Increvable marxisme

Publié Par Guy Sorman, le dans Philosophie

Par Guy Sorman.

Aux toutes récentes élections législatives en Espagne, la plus grande part des voix, 44%, est allée à la gauche, mais si divisée qu’elle ne peut pas gouverner. Il n’empêche que ces deux gauches, l’une réformiste et l’autre révolutionnaire, sont dominantes dans le peuple et l’une comme l’autre, à des degrés variables, sont fondées sur une analyse marxiste et anti-libérale de nos sociétés. Un résultat similaire me paraît envisageable en France, l’an prochain. On peut donc s’étonner qu’une idéologie, le marxisme sous toutes ses formes, survive à ses multiples mises en œuvre qui toutes ont conduit à des catastrophes économiques et humanitaires.

Le vrai marxisme

On connaît l’argument constant des marxistes pour expliquer leurs échecs : ce n’est pas le marxisme authentique qui aurait été appliqué mais une perversion de la doctrine vraie par des Russes ignares, des Chinois déviationnistes, des Cubains tropicaux, des Nord-Coréens déséquilibrés, des Béninois primitifs, etc… Le vrai marxisme serait donc celui qui ne serait jamais mis en pratique et dès qu’il l’est, il n’est plus marxiste. Bizarrement cette défense par l’absurde d’une idéologie en principe matérialiste, fonctionne assez bien puisqu’il reste de par le monde des foules d’intellectuels, universitaires, militants et électeurs que le marxisme ne rebute pas.

Le nazisme et le fascisme n’ont, Dieu merci, pas survécu à Hitler et Mussolini tandis que Marx, Trotsky, Staline et Castro tous aussi totalitaires et meurtriers de masse s’en tirent devant l’histoire et n’ont pas entraîné leur idéologie dans leur chute. Essayons d’expliquer ce mystère et la séduction permanente du marxisme. Les ressorts, je crois en sont relativement simples : il déresponsabilise les individus, il offre une explication du monde clé en mains, il désigne des ennemis.

Dans le marxisme vulgaire à l’usage des masses, celles qui ne liront jamais les textes originels ni n’étudieront leurs conséquences pratiques, nul n’est responsable de son destin car nous sommes tous des rouages d’une grande Histoire qui nous dépasse ; nos heurs et malheurs ne sont que les conséquences de notre appartenance de classe et des conflits entre classes sociales.

Le renoncement à la liberté personnelle que permet l’adhésion au marxisme est très réconfortant pour tous ceux à qui pèsent la liberté et la responsabilité personnelle. Nous sommes là à l’opposé de la philosophie grecque de l’autonomie de la personne et bien entendu de la doctrine chrétienne. Mettant l’individu entre parenthèses, le marxisme vulgaire est reposant. Et substituant le Parti à l’autonomie, il réchauffe le cœur : le Parti est une famille de substitution.

La deuxième séduction du marxisme tient à sa prétention de tout expliquer : n’importe quel événement est ramené à la lutte des classes et à une course inéluctable de l’Histoire vers la société sans classes, qui elle-même baignera dans l’abondance des ressources : chacun se servira « au tas », en fonction de ses besoins. C’est une merveilleuse mythologie puisqu’elle promet l’Âge d’Or ici-bas, à terme, sans attendre l’Au-delà. Pour y parvenir, inutile d’agir puisque les forces de l’Histoire sont à l’œuvre, telle une mécanique à mouvement perpétuel : Marx était un prophète alchimiste.

Substitut à l’intelligence

Cette idéologie optimiste permet à chacun, aussi ignorant soit-il, d’expliquer le monde : elle remplace l’intelligence et n’oblige pas à étudier les faits, l’histoire ou l’économie. Les intellectuels marxistes ou leaders politiques de cette famille paraissent subtils parce qu’ils manipulent des concepts qui s’emboîtent les uns dans les autres : inutile d’entrer dans un débat critique avec ces croyants, c’est de la mécanique plaquée sur du vivant.

Enfin, troisième séduction, le marxisme connaît ses ennemis : les capitalistes. Qui est capitaliste, qui ne l’est pas, n’obéit pas à une définition bien claire : le capitaliste est celui que le Parti désigne comme tel, comme tout possesseur d’une vache au temps de Staline ou d’une rizière au temps de Mao.

