Inégalités salariales : le gouvernement compare l’incomparable pour justifier son intervention

Inégalités salariales : comment le gouvernement mesure-t-il les écarts de salaires hommes femmes ? En comparant sur des bases pour le moins incertaines.

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Inégalités salariales : le gouvernement compare l’incomparable pour justifier son intervention

Publié le 16 mars 2018
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Par Philippe Jean.

En matière d’inégalités salariales, le gouvernement a une méthodologie toute particulière qui le fait comparer des choses difficilement comparables, le tout pour intervenir et taxer. Les médias comme le gouvernement répètent que les femmes gagnent jusqu’à 20 % voire 25 % de moins que les hommes. Et les affreuses entreprises inégalitaires seront, bien évidemment, mises à l’index, leur nom jeté en pâture au bon peuple (shame) et verront une nouvelle taxe s’ajouter à celles déjà existantes. Aussi il est nécessaire d’aller au cœur du calcul des chiffres du gouvernement. À cet égard le site gouvernemental de l’observatoire des inégalités est à regarder de près.

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Pour que les salaires comparés soient comparables il faut procéder à quelques ajustements. Autrement dit il faut rétablir la comparaison :

  • à temps plein sur le salaire de base pour éliminer les primes et l’effet temps partiel qui touche essentiellement les femmes,
  • à même emploi dans la même branche ou filière, et taille d’entreprise pour neutraliser l’effet des grandes entreprises, qui rémunèrent mieux (treizième mois par exemple) et des filières mieux rémunérées (par exemple celles liées à la finance),
  • et enfin à même tranche d’âge et tranche d’années d’expérience professionnelle ces dernières étant prises en compte par tranche de dix ans.

La catégorie floue des « emplois type »

La principale difficulté dans cette opération étant le même emploi. Pour cela sont créés des « emplois repères » ou « emplois type » ou « métiers » qui regroupent des emplois dans les mêmes branches et qui sont proches en termes d’activités et de responsabilités. Ainsi la Dares compte 76 métiers, chaque métier regroupant plusieurs emplois.

Essayant de prendre en compte ces éléments en l’observatoire des inégalités arrive à la situation suivante :

Un écart salarial global qui s’explique par l’écart chez les cadres

Si l’on regarde dans le détail les données qui ont servi à cette analyse on s’aperçoit que les métiers qui impactent l’écart salarial femme/homme, autrement dit qui connaissent le plus fort écart sont précisément les métiers de cadres (écarts compris entre 38 % et 16 %) et d’ingénieurs alors que les métiers d’exécution ne connaissent qu’un écart peu significatif.

Particulièrement symptomatique sont les deux « métiers » qui connaissent le plus fort écart. Celui de « Professionnels de l’action culturelle, sportive et surveillants » avec 38 % d’écart dont 23 % de « part non expliquée » et celui de « Cadre de la banque et des assurances » avec 29 % d’écart dont 26 % de « part non expliquée ».

Mais des métiers de cadres où l’on compare des emplois non comparables

Le métier de « professionnel de l’action culturelle » est une  famille fourre-tout :   cette famille de métiers abrite notamment les sportifs professionnels, dont le salaire horaire net moyen est supérieur de 84 % à celui du reste de la famille professionnelle. La distribution des salaires y est particulièrement atypique du fait de la rémunération élevée de certains sportifs masculins (football, rugby).

Les femmes, trois fois moins nombreuses que les hommes, y sont payées presque deux fois moins, comme l’avoue la Dares. Autrement dit cette famille de métiers devrait être hors analyse ou à revoir complètement. On compare le salaire du footballeur du PSG et celui de la footballeuse du PSG. Sans commentaires. Pour autant ce « métier » tord l’analyse mais on le prend quand même en compte !

Le métier de « cadre de la banque » moins fourre-tout mais tout aussi sujet à caution.

En effet le manager d’un point de vente de 5 personnes n’est pas comparable à celui d’une agence de 100 personnes. Le cadre de comité de direction n’est pas comparable au cadre responsable de service. Et pourtant ils sont classés dans le même métier. Or dans le même métier de « cadre de la banque » les emplois  de cadre dirigeant et de cadre manager sont (encore) majoritairement exercés par les hommes.

Les femmes sont nettement moins présentes parmi les cadres supérieurs. Par suite l’on vient à comparer un emploi cadre qui exerce de plus fortes responsabilités (majoritairement homme), celui de cadre supérieur, à un emploi cadre femme qui est majoritairement cadre intermédiaire. On voit bien là tout le biais de la comparaison. On ne compare pas des emplois comparables. Autrement dit comme le reconnaît la Dares elle-même, la nomenclature des 76 métiers est trop « large » notamment pour tous les métiers de cadre.

Aussi les métiers d’exécution qui sont beaucoup plus homogènes en termes d’activités et de responsabilités ne sont pas impactés par cette répartition inégale d’emplois entre femmes et hommes au sein d’un même métier. La Dares dans sa note d’analyse indique que l’écart non expliqué de 10.5 % se réduit à 10,1% sur la base d’une nomenclature de 88 métiers. Sachant que ni l’expérience professionnelle, ni l’impact des interruptions de carrière (notamment pour des raisons familiales) ne sont prises en compte, ces écarts tendent à s’effacer.

Un audit mené en situation réelle confirme que « beaucoup de bruit pour rien »

Ayant eu à conduire un audit des rémunérations et notamment des écarts salariaux femme/homme dans le cadre d’un grand groupe bancaire et ayant établi au sein de ce groupe 56 métiers, cet écart : le fameux « non expliqué » au global s’élevait à grand peine à 7 % et s’expliquait, pour l’essentiel, par les interruptions de carrière (congés parentaux de plusieurs années, congés sans solde etc.) et des performances inférieures. Ces dernières étant évaluées pour les commerciaux par le scoring individuel et pour les emplois fonctionnels par le niveau de maîtrise du métier évaluée par l’entretien annuel d’évaluation.

Au final beaucoup de tapage, un prétexte pour lever une nouvelle taxe sur un fond de discours idéologique d’un égalitarisme bien français.

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  • un gouvernement ayant une majorité à l’assemblée nationale qui gouverne par ordonnance. ..donc plus d’utiliter d’avoir des députés et des sénateurs cela permettra de réduire la depense public…ce n’est plus de la démocratie maïs une dictature. ..
    Après avoir augmenter la CSG pour les retraités. …nos députés devraient là payer eux aussi sous prétexte que leur salaire est une indemnité parlementaire… il ne la paye pas..!!!vous faite un mandat de 5 ans député et vous aurez 1500 euros de retraite…elle est pas belle là vie…!!!!! mais voys vous travailler a 65 ans 1200 euros vous etes un nanti..!!!!

    • parler du salaire des députés, de la csg de la retraite par répartition c’est accepter d’abord de se placer dans un cadre de réflexion où vous pouvez rien prouver…
      quand une revendication salariale se fait dans la rue…c’est foutu.

