3 contradictions de Macron dans son interview au Point

L’interview de Macron au Point est un exercice de communication qui montre combien le Président vit coupé des réalités. Mesure-t-il la portée concrète des décisions qu’il prend ?

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European Council meeting, june 2017 by European Council(CC BY-NC-ND 2.0)

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3 contradictions de Macron dans son interview au Point

Publié le 4 septembre 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Emmanuel Macron mesure-t-il réellement la portée des décisions qu’il prend ? La lecture de son interview-fleuve au Point permet d’en douter. Voici trois exemples précis, et non des moindres, qui permettent de nourrir le doute.

Macron veut plus de libertés pour les entreprises ? Vraiment ?

Macron, dans son interview, explique (page 35), à propos des ordonnances :

Cette réforme est ambitieuse pour aider nos PME-TPE à créer de l’emploi en leur donnant plus de libertés et de sécurité.

Mais, immédiatement avant, il explique pourquoi il veut renforcer le pouvoir des branches :

Les branches sont indispensables parce que beaucoup d’entreprises, mal outillées ou trop petites, ne peuvent ou ne souhaitent pas négocier des accords complexes. Et puis n’oublions pas que la branche évite aussi une forme du dumping entre les entreprises. (…) On peut organiser la concurrence, mais en la régulant, sans faire du moins-disant permanent sur les standards sociaux.

Donc, on « régule » la concurrence, on l’organise par des accords de branche. Ce qui signifie donner plus de libertés aux entreprises.

Davantage de régulation, davantage de règles : voilà la liberté selon Macron…

Une fiscalité qui encourage le financement des entreprises ? Vraiment ?

Autre contradiction flagrante dans l’interview d’Emmanuel Macron : le financement des entreprises. Le Président explique :

Je veux une fiscalité qui incite à investir son argent dans les entreprises, dans l’économie réelle, celle qui crée de l’activité et des emplois, pour laquelle le financement par la dette n’est pas approprié car le niveau de risque est trop élevé.

Mais alors pourquoi créer une flat tax de 30% sur les revenus du capital quand ceux-ci, placés en assurance-vie, sont taxés à 23% aujourd’hui ?

Dans la pratique, Macron relève de 25% la taxation de l’épargne placée en actions… lorsqu’elle l’est sous forme d’assurance-vie (soit plusieurs centaines de milliards aujourd’hui). Mais il explique qu’il faut baisser la fiscalité sur le financement de l’entreprise…

La baisse de l’impôt sur les sociétés : retardée

Emmanuel Macron et Édouard Philippe présentent leur politique en matière de baisse de l’impôt sur les sociétés comme très favorable aux entreprises.

Nous baisserons l’impôt sur les sociétés, au cours du quinquennat, jusqu’à 25%.

Sauf que… cette mesure retarde les promesses faites par le gouvernement précédent. Rappelons ici que Michel Sapin, sous la pression du Parlement, s’était engagé à baisser cet impôt à 28% en 2020.

Dans la pratique, Emmanuel Macron ne tiendra pas ce calendrier et va retarder les baisses d’impôt actées par la loi de finances 2017.

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  • Mais politiquement être dans le ni-ni est payant car cela renforce le clivage droite-gauche. Chacun peut y trouver des motifs de mécontentement, personne y trouve satisfaction. À droite comme à gauche, on campe sur ses positions, ce qui laisse à Macron un espace confortable pour … zigzaguer ?

  • Monsieur Verhaege voit la paille dans l’oeil de Monsieur Macron et oublie les poutres de tous ses prédécesseurs ! Quand on voit la popularité en baisse (parait-il mais j’en doute ?) de Monsieur Macron, il me semble qu’il doit pour le moment ménager la chèvre et le choux…tout en avançant, ce qu’il semble faire ?

    • Les prédécesseurs ont laissé des poutres — enfin, des branches, des seuils, des règles et des complications — en travers du chemin, sans doute, mais Macron n’a pas même fait semblant d’avoir envie de les jeter sur le côté. Le problème est très bien résumé dans la première phrase de l’article : Macron n’a aucune idée des mécanismes économiques qu’il pourrait mettre en oeuvre, il se contente de jouer sur les potards et les curseurs en suivant les indications de Bercy. Son job se limite dans son esprit à être son propre attaché de presse, en attendant que la reprise finisse par arriver. Déjà trois mois, et aucun signe de changement structurel, juste des ajustements.

    • En ne faisant rien. La réforme du code du travail est de la poudre aux yeux car il renforce les accords de branche!

  • Les compétences des PME-TPE sont limitées….elles doivent pouvoir se tourner vers leur branche en cas de besoin. Le souscripteur d’une assurance-vie se préoccupe du maintien de la valeur du capital investi. Il ne raisonne pas comme le boursicoteur.

    « Il n’y a qu’une foi, la mauvaise! »(J.P. Sartre)….ça vaut pour moi comme pour vous!

    • @Pyrrhon
      Bonjour,
      « Les compétences des PME-TPE sont limitées….elles doivent pouvoir se tourner vers leur branche en cas de besoin. »
      Les P.M.E et T.P.E sont écrasées par un livre de règles qui pèsent 1.4kg et des taxes dont le livre approche le kilogramme. Un contrat de travail c’est un accord entre deux personnes, la branche n’a rien a dire dessus. C’est un retour au bon vieux corporatisme.

