Complotisme : les faits scientifiques ne sont pas négociables

Les relativistes ont sapé la confiance dans la science. Mais la réalité et les faits scientifiques ne sont pas négociables.

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Complotisme : les faits scientifiques ne sont pas négociables

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 22 janvier 2018
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Par Michael Klein.
Un article de ScienceFiles

Nos malheurs ont commencé avec la sortie du relativisme des institutions dans lesquelles il était choyé, et son entrée dans l’espace public. L’idée erronée que nous pouvons discuter de la réalité et négocier ce qui relève des faits et de la fiction a non seulement fait perdre à la science beaucoup de son prestige, mais également permis aux parties prenantes de modeler la réalité à leur avantage dans l’espoir raisonnable de recruter des disciples. En particulier, le relativisme a fait que chaque Pierre, Paul ou Jacques pense qu’il a son mot à dire sur tout, et qu’il a ou devrait avoir une opinion sur tout.

Mais cela ne marche pas comme ça.

Les faits scientifiques ne sont pas négociables

La réalité et les faits scientifiques, c’est-à-dire ce que nous savons actuellement de la réalité de manière sûre, ne sont pas négociables. Que la Terre est une sphère un peu aplatie est non négociable ; que la gravitation détermine l’orbite des objets célestes est non négociable ; et il est non négociable qu’il y a un écart de rémunération entre hommes et femmes, des insecticides, des réfugiés sans conteste pacifiques et des Blancs fondamentalement mauvais.

Néanmoins, des hurluberlus veulent négocier à ce sujet. Ils veulent nous faire croire que la Terre est plate, qu’il n’y a pas de discrimination salariale ou que les Blancs sont tous racistes. Qu’il soit possible de diffuser ces absurdités, que chaque Pierre, Paul ou Jacques dont la maîtrise de soi n’est pas assez développée pour qu’il se rende compte du ridicule, puisse penser qu’il peut claironner ses imbécillités, tout cela est le résultat du relativisme.

Les relativistes ont nui aux sciences en prétendant que la réalité est construite, que l’on ne peut pas recueillir des informations fiables à son sujet. Ils ont nui à la société parce qu’ils véhiculent l’impression que l’on peut obtenir quelque chose – quasiment se construire une réussite – sans travail et sans effort.

Les relativistes ont sapé la confiance dans la science. Des disciplines telles que les études de genre – dont l’activité principale semble être de mettre des platitudes insolites dans le monde, en pensant que l’on a révolutionné la vision du monde – ont beaucoup contribué à ridiculiser la science, dans ce cas-ci les sciences sociales.

Il en résulte un climat de scepticisme qui porte préjudice aux sciences et dont des porteurs d’intérêts tirent parti pour promouvoir leurs propres affaires – en suscitant des doutes sur les recherches scientifiques qui leur déplaisent par des allégations scandaleuses, des sophismes ad hominem, des conclusions erronées ou d’autres absurdités.

Le climat de scepticisme envers la science est aussi un terrain fertile pour leur lutte contre les institutions de l’État et la liberté des citoyens. Les atteintes aux libertés civiles sont de plus en plus courantes. Les raisons peuvent en être trouvées principalement dans les incivilités et les comportements répréhensibles (fumer, boire, produire des déchets…).

Dans l’instauration de ce climat politique de scepticisme envers la science, un rôle important a été joué par la cinquième colonne des ministères qui a été installée au cœur de la science, entre autres grâce aux études de genre. Ce sont des gens serviles prêts à jeter le discrédit sur la science en l’instrumentalisant pour l’activisme politique ; ils fournissent un travail important de destruction par leurs affirmations toujours plus abstruses, toujours dans le but de discréditer la science comme point d’ancrage dans la mer de l’information et de lui substituer leur propre agenda politique.

L’agenda politique promu par les relativistes et les spécialistes des études de genre relève de l’appréciation. Ils ne diffusent pas de faits, mais des impressions, des sentiments, des associations personnelles, des attitudes et la haine de tout ce qui les contredit. Leur but est de produire un amas de cellules humaines qui peuvent être contrôlées par des stimuli émotionnels, sans que la raison influence l’action. Du reste, pourquoi donc ? Pour eux, la réalité est construite ; c’est le résultat de l’interaction entre les gens, et leur but est d’imposer leur version de la réalité. La contrainte est aussi une forme d’interaction humaine souvent oubliée.