En l’absence de définition, chacun vit dans la peur d’être désigné comme tel par le Parti : tous les Partis communistes au pouvoir ont gouverné par la peur généralisée de chacun qui du jour au lendemain pourrait devenir un ennemi de classe. Dans nos sociétés démocratiques, la peur est moindre parce que l’état de droit nous protège, mais qui niera que les partis, intellectuels, porte-parole, leaders marxistes chez nous en ce moment, ne sont pas mus par une certaine haine « de classe » ? On la ressent physiquement à écouter leurs discours. Or la haine,  que légitimise l’idéologie, est un rassembleur puissant des individus désemparés devant leur responsabilité personnelle.

Dès l’instant où la pérennité du marxisme est profondément enracinée dans la nature humaine, on comprend qu’il est difficile à contenir, impossible à déraciner. Quand on y parvient, il est remplacé par des idéologies comparables sous des appellations autres, comme le « souverainisme » du Front national en France qui fonctionne sur les mêmes principes psychologiques et récupère les électeurs du Parti communiste.

Il faut donc se résoudre à une évidence anthropologique : nos sociétés resteront éternellement divisées entre les raisonneurs qui manquent de passion – les libéraux en gros – et les passionnés qui déraisonnent. Une suggestion : il appartient aux raisonneurs de se montrer un peu plus passionnés dans leur exercice de la raison.

Sur le web

  1. Il existe une règle qui sera toujours à l’avantage des socialistes et qui ne changera jamais de direction, la plus grosse épine des libéraux :
    La bullshit nécessite beaucoup moins d’énergie pour etre fabriquée que pour être détruite.

  2. Remarquable, aucun besoin de commenter..

  3. Article intéressant. La tendance à tout remettre entre les mains de l’Etat est aussi ancienne que l’idée d’Etat. Le marxisme fournit juste le vernis pseudo-scientifique qui justifie un désir très profond d’appartenance et d’obéissance. Il flatte des instincts très profonds.

    Mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec la formule suivante: « Pour y parvenir, inutile d’agir puisque les forces de l’Histoire sont à l’œuvre, telle une mécanique à mouvement perpétuel : Marx était un prophète alchimiste. »
    Le marxisme exige l’action. Il l’exige même jusqu’à l’héroïsme. Si ce n’était pas le cas, il ne serait qu’une secte de doux rêveurs et n’aurait pas sa capacité de nuisance. Assez paradoxal d’ailleurs qu’une idéologie promettant un paradis terrestre et totalement athée se permette de sacrifier des générations entières. Il doit y avoir quelque chose de profondément satisfaisant dans la lutte elle-même, malgré les souffrances subies et infligées. L’action fait de toi un grand homme et te rend digne d’admiration. Et puis il y a toujours l’espoir naïf que les balles seront pour les autres.
    Le marxisme n’oblitère pas totalement la réflexion non plus. Il produit beaucoup de discours. Il oblige les gens à réfléchir… à la façon de faire advenir la société future. Mais il fournit toutes les prémisses. Il demande l’adhésion, ce qui est assez confortable, puisque c’est l’assurance d’être approuvé par le groupe. Il élimine le doute. Ça rejoint ce vous dites sur le confort. Mais un confort propre à séduire aussi des intellectuels brillants par ailleurs. Tout le monde n’est pas Socrate ou Jésus. Sommes-nous prêts à boire la ciguë ou à nous faire crucifier pour la vérité, seuls contre la foule?

  4. +1000 @l’auteur . Je me permets de rajouter un élément . Le marxisme colle au triangle : sauveur – victime – persécuteur décrit par l’analyse transactionnelle, c’est la mise en pratique permanente de ce schéma qui conduit à toutes les torsions et manipulations que nous observons .
    Comme vous le dites très bien , l’individu n’est pas considéré comme libre mais comme aliéné , il est prisonnier du triangle .
    Leur devise « Longue vie au triangle » 😉

  5. Ce que je ne comprends pas chez Sorman c’est comment il fait pour ne pas se rendre compte que ce qu’il dit du Marxisme peut se transposer point par point à l’UE.

    Si on remplace Marxisme par UE c’est exactement pareil.

    On connaît l’argument constant des européistes pour expliquer leurs échecs : il n’y a pas assez d’Europe, il faut une intégration toujours plus poussée.