      Le salaire est une affaire entre employeur et employé.
      Pour des fonctionnaires c’est plus délicat.. vous entendrez souvent des professeurs de l’ed nat dire qu’ils ne sont pas assez payés…or le seul critère pour dire que vous n’êtes pas assez payé et de constater qu’il n’existe personne pour faire votre boulot en acceptant moins cher!!!
      On vote avec ses pieds en effet..

  • Merci pour cet éclairage, mais vous êtes trop optimiste. Cet égalitarisme n’est nullement une exclusivité française.

  • Je ne suis pas sur que l’objectif du gouvernement soit de taxer plus les entreprises, mais ce sera le résultat d’une telle réglementation. Comment un organisme extérieur à l’entreprise peut-il juger de « l’égalité de l’emploi » ? Peut-être est-ce possible pour les emplois de tâches répétitives, celles qui sont rémunérées en général près du SMIC, et là les écarts ne sont pas significatifs. Mais pour les postes de plus de responsabilité, les éléments à prendre en compte pour comparer les postes d’une part, la compétence et la performance d’autre part, ne peuvent être évalués que par la hiérarchie de l’employeur lui-même. Il s’ensuit que le résultat de cette réglementation sera soit effectivement de recouvrer une taxe, soit de provoquer une action de justice pour prouver qui a raison. Les entreprises n’ont vraiment pas besoin de ça, et la justice non plus d’ailleurs !
    Ce gouvernement, encore plus que les précédents, s’occupe de choses qui ne le regarde pas, au lieu de se consacrer à son rôle régalien.

  • Les femmes sont conditionnées à se sous-estimer par rapport aux hommes. Les hommes sont conditionnés pour se surestimer par rapport aux femmes. Les femmes sont conditionnées à respecter les hommes. Les hommes sont conditionnés à mépriser les femmes, le plus souvent avec courtoisie, mais le principe reste le même. Résultat la limite des femmes, c’est les hommes. Ils sont un obstacle au libre épanouissement de leurs capacités. C’est dans l’ordre des choses.

    Or l’humain se construit en s’affranchissant de l’ordre des choses. La libération du potentiel féminin ne se fera pas grâce à la loi, mais grâce à la puissance de ce potentiel. C’est aux femmes de le faire émerger et elle ne doivent attendre aucune aide artificielle pour cela.

    C’est aux femmes de savoir se faire payer à leur juste valeur, de savoir négocier leurs salaires, de prendre des responsabilités, de savoir dire non à ce qui les dévalorise, de savoir dire oui aux défis qu’elles peuvent relever.

    Pour réaliser leur potentiel grâce au progrès technique qui rend leurs capacités particulièrement compétitives par rapport à celles des hommes, les femmes ont une révolution à faire dans leurs têtes. La révolution que les hommes ont à faire dans leurs têtes pour changer leur point de vue sur les femmes ne peut venir qu’après et être une conséquence de l’évolution du féminin.

    Oui les hommes sont outrageusement privilégiés par rapport aux femmes, oui il leur suffit le plus souvent d’être nés hommes pour jouir d’un traitement de faveur. Mais ce n’est pas une loi qui peut changer cela.

    C’est aux femmes de changer de point de vue, d’ambition et de comportement pour évoluer grâce au progrès technique qui leur offre des perspectives inespérées.

    Dans ce contexte favorable pour s’affranchir d’anciennes hiérarchies, ce n’est pas à la loi d’imposer une égalité de salaires entre hommes et femmes. Cette égalité viendra tout naturellement avec le développement du potentiel féminin lequel dépend avant tout du courage des femmes et de l’intelligence avec laquelle elles sauront le réaliser. Dans l’intérêt de tous.

    Les femmes en ont assez d’être trop souvent humiliées par des minables qui ne se sont donnés que la peine de naître de sexe masculin. Que les politiques n’en rajoutent pas dans l’humiliation en votant une loi qui imposerait aux entreprise de leur accorder une égalité de salaire qu’elles n’auraient pas remportée par leurs seuls mérites. L’époque leur est propice. Laissons les femmes se battre avec leurs armes pour défendre leurs intérêts. Elles n’en manquent pas.

    • bah, dans toutes les sociétés humaines les hommes et les femmes ont des rôles différents…tant dans les matriarchies que dans les patriarchies..

      en gros on accuse notre « culture » nos us et coutumes, fort bien , ça me va…pourquoi pas…mais ensuite qu’on vienne me dire à moi..que je dois « compenser » sur le plan individuel , mon œil…

    • Finalement, vous demandez aux femmes d’adopter le même système de valeur, les mêmes centres d’intérêt et les mêmes comportements que les hommes. Pourquoi donc? Est-ce que parce que, inconsciemment, vous considérez que ces éléments « masculins » sont, in fine, « supérieurs » aux critères de choix de la majorité de la population féminine?
      Les femmes ont la possibilité d’adopter ces critères. Certaines le font, au moins temporairement.
      https://www.adamsmith.org/blog/liberty-justice/can-we-stop-talking-about-the-alleged-gender-wage-gap-now/
      Mais ce n’est peut-être pas ce que souhaite la majorité d’entre elles. Quoi qu’en pense bcp de nos chantres de l’égalité, les femmes ne sont pas des hommes comme les autres (pour détourner une formule bien connue). 🙂

  • Je souscris complètement et le fameux outil que le gouvernement veut imposer, risque de susciter quelques surprises notamment dans des milieux du conseils où être une femme est un plus.

  • La vraie inégalité n’est pas dans le salaire car à emploi équivalent, ce qui implique une grille d’analyse fine, pas une grille que je qualifierai de « soviétique », le salaire est comparable.
    Ce dispositif légal a généré des accords signés avec les partenaires sociaux au niveau des branches et des entreprises. Fin 2016, 43,6 % des entreprises avaient engagé un plan d’action ou signé un accord sur l’égalité professionnelle, ce taux tombant à 38 % dans les organisations de 50 à 299 salariés. La vraie question est celle de la différenciation, particulièrement française, des emplois de managers ou de top managers très majoritairement masculins et d’une sous-représentation féminine, la haute administration française en étant la caricature, sans parler du Sénat. En dépit d’un accès croissant des femmes aux professions supérieures, et bien qu’elles constituent un bon tiers des cadres administratifs et commerciaux, les femmes continuent à se heurter à un « plafond de verre » puisqu’elles n’étaient que 7 % au sein des équipes dirigeantes des grandes entreprises (situation 2000). Certainement qu’au cœur de cette sélection il y a l’inégale répartition du travail familial et domestique entre hommes et femmes qui limite l’autonomie professionnelle de ces dernières et des représentations mentales qui associent les compétences managériales à des attributs masculins. Ces dernières étant donc vues sous l’angle de l’autorité, du charisme et du pouvoir. Ainsi, et même en 2017 (enquête Randstad), les salariés préfèrent être managés par un homme. Et cette tendance est valable pour les deux sexes, puisque 67% des hommes et 61% des femmes partagent cette opinion. Face au développement de l’activité professionnelle féminine, la question de la « conciliation » entre vie professionnelle et familiale est au centre du débat social laissant un peu de côté celle du type de management. Il est significatif que plusieurs années après la création du congé paternité (2002) celui-ci n’est que peu sollicité et mon expérience professionnelle (audit RH) m’a montré qu’une majorité de jeunes femmes issues des grandes écoles mettaient de côté leur vie familiale pour progresser. Mais peu à peu les pratiques managériales évoluent sur ce point les grandes entreprises ont été plus réactives que la haute administration (qui donne des leçons !) et ce ne sont pas des contraintes basées sur des estimateurs faussés qui les font évoluer mais la poursuite dans les meilleures conditions de la performance économique…