Les constructions qui doivent être imposées à des individus libres comme étant la réalité du moment ont ceci en commun qu’elles sont vendues soit comme doctrine du salut pour l’émancipation de tel ou tel groupe, soit comme une variante de la démocratie – la démocratie en action. Lorsque 10 000 croyants convaincus de la mort nucléaire prochaine manifestent contre l’énergie nucléaire, ou contre le glyphosate, c’est la démocratie en action ; c’est ce que les charlatans veulent faire croire à leurs victimes. Parce que, pour eux, la réalité est négociable ; elle doit être négociable.

Car ce n’est qu’en imposant le fait qu’il est possible d’argumenter sur la réalité et les faits scientifiques que l’on peut mettre sa propre hérésie sur la table de négociation et en faire un droit démocratique, par exemple, de déclarer que la Terre est plate.

Mais la réalité n’est pas négociable.

Les sciences ont accumulé au cours de milliers d’années des connaissances qui peuvent être considérées comme sûres ou bien confirmées.

On ne peut pas en discuter.

Réhabiliter la science

Il est temps de réhabiliter les sciences et d’en expulser le fléau relativiste qui s’est emparé d’elles, quelle que soit la forme qu’il a prise.

Une science réhabilitée signifie qu’il est de nouveau possible de se faire sa propre image des sujets sur le fondement de l’état de la recherche scientifique.

Une science réhabilitée a pour conséquence que les contributions des groupes d’intérêt, que ce soit GreenpeaceCampactMonsanto ou l’Association des pharmaciens allemands, sont exclues de la détermination de l’état de la recherche scientifique sur un objet.

Une science réhabilitée réduit ces groupes d’intérêts à leur rôle de représentation des intérêts.

Une science réhabilitée n’est bien sûr pas ce que certains esprits simples veulent vendre pour de la démocratie, une situation dans laquelle chacun pense qu’il peut donner un avis autorisé, même s’il n’a aucune idée, aucune information ni aucune connaissance pour se former une opinion ; car une opinion n’est pas n’importe quelle phrase qui traverse l’esprit, une opinion est une déclaration fondée sur l’information et la connaissance.

Il est temps de remettre à leur place ceux qui sentent la réalité ou l’appréhendent d’une autre manière intuitive : dans les limites de leur propre esprit ; il est temps de laisser à ceux qui ont fait l’effort de recueillir des informations et d’acquérir des connaissances sur le sujet en question le soin de faire des déclarations raisonnées sur l’état des choses, les conséquences qu’elles ont et les conclusions qu’on peut en tirer.

En principe, cette possibilité est ouverte à tous. C’est en cela que la science est démocratique. Même les processus de négociation sont démocratiques en science dans la mesure où ils sont fondés sur des critères et des méthodes que n’importe qui peut acquérir.

Cependant, la démocratie atteint sa limite là où on veut déclarer un droit démocratique de voter sur la réalité. À partir de ce point, la science devient un outil de pouvoir pour ceux qui se sont informés des faits scientifiques, sur ceux qui ne se sont pas renseignés.

La beauté de ce modèle de domination est que tout le monde a la possibilité de se renseigner… Voilà pourquoi il est si important que la science et ses résultats soient à la disposition de tous, qu’elle ne soit pas monopolisée par les États et que le processus d’acquisition des connaissances soit protégé des influences des groupes d’intérêts ou des partis.

Par conséquent, la science ne peut prospérer que dans un climat de libéralisme dans lequel prévaut la division du travail et la possibilité d’émettre toute critique (une critique prenant la forme d’une déclaration étayée, logiquement correcte, et non : « c’est de la merde »).

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  • À relever, le travail fourni par le père de la Zététique en France, le professeur Henri Broch.
    Il devient de plus en plus nécessaire de s’éduquer à cette discipline, si on veut être cohérent dans l’appréhension du monde d’aujourd’hui.
    Tel la devise de Pythagore portée au fronton de l’Académie qui voulait « que nul n’entre ici s’il n’est géomètre » il conviendrait de porter au fronton des rédactions des médias, des écoles et de l’administration celle « que nul n’entre ici s’il n’est zétète »
    . . . et là, il n’y aurait plus grand monde . . .