    Dans l’UE vulgaire à l’usage des masses, celles qui ne liront jamais les traités ni n’étudieront leurs conséquences pratiques, nul n’est responsable de son destin car nous sommes tous des rouages d’une grande Histoire qui nous dépasse.

    Le renoncement à la liberté personnelle que permet l’adhésion à l’UE est très réconfortant pour tous ceux à qui pèsent la liberté et la responsabilité personnelle car cela permet de confier son avenir à d’obscur grattes papiers qui pondent des normes pour vous protéger du méchant capitalisme.

    […]

    1. Merci d’avoir mis le doigt là où ça fait mal ! 🙂

    2. Mais qu’est-ce qu’il faut pas lire des fois……. 😀 «Le renoncement à la liberté personnelle que permet l’adhésion à l’UE»… mais d’où vous sortez ça !?!?!

  6. La clé du mystère est en effet la responsabilité. Les libéraux acceptent d’être responsables de leurs actes; les marxistes refusent la responsabilité, donc la liberté et s’en remettent aux forces de l’histoire.

  7. Le marxisme est un populisme comme un autre, donc extrêmement dangereux, et qui mène fatalement au désastre. Mais vous remarquerez que le marxisme n’a jamais vraiment été appliqué en occident (sauf en Europe de l’Est pendant la guerre froide), et la plupart du temps dans des pays « exotiques » ce qui lui confère ce côté peut-être plus fascinant.

  8. Bonjour

    Lire (relire) la Grande parade de JF REVEL:

    « La longue tradition, échelonnée sur deux millénaires et demi, des œuvres des utopistes, étonnamment semblables, jusque dans les moindres détails, dans leurs prescriptions en vue de construire la Cité idéale, atteste une vérité : la tentation totalitaire, sous le masque du démon du Bien, est une constante de l’esprit humain. Elle y a toujours été et y sera toujours en conflit avec l’aspiration à la liberté »

  9. Excellente analyse. Outre ce qui a été dit, j’ajouterai que le marxisme est une religion de substitution, mais une de ces religions primitives reposant sur la peur, le mécanisme du bouc-émissaire, les sacrifices humains, la divination des chefs, vrais dieux vivants. Comme le nazisme, le marxisme montre qu’à force de considérer que le ciel est vide, on ne fait pas avancer l’humanité, on adore de nouveaux Moloch.
    S’agissant des intellectuels, il démontre à quel point une pensée vraiment laïque est difficile. Je crois que beaucoup de clercs ne se sont pas consolés de ce que le ciel soit vide. Ils veulent le faire descendre sur terre. Pas étonnant non plus que certains Chrétiens « progressistes », rongés par le doute sur les promesses du Nouveau Testament, vont lorgner sur l’Evangile selon Saint Karl Marx et selon Saint Lénine.
    Ceci dit, le marxisme a quelques ennemis périlleux pour lui:
    – les peuples qui, quand ils le peuvent, font la révolution contre les régimes communistes,
    – le capitalisme qui réalise progressivement la société d’abondance que promettait Marx, y compris en République populaire de Chine,
    – un certain écologisme, particulièrement bien implantés dans les pays anglo-saxons, qui annonce une apocalypse au nom de laquelle il préconise un nouveau totalitarisme, peut-être plus apte à séduire l’intelligentsia contemporaine.
    Parce que, le marxisme, de nos jours, ça fait un peu gros rouge qui tache.

  10. Nazisme, fascisme, marxisme, ça reste du socialisme ; on peut analyser les différences au microscope électronique à effet tunnel mais bon. Je ne comprends toujours pas pourquoi les fachos d’extrême gauche (auto-proclamés anti-fa) ne sont pas ostracisés comme les fachos d’extrême droite.

