L’écologie, divine surprise des politiques

La pensée écologiste était à l’origine cantonnée à de petits cercles. Mais, à la fin du XXe siècle elle commence à influencer tous les partis politiques car elle apparaît comme porteuse électoralement.

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L’écologie, divine surprise des politiques

Publié le 20 décembre 2017
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Par Patrick Aulnas.

L’écologie, voilà bien une opportunité inespérée pour les politiciens du début du XXIe siècle ! Diffuser la croyance que l’homme doit « sauver la planète » ou même « sauver le climat ».

Face à l’absurdité de telles formules, beaucoup d’écologistes ont ajusté le propos : « la planète et le climat se fichent bien de nous, pauvres humains, mais il faut nous sauver nous-mêmes. » Comment ? En étant vertueux, tout simplement. La vertu consiste à suivre la pensée dominante, sans trop d’esprit critique, et à agir en conséquence.

Nous avons péché, il faut désormais payer le prix de nos fautes

Cette pensée dominante est assez banale. L’homme de l’époque industrielle a péché en exploitant sans retenue énergies fossiles et matières premières. Par son arrogance d’Homo sapiens, il a bouleversé des équilibres écologiques très délicats.

Les conséquences n’ont pas tardé à apparaître : modification de la composition de l’atmosphère terrestre (gaz à effet de serre provenant des énergies fossiles), réchauffement climatique subséquent, disparition d’espèces végétales et animales, montée du niveau des océans, etc.

Il faut désormais réagir rapidement car c’est la survie même de l’homme qui est en jeu. Il devra retrouver plus de modestie et respecter une discipline stricte. Les politiciens le guideront, indiqueront clairement comment produire, comment se déplacer, comment cultiver la terre. Ils savent même parfaitement désormais comment penser l’avenir. Il suffit de les écouter et de les croire.

Dieu, Nietzsche et Marx

Après la « mort de Dieu » pour beaucoup d’entre nous (augmentation du nombre d’agnostiques et d’athées) et la mort de l’idéologie marxiste (anéantissement historique du communisme au XXe siècle), l’homme occidental s’est trouvé face à un vide.

L’espoir du paradis des chrétiens (l’au-delà, si on est vertueux) et l’espoir du paradis des marxistes (la société sans classes, si on est un bon militant) se sont évanouis pour la grande majorité des hommes. Quel sens donner à la vie désormais ?

Pas plus que l’homme ordinaire, le politicien n’a de réponse à cette question. Mais il est très difficile de gouverner sans projet crédible. Il faut que les citoyens croient, sinon le nihilisme pourrait les emporter et le lien social se dissoudre.

Enfin un grand projet pour l’humanité !

L’écologie fut à cet égard une divine surprise. Elle offrait à l’humanité un projet grandiose qui s’accompagnait d’un acte de contrition. Le développement pouvait être durable et non plus destructif de l’environnement naturel.

Les énergies elles-mêmes pouvaient être renouvelables. Les conséquences désastreuses des fautes commises dans le passé par orgueil et légèreté pouvaient être réparées. « Certitude, certitude […] Joie, joie, joie, pleurs de joie » (Blaise Pascal).

Que les catholiques ne s’offensent pas du parallèle avec l’illustre janséniste. Il y a bien quelque chose de quasi-religieux dans la démarche du militant écologiste puisque sa mission consiste à sauver l’humanité, rien de moins. Bien sûr, c’est l’homme qui sauve l’humanité. Cela n’a pas autant d’allure qu’une vraie religion avec un vrai Dieu. Mais on doit faire avec ce qu’on a.

Nietzche en personne l’a écrit dans Le Gai Savoir : « Dieu est mort ! […] Et c’est nous qui l’avons tué ! […] Qui nous lavera de ce sang ? […] Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement – ne fût-ce que pour paraître dignes d’eux ? »

L’intuition nietzschéenne est à la mode. Elle vient d’être reprise par Yuval Noah Harari dans Homo Deus, une brève histoire de l’avenir (Albin Michel).

Foi écologiste et opportunisme politicien

La pensée écologiste était à l’origine cantonnée à de petits cercles. Mais, à la fin du XXe siècle elle commence à influencer tous les partis politiques car elle apparaît comme porteuse électoralement.