  • Sans vouloir faire preuve du relativisme que dénonce l’article, je trouve un peu gênant et un peu anti-scientifique un discours qui dit qu’il y a des faits scientifiques incontestables et que « La Science » a parlé.
    Non, le propre de la Science, c’est de douter et de remettre sans cesse en question les acquis. L’exemple de la dérive des continents est particulièrement parlant : au temps de Wegener l’idée que les continents puissent bouger était jugé comme totalement anti-scientifique et contraire au concensus. À cette époque aussi, « la Science avait parlé ». Sauf qu’il semble qu’elle s’était trompée, comme un faisceau d’indices le laissent à penser aujourd’hui. Idem pour Darwin, idem pour Galilée en son temps. Qui sait quels faits ou théorie, dominants aujourd’hui, seront démentis demain par de nouvelles théories…?
    (qu’on me comprenne bien, je ne dis pas que tout est relatif non plus, concernant la rotondité de la Terre il me semble que depuis Eratosthène un certain nombre d’observations directes et indirectes font qu’il s’agit plus que d’une simple théorie scientifique)

    • « Qui sait quels faits ou théorie, dominants aujourd’hui, seront démentis demain par de nouvelles théories…? »
      Je pense que ca dépend fortement du domaine, un théorème mathématique, une fois vérifié est difficilement constestable,
      si on regarde la physique, les equations de gravitation de newton fonctionnent pas trop mal, elle ont juste été affinées par einstein,
      et il y à fort à parier que si ces formules changent de nouveau, ce sera un nouvel affinement, et non pas un changement majeure (même si les implications du changement elles peuvent êtres majeures)
      A mon avis on peut hypothetiser que plus on s’écarte des sciences dites dures (dont les maths sont le noyeau) plus le doute est permis.

      • « affinées par Einstein » ? Non, Einstein a « tué » le temps newtonien. C’est juste que tant que vous ne chercher pas à mettre en lien l’électromagnétisme et la mécanique, alors newton c’est suffisant. Et les prochaines théories seront probablement des changements majeures de la pensée scientifique.
        Quant au doute, encore faut-il pouvoir douter. Aujourd’hui, aucun être humain n’est en mesure de reproduire un résultat de la science. Le doute, c’est bien la dernière affaire du citoyen ! Il faut surtout se donner le temps de la reproductibilité ; car la science avance surtout par convergence des preuves. Le doute devient aussi inefficace que le relativisme devient pertinent …

        • @bleubv
          je serais assez d’accord avec @Chk
          « La renormalisation » est un maître mot en sciences
          On considère la théorie Newtonienne comme une approximation de celle de la gravitation Einsteinienne, qui elle même est « renormalisable ».
          Quant au « doute », il en existe une science, un art, une pratique, une hygiène qui devrait permettre à tout humain d’être un citoyen.

          • – Le doute est la défiance et le retranchement. En science, tout résultat implique une démonstration dans le cadre d’une théorie. Un magicien vous fera toujours passer pour un andouille tant que vous n’aurez pas l’explication théorique de son tour. Il ne servira à rien de douter si c’est vraiment réel, ou extrasensoriel, ou psycho-télékinésiquo-quantique.

            – soit. Vous êtes deux contre un, mais là je pense qu’on n’a pas compris la théorie de la même façon … qu’on puisse retrouver le mouvement des planètes avec Einstein, soit. Mais la démarche n’a rien d’un « peaufinage ». Newton retrouve bien que les mouvements apparents du soleil ou de la lune, mais je ne vois pas en quoi ça affine la théorie d’Aristote ?