    1. Simple, ils sont dans l’autoproclamé camp du bien 😉

  11. A chacun selon ses besoins……..avec une telle formule par définition subjective et qui depuis 1912 fait figure de référence à la CGT comment voulez vous être contre:Le communisme a copié la Bible simplement le paradis est sur terre ,il suffit de le construire /les humoristes diront qu’il suffit de marcher en direction de l’Horizon du bonheur ..
    Et puis c’est tellement facile il suffit de prendre à ceux qui ont trop pour donner à ceux qui n’ont pas assez.. La liberté c’est contraignant son corollaire est la responsabilité et notre société actuelle passe son temps dés le plus jeune âge à déresponsabiliser les futurs « démocrates  »
    l’Etat cad le Parti est là pour donner le cap
    Plus ,la liberté voudrait dire que la concurrence est possible et cela est blasphématoire;la concurrence par définition se fait au détriment du salarié….
    le problème est que De Gaulle a abandonné la formation des esprits au communistes en 45 ,nous en payons le prix aujourd’hui ;,Pire une nouvelle branche religieuse s’est greffée l’écologisme et là encore l’éducation nationale est le vecteur essentiel.je m’en rends compte régulièrement avec mes petits enfants complètement abrutis d ‘une propagande verte et combien il est difficile de mettre un doute dans leurs certitudes:il ne faut pas lâcher….

  12. Jolie phrase de conclusion.
    Sachant que seuls humour et dérision peuvent combattre hystéries et émotions.

  13. Les capitalistes, motivés par l’optimisation de leurs profits, contribuent au bien commun sans que ce soit là leur objectif. Les marxistes, motivés par le bien commun, ont abouti partout où leur système a été essayé à un appauvrissement généralisé et à la mise en place d’un régime totalitaire basé sur la peur. Qui veut faire l’ange fait la bête, disait Pascal.

  14. Marx annonce (au XIXème siècle) que le futur progrès de l’humanité est dans la propriété collective des moyens de production. Il vivait en effet à une époque où la propriété des entreprises était concentrée en peu de mains.
    Le communisme a tenté de réalisé ce progrès de force, en étatisant par la violence.
    Le capitalisme réalise ce progrès tranquillement, en permettant à chacun d’accéder à la propriété par les marchés boursiers.
    La différence est que dans le premier cas, la gestion se fait par des irresponsables agissant au nom d’une idéologie, alors que dans le deuxième elle tend à se faire par des responsables agissant au nom de la rentabilité.
    L’histoire a montré clairement la différence dans les résultats économiques obtenus, résultats économiques entraînant les progrès sociaux.
    Si les syndicats étaient moins débiles, ils travailleraient dans le sens de l’élargissement de la participation!

  15. La principale force du marxisme est qu’il sert de catalyseur à la jalousie et à la haine, qui sont les passions motrice de la politique, exaltées par l’historiographie scolaire du grand mythe révolutionnaire. Peu importe la raison, la politique joue sur les passions.

  16. lehamstersortidesaroue

    Juste une remarque de raisonneur en passant. Ce n’est pas parce que le marxisme à tort que le libéralisme à raison.

    Le libéralisme à raison par ses réussites vu le progrès général et si on ne fait pas trop attention à certaines conséquences.
    Rien n’est parfait malheureusement…
    Peut être m’opposera t on que ce n’est actuellement pas assez libéral dans le monde et c’est pour ça qu’il y a des dérives : exploitations humaines et pollutions qui sont des faits avérés ainsi que des inégalités au-delà du raisonnable, ça ce n’est que mon avis.

    Le libéralisme a surtout raison tant que ses conséquences ne rencontrent pas les limites physiques de notre bonne vieille planète : ressources, espace alloué, pollution supportable etc

    En fait raisonner à partir d’une idéologie, le libéralisme en est une parmi d’autres, est voué à l’échec car une idéologie nie la réalité. La réalité est toujours beaucoup plus complexe et rusée pour déjouer les idéologies.
    C’est pour ça que le communisme a échoué, il a nié la nature humaine, l’individu.

    La liberté individuelle en étendard, c’est louable et je pense que c’est un objectif à atteindre mais cela suppose que chacun soit responsable et conscient de vraiment beaucoup de chose qui de fait vont limiter ses propres libertés.
    Ne serait ce que les limites physiques de la planète par exemple.

    Chacun s’autocensurera en toute conscience.
    Bonjour le travail d’éducation….. Je serais mort avant de connaître ça, je pense.
    Dans l’attente de l’éducation de chacun, je pense qu’il faut un cadre législatif suffisamment éclairé, limitant la liberté des incultes.
    On n’y est pas non plus, je vous rassures, le cadre n’est pas assez éclairé.
    bref pas de solution miracle, il va falloir composer avec la réalité pour tendre vers chacun décide et agit en conscience.

