Contrôle des chômeurs : une diversion pour masquer le vide ?

Muriel Pénicaud a fait ses annonces du lundi en proposant cette fois un renforcement du contrôle des chômeurs. Au final, la séquence hivernale aura tué dans l’œuf bien des promesses macroniennes dans le domaine social.

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Contrôle des chômeurs : une diversion pour masquer le vide ?

Publié le 21 mars 2018
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Par Éric Verhaeghe.

L’annonce du contrôle des chômeurs par Muriel Pénicaud masque l’essentiel. Que reste-t-il des promesses de campagne sur le chômage et la formation professionnelle faites par Emmanuel Macron il y a un an ? Pas grand chose à vrai dire, et le gouvernement a donné le sentiment de manquer singulièrement de souffle sur ce sujet, après un sprint sur les ordonnances.

Le contrôle des chômeurs, tarte à la crème de la lutte contre le chômage

Muriel Pénicaud a annoncé lundi que les contrôles et les sanctions contre les chômeurs seraient durcis. C’est une tarte à la crème bien clivante qu’on met en avant quand on veut cacher la vacuité du reste. Elle suscite toujours les mêmes réactions bien pensantes : et l’évasion fiscale des entreprises, alors ! et ne stigmatisons pas les chômeurs qui sont dans leur immense majorité des gens honnêtes ! etc.

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Les mêmes ne trouvent évidemment rien à redire lorsque le gouvernement annonce un durcissement contre les entreprises, par exemple sur l’égalité hommes-femmes ou le travail détaché. On trouve rarement des avocats pour expliquer que le gouvernement insinue ce faisant que toutes les entreprises sont des fraudeuses potentielles.

Pendant que ces débats convenus s’enflamment, personne ne regarde la misère du décor…

Le gouvernement recule sur la gouvernance de l’UNEDIC

Parallèlement, le gouvernement a fortement temporisé sur la grande réforme de la gouvernance qui était attendue dans le système chômage. Et… finalement, la montagne annoncée a accouché d’une souris.

Le gouvernement renonce en effet à étatiser le système, mais il n’abandonne pas l’idée de mieux le contrôler. D’où l’idée très convenue de fixer un document de cadrage aux partenaires sociaux avant toute négociation des conventions triennales d’assurance chômage. On n’est pas dans un système étatisé, mais on officialise l’intervention de l’État (latente jusqu’ici) dans les négociations entre partenaires sociaux.

Ceux-ci devront rester dans les objectifs fixés par le gouvernement… On revient à la logique jeune-turc d’Emmanuel Macron, où la modernisation du pays passe par un rôle accru de l’État dans tous les domaines.

Étatisation à tous les étages

Ce phénomène d’étatisation se retrouve dans tous les thèmes du projet de loi qui s’annonce.

On se souvient que, sur le volet formation professionnelle, Muriel Pénicaud avait annoncé un big bang. Les salariés devaient pouvoir choisir eux-mêmes les formations qu’ils voulaient suivre. Finalement, le résultat est décevant, puisque la mécanique obscure des OPCA reste en place. La seule évolution est celle d’une collecte des contributions obligatoires par l’URSSAF…

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Sur le chômage des démissionnaires, le gouvernement a également validé la frileuse proposition des partenaires sociaux de contrôler strictement les démissions ouvrant droit à indemnisation.

Bref, Emmanuel Macron avait dessiné une vision proche d’un revenu universel laissant les salariés libres d’agir. Les corps intermédiaires devaient être évincés du dispositif. Et, en bout de course, le Président a reculé.

Même si quelques effets de communication visent à faire croire le contraire, la réalité est que le temps des réformes radicales est passé. Le gouvernement va bientôt connaître le terrible hiver sibérien de la réforme en France : enlisement progressif dans les boues, puis gel sur place en cas de bataille prolongée.

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  • choisir les formations qu’ils veulent suivre….faux : on leur impose des formations en rapport avec des emplois en manque de mains d’oeuvre ;

  • arrêter la manipulation des chiffres du chômage.. .vous chômeur vous faite une formation ..vous êtes toujours un chômeur sans emploi…jusqu’à preuve du contraire…

  • Pendant ce temps là de très nombreuses entreprises TPE et PME ne trouvent pas de d’employés ! et que pour un poste de fonctionnaire vacant il y a des milliers de candidats ! trouvez l’erreur

    • ne soyons pas dupes non plus,certains chômeurs ne jouent pas le jeu mais c’est identique du côté des patrons, payer les gens au ras des paquerettes pour des boulots ingrats/difficiles et venir chialer ensuite parce que pas de main d’oeuvre (cf les artisans et leur habitude d’avoir des apprentis pour pas cher)

      • Les apprentis coûtent, un patron ne peut pas payer un apprenti comme si c’était un compagnon. Il leur faudrait être bien bêtes pour se passer d’embaucher au juste prix si ce juste prix leur laissait de quoi augmenter leur profit.