            • @bleubv
              J’ai un doute sur notre point de vue le concernant.
              Le doute est étudié en science et ça s’appelle la zététique.
              Dans cet espace zétète les cas « extrasensoriel, ou psycho-télékinésiquo-quantique » entre autres, sont traités de manière scientifique.
              Pas besoin de faire du doute un objet vaporeux et de plus en plus nébuleux à mesure que l’on s’en approche.
              Bien à vous

              • Allez, je vous suis si on utilise le terme « scepticisme ». Quant à la zététique, je ne sais pas pourquoi elle souffre de cette image inquisitoire inhibitrice. « Une chandelle dans les ténèbres », c’est quand même d’une noirceur terrifiante, qui présuppose que seule une minorité recluse détient la vérité dans un monde massivement corrompu. Il faudrait revoir cette image qui lui est dommageable. Et plutôt que le « doute », je dirais plus que ce sont les « biais cognitifs » qui sont étudiés en science. Ainsi, je considèrerais majeure la réforme sociétale qui ferait de la psychologie une matière à part entière au lycée.
                Bien à vous également.

                • Votre réponse éclairée est elle même « une ne chandelle dans les ténèbres ».
                  Bien d’accord sur la nécessité d’une réforme.

        • Einstein a considérablement élargi le domaine d’observation de l’univers par rapport à Newton.
          Dans un référentiel local, une pomme tombe de son pommier selon une accélération constance, issue de la gravité terrestre.
          Et c’est amplement suffisant pour étudier la chute libre.
          Les variations de l’espace temps et leur influence sur l’écoulement du temps dont si négligeables qu’elles n’ont pour ainsi dire aucune importance sur le résultat.
          Ce qui explique pourquoi Newton ne les as pas vues. Il ne pouvait pas les voir.

          Mais quand on élargit le domaine d’observation, quand on étudie des phénomènes dans des contextes beaucoup plus larges, alors des éléments auparavant négligeables redeviennent significatifs, et doivent être pris en compte.

          Aujourd’hui nous savons que la célérité de la lumière dans le vide est une constante.
          Qui sait si un jour nous ne découvrirons pas qu’en fait elle peut changer, par exemple dans d’autres univers parallèles au notre ?
          Elle serait alors constante *dans notre univers*, mais pas constante dans l’absolu.
          Le contexte d’observation d’Einstein reste toujours correct, et se retrouve complété.

          • Des contexte beaucoup plus larges ? Avec la technologie actuelle, le décalage gravitationnelle vers le rouge peut être mesuré sur quelques centimètres de hauteur seulement. Newton ne pouvait pas le mesurer parce qu’il ne l’a pas pensé. Ça ne pouvait d’ailleurs pas être pensé à son époque ! En science, il est dur de vouloir mesurer ce qu’on n’attend pas. Et il faut se donner les moyens, c’est à dire construire de nouveaux appareils de mesure, qui est un des moteurs de la technologie.

            La chute des corps (des graves), c’est même avant avec Galilée ! Il a postulé cette loi comme quoi tous les corps tombe à la même vitesse dans le vide, alors qu’à son époque, on ne savait pas faire le vide. Révolutionnaire ! Il a pu élaborer sa théorie en mesurant la durée de chute de différents corps dans des liquides de différentes densités. Ensuite il a « mentalement » extrapolé en se demandant ce qu’il se passe s’il n’y a plus de liquide. Un génie pur !

            – nous ne « savons » pas que la célérité de la lumière dans le vide est une constante dans tous les référentiels inertiels. C’est plus un postulat qu’une connaissance, sachant qu’avec la physique, la définition du vide n’est pas très « stable »

    • Vous confondez sciences et scientifiques. Les scientifiques sont des hommes, et donc sensibles à l’émotion et aux biais cognitifs. En science, comme souvent ailleurs, l’évolution des mentalités se construit par un renouvellement générationnel.
      Et la science ne se remet en cause qu’à travers la science elle meme, pas sur l’avis d’un site web ou d’une obscure video

  • Le vrai moteur de la démarche scientifique est le « doute »
    La certitude absolue n’est que relative.
    Sans le doute nous en serions encore à la terre plate, à l’atome …
    La science est en perpétuelle évolution et les « certitudes » d’aujourd’hui ne seront plus celles de demain et ce dans beaucoup de domaines

    • Non, douter de tout implique douter du doute .. on tourne en rond. Le doute est le moteur du relativisme. Le vrai moteur de la science, c’est l’insatisfaction.