Pour la plupart des politiciens, le ralliement à l’écologisme fut d’abord purement opportuniste. Les partis traditionnels de gouvernement (conservateurs, libéraux, sociaux-démocrates, communistes) restaient tous profondément productivistes, mais coloraient d’une touche de vert leur programme électoral pour grappiller quelques voix.

La montée en puissance de l’écologisme fut très rapide. Lorsque de nombreux scientifiques, oubliant la rigueur de la démarche scientifique, s’engagèrent politiquement pour soutenir les thèses écologistes, la quasi-totalité du monde politique fit acte d’allégeance, du moins médiatiquement. La date historique fut le sommet de Rio de Janeiro en 1992 avec l’apparition d’une Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Il devenait dès lors impossible de dissocier science, militantisme et foi aveugle dans une idéologie nouvelle. La politique s’étant emparé de la problématique écologique, celle-ci est aujourd’hui un enjeu de pouvoir. Les pays riches disposant tous d’une puissance financière gigantesque par le biais de prélèvements obligatoires massifs, le suivisme est lui-même massif.

Entreprises, associations, partis, centres de recherche, collectivités publiques de tous niveaux, doivent obligatoirement penser développement durable, conformément aux rapports périodiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Pour avoir l’argent, il faut penser juste.

Le scepticisme n’est plus ce qu’il était

Nous en sommes là. Évidemment, l’avenir ne ressemblera pas aux aspirations des militants ni aux dissertations creuses des gouvernants. Banalité. Les puissances s’adapteront aux réalités, comme toujours.

Le pragmatisme les guidera, mais leur discours restera dans la pureté doctrinale tant que la doctrine dominera. Le scepticisme reste aujourd’hui de mauvais goût. Il ne peut concerner que des personnes mal informées, qualifiées par les croyants de climato-sceptiques.

Rappelons que le scepticisme est une pensée philosophique grecque qui rejette le dogmatisme (« on a trouvé la vérité ») et propose de toujours douter, mais en continuant à chercher sans jamais se décourager. Beau projet.

 

Voir les commentaires (17)

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  • Il convient aujourd’hui de s’initier aux rudiments de la zététique si on ne veut pas se faire bouffer par tous ces charlatans et autres vendeurs de chimères.

  • Oui, la photo illustrant cet analyse à laquelle je souscris et bien choisie. De Chirac à Macron, en passant par Sarkozy et Hollande, ces 4 présidents ont tous fait les yeux doux à cet illuminé, qui s’est rendu populaire par ses émissions télévisées, et qui se croit maintenant investi d’une mission religieuse: sauver l’humanité.
    A désespérer de la démocratie.

    • Il faut néanmoins reconnaître que les médias commencent à s’intéresser à son mode de vie, pas franchement cohérent avec son discours avec ses nombreuses voitures.
      Mais, dieu merci, il s’approche de la félicité car il a fortement réduit sa consommation de viande, grâce aux conseils éclairées de son épouse, végan assumée.

      • Vous avez pu remarquer que les media poussent à manger végan depuis un certain temps?

        • @ Virgile et @ d’autres

          Ne confondons pas « l’écologISME » et le souci individuel de son « environnement » et de l’influence de cet « environnement » sur sa qualité de vie, qu’on peut appeler « écologie raisonnable et consentie » (en France, René Dumont).

          Oui, une loco à vapeur qui exploite 15 à 17% de l’énergie du charbon fournie n’est pas (plus?) vraiment raisonnable!

          Donc oui, les « lanceurs d’alerte » ont eu raison d’attirer notre attention!

          Les « politiciens écologistes » actuels sont-ils pour autant, encore justifiés quand le souci d’environnement « clean » est déjà bien intégré par une majorité de la population?

          Et qui se sent capable de modifier l’évolution du climat? On frise le délire!

          Il est temps de multiplier les observations « scientifiques » pour savoir de quoi on parle!

  • Hulot et son compère en hélicoptère,
    Yann Artus Bertrand, sont les nouveaux tartuffes tendances Montespan…

  • Pourtant la science exige de démontrer par l’expérience que les hypothèses sont valables. C’est la condition inéluctable pour qu’elles soient admises par la communauté scientifique. Dans ce cas on tiens pour vérité des spéculations reposants sur du vent, car tirées de modèles informatiques qui ne donnent un résultat qu’en fonction des données qui y sont insérées. Si vous y mettez que le CO2 augmente la température, ainsi qu’ils l’ont fait, on obtient 6° en 2100 !

  • La première législation écologique « minutieuse » a été le fait de Hitler.

    • @ Pemba

      point Godwin atteint!

    • sans les persécutions…le programme national ou fasciste socialiste plairait à des tas de gens…tout dans l’etat rien d’ans l’etat…

      On peut faire ou on devrait pouvoir des analogies sans que les gens puissent s’affranchir de répondre.

      Hilter ..nationaliste , socialiste, étatiste, fasciste,dictateur ,meurtrier de masse, lebensraum et inspirateur de la vw et moustachu amour des chiens et assez écolo et j’en oublie.
      d’une certain façon je suis comme hitler.

      On ne peut pas dire que l’amour de la nature conduise au national socialisme.. ou c’est tordu..
      Mais un amour démesuré de la nature conduit à la haine de l’homme parc contre..
      Toutefois…l’environnementalisme a les qualités pour devenir un totalitarisme.

      Le gros problème avec le nazisme, c’est que d’une certaine façon ,meurtre de masse mis à part..,des tas de gens sont tentés par une idéologie similaire ..m^me si le nom les révulse vraiment.

      c’est dommage qu’on ne puisse plus comparer à hitler sauf pour qualifier un antisémite.. on a quand bien m^me le droit de penser que les idées de socialisme et de nationalisme ne conduisent peut être pas à un régime nazi mais à un régime qui en partage certains des pires côtés.

      Un jour ou l’autre quand on est nationaliste et socialiste on a un groupe de gens sur qui on tape et on marche sur les libertés individuelles de tous.

  • Bah, toutes les idéologies, religieuses ou politiques, ont pour objet de sauver l’homme, et de le rapprocher d’un supposé paradis. Mais l’essentiel n’est pas là, la vraie question est : de quoi veut-on le sauver ? Quel est en réalité ce qui joue le rôle de Satan ?
    Dans l’idéologie libérale, il s’agit indéniablement de l’Etat et de sa propension à la réglementation.
    Qui est le diable dans l’idéologie écolo ?

    • Les enfers de l’écologisme sont très bien peuplés :
      – le nucléaire
      – le CO2
      – l’industrie
      – les particules fines
      – les voitures
      – le bétail péteur
      – les routes
      – le DTT
      – les barrages
      – les CFC
      – l’exploitation des terres rares
      – le glyphosate.
      Mais le Grand Satan, celui dont il ne faut même pas prononcer le nom, c’est l’humanité elle même coupable d’avoir inventé tout ça.

  • Gaïa, ou la folie humaine à la recherche du jardin d’Eden.

  • Nous irons tous au paradis ,les écolos en premier pour faire le labour nous on récoltera…parole de financier dans l’économie verte mais , chut , il ne faut pas leur dire que le paradis est sur terre ils y vivent un enfer et ne le savent pas.
    En fait tout cela est insignifiant ,les pauvres sont toujours des pauvres , les riches des riches et tous les autres leurs esclaves mais avec une vie assez sympa malgré les règles dignes d’un monastère voulues par les écolos , vœux de silence ,vie simple et frugale….m’enfin les moines ne sont pas que cela , ouf, y a la bière et les nanas tra da li da da…

  • Sur France 5, hier soir, des gens bien sympathiques prétendent changer le monde et la société par un retour à la terre comme au temps de nos ancêtres. Un belle imposture sur le service public bourrée de contre-vérités, de mensonges, et de caricatures. Voilà la nouvelle religion écolo avec sa théologie et tous ses dogmes. https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/354117-le-champ-des-possibles.html

    • ben zon pas tort…si tout le monde retourne à la terre comme au temps de nos ancêtres, je pense en effet q’ils auront changé le monde..
      ceci dit des guignols ..hypocrites ou idiots c’et selon.

  • Les commentaires sont fermés.

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