, quel sentiment déplaisant aurai je si je ne donnais pas?
        Telle est la question!

  • « Pour pouvoir distribuer 100 euros de pouvoir d’achat réel à un salarié moyen, l’employeur français doit s’acquitter de 78 euros de charges « patronales » et de 40 euros de charges « salariales ». »
    D’accord sur le fait que nous battions le record européen en matière de taxation (on est au moins champion dans un domaine -humour noir-), mais selon les données ci-dessus, charges patronales et salariales s’élèvent à 78 € +40 € = 118 € ?… il y a là un léger problème de chiffres.

    • Cela signifie que pour laisser 100 piastres au salarié, l’employeur doit en débourser 218.
      Et en plus ce n’est pas 100 de pouvoir d’achat mais entre 40 et 80 selon les TVA, taxes et IR prélevés.

    • Stéphane J. Perrin
      29 mars 2018 at 14 h 18 min

      C’est simple : un salarié qui reçoit 100€ de salaire net avant IR, coûtera 218€ à son employeur !

  • Il faut se mettre dans la tête que la gratuité est un leurre. Indirectement, vous y contribuez par différents impôts et taxes. Mme Hidalgo est, si je puis dire, à côté de la plaque! A se demander comment elle a pu sévir depuis tant d’années!

  • Esprit critique
    29 mars 2018 at 13 h 20 min

    Pas d’accord !
    C’est très bien mais totalement insuffisant. Il faut aussi la gratuité pour la viande et les légumes, et aussi les toilettages pour chien, je n’ai plus d’animal de compagnie, mais je suis solidaire! Na!

    • Esprit critique
      29 mars 2018 at 13 h 23 min

      J’ai oublié, j’habite dans un village très rural a 700 bornes de Paris, j’ai donc un point de vue sur le sujet totalement neutre.

  • Ancienne réponse à ce propos:

    la gratuité est le fruit de la collecte forcée et de la redistribution choisie.

  • Hugo von Graffenberg
    29 mars 2018 at 15 h 00 min

    Bonjour Madame,
    Une première mesure de Salubrité Mentale ne serait-elle pas d’abolir ce partage ƒactice et spécieux entre cotisations « patronales » et cotisations « salariales » ((qui sont intégralement à la charge des entreprises)), aƒin de permettre aux salariés :
    [[[1]]] De mesurer loyalement ce qu’ils coûtent globalement ;
    [[[2]]] De totaliser avec réalisme TOUT ce qui leur est prélevé;
    [[[3]]] D’exiger que les prestations correspondantes leur soient vraiment ƒournies CAR CES SOMMES LEUR APPARTIENNENT exactement comme leur Assurance domicile ou voiture etc….
    Actuellement
    les soi-disant « Organismes Sociaux » se comportent comme des vampires ayant un droit de propriété sur les sommes qu’ils exigent vertement, comme des ƒéodaux.
    Récit personnel :
    Après un accident violent m’ayant enlevé les dents de devant, mon dentiste a suivi la procédure normale de demande d’agrément de la Sécurité Sociale pour reƒaire « une dentition nécessaire à l’exercice d’une proƒession commerciale ».
    Après 10 semaines de réƒlexion, sans aucune convocation, est arrivé au courrier « £’Avis TECHNIQUE du médecin-conseil » : NON.
    Pas un mot de plus.
    Et ils arrivent quand même à creuser de plus en plus leur déƒicit?????

    • jacques lemiere
      29 mars 2018 at 19 h 55 min

      non les sommes ne leur appartiennent plus elles sont mises dans un gros tas citoyen ,social , solidaire, éthique et écologique où des gens intelligents décident de leur utilisation …il n’est pas dit qu’un jour si vous êtes suffisamment riche cela n’ouvrira aucun droit…

  • Jean Roule Du Cable
    29 mars 2018 at 15 h 30 min

    « Elle consisterait à faire disparaître totalement la participation des utilisateurs, en augmentant les contributions sociales et fiscales existant par ailleurs. »
    Pas nécessairement. Si vous avez lu les petites lignes en bas du projet, il s’agirait, en compensation, de mettre en place un péage urbain (rétablissement de l’octroi).
    Et c’est à mon avis bien pire que de taxer les Parisiens, particuliers ou professionnels. Car c’est prendre dans la poche des non-Parisiens, souvent banlieusards, pour financer les Parisiens. Prendre aux presque pauvres pour donner aux déjà-riches. Un genre de Robin des bois à l’envers…
    J’ajoute que le principe du transport gratuit existe déjà dans quelques dizaines de villes en France. Il serait intéressant d’en faire un bilan.
    De plus en plus de villes mettent en place une politique de « camp retranché ». Par divers biais, elles tentent de se débarrasser des véhicules allochtones : vignettes crit-air, tarifs de stationnement exorbitants, plans de circulation délirants… Il me paraît sain et normal que ces villes fassent payer à leur population cette politique discriminatoire, par exemple, en installant des parkings gratuits à la périphérie des villes et en rendant le transport gratuit.

