« L’écologisme » est-il une religion sectaire ?

paradise2 credits du remember licence (CC BY-SA 2.0)), via Flickr.

Abandonner l’écologisme, en tant que religion sectaire nocive au bien-être d’une société libre, et revenir vers la raison et la science, serait faire œuvre de salubrité publique.

Par Michel Gay.

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La transition énergétique replace sur le devant de la scène le plus grand défi qui se pose à l’humanité depuis la nuit des temps : distinguer la réalité de l’imaginaire… Dans une démocratie où les choix du plus grand nombre prévalent, faire la part de la vérité et de la propagande pour les citoyens devient même un devoir d’une importance cruciale à l’ère de l’information, mais aussi de la désinformation.

L’accumulation de contrevérités sciemment entretenues par certains idéologues écologistes devient écœurante. Ainsi, l’allégation du journaliste Noël Mamère, devenu depuis député écologiste, annonçant que « le nuage radioactif de Tchernobyl en 1986 s’est arrêté à la frontière française » a été attribuée à tort au professeur Pellerin. Cette phrase inventée a souvent été reprise de manière odieuse par des irresponsables de la mouvance antinucléaire et les médias. Des années plus tard, les tribunaux ont donné raison aux déclarations de Pierre Pellerin, et condamné Noël Mamère, dans le silence assourdissant des grands médias.

Certes, la manière de séparer le vrai du faux est influencée par les présentations médiatiques, mais aussi par nos espoirs et nos peurs. La montée de « l’écologisme », cette forme religieuse, voire sectaire, de la protection de la nature, contribue à façonner un avenir idéalisé qui heurte parfois la raison.

Cette nouvelle forme de « religion » recycle les croyances et les mythes judéo-chrétiens traditionnels à travers l’unité de l’homme avec la nature. Cet Eden initial serait brisé à cause de la pollution engendrée par nos actions. Nous serions des pêcheurs contre la Nature par nos émissions de gaz à effet de serre. Nous laisserions un enfer à nos enfants. Le salut serait dans le « développement durable » et une alimentation biologique représenterait l’hostie purificatrice.
L’Eden, le péché et la chute de l’homme sont des mythes religieux profondément ancrés dans le cerveau. Ces certitudes relèvent de la foi, et aucune argumentation ne parviendra à convaincre un « adepte » de changer de vision du monde.

Régulièrement, une partie de l’humanité réinvente un monde idyllique et perd de vue que le milieu naturel cruel n’obéit qu’à ses propres lois et ne s’intéresse pas à leurs rêves. Le « bon sauvage » vivant en harmonie avec la nature est une élucubration romantique et un leurre. Les conditions de vie de nos ancêtres étaient rudes et les mœurs féroces. Deux cents ans après Rousseau, beaucoup n’en sont pas encore persuadés, ce qui montre la ténacité des croyances face à des siècles de contradictions dans les faits.

Presque toutes les prédictions de catastrophes écologistes se sont révélées fausses depuis 50 ans, et notamment celles incluses dans le rapport du Club de Rome en 1972. Avec autant d’échecs passés, les prédictions environnementales des « écologistes » devraient être discréditées. Mais les croyances n’ont rien à voir avec les faits.
Les fondamentalistes religieux et les membres de sectes sont imperméables aux autres idées. Ils sont persuadés que leur façon de penser est la seule possible pour sauver l’homme, et que les autres se trompent. Ils veulent nous guider sur le bon chemin, même malgré nous.

L’écologisme, plein de bonnes intentions, a pourtant déjà conduit à des désastres. Cette vision dogmatique du monde a déjà tué des millions de personnes depuis 1970, notamment dans les pays les plus pauvres en interdisant, par exemple, le pesticide DDT1.

