L’impôt, c’est le vol

La notion de justice fiscale est une illusion.

Par Richard Hanlet.

Monsieur Macron n’échappe pas au rituel : les augmentations d’impôts sont pour tout de suite, les baisses pour plus tard ou… pour les calendes grecques. Et comme à chaque fois qu’il est question d’impôt, les avis contradictoires sur la notion de justice fiscale fusent.

« L’impôt progressif est juste parce qu’il frappe plus les riches ». « Mais non, c’est la flat tax qui est juste, parce qu’elle frappe tout le monde de la même façon… » De même pour la TVA, « injuste parce qu’elle frappe identiquement le riche et le pauvre ». « Oui mais le riche dépense plus, et achète des choses plus chères, donc il en paye plus… »

Débats moraux stériles

Ces débats moraux sont parfaitement stériles, parce que l’impôt vous prenant votre argent contre votre volonté, il s’agit donc d’un vol. Légal sans doute, mais un vol quand même. Et comme il n’y a pas de façon éthique de voler, toute tentative de justification morale est vaine. Les arguments ne peuvent être qu’idéologiques, et donc politiques.

C’est comme si on demandait à quelqu’un quelle est la meilleure façon de tuer sa mère : la seule réponse morale est que « il ne faut pas tuer sa mère… » Les scénaristes ne s’y trompent d’ailleurs pas. Dans les films qui commencent par un hold-up, et se poursuivent par une lutte pour le magot entre les voleurs, les billets finissent généralement dans un incendie, une rivière en crue ou ventilés par les pales d’un hélicoptère ! Parce qu’il n’y a pas plus de façon morale de s’attribuer le produit d’un vol, que de le voler…

Morale et taxe

Cela compris, on peut discuter de la façon la plus intelligente de taxer, de celle qui ne pousse pas certains à s’exiler, qui décourage le moins la production de richesses, qui tond sans arracher la peau, qui ne force pas à liquider une entreprise quand son patron meurt, etc. ; mais la morale n’a rien à voir là-dedans.

Enfin on peut se demander si au-delà de police, justice, armée et diplomatie, les hommes de l’État ont légitimité pour redistribuer les fruits de notre travail et de notre épargne à une myriades d’autres activités. C’est sans doute la question la plus fondamentale. C’est probablement pour cela qu’on ne l’aborde jamais…