    • Jean Roule Du Cable
      29 mars 2018 at 15 h 42 min

      Ce serait un dispositif gagnant-gagnant. La population autochtone profiterait d’un trafic automobile réduit (moins de pollution, moins d’espace public pour les voies de circulation, et plus pour des squares, des logements, des bureaux, donc de la taxe foncière en plus…). Les allochtones de passage seraient incités à laisser leur véhicule à l’extérieur, et ne seraient plus dissuadés de venir en centre-ville pour y dépenser leur argent dans des commerces de toutes sortes, et des commerces vivants, c’est encore des taxes en plus pour la ville.
      La situation actuelle est perdante-perdante. Les villes se vident, les commerces ferment. Difficulté de trouver une place, stationnement payant, transports payants, risque de PV… Les gens raisonnables vont faire leur courses dans les supermarchés périphériques. Du coup, pour faire face au lent déclin des centres-urbains, le gouvernement est obligé de lancer un plan de dynamisation des CV, à coups de… milliards d’euros !

      • jacques lemiere
        29 mars 2018 at 19 h 57 min

        et quand pour les mêmes raisons il y aura des péages partout…

      • Ok avec votre description de la situation actuelle.
        Cependant, je ne pense pas la gratuité des transports changera beaucoup de choses, ce n’est pas le facteur limitant le fait de venir faire des courses dans un centre ville. Le prix d’un ticket de tramway (bus ou métro) est souvent proche de ce vous allez consommer en carburant et inférieur au coût du stationnement automobile (quel qu’il soit). Avoir la possibilité d’amener sa voiture proche du lieu de ses achats est un élément confortable, pratique, avec un gain de rapidité. Devoir mettre sa voiture dans un parking périphérique, puis prendre un transport en commun pour aller dans le centre ville est chronophage dès qu’une ville est assez importante sans compter le fait que vous devrez vous trimbaler vos achats toute la journée et retour au parking périphérique… Sans parler du cas de figure où vous avez la fâcheuse idée d’aller dans des endroits éloignés l’un de l’autre en cas de ville de grande taille.
        Quand vous êtes un touriste, pas de problème (vous êtes là pour cela). Quand vous avez à gérer différentes choses dans la même journée, c’est ch…! Et in fine, vous irez dans les supermarchés avec de grandes galeries commerciales où vous accédez facilement avec votre voiture au sous-sol avec une perte de temps minime. Et comme par hasard, ces galeries commerciales ont fleuris autour des villes, en particulier celles qui essayent de bannir les voitures de leur centre ville en leur rendant l’accès de plus en plus difficile.

  • Avec ses gros sabots, elle imagine probablement qu’en fiscalisant les transports parisiens elle en fera payer une partie à la province pour les beaux yeux qu’elle n’à pas! Si elle avait le sens de l’égalité, elle devrait réclamer pour la province les mêmes salaires qu’ à Paris.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les dépenses publiques n’ont cessé d’augmenter depuis un siècle. Elles sont financées de deux façons : les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) et les emprunts publics. Comment ont évolué ces trois masses financières colossales depuis le début du XXe siècle ? La réponse est bien connue : ça monte, ça monte. Mais comme les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel, il faudra bien mettre fin un jour à cette évolution suicidaire. 90 % du PIB de dépenses publiques, c’est le totalitarisme. Nous étions à 62 % en 2020. Jusqu’où no... Poursuivre la lecture

Formidable développement ce dimanche 19 décembre en politique américaine : le Build Back Better (BBB), 5 trilliards de folles distributions d’argent public aux clientèles démocrates, vaisseau amiral législatif de la présidence Biden, vient d’être officiellement et définitivement coulé par le sénateur démocrate Joe Manchin, qui refuse de cautionner cette orgie de dépenses publiques, la plupart sans motif, dans un contexte désormais inflationniste. Inflation, gestion covid, déroute afghane, absence de résultats, la présidence de Biden menace de... Poursuivre la lecture

Par Adrien Hall. Un article de l'IREF Europe.

Dans une étude récente sur la situation économique de la France, l’OCDE s’inquiète de la dérive de nos finances publiques et invite le gouvernement à engager d’urgence des réformes structurelles.

Le couperet de l’OCDE vient de tomber et il est sans appel. La situation économique française est mauvaise et nos comptes publics sont dans le rouge. L’OCDE s’inquiète de l’augmentation « marquée » de la dette publique pendant la crise covid et nous enjoint de « développer une stratégie de ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles