Contre la société du « Tout interdit », il faut défendre la liberté

Le « tout interdit » qui menace notre société va-t-il étouffer toutes nos libertés ?

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Sens interdit By: Frédéric BISSON - CC BY 2.0

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Contre la société du « Tout interdit », il faut défendre la liberté

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 mars 2018
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Par Jacques Legrand.

La couverture du Figaro Magazine du 24 février illustre bien la Société du TOUT-INTERDIT que nous subissons de plus en plus, qui menace la liberté en France.

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Pas de mois en effet sans annonce de nouvelles normes dans les domaines les plus variés : alimentation, santé, internet, sécurité routière, bâtiment, commerce, emploi,  etc…, complétées par une floraison de taxes en tous genres : 360 impôts et taxes recensés en 2017  par la présidente de l’iFRAP, Agnès Verdier-Molinié. Et quand, très rarement, une réforme est annoncée qui desserrerait un peu ces contraintes les médias la qualifient justement de libérale, mais, pour eux, c’est le gros mot absolu…

La culture dirigiste française, à droite comme à gauche, débouche sur un interventionnisme public excessif avec un poids record des dépenses publiques, dont on peut dire qu’il est le meilleur critère du collectivisme, et présente une forte corrélation avec le taux de chômage : 

Dép. publiques /PIB           taux de chômage

FRANCE             57 %              9,5 %

ROY UNI            46 %                4,8 %

ALLEMAGNE     44%                 3, 6 %

COREE du SUD  38 %               4,2 %

USA                    38 %              4,2%

SUISSE                29 %                3 %

(Sources : statistiques –mondiales.com, ocde.org, données 2016 et 2017).

Ce taux de dépenses s’explique par un secteur public surdimensionné et une protection sociale trop coûteuse, clientéliste, idéologique et qui n’atteint même pas son but, car au lieu d’être en partie payées par leurs bénéficiaires comme il conviendrait, les charges qui en découlent sont imposées aux entreprises dont la compétitivité est ainsi amoindrie face à des concurrents aujourd’hui planétaires. Le résultat est que ces personnes « aidées » payent par le chômage cette pseudo-protection.

Un  autre résultat de cette politique est de susciter une forme de stress permanent où chacun se demande ce qu’il a encore le droit de faire et comment, sans enfreindre un quelconque règlement.

À l’encontre de l’objectif recherché par le pouvoir, on observe alors qu’une part de plus en plus importante des citoyens vit hors la loi : le nombre des automobilistes roulant sans permis augmente sans cesse !

Les Libéraux sont les seuls à dénoncer toutes ces formes d’intrusion dans la vie privée de chacun

Depuis des décennies, voire des siècles, en réalité cela remonte à Colbert ou même Richelieu, les gouvernements dirigistes successifs s’ingèrent sans cesse dans le quotidien des gens, veulent leur dicter leurs choix de vie, sans que les citoyens leur demandent quoi que ce soit : ces politiques et leur armée de technocrates agissent ainsi sans aucun mandat pour le faire.

Ce comportement est permis par les institutions : aucun des régimes établis en France, y compris notre république monarchique actuelle ne prévoit de contre-pouvoir au citoyen. Passées les élections, les citoyens ne disposent d’aucun droit pendant les législatures ou les mandats présidentiels. Des projets seraient enfin à l’étude : vite, donnez nous un droit au referendum populaire applicable !

Mais l’abus des réglementations de toutes formes : restrictions des libertés, interdictions diverses, sanctions au civil ou au pénal  sans cesse augmentées, ne leur suffit pas : ils ont décidé  d’envelopper les Français dans une vaste doudoune : le principe de précaution, abrité (lui-même…) dans la Constitution française depuis 2005. Mais pourquoi s’arrêter là ? Le pouvoir crée, dès l’année suivante, l’Observatoire du Principe de Précaution (sans doute pour veiller à ce qu’il ne s’échappe pas de ladite loi fondamentale… ?), générant des attitudes, des comportements qui restreignent le goût de l’initiative.

En finir avec l’interventionnisme politique

Dans la même veine, pendant chaque campagne pour la présidentielle, c’est à qui proposera le plus de solutions pour  protéger les Français.

En réalité, les Français ont plutôt besoin d’être protégés de l’excès d’interventionnisme de leurs dirigeants. Ils ont surtout besoin de sécurité, de stabilité, bref d’un état de droit. La  gouvernance de ceux-ci, depuis 30 ans, a débouché sur un niveau de chômage, de pauvreté et d’endettement insupportables : on frôle les 100% d’un PIB annuel. Alors, pour continuer d’exister, croit-elle, cette classe politique disqualifiée multiplie les mesures dans  les domaines qui ne la concernent pas.

Mais l’on se doit de reconnaître qu’existe en France une longue tradition qui voit nos concitoyens supporter, aux sens français et anglais du terme, les personnages qui prétendent guider leur destin : des grands féodaux aux monarques les plus absolus, sous l’alliance du trône et de l’autel, menés aux pires excès par des empereurs longtemps vénérés, soutenant même majoritairement le chef de l’État vichyssois. On objectera que les Français se sont révoltés plusieurs fois contre des pouvoirs abusifs. Oui, mais de quelle façon ? La Terreur, la Commune, l’adhésion à des idéologies totalitaires étaient-elles des réponses adaptées ?

En opposition la plus totale à cet esprit de peur généralisée, à cette vision triste et rabougrie de l’homme, les libéraux proclament qu’une vie sans liberté, sans le risque qui  l’accompagne, ne vaut pas la peine d’être vécue.