      Copernic n’a pas remis la terre dans les cieux par doute, mais parce que c’était plus « harmonieux ». Ce n’était pas une théorie scientifique, mais un déplacement philosophique positif.

      Galilée, lorsqu’il était professeur à la faculté, a bel et bien enseigné la théorie de Ptolémée. Mais il a fini par adhérer au système copernicien parce qu’il a osé regarder le ciel avec une lunette astronomique, alors qu’il n’y avait rien à voir puisque c’était « parfait », et que ces observations ne collaient plus du tout avec ce qu’on savait ! Personne avant lui n’avait eu l’idée de faire ça ! Ainsi sont révélés trois autres moteurs de la science: primo la connaissance parfaite du savoir contemporain, secundo la technologie et sa possibilité de s’extraire de ses limites, et tertio, le toupet !

  • Les faits scientifiques ne seront indéniables que lorsqu’ils seront exprimés avec la précision et la rigueur qu’ils méritent. Par exemple, que la théorie de la gravitation permette d’expliquer la trajectoire des corps célestes ne signifie pas que la gravitation soit un fait, on pourrait dire la même chose de la volonté divine. Qu’il existe un écart de rémunération entre hommes et femmes ne signifie pas que les femmes soient discriminées. Etc. Si les précautions adéquates ne sont pas prises dans la formulation des assertions scientifiques, elles ne peuvent être scientifiquement inattaquables, et les scientifiques sont de facto désarmés pour les défendre.

    • Quand vous lâchez une pomme elle s’envole? Et vous arrivez à voler? La gravitation n’est pas un fait pour vous?

      • Le fait, c’est que la pomme tombe, que l’objet tient debout si la verticale de son centre de gravité passe à l’intérieur de son polygone de sustentation, que le satellite tourne autour de la terre en respectant la loi des aires, etc. La gravitation universelle est un modèle satisfaisant puisqu’il est conforme à ces faits, mais pour que la gravitation elle-même soit un fait causal, il faudrait être capable de la faire disparaître, et d’observer ce qui se passe alors. Si je prétends que les corps s’attirent de par la volonté divine, vous ne pouvez pas plus réfuter ma thèse que la gravitation. La gravitation n’est qu’un modèle qui colle bien à ce que nous observons, ça n’est pas ce que nous observons. De même, des écarts de rémunération entre hommes et femmes sont les faits que nous observons, la discrimination envers les femmes est un modèle qui pourrait expliquer cette observation, mais ainsi que le montre H16 dans un autre article, c’est loin d’être un fait !

      • Le fait et sa théorie explicative sont deux concepts bien distincts, et c’est en les distinguant qu’on permet aux théories de progresser.

  • « Luke, tu comprendras que la plupart des vérités auxquelles nous tenons dépend avant tout de notre point de vue  » – Obiwan Kenobi

    … Ne rigolez pas, des millions d’humains sur cette planète en sont fan, au point que des centaines de milliers d’entre eux l’ont même déclaré en tant que religion principale (en Australie notamment).

    Les faits scientifiques ne sont peut être pas négociables, mais ils ne sont pas « vrais » dans tous les cas. Cela dépend du contexte, du référentiel choisi, du point de vue :
    La terre tourne autour du soleil, dans le référentiel du soleil. Dans le référentiel de la terre c’est le soleil qui tourne autour d’elle.
    Et ces deux faits sont tout aussi vrais l’un que l’autre, et non négociables *dans leurs contextes respectifs*

    Prenez une photo de la Terre prise par, par exemple une mission Apollo sur la Lune, et imprimez la sur une feuille A4.
    Sur cette feuille, la Terre sera un disque de quelques centimètres de diamètre, et de quelques millimètres d’épaisseur.
    Et ça ne sera pas non plus négociable, mais dans ce référentiel uniquement.

    Pour son salut, la science ne doit pas être présentée comme un dogme, comme une série de vérités uniques et absolues qu’on doit accepter telles qu’elles sous prétexte que « ça a été prouvé avant vous ».
    La science, les sciences, ça se vit, ça s’imagine, ça s’expérimente, ça se découvre via de nombreux échecs, et quelques réussites.

    La science, ça se comprend.