  • Merci Virgin et Philippe Jean de si bien expliquer ce que je voulais dire lors d’un article précédent. L’inégalité de salaire ne se détermine pas au niveau de 2 postes identiques, mais bien dans l’accès à ces postes, du moins à ceux les plus intéressants, les plus responsabilisants et de fait, les plus demandeurs en temps. Or, les femmes sont encore les plus représentées… à la sortie de l’école, chez le pédiatre, l’orthodontiste, au conservatoire ou à la maison en cas de maladie d’un enfant. etc. Bref, leur 1er métier est de s’occuper des enfants et du foyer (les chiffres le démontrent encore, et dans le langage courant, on considère que l’homme qui fait des tâches ménagères « aide » sa femme…). De fait, les femmes ne peuvent pas avoir la latitude nécessaire aux postes à responsabilités. Bien sûr, il s’agit là d’une généralité, le développement de la garde partagée en cas de séparation va aider à trouver un équilibre au moins pour les femmes séparées lol.
    L’inégalité se mesure au niveau du déroulé d’une vie de travail pour toutes les femmes par rapport au déroulé d’une vie de travail pour tous les hommes. Les femmes travaillant en entreprise moins d’heures globalement que les hommes, leur salaire est globalement plus faible, c’est logique mais injuste parce qu’en fait, elles ne travaillent pas moins ! Pour trouver un équilibre, il faut intervenir sur la meilleure répartition de l’investissement familial comme dans les pays nordiques.

    • « Pour trouver un équilibre, il faut intervenir sur la meilleure répartition de l’investissement familial comme dans les pays nordiques. »
      Intervenir…
      Donc, une action extérieure plus ou moins coercitive ou plus ou moins incitative (avec l’argent des autres) devant intervenir dans le choix de chaque couple c’est-à-dire dans le domaine privé.
      Du constructivisme en somme.
      Les outils sont là, à disposition, permettant aux femmes de suivre la carrière désirée. Pourquoi ne pas laisser les femmes choisir ce qu’elles préfèrent?
      Les enfants (enfantement+éducation+encadrement…etc) sont une des causes principales (mais pas la seule) des différences salariales des femmes car se sont elles qui s’en occupent majoritairement. Avoir des enfants est un choix. Un choix qui appartient en 1er à la femme (biologie oblige) et en 2è au couple.
      Tout choix implique des renoncements et/ou un prix à payer. Accuser les hommes de ne pas faire leur part du travail dans les charges familiales est facile mais déresponsabilisant. Quand elle fonde un foyer pour avoir des enfants, une femme sait très bien quel va être l’attitude de son compagnon vis-à-vis des charges familiales. Si sa priorité est carrière+enfant, elle doit trouver le compagnon ad hoc. Simple? Non, évidemment. Mais là encore, c’est un choix personnel. Qui se complique si la femme tient en plus à avoir un compagnon avec un statut professionnel élevé sauf à confier la charge des enfants à des aides extérieurs. Choix personnel encore une fois.
      A force de vouloir que les femmes se réalisent de la même façon que les hommes via des aides, obligations légales ou contraintes juridiques voire en intervenant directement dans le couple, vous accréditez l’idée que ces femmes ne pourraient finalement rien faire comme les hommes sans êtres assistées et donc, qu’elles ne sont pas l’égale des hommes.
      Et si on laissait les gens régler leurs affaires entre eux pour une fois.

      • RaphSud et cyde soulèvent le problème de la conciliation vie personnelle/vie professionnelle qui est un choix individuel en fonction des priorités du moment mais dans le cadre des lois, règlementations, dispositions et incitations mises en place et en oeuvre par l’état. Or l’on ne peut écrire comme le fait cyde « Quand elle fonde un foyer pour avoir des enfants une femme etc. » Le foyer (homosexuel ou hétérosexuel) se fonde à deux et nous sortons d’un bon gros siècle de dispositions constructivistes incitant la femme à « rester au foyer ». A cet égard et entre autres je rappelle la notion de « chef de famille » qui dans l’administration et dans les entreprises publiques donnait lieu (jusqu’à peu les dernières ont disparu dans les années 2000) à une prime mensuelle que ne pouvait percevoir l’épouse même si elle travaillait. Le constructivisme était à la faveur des hommes qui étaient les faiseurs des lois. Un homme peut avoir comme une femme la priorité carrière + enfant pourquoi systématiquement les femmes ? Il ne s’agit pas que les femmes se réalisent comme les hommes mais se réalisent dans le monde professionnel où précisément elles apportent bien souvent une différence qui est un plus…

        • « et nous sortons d’un bon gros siècle de dispositions constructivistes incitant la femme à « rester au foyer ».  »
          Pas d’accord.
          Le travail des femmes à l’usine et dans le commerce existe depuis longtemps, sans parler du monde agricole ou du travail d’employées de maison. Dès le XIXè siècle, des femmes ont été employées dans les usines. Souvent beaucoup moins bien payées d’ailleurs. La 1ère guerre mondiale a encore plus développé ce phénomène.
          https://www.histoire-image.org/fr/etudes/femmes-usine
          http://travaildesfemmes.e-monsite.com/pages/i-de-1850-a-1920-un-travail-des-femmes-important-mais-non-reconnu.html
          La pression que pouvaient subir les femmes était d’ordre culturel et social. L’autre contrainte était structurelle. On ne se rend plus compte maintenant, le temps nécessaire à nos arrière-grand-mères pour faire tourner la cellule familiale (course quotidienne, nettoyage, lavage…etc) quand on ne dispose pas des moyens modernes de conservation de la nourriture ou de nettoyage (locaux et vêtements), de vêtements peu chers qu’il est plus facile de changer que de réparer…etc Alors oui, ce sont les femmes qui s’en occupaient en majorité et qui s’occupaient aussi de réparer les vêtements voire de les retoucher en cas de nécessité, les connaissances en matière de couture étant leur domaine à l’époque. A coté de leur travail, beaucoup d’homme devait savoir réparer, bricoler ou entretenir un potager (pour ceux qui avait accès à un lopin de terre) pour améliorer l’ordinaire. Les progrès ont libéré les hommes et les femmes d’une multitude de contraintes structurelles qui étaient autant de freins à certains développements. Il n’y avait pas besoin de mesures constructivistes pour leur rendre difficile l’accès au monde du travail. Il n’ y avait pas de loi pour empêcher les femmes de travailler.
          Dans le monde économique privé, il n’y a pas de disposition constructiviste visant à maintenir les femmes au foyer. Cela aurait un coût sans aucun gain pour l’employeur. Qui plus est, cela aurait privé les employeurs de bras bien utiles dans certaines occasions.
          D’ailleurs, les mesures que vous citez, sont des mesures issues de structures étatiques qui peuvent se permettre d’utiliser l’argent des autres dans un but idéologique ou pour caresser la morale sociale de l’électorat dans le sens du poil majoritaire.

