Contre la société du « Tout interdit », il faut défendre la liberté

Sens interdit By: Frédéric BISSON - CC BY 2.0

Le « tout interdit » qui menace notre société va-t-il étouffer toutes nos libertés ?

Par Jacques Legrand.

La couverture du Figaro Magazine du 24 février illustre bien la Société du TOUT-INTERDIT que nous subissons de plus en plus, qui menace la liberté en France.

Pas de mois en effet sans annonce de nouvelles normes dans les domaines les plus variés : alimentation, santé, internet, sécurité routière, bâtiment, commerce, emploi,  etc…, complétées par une floraison de taxes en tous genres : 360 impôts et taxes recensés en 2017  par la présidente de l’iFRAP, Agnès Verdier-Molinié. Et quand, très rarement, une réforme est annoncée qui desserrerait un peu ces contraintes les médias la qualifient justement de libérale, mais, pour eux, c’est le gros mot absolu…

La culture dirigiste française, à droite comme à gauche, débouche sur un interventionnisme public excessif avec un poids record des dépenses publiques, dont on peut dire qu’il est le meilleur critère du collectivisme, et présente une forte corrélation avec le taux de chômage : 

Dép. publiques /PIB           taux de chômage

FRANCE             57 %              9,5 %

ROY UNI            46 %                4,8 %

ALLEMAGNE     44%                 3, 6 %

COREE du SUD  38 %               4,2 %

USA                    38 %              4,2%

SUISSE                29 %                3 %

(Sources : statistiques –mondiales.com, ocde.org, données 2016 et 2017).

Ce taux de dépenses s’explique par un secteur public surdimensionné et une protection sociale trop coûteuse, clientéliste, idéologique et qui n’atteint même pas son but, car au lieu d’être en partie payées par leurs bénéficiaires comme il conviendrait, les charges qui en découlent sont imposées aux entreprises dont la compétitivité est ainsi amoindrie face à des concurrents aujourd’hui planétaires. Le résultat est que ces personnes « aidées » payent par le chômage cette pseudo-protection.

Un  autre résultat de cette politique est de susciter une forme de stress permanent où chacun se demande ce qu’il a encore le droit de faire et comment, sans enfreindre un quelconque règlement.

À l’encontre de l’objectif recherché par le pouvoir, on observe alors qu’une part de plus en plus importante des citoyens vit hors la loi : le nombre des automobilistes roulant sans permis augmente sans cesse !

Les Libéraux sont les seuls à dénoncer toutes ces formes d’intrusion dans la vie privée de chacun

Depuis des décennies, voire des siècles, en réalité cela remonte à Colbert ou même Richelieu, les gouvernements dirigistes successifs s’ingèrent sans cesse dans le quotidien des gens, veulent leur dicter leurs choix de vie, sans que les citoyens leur demandent quoi que ce soit : ces politiques et leur armée de technocrates agissent ainsi sans aucun mandat pour le faire.

Ce comportement est permis par les institutions : aucun des régimes établis en France, y compris notre république monarchique actuelle ne prévoit de contre-pouvoir au citoyen. Passées les élections, les citoyens ne disposent d’aucun droit pendant les législatures ou les mandats présidentiels. Des projets seraient enfin à l’étude : vite, donnez nous un droit au referendum populaire applicable !

Mais l’abus des réglementations de toutes formes : restrictions des libertés, interdictions diverses, sanctions au civil ou au pénal  sans cesse augmentées, ne leur suffit pas : ils ont décidé  d’envelopper les Français dans une vaste doudoune : le principe de précaution, abrité (lui-même…) dans la Constitution française depuis 2005. Mais pourquoi s’arrêter là ? Le pouvoir crée, dès l’année suivante, l’Observatoire du Principe de Précaution (sans doute pour veiller à ce qu’il ne s’échappe pas de ladite loi fondamentale… ?), générant des attitudes, des comportements qui restreignent le goût de l’initiative.

En finir avec l’interventionnisme politique

Dans la même veine, pendant chaque campagne pour la présidentielle, c’est à qui proposera le plus de solutions pour  protéger les Français.

En réalité, les Français ont plutôt besoin d’être protégés de l’excès d’interventionnisme de leurs dirigeants. Ils ont surtout besoin de sécurité, de stabilité, bref d’un état de droit. La  gouvernance de ceux-ci, depuis 30 ans, a débouché sur un niveau de chômage, de pauvreté et d’endettement insupportables : on frôle les 100% d’un PIB annuel. Alors, pour continuer d’exister, croit-elle, cette classe politique disqualifiée multiplie les mesures dans  les domaines qui ne la concernent pas.

Mais l’on se doit de reconnaître qu’existe en France une longue tradition qui voit nos concitoyens supporter, aux sens français et anglais du terme, les personnages qui prétendent guider leur destin : des grands féodaux aux monarques les plus absolus, sous l’alliance du trône et de l’autel, menés aux pires excès par des empereurs longtemps vénérés, soutenant même majoritairement le chef de l’État vichyssois. On objectera que les Français se sont révoltés plusieurs fois contre des pouvoirs abusifs. Oui, mais de quelle façon ? La Terreur, la Commune, l’adhésion à des idéologies totalitaires étaient-elles des réponses adaptées ?

En opposition la plus totale à cet esprit de peur généralisée, à cette vision triste et rabougrie de l’homme, les libéraux proclament qu’une vie sans liberté, sans le risque qui  l’accompagne, ne vaut pas la peine d’être vécue.

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Ils rappellent que, si parmi nos lointains ancêtres, des hommes n’avaient pas pris de risque nous serions encore en train de geler au fond des cavernes !

Quand les Français leur feront confiance, les libéraux proposeront donc de remplacer l’Observatoire du Principe de Précaution par l’ARA, l’Agence du Risque Assumé, qu’ils sont prêts à gérer bénévolement.

Le libéral livre ici son secret : il est porté par des valeurs positives, les droits exprimés dans la DDHC de 1789. Chaque jour il éprouve le bonheur d’être libéral, cette sensation forte de dépendre d’abord de lui-même, de pouvoir échanger, agir seul ou avec d’autres citoyens librement choisis.

Il est capable de confiance en lui et dans les autres, sentiment sans lequel rien ne s’entreprend de fort et de durable. Il accueille avec bienveillance la révolution numérique qui met l’information à la portée de tous, sapant là une des sources principales du pouvoir des top-downers qui contrôlent les « gens d’en bas », et donne enfin la parole à tous les citoyens qui veulent s’exprimer.

Les libéraux ont la solution à la crise actuelle ou à venir : laisser les millions de Français apporter leurs idées, leur engagement et agir là où ils se trouvent.

Et pour le reste, les libéraux souhaitent que les  citoyens se souviennent de ce que disait, il y a déjà deux cents ans, Benjamin Constant :

Prions l’Autorité de rester dans ses limites : qu’elle se borne à être juste ; nous nous chargerons d’être heureux.