        • le souci de beaucoup de gens c’est qu’ils ont une vision édulcorée de l’apprentissage,rien que par le biais des résultats soit disant merveilleux..quand on a connu l’apprentissage ou qu’on ait fait des formations adultes via l’alternance on passe de l’autre côté du miroir et c’est pas reluisant…quand n voit des mômes venir bosser la peur au ventre et bouffer des heures et des heures pour 600€ oar mois ça fait réfléchir..trop de gens critiquent des choses sans y avoir jamais mis les pieds ou n’ayant qu’une vision rétrécie de la chose,c’est bien dommage..le parcours professionnel d’une personne ne se limite pas qu’a des chiffres .

          • Quand on a une petite boite, qu’on fait de gros efforts pour prendre un apprenti, et qu’on en voit chez le collègue qui sont loin de donner ce qu’on attend d’eux, on a aussi le droit de stresser.

            • sur le principe je suis d’accord c’est du 50/50..n’empêche qu’ils ont des aides pour prendre des apprentis non?

              • Les aides réduisent les charges mais pour certains métiers en tout cas, la rentabilité n’est pas au rendez-vous, d’autant qu’une fois la formation effectuée, et que l’on pourrait espérer un début de rentabilité, ils vont voir ailleurs si l’herbe est plus verte…
                de façon générale, il faudrait supprimer la totalité des aides diverses et variées aux entreprises et simplement baisser leur fiscalité et taxes en tous genres…
                Ce serait beaucoup plus sain

  • Toujours plus d’Etat, cela va forcément dans le mur, comme l’Histoire, à la fin du XXème siècle l’a montré.
    Le problème dans le chômage, c’est que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Nulle part cela fonctionne.
    Pour moi, une seule solution, laissons les populations concernées s’assurer globalement seules. Volontairement et à la carte. Que l’Etat, pour ne pas laisser à la rue des miséreux, alloue des aides spécifiques, pourquoi pas, mais cela ne doit pas s’appeler cotisation chômage.
    Donc contrat d’assurance-chômage exploité par des sociétés privés. Cotisation majoritairement à la charge des salariés, sauf conventions particulières entre l’entreprise et son collaborateur, entrant dans la négociation d’embauche.
    Et là, le système et sa régulation à la baisse vont devenir rapidement effectifs. Mais foin d’un contrôle étatique qui ne sera jamais suffisant et qui désignera les mauvaises causes, forcément subjectives.

  • Bah , un actif sans emploi sera toujours un chômeur indemnisé ou pas…tout ce remue méninges n’est qu’un essai pour faire des « économies » économies qui seront vite dillapidees par l’état pour nourrir ses fantasmes .

  • Ce contrôle des chômeurs est un moyen de faire baisser de manière artificielle les chiffres du chômage, personne n’est dupe.
    Quand il y a 400 000 emplois non pourvus pour 6 millions de chômeurs, ce contrôle des chômeurs est une « tarte à la crème » et même scandaleux!
    Ce contrôle des chômeurs aurait une justification s’il y avait effectivement plus d’emplois non pourvus que de chômeurs.
    Macron et ses sbires feraient mieux de s’activer pour créer les conditions pour que les entreprises créent de l’emploi, que des entreprises reviennent en France ou se créent. Il n’y a pas de ministère de l’industrie, c’est symptomatique, tout comme il n’y a pas de vision globale du développement de la France comme on peut s’en rendre compte avec la suppression des 9000 km de petites lignes SNCF.
    On vous dit fièrement que 250 000 emplois ont été crées mais on oublie de dire sciemment combien d’emplois ont été supprimés car ils sont supérieurs en nombre!
    Macron n’est qu’un énarque hors sol, un banquier, et encore un banquier à la petite semaine, mais sûrement pas un chef d’état.

  • au fait , bien qu’étant auto entrepreneur je suis également demandeur d’emploi non indemnisée , et je me permet de signaler que l’accès aux offres d’emploi de paul emploi n’est pas accessible à de nombreuses personnes pour problèmes techniques , lesquels problèmes durent , en ce qui me concerne , depuis deux bonnes semaines ; et ce malgré mes appel téléphoniques et mes mails ou la réponse est toujours la même : problêmes techniques en cours ….

    • de toute façon pôle emploi ça ne sert à rien si ce n’est payer des fonctionnaires à radier les gens…(même s’ils prennent des contractuels maintenant) …y’a même pas 10% des gens chez eux qui retrouvent du boulot par leurs soins,j’en connais même qui ont perdu des occasions de trouver du travail à cause d’eux..entre suivi plus qu’aléatoire,offres à côté de la plaque qui ne correspondent même pas à votre profil, convocations pièges pour vous faire assister à des réunions bidon et j’en passe..pôle emploi c’est la vitrine de l’Etat inutile et coûteux.

  • Comme prévu des belles promesses il ne reste plus rien. Il a changé quelques détails pour faire croire qu’il réformait et a alourdit le poids de l’état incompétent et irresponsable!

    • Trop content de voir la tronche déconfite des électeurs de ce jean-foutre se découvrir cocus et à devoir payer la chambre.

      Tout ce que fait ce jean-foutre n’a pour but que d’acheter la bienveillance de la commission européenne. Pendant qu’on tape sur les chômeurs, la dette et les déficits explosent.

  • Les commentaires sont fermés.

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