  • Bonjour,
    Je trouve que cet article manque d’objectivité même si j’en partage la conclusion.
    1- le premier point est realiste même si nous pourrions observer que Macron a lacher du lest aux syndicats/accord de branche.
    2- le second pointest discutable: la majorité des assurances-vies de nos compatriotes sont en fonds euros et non actions, dévitalisés l’assurance vie lorsque les CAC40 cartonne a plus de chance d’orienter l’epargne vers des placements comme le PEA: l’histoir jugera la strategie mais l’idée globale reste clairement dans l’objectif de reafecter l’epargne vers les actions et l’economie reelle.
    3- en annoncant visé un IS a 25% a la fin du quinquenat, le gouvernement n’a jamais annoncé que le seuil des 28% serait oublier, le PM a même eu l’occasion de preciser que cette diminution progressive passerait par 28% en 2020 pour atteindre 25% en 2023.

    Bref, je ne souhaite absolument pas defendre l’action du gouvernement mais je souhaite que les liberaux lui tapent dessus pour des raisons objectives au lieu de prêter le flan par des analyses partielles. Pour l’heure, saluont la tendance qui se manifeste a l’ecole et ailleur, le temps des gardiens d’une orthodoxie libérale reste a venir…

  • L’excuse habituelle pour justifier de taxer l’assurance vie est la réorientation de l’épargne vers le financement des entreprises et notamment des PME mais c’est de l’hypocrisie pure et dure, car à part un boursicoteur professionnelle aucun Français moyen n’est capable d’abonder directement au capital des entreprises….et comme les fonds de pensions n’existent pas en France (sauf à la marge pour les fonctionnaires ou certaines professions libérales avec la retraite Madelin)….il ne reste que l’assurance vie pour le salarié lamda. L’autre possibilité est d’abonder directement au capital d’une PME d’un copain ou d’un membre de sa famille….mais pas sure que ce soit légale.
    Donc c’est encore une mesure sociale démocrate keynesienne énarchique de merde dont le but déguisé est de relancer la consommation tout en punissant les ménages vertueux(c’est tout ce qu’on sait faire depuis 1945 !)

    • C’est une explication plausible et sensée, mais qui ne me convainc pas. Taxer pour réorienter l’argent vers autre chose ne marche guère, et ne fait que masquer la raison évidente : on taxe pour augmenter les recettes de l’Etat, et moins l’assiette est agile et fuyante, et plus l’Etat sera satisfait. Les 23% de l’assurance-vie sont déjà choquants quand on se souvient que c’était le plus souvent 0% avant que Rocard n’invente les prélèvements sociaux. Même en admettant que les temps ont changé, ils donnent un indicateur qui devrait être une limite haute puisque sur les revenus à sécurité maximale pour les produits du capital. En effet, qu’est-ce que l’accumulation de capital, sinon une assurance-vie et un objet de transmission à ses proches ?
      Je crois aussi que l’incapacité française à investir soi-même dans l’économie est elle aussi un mythe bien commode. Certes, notre Education Nationale ne prépare plus les jeunes à effectuer les calculs et comparaisons avec lesquels l’enfant des rues de 12 ans jongle sans effort dans les pays émergents. Mais le Français peut apprendre facilement !
      Si l’objectif du fisc n’était pas de maximiser les prélèvements sur les fonds et de les immobiliser pour ce faire, l’imposition du capital et de ses revenus et plus-values devrait être idéalement nulle. A la rigueur, on pourrait envisager une période de transition avec une imposition faible, inversement proportionnelle au risque assumé par l’investisseur, et payable par l’abandon de fractions de ses droits à la retraite par répartition.
      Enfin, il serait bon de rappeler que l’investissement en valeurs de père de famille, par le jeu du réinvestissement des dividendes, a pour l’investisseur un rapport très honorable même en période de marasme boursier, et pour l’économie un rôle majeur qui réduit le risque de tels marasmes. C’est ce que répètent d’ailleurs Warren Buffett comme les rapports annuels d’Air Liquide…

  • Bonne nouvelle quand même, M. macron est la dernière tentative d’essayer de faire fonctionner le socialisme. Il incarne la tentative technocratique ultime de faire plier la réalité en tordant le language. Le socialisme va s’emplafonner dans le mur de la réalité durant son quinquennat. Le problème c’est qu’il faudra se prendre Méluche comme prochain président.

  • J’aime votre cynisme KrisLille, et pourquoi pas Merluche, après tout ? En 2027, après 5 ans de ce taré les Français seront, je l’espère, enfin mûres pour une solution radicale à la Tatcher ou à la Pinochet !

    • Bravo a Kris et Victor, les seuls à avoir compris quelque chose au foutoir énarchique qui se recrée à chaque élection. J’ai voté Hamon à la primaire socialiste et aurais voté Méluche si j’avais été sur place lors du premier tour de la présidentielle. Politique du pire! Que nos abrutis de compatriotes abreuvés au marxisme dur ou doux boivent le calice jusqu’à la lie. Hélas même les grecs, confrontés avant nous au retour de la réalité, ne semble toujours pas compris comme je m’en suis rendu compte à Athènes en avril. Socialo marxiste un jour…

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