          « Un homme peut avoir comme une femme la priorité carrière + enfant »
          Certes, mais cela, il faut déjà 1/ qu’une femme accepte d’avoir des enfants avec lui (ou alors il adopte), 2/ensuite qu’il fasse un choix identique à celui d’une femme: soit il met sa carrière temporairement entre parenthèse, soit sa femme accepte de mettre la sienne un peu en retrait ou ils décident de faire massivement appel à des aides extérieurs (nounous, …etc)

          • Pour préciser ce que j’entends par dispositions « constructivistes » incitant les femmes mariées à rester au foyer.
            Évidemment que le travail des femmes est une histoire vieille comme le monde. Les femmes ont toujours travaillé. Aux champs ou dans la boutique familiale et avec leurs enfants à côté d’elles, et nous sommes d’accord sur l’importance des travaux familiaux.
            Si au XIIIe siècle, les femmes peuvent exercer divers métiers (médecins, meunières ..), elles sont progressivement exclues des métiers prestigieux et rémunérateurs. Sous la Renaissance, les hommes prennent la direction des corporations féminines. En 1675, il n’en existe plus que trois : lingères, bouquetières et limières-chanvrières.
            Au XVIIIe siècle, le travail féminin à l’extérieur du foyer est assimilé à la prostitution. Le travail à domicile est vivement encouragé notamment dans le cadre du factory system (ou système usinier), étudié en France par Patrick Verley.
            Certes il n’y avait pas de loi pour empêcher les femmes de travailler. Mais bien un ensemble de dispositions notamment légales qui n’incitaient pas au travail à l’extérieur. Autrement dit qui biaisaient la comparaison économique des avantages relatifs : rester au foyer / travailler à l’extérieur en faveur de cette première.
            Le code Napoléon de 1804 consacre en droit l’infériorité des femmes mariées. L’article 1124 précise que : « les personnes privées de droits sont les enfants mineurs, les femmes mariées, les criminels et les débiles mentaux ». Certaines professions restent toujours fermées aux femmes ainsi il faut attendre 1900 pour que le barreau s’ouvre aux femmes. Ce n’est qu’avec la loi du 13 juillet 1907 qu’une femme mariée qui travaille a le droit de disposer de son salaire mais plus d’une entreprise verse celui-ci au mari qui accompagne son épouse lors de la remise de la paie ! Deux ans après, le congé maternité de 8 semaines, mais sans rémunération, voit le jour. Les institutrices n’obtiendront qu’en 1920, le droit d’être payées autant que les instituteurs. Ce droit sera étendu à toutes les fonctionnaires en 1928. Pour autant certaines « institutions » (Caisses d’épargne par exemple), quelques administrations et des collectivités locales versent des compléments primes familiales au « chef de famille ». En 1965, les Françaises sont enfin autorisées à signer un contrat de travail sans l’autorisation de leur mari grâce à la loi du 13 juillet. Ce n’est qu’en 1966 que les femmes enceintes, ou en congé maternité, seront protégées du licenciement.

            • Merci pour ce rappel historique. Mais il n’est aucunement contradictoire avec ce que j’ai rapporté plus haut.
              « un ensemble de dispositions notamment légales qui n’incitaient pas au travail à l’extérieur. » Je n’en ai pas trouvé les références. Mais en dehors du travail agricole, les travaux en extérieur accessibles aux femmes étaient beaucoup plus limités que maintenant ne serait-ce que parce que plus physique et plus dangereux.
              Les 3 corporations (fabrication de bouquet, travail du chanvre, entretien ou fabrication du linge) que vous citez ne regroupent absolument pas la totalité des métiers exercés par les femmes! Tous les métiers ne sont pas regroupés en corporation.
              Indépendamment des travaux agricoles, à la Renaissance de nombreuses femmes étaient employées dans les maisons et dans les commerces. Ces emplois sont pourtant hors du foyer de la femme, sont reconnus et ne sauraient être assimilés à de la prostitution même par les contemporains de cette époque. Les manufactures sont très peu nombreuses et c’est le travail à domicile (domestic system) qui prédomine, les matières premières étant apportées à domicile et le produit fabriqué récolté dans le même temps. Le factory system n’est pas du tout le travail à domicile mais une réorganisation de la géographie du travail qui a permis de passer d’un emploi dispersé dans la campagne environnante à un travail regroupé dans des ateliers (futures usines) dans la périphérie des villes ce qui permet de réduire les frais de transports et de gestion ainsi que de contrôler la qualité du travail.
              C’est certain, le statut juridique des femmes a été plombé surtout avec le code Napoléon. Cela n’a pourtant pas empêché le travail féminin de se développer dans les usines.
              Il faut différencier l’égalité en droit et le travail féminin.

              • Bonsoir Cyde, merci pour cet échange.
                Au Moyen Âge et jusqu’à la Révolution française, la corporation était le mode d’organisation de la majorité des professions. Toutes les corporations féminines sauf les trois que je cite ont été sous la direction des hommes. Précisément les « dispositions notamment légales qui n’incitaient pas au travail à l’extérieur » sont les mesures (notamment) étatiques instaurant une inégalité salariale de droit et de fait (notamment dans la fonction publique avant 1928) et l’infériorité juridique de la femme. Le travail hors du foyer des femmes à la Renaissance et jusqu’à la Révolution est un très vaste sujet… mais une chose est sûre la femme ce travail est souvent obtenu en raison de liens familiaux (commerces) ou de liens de dépendance (le seigneur local). Enfin évidemment je visais le domestic system ! Cdt

    • pourquoi voulez vous trouver un autre équilibre que celui qui résulte de la disparition des contraintes légales??? l’équilibre actuel inclut certes des contraintes « socioculturelles » issues de la patriarchie… mais bon…les gens vivent comme ils ont « appris » à vivre modulo l’évolution des moeurs..
      Il me semble que certains veulent ignorer que les gens ont reçu une éducation et leur imposer des « bonnes moeurs ».