  17. C’est à mourir de rire à quel point vous (M l’auteur, mesdames messieurs les commentateurs) êtes débile, à tomber dans la caricature, et à commettre les mêmes erreurs que celles que vous attribuez à votre adversaire personnifié.

    1. Votre commentaire est affligeant et grossier Monsieur …

    2. T’as la rage ?

      1. Oh non, mais dis-donc on se marre vraiment beaucoup sur ce site. Par exemple, sous-couverts de rationalité, ici le papier est rempli de sophismes : technique du strawman (caricature ou transformation de la position adverse pour mieux la démonter :

        « On connaît l’argument constant des marxistes pour expliquer leurs échecs : ce n’est pas le marxisme authentique qui aurait été appliqué mais une perversion de la doctrine vraie par des Russes ignares, des Chinois déviationnistes, des Cubains tropicaux, des Nord-Coréens déséquilibrés, des Béninois primitifs »
        (Rien de commun entre les Russes, les Chinois, les Cubains et hahahah, les Nords-Coréens ; confusion du marxisme et du communisme ; pétition de principe : si la Corée du Nord est un régime « communiste », alors le communisme est forcément totalitaire).

        Aussi, la comparaison entre éléments hétérogènes (ici, entre des dirigeants autoritaires et un philosophe/sociologique/économiste) :

        « Le nazisme et le fascisme n’ont, Dieu merci, pas survécu à Hitler et Mussolini tandis que Marx, Trotsky, Staline et Castro tous aussi totalitaires et meurtriers de masse s’en tirent devant l’histoire et n’ont pas entraîné leur idéologie dans leur chute »
        (Big up à celui-là, ça c’est un vrai sophisme).

        Encore un peu de strawman ? Oké :

        « La deuxième séduction du marxisme tient à sa prétention de tout expliquer : n’importe quel événement est ramené à la lutte des classes et à une course inéluctable de l’Histoire vers la société sans classes, qui elle-même baignera dans l’abondance des ressources  »
        (ça, c’est pas Marx, c’est l’idéologie staliniste, rien à voir.)

        Un petit peu de phrase qui veut rien dire ? oké (y’en a plein, j’en prends une parce qu’elle est rigolote) :

        « c’est de la mécanique plaquée sur du vivant » (ça c’est Bergson pour la définition du rire provoqué par le comique, en l’espèce dans l’article, ça veut rien dire).

        Contradiction (deux exemples) :

        « qui niera que les partis, intellectuels, porte-parole, leaders marxistes chez nous en ce moment, ne sont pas mus par une certaine haine « de classe » » :

        (du coup, elles existent les classes sociales ? Marx aurait-il fourni une grille d’analyse partiellement intéressante ? OH MON DIEU)

        « Il faut donc se résoudre à une évidence anthropologique : nos sociétés resteront éternellement divisées entre les raisonneurs qui manquent de passion – les libéraux en gros – et les passionnés qui déraisonnent. »

        (c’est rigolo un libéral qui soutient une « évidence anthropologique », vous savez, le truc qui fonde la plupart des morales totalitaires ; bref, attention M. Sorman, là vous tombez dans un rapport scholastique au monde ! Les autres sont débiles, vous avez la raison pour vous : c’est joli et bien arbitraire comme partage.
        D’ailleurs, n’est-ce pas celui que, mutatis mutandis, la plupart des libéraux reproche à (ce qu’ils croient être) Marx – l’idée que l’homme étant un être inconscient face à la praxis et à ses propres passions, il n’y aurait que l’intellectuel qui connaîtrait l’objectivité des actions des individus enfermés dans leur propre subjectivité ? Eh bah…si. Sauf que Marx lui a mis un livre pour le fonder, et vous le faites en 15 lignes, putain c’est beau à en chialer.)

        Bande de grosses brèles qui se prennent pour des raisonneurs.

  18. Sauf que je n’arrive pas à concevoir le nazisme et le fascisme comme une sorte de cousinage avec le marxisme et le socialisme.