    Et c’est via l’éducation qu’on y parvient : En apprenant à nos jeunes à croiser les informations qui leurs parviennent.
    A en douter, toujours, quelles qu’elles soient.
    A définir dans quels contextes ces informations ont été produites.
    A expérimenter de leur coté, et se forger leur propre vis.
    A comprendre par eux mêmes.

    • Là vous êtes relativiste. … Dans « la valeur de la science », Poincaré écrit: « Une théorie [physique] est d’autant plus vraie, qu’elle met en évidence plus de rapports vrais ». Les vérités ne dépendent pas du point de vue, elles dépendent de la mise en lien qu’on fait avec tous les phénomènes connus. Vous pouvez aisément être heureux et vous satisfaire du référentiel de Ptolémée si vous ne connaissez pas le pendule de Foucault, les marées, les forces de Coriolis, le principe d’inertie, la chute des corps. Même Galilée s’était trompé avec sa théorie des marées ! Et personne à l’époque pour le contredire sinon Newton 60 ans après …

      Bref, la science sont avant tout un problème de curiosité, et de dépassement de soi. Éducation ou prédisposition ? Dans notre époque où l’immédiateté est prédominante, voire récompensée, normal que les valeurs de la science s’écroulent, incompatibles avec l’utilitarisme ambiant

      N’oublions pas aussi que la science utilise les mathématiques. A notre époque où la rhétorique (les médias) l’emporte sur la pensée démonstrative (les maths), je ne sais pas si on peut être optimiste …

  • Le problème n’est pas tellement le relativisme, qui se justifie par le fait que l’homme interprète les faits et les choses selon son propre filtre. Le problème est plutôt que les non-spécialistes d’un sujet prétendent le connaitre mieux que les spécialistes…

  • Bon nombre de scientifiques ne parviennent pas à reconnaître les faits lorsqu’ils heurtent leur schéma mental. Les exemples pullulent surtout lorsqu’on aborde le monde quantique…
    Un exemple ? Voyez https://www.youtube.com/watch?v=LQmei8MuQNI
    Sans compter qu’un fort pourcentage d’études scientifiques sont biaisées de diverses façons: conflits d’intérêts, egos, carrières à construire, rivalités, financements, tabous…Pasteur et Freud n’y ont pas échappé et l’ont reconnu avant leur mort.

  • et il est non négociable qu’il y a un écart de rémunération entre hommes et femmes,

    Bien joué,
    comment se retirer toute substance à son article.
    https://www.contrepoints.org/2018/01/22/308010-licornes-leprechauns-penicaud-schiappa-a-lassaut-de-lecart-salarial-hommes-femmes

    Vous confondez un peu les choux et les carottes :
    Les mathématiques, une fois prouvé, sont incontestable, car dépendant de données abstraites ou, pour être plus clair, les mathématiques sont une science dites pure (et les mahs sont les seuls de ce genre)
    du reste, tout le reste dépend des observations des faits et des théories qui les interprètent.
    Avec votre raisonnement, la terre serait au centre de l’univers avec toutes les planètes qui tournent autour et un peu plus de 1000 étoiles, puisque c’était, avant le 16ème siècle, « scientifiquement » prouvé.
    La science évolue par sa remise en cause permanente.

  • On a mis sous le vocable de « science » beaucoup de choses de choses différentes

    pour moi ne meritent ce mot que les sciences « dures » ; celles pour lesquelles il est possible de refaire les expériences

    dans celles la les choses sont établies elles progressent en affinant les connaissances.

    les « connaissances » dans d’autres domaines sont beaucoup plus floues
    et peuvent donner lieu a des dérives idéologique; par exemple je me demande si les personnes qui admettent qu’il n’existe des races de chiens ou de chevaux mais affirment qu’il n’existe pas de races humaines méritent bien le qualificatif de scientifique

    • Exact! Les sciences dites sociales n’ont rien de scientifique puisqu’elles permettent de dire n’importe quoi puisque il ne peut y avoir de vérification par l’expérience !

  • Lorsque des scientifiques refusent de respecter la déontologie de leur discipline et claironnent que la température augmentera de 6% en 2100 ils ridiculisent la science. On ne peut leur accorder crédit après de telles sottises!

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