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Ils rappellent que, si parmi nos lointains ancêtres, des hommes n’avaient pas pris de risque nous serions encore en train de geler au fond des cavernes !

Quand les Français leur feront confiance, les libéraux proposeront donc de remplacer l’Observatoire du Principe de Précaution par l’ARA, l’Agence du Risque Assumé, qu’ils sont prêts à gérer bénévolement.

Le libéral livre ici son secret : il est porté par des valeurs positives, les droits exprimés dans la DDHC de 1789. Chaque jour il éprouve le bonheur d’être libéral, cette sensation forte de dépendre d’abord de lui-même, de pouvoir échanger, agir seul ou avec d’autres citoyens librement choisis.

Il est capable de confiance en lui et dans les autres, sentiment sans lequel rien ne s’entreprend de fort et de durable. Il accueille avec bienveillance la révolution numérique qui met l’information à la portée de tous, sapant là une des sources principales du pouvoir des top-downers qui contrôlent les « gens d’en bas », et donne enfin la parole à tous les citoyens qui veulent s’exprimer.

Les libéraux ont la solution à la crise actuelle ou à venir : laisser les millions de Français apporter leurs idées, leur engagement et agir là où ils se trouvent.

Et pour le reste, les libéraux souhaitent que les  citoyens se souviennent de ce que disait, il y a déjà deux cents ans, Benjamin Constant :

Prions l’Autorité de rester dans ses limites : qu’elle se borne à être juste ; nous nous chargerons d’être heureux.

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  • Créé en 2013 au Vénézuela : un vice-ministère du « bonheur social suprême du peuple », une éclatante réussite.

  • Correction importante :
    Tout n’est pas interdit , il y a des choses obligatoires.

  • Beaucoup de points justes même si je ne partage pas nécessairement la même analyse des causes historiques évoquées, ni la défiance absolue de l’Etat à qui la France doit beaucoup en tant que nation indépendante. Je voudrais tout de même vous rappeler qu’il y a surtout une idéologie ambiante et puissante, qui s’est développée bien au-delà du territoire Français, et qui a investi puis conquis les outils de pouvoir politique, médiatique, éducatif et culturel de nombreux pays occidentaux, USA et Canada compris, la caricature suprême de cet Léviathan siégeant à Bruxelles. Que l’oligarchie Française en rajoute par excès de zèle n’est guère étonnant, mais cela tient plus à une doxa et un logiciel de pensée qu’à Colbert ou Richelieu, dont les buts étaient autrement clairs et sincères…

  • En France tout procède de l’Etat qui finit par étouffer la société. Comment défendre l’individu face au Léviathan? Il y a des exemples étrangers de solutions à ce problème. Certains pays utilisent la constitution (USA), d’autres une longue tradition de liberté (UK), d’autres une large décentralisation et un recours au référendum d’initiative populaire (CH). Les exemples ne manquent pas. Ce qui manque, c’est la volonté de sortir du tout Etat.

    • La racine du mal c’est nous, c’est la technostructure (essentiellement peuplée d’énarques) dont la logique est celle d’une infantilisation croissante du citoyen, doublée de la certitude de détenir la vérité sur tous les sujets, y compris quand la majorité des citoyens ne sont pas d’accord. Effectivement, le recours au referendum, à l’instar de la Suisse, est une solution réelle. Hélas, tant que nous aurons cette clique au pouvoir, qui défendra son pré carré, sa parcelle de pouvoir sur nos vies, rien de tout ceci ne sera mis en place.
      D’une certaine manière, le fait que nous ayons des présidents énarques, forcément connivant avec leur propre technostructure, n’aide pas : on voit bien comment, même le plus libéral de nos présidents (Macron) tente de faire reprendre la main à l’exécutif par rapport à l’Assemblée nationale. Dans un pays où l’AN a déjà si peu de poids, où la démocratie représentative est déjà si malmenée, on peine à imaginer que la marche vers une démocratie plus directe soit pavée de rose.
      Voilà sans doute pourquoi dans notre pays, il n’y a guère aujourd’hui que des manifestations d’ampleurs qui offrent un réel contre-pouvoir.

  • Je me souviens du temps de l’URSS quand tout ce qui n’était pas explicitement autorisé était interdit. On s’en rapproche dangereusement.

  • « À l’encontre de l’objectif recherché par le pouvoir« 

    pour ma part je pense que le but du pouvoir est bel et bien de mettre le peuple hors la loi afin de le contrôler, de le museler et de la faire payer plus facilement.

    • Coluche disait : plantez un fonctionnaire, il pousse des impôts. S’il vivait aujourd’hui, il ajouterait : et de la répression !

  •  » Ils ont surtout besoin de sécurité »
    Ah ben non, justement ! PArce que c’est précisément parce que ce message de « soit-disant besoin de sécurité » inonde tellement notre société que l’Etat joue autant la nounou avec les citoyens.
    C’est parce qu’on veut, ou qu’on nous fait croire que c’est important, de la sécurité partout qu’on pond le principe de précaution, qu’on rend obligatoire 11 vaccins, qu’on abaisse la vitesse à 80 km/h, qu’on complexifie le droit du travail, qu’on pond une loi à chaque chat écrasé, qu’on nous délivre moults messages sur les dangers du tabac ou de l’alcool, qu’on convoque les 5 fruits et légumes quotidiens, qu’on augmente nos impôts pour payer des tas de fonctionnaires à pondre de nouvelles lois…
    La sécurité est l’ennemie de la liberté !

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