    1. Le rapport de conception ?
      « Tout dans l’état, rien contre l’état, rien en dehors de l’état » Benito Mussolini

    2. Un socialisme revendiqué par eux pour commencer. D’aucuns pourront les considérer comme hérétiques à cet égard, mais l’inspiration socialiste est clairement revendiquée.
      L’usage de la violence comme moyen de prendre le pouvoir est un point commun avec les marxistes, mais pas forcément d’autres mouvements socialistes.
      La différence majeure, c’est le nationalisme. Encore que…
      Si la différence est majeure dans l’idéologie, elle tend à s’estomper dans la pratique. D’un côté comme de l’autre. « Le socialisme dans un seul pays » devient une nécessité quand on se rend compte de l’impossibilité de faire la révolution mondiale. Curieusement il y a des peuples qui ne sont pas intéressés. Un État socialiste, lorsque les difficultés économiques surviennent, en arrive rapidement aux mêmes mesures de protectionnisme, de préférence nationale et d’exception culturelle que les natoonalistes. L’intention n’est pas la même, mais les mesures se ressemblent. Et quand le pays est attaqué, quand l’adhésion à l’idéologie est douteuse, on fait bien vibrer la même fibre patriotique (cf Staline).
      De l’autre côté, les fascistes concmuent des alliances paradoxales, estompant, plus ou moins, leur racisme initial, dans les cas où le nationalisme est vraiment raciste.
      La plave du chef est peut-être un peu plus importante chez les fascistes, mais même là…

  19. Le procès de Nuremberg a neutralisé le nazisme; on attend toujours le procès du marxisme/léninisme/communisme dont s’est largement inspiré Hitler, du moins pour ses méthodes de contrôle des masses et de propagande. Il a juste remplacé la haine de classe par la haine de race. La haine de classe ne mérite pas de procès ?

    1. Le nazisme a ajouté la « haine de race » à la « haine de classe ». Celle-ci n’a pas été « remplacée ». La haine du « bourgeois » est omniprésente dans les écrits d’Hitler et de ses thuriféraires.

  20. A l’école, le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme est à charge, mais rien et zero contre les effets pervers du socialisme et du Marxisme….
    Pire il y a déni et histoire cachée…
    Même les profs d’histoire expliquent que Hitler n’était pas socialiste…Dirigeant d’u parti National-socialiste….Sic!

  21. lehamstersortidesacage

    Il ne suffit pas d’avoir l’étiquette socialiste pour l’être
    et de ne pas avoir l’étiquette pour ne pas l’être.

    Peut être que le nazisme avait d’autres critères qui ne rentraient pas dans le cadre du socialisme, à vous de voir la différence.

    Et le FN en France avec son programme économique chipé au front de Gauche, il est socialiste ou pas ?

    Et le gouvernement actuel il est socialiste ou pas ?
    Non, ils se disent eux-mêmes sociaux démocrates, maintenant qu’ils ont été élu sur une étiquette socialiste par des socialistes qui y croyaient et se sont fait avoir.

    Ne pas se laisser duper par les étiquettes et ce qu’il y a réellement dans la boite.
    ———-

    Quant à un procès de Nuremberg du Communisme il ne faut pas confondre le totalitarisme des hommes d’une époque et une idéologie.
    Le capital a été écrit en 1867, avec une forme de penser la relation aux autres, d’une autre époque.
    C’est-à-dire de se définir par rapport à un ennemi, un peu comme vous faites tous ici : les communistes (il n’y en a plus), l’état (il y en a de moins en moins).

    On ne peut pas dire que le capital ait mauvais fond vu qu’il décrit des phénomènes réels avec leurs conséquences réeles, tout cela dans un but de rendre la majorité heureuse, certes au dépend des privilégiés de l’époque.(1867)

    Le souci est d’appliquer une idéologie quelconque à la réalité. Ce qui n’a pas marché pour le communisme, ne marchera pas pour le libéralisme.

    Il y aura toujours des hommes et femmes pour s’opposer à une idéologie quelconque parce qu’ils n’en tirent pas avantage, ou moins que certains, voire beaucoup moins que certains.
    La nature humaine est jalouse et ce n’est pas dans la nature de tous les humains se conformer à une idéologie.

    Personnellement je n’ai pas envie de me conformer au libéralisme à cause de son inconscience des limites de la planète et de sa non prise en compte de la nature humaine.
    Le but affiché du libéralisme étant de libérer les force créatrices dans le but de créer des richesses, et du profit.
    On ne m’ôtera pas de l’idée que le profit est ce qu’on n’a pas donné au salarié.
    Après libre a vous de trouver de bonnes raisons à cet état de fait qui reste un fait de prédation du plus fort sur le plus faible.
    comment oser penser que le plus faible s’en trouve satisfait ?
    Le but du libéralisme n’est pas la préservation de la vie sur cette planète, ni le bonheur pour tous. Le libéralisme c’est : ma gueule, je veux être libre de faire ce que je veux et que les autres se démerdent !
    Je me donne bonne conscience et pensant que les autres auront des miettes de mon succès.
    Comment oser penser que ça puisse être accepté par tous.

    Est-ce qu’un libéralisme conscient des limites de la planète et composant avec la nature humaine sera toujours du libéralisme ?

    1.  » Peut être que le nazisme avait d’autres critères qui ne rentraient pas dans le cadre du socialisme, à vous de voir la différence.  »

      Les nazis avaient repris la plupart des articles du manifeste du parti communiste

       » Et le FN en France avec son programme économique chipé au front de Gauche, il est socialiste ou pas ?  »

      D’après vous quand on reprend l’essentielle d’un programme politique socialistes ont est quoi logiquement?

       » Et le gouvernement actuel il est socialiste ou pas ?
      Non, ils se disent eux-mêmes sociaux démocrates,  »

      Les socio-démocrates sont des socialistes qui contrairement aux dictature communistes ne prennent pas le pouvoir par la force mais par la démocratie. Mais le but final reste le même. Constituer une société socialiste parfaites ( enfin parfaites pour eux )

       » Personnellement je n’ai pas envie de me conformer au libéralisme à cause de son inconscience des limites de la planète et de sa non prise en compte de la nature humaine.  »

       » Quant à un procès de Nuremberg du Communisme il ne faut pas confondre le totalitarisme des hommes d’une époque et une idéologie.  »

      On parle des crimes communistes. C’est l’idéologie criminogène la plus impuni de l’histoire. A défaut de ne plus pouvoir inculper Lénine Staline, Pol Pot ou Mao autant mettre sur le banc de accusés l’idéologie et le condamner comme étant un crime d’état puisque que l’on ne peut même pas compter sur Poutine ou l’actuel président chinois pour le faire.

       » Le souci est d’appliquer une idéologie quelconque à la réalité. Ce qui n’a pas marché pour le communisme, ne marchera pas pour le libéralisme.  »

      Le libéralisme est au contraire une absence d ‘idéologie puisque elle laisse aux individus de penser par eux-mêmes. Une preuve que ça marche mieux que le communisme? Plus une société est libérale mieux elle fonctionne ( la Suisse ) plus est socialiste mois elle fonctionne. Aucun régime communiste a réussis. Contrairement aux sociétés fonctionnant aux capitalisme-libérale à des degrés divers. Toutes ont traverser divers crises économiques et toute se sont relevée à des degrés divers. Mais ce système est resté la norme et n’a pas failli comme les économies communistes qui eux après la crise ne se relève pas.

      Faut vraiment rien connaître au libéralisme pour prétendre qu’il ne tien pas compte de la nature humaine alors que libéralisme c’est de respecter les droits naturelles de l’individus des droits qui sont justement ce que la nature humaine est. Quand à l’inconscience qu’auraient les libéraux sur la limite de la planète, je ne suis même pas certain que vous comprenez vous même sur ce que vous dites

      Le but affiché du libéralisme étant de libérer les force créatrices dans le but de créer des richesses, et du profit.  »

      Lé aussi c’est rien connaître au libéralisme. Le libéralisme c’est le respect du droit à la propriété privée et la liberté d’entreprendre . Si après des groupes d’individus propriétaires veulent créer une entreprise à but non lucratives c’est tout à fait leur droit de pouvoir le faire puisque ils sont libres. comme ils seraient libre de constituer de communautés à l’écart de la société comme le fon les amish. L ‘enrichissement n’est pas un but d’une société libérales mais un droit.

       » On ne m’ôtera pas de l’idée que le profit est ce qu’on n’a pas donné au salarié.  »

      Parce que d’après vous c’est quoi qui permet à ce qu’une entreprise puissent pays ses salariés. Sans profit pas de salaire puisque c’est la faillite. On ne va quand même pas faire bénéficier les fruits d’un investissements de manière équitable pour des personnes qui n’ont pas pris des risques financiers à investir dans l’entreprises comme le font par ex. les actionnaires.