Lucienne et Michèle de Bouvier de Cachard, de l’association anti secte « Secticide », évoquent ainsi l’emprise des sectes2,… et le parallèle avec certaines associations écologistes est frappant :

« Les courants sectaires s’adaptent à leur temps. Ils soignent leur communication, ils savent drainer des capitaux, obtenir des subventions et le soutien de mécènes en se présentant avec une couverture légale et respectable. « 

Les sectes sont trompeuses et les objectifs annoncés peuvent être des plus variés. Elles sont passées maîtres dans l’art de séduire. Le recruteur crée l’illusion de l’échange affectif, s’en tient au registre des émotions, oblitérant toute logique ; il annihile ainsi chez son interlocuteur toute capacité de distinguer le vrai du faux, et ses propositions utopiques s’adaptent si bien aux attentes de nos contemporains que le résultat est magique, quels que soient l’appartenance sociale et le niveau de culture de la cible choisie.

C’est un détournement de l' »attention » comme en magie, et on suit toutes les consignes dans l’espoir de voir les promesses se réaliser, jusqu’à devenir une marionnette dont le prédateur tire les ficelles. Toute personne peut être exposée à cette phase d’abus de confiance, ce n’est pas l’apanage des faibles : nous sommes tous manipulables.

Le sujet est reprogrammé : on lui plaque un « prêt à penser », une vérité qui n’est pas vérifiable par les voies ordinaires du raisonnement mais « établie de manière irréfutable par son ressenti ». La personne va parler de ce qu’elle vient de connaître comme un amoureux qui est séduit par quelqu’un et ne tolère aucune critique.

Si une religion sectaire venait à influencer les décisions d’une politique nationale, alors ce serait la porte ouverte à une ère de peurs et de préjugés redoutables, un retour vers les ténèbres. Ce n’est pas un avenir souhaitable pour nos enfants.

Abandonner l’écologisme, en tant que religion sectaire nocive au bien-être d’une société libre, et revenir vers la raison et la science, serait faire œuvre de salubrité publique.

Annexe
Extrait de l’article « L’emprise des sectes » de la revue Le Mérite n° 143 d’avril 2015.
« Pour identifier avec rigueur l’emprise sectaire, on utilise habituellement une grille de critère établie par un spécialiste3 de l’emprise mentale, qui précise que pour porter le diagnostic, il faut que cinq des neuf critères soient établis afin « de ne pas imputer à tort un changement d’attitude et de comportement qui pourrait avoir d’autres origines (…) ».

Ces critères sont (les cinq premier en italiques peuvent s’appliquer à des écologistes militants) :

1) Rupture imposée avec les modalités antérieures des comportements, des conduites, des jugements, des valeurs;

2) Adhésion et allégeance inconditionnelles à une personne ou à un groupe ou à une institution avec impossibilité de croire possible de revenir à un mode antérieur;

3) Sensibilité accrue dans le temps aux idées, aux concepts, aux prescriptions, avec éventuellement mise au service de ceux-ci dans une démarche prosélyte;

4) Dépossession des compétences d’une personne avec anesthésie affective, altération du jugement, perte des repères, des valeurs et du sens critique;

5) Imperméabilité aux avis, attitudes, valeurs de l’environnement avec impossibilité de remettre en cause et de promouvoir un changement, voire de croire qu’il soit possible.

On pourra aussi reconnaître les attitudes et les comportements des écologistes les plus fanatiques dans les quatre critères suivants :

6) Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure et acceptation par une personne que sa personnalité, sa vie affective, cognitive, relationnelle, morale et sociale soient modelées par les jugements, les injonctions, les ordres, les idées, les concepts, les valeurs imposées par une tierce personne entrainant une délégation générale et permanente à un modèle imposé;

7) Mise à disposition complète, progressive et extensive de sa vie à une personne ou à une institution;

8) Altération de la liberté de choix;

9) Induction et réalisation d’actes gravement préjudiciable à la personne, actes qui antérieurement ne faisaient pas partie de la vie du sujet. Ces actes ne sont plus perçus comme dommageables ou contraires aux valeurs et au mode de vie habituellement admis dans notre société. »

  1. Site de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS)
  2. Article « L’emprise de sectes », dans la revue « Le mérite » n° 143, avril 2015.
  3.  Le professeur de psychiatrie Philippe-Jean Parquet, membre du Conseil d’orientation de la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (Miviludes), président de l’Observatoire des drogues et de la Toxicomanie.