  • Parité :
    Entendu à la radio allemande : La CDU et la SPD ont joué le jeu de la parité en présentant chacun 3 femmes et 3 hommes pour les 6 postes de ministres qui leur reviennent.
    Seule la (vilaine) conservatrice CSU bavaroise n’a présenté que des hommes. Aïe
    Et les journalistes de se précipiter pour interviewer une des « victimes » du machisme du parti. Victime* qui leur sort un :
    – Oui, mais nous, nous avons pris les meilleurs !
    Et toc
    *La « victime », Dorothee Bär a eu un poste, nouvellement créé (pour elle ?), de secrétaire d’État au numérique à la chancellerie

  • donc, il existe des femmes moins payées qu’un homme à travail égal…fort bien montrez moi UN cas…on discute puis le suivant etc..
    le fait est que pour comparer globalement il faut imaginer qu’il existe des critères objectifs pour justifier un salaire donc fondamentalement un prix… sans blague???

  • Merci Philippe Jean, vous exprimez si bien ce que je veux dire. Effectivement Cyde évacue le problème d’une manière bien égoïste : les hommes ne sont pas concernés par la présence d’enfants dans leur foyer, que les femmes s’en occupent, ce n’est pas le rôle de l’homme et si elles n’arrivent pas en plus à s’épanouir professionnellement, ben c’est qu’elles sont nulles !
    Contrairement à ce que Cyde pense, le monde a changé et les hommes ont totalement investi leur rôle de père, on ne compte plus les pères qui se plaisent à s’occuper de leurs enfants, qui se battent pour en obtenir la garde alternée, qui se libèrent en fin de journée pour en profiter, etc. Il est temps que le monde du travail évolue, qu’il soit bien vu que ce soit le père qui parte à l’école dans la journée récupérer son enfant malade. Cela n’a rien de honteux ou de dégradant, Cyde. Il y a des entreprises qui ont instauré l’interdiction des réunions après 17h… Avec de petites adaptations au niveau des entreprises, hommes et femmes auront les mêmes chances d’accéder aux postes à responsabilités selon leurs compétences et non leur disponibilité. C’est en train d’arriver d’ailleurs, il faut s’y habituer, les femmes sont de plus en plus représentées dans les postes valorisés.

    • « les hommes ne sont pas concernés par la présence d’enfants dans leur foyer, que les femmes s’en occupent, ce n’est pas le rôle de l’homme et si elles n’arrivent pas en plus à s’épanouir professionnellement, ben c’est qu’elles sont nulles ! »
      Cela n’a rien a voir avec ce que j’ai dit. Vous projetez une fois de plus vos ressentiments.
      Vous avez du mal a accepter que certaines choses résultent d’un choix de vie différents de ce que vous, vous estimez « correct ».

      « Cela n’a rien de honteux ou de dégradant, Cyde.  » Lol. Vous projetez. Je n’ai rien dit de tel. Pourquoi donc un tel ressenti négatif? Vous avez vraiment une vision négative de la majorité de la gente masculine.

      « Avec de petites adaptations au niveau des entreprises, hommes et femmes auront les mêmes chances d’accéder aux postes à responsabilités selon leurs compétences et non leur disponibilité.  »
      Dans l’administration? Peut-être.
      Je suis désolé RaphSud, dans le privé, plus vous montez dans les responsabilités plus cela demande travail, compétence ET disponibilité. Certaines femmes y arrivent très bien sans adaptation de l’entreprise. Pourquoi voudriez vous que l’entreprise « s’adapte » (ce qui représente un coût financier ou en performance) pour permettre à certains de s’occuper de leur enfants? Soit cette mesure est indispensable pour avoir du personnel compétent et elles s’y plieront. Soit ce n’est pas indispensable et elles ne le feront pas. Et ce d’autant moins que leurs concurrents ne sont pas soumis aux mêmes contraintes de fonctionnement.

  • Cette notion de « chef de famille » illustre bien l’hypocrisie dans laquelle notre société s’est construite : le chef de famille c’est le père, pourtant qui gère la famille au quotidien ? Le nom de famille, c’est celui du père, pourtant les enfants sont l’affaire des femmes, n’est ce pas Cyde ?
    C’est intéressant d’apprendre que les pères pouvait avoir une gratification, mais pas les mères ! Je ne connaissais pas cette disposition. De telles situations sont monnaie courante hélas, héritage d’un temps où les femmes n’avaient pas voix au chapitre, où elles n’étaient jamais « adultes », passant de « Mademoiselle » (=fille de) à Madame (=femme de), donc sans reconnaissance d’une « existence » ou individualité propre, d’une capacité à décider par elles-mêmes pour elles-mêmes. Pourtant, la société est beaucoup plus sympa dans la mixité, les hommes et les femmes œuvrant ensemble, que ce soit au sein du couple ou d’une entreprise, c’est tellement beau ! Les 2 sexes ont tout à gagner à cette complémentarité et donc la société dans son ensemble aussi.

    • « le chef de famille c’est le père, pourtant qui gère la famille au quotidien ? » La femme bien sûr. Mais, autrefois (XIXè), comment vivait la femme qui perdait son mari (en-dehors de celle qui bénéficiait la transmission de son patrimoine quand il y en avait) et qui devait élever des enfants en bas âge? Et bien elle vivait très mal. Et sauf à avoir des biens de part son mari ou sa famille, les conditions de vie de l’époque ne le lui permettait pas et elle devait essayer de se remarier (même chose pour un veuf d’ailleurs). Vous me direz sans doute que cela était la faute des hommes…

      Le nom de famille, c’est celui du père, pourtant les enfants sont l’affaire des femmes, n’est ce pas Cyde ? »
      Les enfants sont l’affaire du couple, que cela vous plaise ou pas. Mais c’est surtout la répartition des rôles dans ce couple qui vous déplaît au point de vouloir intervenir dans ce couple au nom de votre conception de ce qui est juste. Constructivisme comme je le disais.
      Le fait est que nous sommes dans une société dont les fondements sont ceux d’une patriarchie. Personne ne le nie. La notion de « chef de famille  » rentre dans ce cadre. Vous pouvez maudire l’Histoire, vous ne pouvez la changer. Vous pouvez juste essayer d’infléchir le présent et le futur.
      La notion de « chef de Famille a été supprimé par la Loi du 4 juin 1970. Actuellement, l’égalité juridique est achevée à part la transmission du nom de famille. A mon avis, cela finira par être changé également. Au moins, les enfants pourront choisir le nom qu’ils souhaiteront porter. Il faudra juste souhaiter que si les enfants souhaitent majoritairement porter le nom de leur père, certaines ne voudront pas faire voter des lois pour infléchir ce choix. Les constructivistes n’aiment pas la liberté.