       » Le but du libéralisme n’est pas la préservation de la vie sur cette planète, ni le bonheur pour tous. Le libéralisme c’est : ma gueule, je veux être libre de faire ce que je veux et que les autres se démerdent !  »

      Etre libre c’est aussi être libre de devenir généreux envers les autres. Il y a beaucoup de fondations ou d’ONG dont les membres sont altruistes et qu’ils le seraient dans une société réellement libre. Quand à préserver la planète; Elle serait mieux préservée dans une société libérale puisque quand on est propriétaire en général on prend soins de son patrimoine. Dans une société libre la majeur partie de la société serait en main de privés.

       » Est-ce qu’un libéralisme conscient des limites de la planète et composant avec la nature humaine sera toujours du libéralisme ?  »

      Parce que vous connaissez d’autres système de société qui respect la nature humaine autres que le libéralisme?

      D.J

  22. Bonjour à toutes et à tous,

    Les « raisonneurs passionnés », ça existe et on en rencontre tous les jours, si on veut s’en donner la peine. Ce sont les innovateurs, les créateurs et les chefs d’entreprise. Le progrès global de l’Humanité depuis 200 ans repose sur deux grands piliers : l’énergie à bas coût et le progrès scientifique et technologique qui permet de s’en servir. La France a donc besoin d’augmenter fortement sa création de chercheurs, de créateurs, d’entrepreneurs. Ca ne peut se faire qu’en rendant beaucoup plus performant le système éducatif …
    https://www.linkedin.com/pulse/formation-recherche-et-innovation-pour-la-france-de-2100-tarissi

    Pour que tout cela fonctionne, on a besoin de quelques outils fondamentaux : la monnaie qui permet de donner des « prix » comparables à des biens et services totalement différents, et qui permet surtout de « stocker » du travail (l’épargne) pour le réinvestir dans des projets innovants. Ajoutons à cela le crédit, qui permet de redistribuer l’épargne en augmentant son efficacité (le « multiplicateur bancaire ») et l’assurance qui permet de mutualiser les pertes et d’individualiser les profits.

    Je ne sais pas si cela est « capitaliste », « libéral » ou « ultrallibéral » : c’est juste indispensable pour produire davantage de biens et de services avec moins de travail humain. C’est la seule façon connue d’améliorer le sort des « plus démunis » ou des « plus fragiles » comme s’en gargarisent les politiques qui en fait vivent sur le dos des susdits …

    Amitiés,

    Pierre

    1.  » l’assurance qui permet de mutualiser les pertes et d’individualiser les profits » ????????????
      assurément , où vous n’avez rien compris au libéralisme ou il faut sortir la boite à claques ! 🙂

  23. Finalement, le Marxisme est une idéologie comme les autres. La recette commence à être bien connue :
    – Un messianisme : une période heureuse dans l’avenir où le pouvoir sera donné à ceux qui croient.
    – Des ennemis qui empêchent la réalisation de la promesse. L’ennemi est toujours désigné.
    – Un livre à connaître par cœur qui contient le dogme.
    – Une obéissance absolue au dogme, seul chemin possible vers la rédemption.
    – Une inversion des notions de bien et de mal. Il est moral de détruire des ennemis pour permettre l’avénement de la promesse. L’individu ne porte plus la responsabilité de sa violence.

    Tous ces ingrédients se retrouvent totalement dans les grandes idéologies mortifères que sont le maoïsme, le nazisme ou le salafisme.
    Sur le Marxisme, j’ai un petit problème avec la position de Marx qui traitait les marxistes d’obscurantistes. Il n’est donc pas l’auteur volontaire du Marxisme et le Capital peut avoir une autre lecture. La gauche connait beaucoup de mouvements idéologiques qui ne sont pas forcément complètement construits (zadisme, écologisme…) et dont il faudra surveiller l’évolution.
    Nous vivons une époque formidable.

    1. @pascal legris +1 l ecologisme aura de « belles » perspectives à voir son succès auprès des jeunes …. Certains prônent délibérément une diminution drastique de l humain en faveur de la « nature » une idéologie décidément pleine de promesses :mrgreen:

Les commentaires sont fermés.