      « C’est intéressant d’apprendre que les pères pouvait avoir une gratification, mais pas les mères !  »
      Dans certaines structures étatiques selon Philippe Jean. Il n’y a bien que l’Etat et ses structures affiliées qui peut se permettre de dépenser l’argent des autres dans un but idéologique.

      « De telles situations sont monnaie courante hélas, » Ah bon? pourriez-vous m’en citer d’autres du même type?

      « Pourtant, la société est beaucoup plus sympa dans la mixité,  »
      Il n’y a pas à être « sympa » ou « beau ». Vous faites dans l’émotionnel. C’est une question d’égalité en droit. A part la transmission du nom (bientôt revisitée, je n’en doute pas), cette égalité est maintenant réalisée. Les femmes ont certains choix à faire. Quand ces choix n’engagent qu’elles, elles ont leur entière liberté et donc responsabilité. Si ce choix implique une autre personne, il faut trouver la bonne personne et/ou négocier. C’est un échange. Il n’y a pas à intervenir dedans.

  • Justement, l’éducation a fortement évolué, on n’apprend plus aux filles à attendre le prince charmant. De nos jours, filles et garçons sont éduqués pareils, les filles ont autant le droit et les capacités de faire des études et d’aspirer à de beaux métiers. La structure familiale doit suivre et d’ailleurs c’est en train de se faire. Libres à certains de regretter la belle époque où Madame n’avait pas son mot à dire, ainsi pas de risque pour ce Monsieur un peu faible de se faire supplanter par une femme, n’est-ce pas ?
    Bon on s’écarte du sujet. Le sujet était « comment lutter contre les inégalités de salaires entre hommes et femmes ? » Réponse : ne pas se tromper d’analyse, c’est-à-dire comprendre que les inégalités ne sont pas au niveau du poste identique dans une entreprise mais au niveau des emplois occupés (précaires et à temps partiel), en comprendre la raison (disponibilité) et faire en sorte que cette disponibilité ne soit pas une contrainte exclusivement féminine. Ne pas faire croire que c’est un choix des femmes, mais admettre que c’est une solution par défaut. Et que si les contraintes peuvent être assumées par les 2 parents, les femmes qui le souhaitent et le peuvent pourront développer leur carrière. Mais ça aussi est en train d’arriver, grâce aux pères qui n’ont pas peur d’affirmer leur envie de s’occuper de leurs enfants.

    • « les filles ont autant le droit et les capacités de faire des études et d’aspirer à de beaux métiers.  »
      Vous vous relisez? « un beau métier » C’est un jugement de valeur. Qu’est-ce donc? Un métier…comme celui des hommes? Sympa pour celles qui ont volontairement choisi d’autres voies. D’ailleurs, ces femmes qui n’ont pas choisi de « beaux » métiers, ce sont quoi, des victimes?
      Les femmes sont surreprésentées dans certaines voies professionnelles et beaucoup moins dans d’autres. Et ce malgré l’évolution des techniques qui permet de gommer beaucoup plus facilement les différences de contraintes physiques. Est-ce le résultat de la méchante construction patriarcale de notre société ou l’expression d’un choix (et oui, encore) et de goûts différents? Et si les femmes persistent à faire des choix différents des hommes, qu’allez-vous faire? Les obliger? Instaurer des quotas?

      « La structure familiale doit suivre ». C’est sur. Et si elle ne le fait pas, ce n’est pas normal, n’est-ce pas? Encore ce maudit patriarcat? Il va falloir dégainer les lois?

      « Libres à certains de regretter la belle époque où Madame n’avait pas son mot à dire, ainsi pas de risque pour ce Monsieur un peu faible de se faire supplanter par une femme, n’est-ce pas ? »
      A toutes les époques, une femme avec un peu de caractère n’a jamais eu aucun mal à prendre le pas sur un mari « un peu faible » comme vous dites.

      « faire en sorte que cette disponibilité ne soit pas une contrainte exclusivement féminine.  » Ben oui, en intervenant dans le couple, toujours avec finesse et à-propos bien sûr, dans le sens du « bien commun » équilibré. Défini par qui au fait? L’Etat?

      « ça aussi est en train d’arriver, grâce aux pères qui n’ont pas peur d’affirmer leur envie de s’occuper de leurs enfants. » Beau jugement de valeur sous-tendu dans vos propos: ceux qui ne respectent pas la doxa ne sont que de vilains patriarches exploiteurs des femmes et n’aimant pas leur enfants. Lol.
      Comme quoi, l’égalitarisme forcené aboutit toujours à tuer la liberté de choix, pour le Bien de tous, cela va sans dire.
      Vous ne pouvez pas laisser les gens vivre comme ils l’entendent?

  • Comme quoi il est parfois difficile de se faire comprendre à l’écrit. Beaux métiers étaient effectivement mal dit. Mais arrêtez avec le constructivisme et surtout arrêtez de tomber vous même dans l’excès. Il est évident que si les enfants choisissent de porter le nom de leur père, ben ils le porteront. Vous condamnez d’avance une situation qui n’existe pas (interdir ce choix) mais n’admettez pas que la situation précédente ou actuelle puisse être inégale (ne pas avoir ce choix et devoir se coltiner un nom ridicule par ex). Et effectivement on peut tout à fait choisir de ne pas privilégier sa carrière professionnelle et c’est admirable. Mais vous ne pouvez pas affirmer que si les femmes veulent des enfants, c’est leur choix et qu’elles doivent seules en accepter les conséquences, comme vous l’avez déjà dit. A partir du moment où les femmes sont lésées dans leur déroulement de carrière, pour celles qui veulent en mener une tout en ayant des enfants, et pas les hommes, c’est bien qu’il y a une inégalité.

    • « mais n’admettez pas que la situation précédente ou actuelle puisse être inégale (ne pas avoir ce choix et devoir se coltiner un nom ridicule par ex). »
      ??? Mais au contraire, j’admets parfaitement que la situation actuelle de la transmission du patronyme est inégale. Et je n’ai absolument rien contre la suppression de la transmission automatique du patronyme du père, mais pour des raisons de liberté uniquement : laisser le choix aux descendants. Je ne réduis pas cela à la simple faculté d’éviter de porter un nom difficile (d’ailleurs modifier un nom est déjà permis par la loi française).

      « Mais vous ne pouvez pas affirmer que si les femmes veulent des enfants, c’est leur choix et qu’elles doivent seules en accepter les conséquences, comme vous l’avez déjà dit. »
      Et bien non, ce n’est pas tout à fait ce que j’ai dit. J’ai simplement dit que concevoir des enfants est un projet sur le long terme et que vous devez savoir avec qui vous voulez les avoir. Si la carrière professionnelle est importante pour la femme, elle doit trouver le compagnon ad hoc càd celui qui a envie et pourra (contraintes professionnelles là encore) l’aider dans cette tâche ou celui qui acceptera de passer une partie de son budget dans des aides extérieurs. Là encore il s’agit de choisir la personne adéquate pour un projet. Si elle prend un homme dont la personnalité et/ou les projets professionnelles actuelles ou futures seront un obstacle, il y aura problème. Si l’homme promet et ne tient pas ses promesses, oui, je vous l’accorde, il y a injustice. Si la femme poursuit son projet d’enfant sans tenir compte de son environnement immédiat (conjoint), il peut y avoir des problèmes mais où sont les responsabilités ? Par contre, si les choses sont affichées haut et clair dès le début, c’est un simple choix. Vous semblez refuser l’idée qu’une femme puisse faire ce choix. Parce que vous le considérez comme dévalorisant ?

      «A partir du moment où les femmes sont lésées dans leur déroulement de carrière, pour celles qui veulent en mener une tout en ayant des enfants, et pas les hommes, c’est bien qu’il y a une inégalité.» Pas d’accord comme vous vous en doutez.
      Si on assimile une carrière à une course de fond, on pourrait parler de préjudice si une force extérieure imposaient systématiquement un sac à dos lesté à certains individus. Les femmes dans le sujet de la discussion. Ce serait injuste effectivement. Cependant, si cette femme charge volontairement ce sac sur ses épaules, et qu’elle s’en trouve ralentie, où est l’injustice ? Avant de charger ce sac, il lui aurait été plus profitable de s’assurer que la personne qui l’a aidée à confectionner le sac, en effectuera une partie du portage…
      Personne n’oblige une femme à avoir des enfants. Certaines arrivent d’ailleurs très bien à mener les deux de front alors que leur conjoint est également peu disponible, il faut juste que les deux acceptent d’y laisser un budget plus conséquent.

  • Vous dites qu’il faut laisser les gens faire comme ils veulent. Sauf que pour avoir un choix il faut avoir 2 possibilités. Oui notre société était patriarcale, et non je ne renie pas l’histoire, simplement notre société n’est plus sur ce modèle, de tous temps des femmes se sont révoltées, merci à elles. Ce n’est pas du constructivisme de vouloir que les femmes aient le choix, c’est juste normal. Arrêtez de me reprendre sur de possibles jugements de valeur, vous n’arrêtez pas vous même d’en faire. Et voyez comment les choses se passent dans les pays nordiques.

    • « Ce n’est pas du constructivisme de vouloir que les femmes aient le choix, c’est juste normal. » Elles ont le choix. Mais ce choix doit se faire très en amont et non une fois le processus enclenché.
      Le constructivisme serait d’obliger ce choix par des interventions extérieurs sur les hommes (dans ou en-dehors du couple) ou les entreprises.

  • Je ne vois plus les noms ou pseudos des commentateurs, mais je pense que le 19/03 à 10h59 c’est Philippe Jean qui donne des détails sur l’histoire de la place des femmes dans la société et l’évolution de leurs droits et c’est passionnant.

  • « Intervenir… Donc une action extérieure plus ou moins coercitive etc » Pourquoi retenez-vous le terme intervenir, dans ma phrase ? La notion importante est celle de l’équilibre à trouver par rapport aux contraintes liées aux enfants, cela peut être trouvé à l’intérieur du couple, cela peut passer par la façon de les élever, bref pas forcément une action extérieure coercitive. Mais rebondir sur ce mot, comme sur d’autres, vous évite d’argumenter sur les notions. « Les enfants sont l’affaire du couple, que cela vous plaise ou pas. » Pourquoi supposez-vous que cela ne me plait pas ? Vous dites cela lorsque je parle du nom de famille. En revanche, vous dites exactement le contraire dès lors qu’il est question de la carrière : c’est la femme qui fait le choix d’avoir des enfants et « quand une femme fonde un foyer elle sait très bien quelle va être l’attitude de son compagnon vis à vis des charges familiales. » Trop forte la contradiction.

    • «cela peut être trouvé à l’intérieur du couple, cela peut passer par la façon de les élever, » On est d’accord, alors pourquoi ne laissez-vous pas les gens régler et choisir ce qu’ils veulent eux-mêmes ?

      « …bref pas forcément une action extérieure coercitive.» Oui, pas forcément, mais peut-être si le choix spontané ne va pas dans le bon sens ? C’est bien là le problème. Quelqu’un dont le primum movens est le respect du libre choix de l’individu dans ce qui est du ressort de la sphère privée aurait dit : sans jamais faire appel à une action extérieure coercitive. Or vous, vous ne l’excluez pas.

      « Trop forte la contradiction. » Ah oui, laquelle ??? Avoir un enfant est théoriquement une décision de couple mais passe en premier par l’assentiment de la femme (biologie oblige) et en 2è celui de l’homme. Si une femme fonde un foyer avec un homme pour avoir des enfants, elle doit déjà avoir une idée de la conception qu’a son compagnon en matière d’organisation future pour justement gérer ces enfants. Si les conceptions de l’homme sont trop éloignées de ce qu’elle souhaite, elle a toute liberté pour choisir (le choix une fois de plus). Où est la contradiction ?

  • Et bravo aussi pour l’amalgame de tous les hommes qui selon vous ne se préoccuperaient donc pas des charges familiales. Et c’est vous qui me dites « Vous avez vraiment une vision négative de la gent masculine. » ! Non trop fort vraiment dans la contradiction en fonction des situations ! N’imaginez pas non plus que mes réflexions (=réfléchir) viennent d’une quelconque revanche, d’un féminisme débridé à cause d’un quelconque asservissement : vous ne le reprochez pas à Philippe Jean qui est un homme n’est-ce pas ? Croyez-vous que seuls les Noirs avaient le droit de s’insurger contre l’apartheid en Afrique du Sud ? « Plus vous montez dans les responsabilités… travail, compétences ET disponibilité. » Ben voilà, on y arrive : les mères ont-elles la même disponibilité que les pères ? Non = plafond de verre = cause de la fameuse inégalité salariale. Par adaptation de l’entreprise, je parlais juste des réunions tardives, mais le mieux est qu’il soit entré dans les mœurs que les pères sont tout à fait aptes eux aussi à garder à la maison un enfant malade à l’improviste, à faire le choix du temps partiel. Mais comme je l’ai déjà dit, c’est en train d’arriver et les écarts de salaire tendent à se resserrer.

    • « N’imaginez pas non plus que mes réflexions (=réfléchir) viennent d’une quelconque revanche, d’un féminisme débridé à cause d’un quelconque asservissement : vous ne le reprochez pas à Philippe Jean qui est un homme n’est-ce pas ? »
      Aucun rapport. Je n’imagine rien et je n’ai jamais rien dit de tel. Vous projetez. Jean Philippe entre très peu dans le débat et apporte des éléments de réflexion historiques. Ses posts sont factuels. D’ailleurs j’ai échangé avec lui sur quelques points où je n’étais pas (tout à fait) d’accord. J’aurai eu du mal à reprocher à Jean Philippe des choses provenant « d’un féminisme débridé ». 
      Un peu facile votre réflexion, ne trouvez-vous pas ? Comme je suis un homme et que je persiste à ne pas être d’accord avec vous et que vous trouvez peu d’arguments factuels à opposer aux miens, vous en finissez par me soupçonner d’avoir des pensées dévalorisantes à votre sujet et vous m’accusez de sexisme (selon vous je n’aurais jamais osé parler ainsi à un homme) en me prêtant des propos que je n’ai pas tenus. Lol.

      «Croyez-vous que seuls les Noirs avaient le droit de s’insurger contre l’apartheid en Afrique du Sud ? » Ouahouh, faire un parallèle entre la situation des femmes en France et l’apartheid… Vous ne reculez devant rien.

      « les mères ont-elles la même disponibilité que les pères ? Non »
      Certaines à des postes de hautes responsabilités y arrivent très bien. Comment font-elles donc ? Vu le pedigree de leur conjoint ou compagnon, je ne pense pas que ceux-ci prennent en charge beaucoup de taches familiales.
      Expliquer systématiquement le faible nombre de femmes à des postes de responsabilité par le manque de disponibilité par surcharge de tâches familiales, est facile…

  • Vous semblez refuser l’idée qu’une femme puisse faire ce choix. Parce que vous le considérez comme dévalorisant ? » Je n’ai rien dit de tel et au contraire même ! En fait vous raisonnez comme si les temps étaient figés. « Il s’agit de choisir la personne adéquate pour un projet. » La situation d’un couple lorsqu’il se forme et sa situation quelques années après lorsque l’enfant naît n’est bien souvent plus la même. Donc les discussions du début peuvent tout à fait ne plus tenir. Beaucoup d’hommes souhaitent être pères et peuvent ensuite être dépassés par cette situation, se retrouver très pris par leur travail, avoir une maîtresse etc, peu importe, toutes sortes de choses font que la vie familiale peut déraper. Mais dans votre raisonnement, seule la femme doit assumer, car « personne n’oblige une femme à avoir des enfants » et à elle de « s’assurer que la personne qui l’a aidé à confectionner le sac en effectuera une partie du portage ».

  • C’est d’ailleurs le raisonnement qui prévaut, il n’y a qu’aux femmes qu’un recruteur demandera si elles prévoient d’avoir des enfants, parce qu’on sait que majoritairement ce sont les femmes qui se rendront disponibles. Qu’un homme ait des enfants ou non, et même s’il les a souhaité autant que sa compagne, il restera disponible comme un célibataire, pas une femme. Il est là le sac à dos lesté sur les épaules des femmes, ce ne sont pas les enfants, mais la projection de l’évolution de leur disponibilité. Certaines concilient très bien les deux, mais si un grain de sable apparaît, majoritairement ce sont les femmes qui assumeront, et du coup celles qui ont les bonnes conditions peuvent se trouver lésées par cet à priori. Comme vous le dites, certaines arrivent très bien à mener les 2 de front, et il y en aura de plus en plus.

  • La contradiction : « avoir des enfants est une décision de couple » lorsqu’il est question du nom mais est de la responsabilité de la femme lorsqu’il s’agit d’assumer les contraintes, je maintiens. « passe en premier par l’assentiment de la femme (biologie oblige) et en 2è celui de l’homme ». Il y a des couples qui se forment entre un jeune homme qui veut des enfants et une jeune fille qui n’en veut pas, oui parfois c’est l’homme qui est le premier à en vouloir. Il y a des couples où c’est l’inverse. Puis les années passent et celui qui n’en voulait pas en veut aussi et l’enfant naît. Arrivée à ce stade, selon votre raisonnement, la femme ayant fait son choix, elle doit assumer les contraintes, pourtant il est clair que ce choix a été fait à 2, à un âge où le projet professionnel balbutiait.

  • « Comme je suis un homme…peu d’arguments factuels à opposer aux miens…vous m’accusez de sexisme » ? en voici la raison : « Pourquoi donc un tel ressenti négatif ? » « Vous avez vraiment une vision négative de la majorité de la gent masculine » « vos ressentiments », « méchant patriarcat » « maudit patriarcat ». Alors oui, tous ces mots donnent à croire que vous pensez que j’ai une revanche à prendre contre les hommes, que je dois être bien malheureuse dans mon couple etc, donc je vous réponds en disant « qu’il ne suffit pas d’être pauvre pour être honnête » (chanson lol) donc d’être Noir Sud-africain pour s’élever contre l’Apartheid. Bien sûr, vous préférez répondre « ouahouh faire un parallèle entre la situation des femmes en France et l’apartheid » alors qu’il s’agit juste de faire remarquer qu’on n’est pas obligé de vivre une situation injuste pour la dénoncer. Je vous rappelle d’ailleurs que Jean Philippe (pardon à lui pour l’inversion que je faisais entre nom et prénom) dit précédemment qu’en entreprise les femmes « apportent bien souvent une différence qui est un plus… » vous ne l’accusez pas de porter une jugement de valeur. Il donne des arguments que je donne aussi, mais curieusement je n’ai que peu d’arguments factuels. Vous en avez malheureusement très peu, juste ce récurrent « la femme doit choisir très en amont le compagnon correspondant à son projet de fonder une famille parce qu’après, elle ne pourra pas lui reprocher de ne pas assez s’investir. »

  • En effet, le nom de famille lourd à porter peut être modifié, mais n’est-il pas révélateur d’avoir autorisé un changement qui efface la filiation plutôt que l’adoption du nom de la mère ? Situation des femmes et apartheid : en réagissant là dessus à votre méthode, c’est-à-dire avec un « vous ne reculez devant rien » vous faites comme les « journalistes » qui se jettent sur le petit mot leur permettant d’ invectiver leur opposant sur la forme plutôt que de discuter sur le fond. Ça me rappelle une expression : quand certains montrent la lune, d’autres regardent le doigt. Je ne vous répondrai plus désormais, les explications de texte n’apportent rien. Continuez de ne pas écouter les arguments bien factuels de Jean Philippe sur l’histoire, le code Napoléon, l’infériorité des femmes, l’obligation d’avoir l’autorisation du mari pour travailler et avoir un compte bancaire expliquant en grande partie l’origine de l’inégalité salariale actuelle (voire aussi la faiblesse des salaires des métiers féminins, sages-femmes par ex, qui ne repose sur rien sinon la volonté de les maintenir en infériorité) ou le « choix » des femmes de travailler à temps partiel, « choix » qui peut bien sûr être librement consenti, mais le serait-il tout autant dans un autre contexte ? Inégalité à calculer sur une vie entière de travail, et non sur un poste à poste, bien sûr. Je préfère discuter des notions, des situations, d’histoire, plutôt que du choix de tel ou tel mot, donc je vous dis bonne continuation !

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