Témoignage : quand c’est l’État qui pousse à l’assistanat !

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Témoignage : quand c’est l’État qui pousse à l’assistanat !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 avril 2017
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Par Renaud G. P.

Frédéric Bastiat disait que l’État est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. Mon expérience personnelle tend à montrer que les choses ont sensiblement évolué depuis le XIXème siècle, et pas dans le bon sens…

Fin 2015, à 50 ans, j’ai perdu mon poste de Directeur Commercial. Jusque-là, rien d’exceptionnel me direz-vous, des milliers de gens sont confrontés à la même situation tous les jours. C’est vrai, mais ceci à ce détail près que ces milliers de gens ne sont pas des expatriés qui ont vécu hors du système français pendant quelques années…

Débarquement à Roissy

Me voici donc fin 2015, débarquant à Roissy avec ma femme, nos trois enfants et nos deux chats. Saleté, gens impolis, discourtois et qui font la gueule, serveurs désagréables et une bagarre taxi/VTC, pas de doute, nous sommes arrivés en France, quel choc !

Nous avons une solution d’hébergement temporaire et quelques milliers de dollars en poche (j’ai oublié de préciser que nous arrivons des USA, d’où le choc), mais pas de logement, pas de job, pas de voiture et par la force des choses, pas de droits à une assurance chômage…

À contre cœur, j’ai donc dû me résoudre à prendre la pilule bleue, à retourner dans cette matrice que j’avais réussi à fuir pendant ces quelques années salvatrices.

Retour dans le système

Si l’on passe outre les 9 000 euros environ que la CPAM me demandait pour assurer ma famille et les quelques réflexions de fonctionnaires sous-entendant que j’étais juste un profiteur (réflexions par ailleurs significativement amplifiées par un antiaméricanisme primaire), le retour dans le système s’est fait plutôt facilement et j’ai pu bénéficier relativement rapidement de toute la panoplie des aides disponibles (RSA, CMU, APL, AF, logement HLM…).

Mais comme avec n’importe quel dealer, il est beaucoup plus facile d’entrer dans la nasse de l’État providence que d’en sortir. Une fois pris dans l’assistanat (une drogue dure !), sous la coupe d’un État qui prétend connaître mes besoins mieux que moi et qui veut m’imposer ses choix en me contrôlant par l’argent, cela relève du défi.

Recherche d’un job alimentaire

Ne trouvant pas de poste équivalent à celui que j’avais, mais ne pouvant pas non plus accepter de vivre à l’encontre de mes principes (c’est-à-dire sur le dos des autres), j’ai voulu rapidement chercher un job « alimentaire », même au SMIC dont le montant net correspond à peu près aux allocations que je perçois (hors APL).

Mais ce système, pondu par des technocrates déconnectés de la réalité parce qu’ils ont le privilège de ne jamais pouvoir être confrontés à un accident de vie professionnelle, fait que toutes ces allocations sont basées sur les revenus de N-2, et c’est bien là l’un de ses côtés pernicieux.

En effet, en tant que bénéficiaire du RSA, mes revenus passés sont pour l’instant « neutralisés » et ma famille perçoit environ 1700 euros d’allocations diverses et variées, dont 460 euros d’APL.

Le problème du RSA

Mais si je commençais à travailler pour un petit salaire, je sortirais immédiatement du système RSA et perdrai de facto le bénéfice de cette neutralisation. Or puisque mes revenus annuels aux USA s’élevaient à une centaine de milliers de dollars, donc largement au-dessus des plafonds donnant droit à des aides publiques, je perdrais aussi l’intégralité des allocations, y compris les APL.

Résultat, travailler au SMIC (soit 1150 euros net par mois) me ferait perdre presque 500 euros de revenus mensuels (un peu moins au bout de quelques mois avec la prime d’activité) et un job payé environ 2500 euros brut (en intégrant la perte de la CMU et d’autres avantages) permettrait juste de maintenir mon niveau de vie actuel.

Profil atypique

Un tel job étant visiblement difficile à trouver pour moi compte tenu de mon âge et de mon profil (que les chasseurs de tête français qualifient « d’atypique »), mon conseiller CAF, qui est pourtant une vraie perte pour le secteur productif tant il est pro et efficace, n’a pas trouvé autre chose à me dire que je n’avais plus qu’à « me la couler douce » jusqu’en 2018…

Par contre, puisque j’ai passé l’année 2016 au RSA, si je retrouve en 2018 un poste au même niveau de salaire que celui que j’avais avant (voire même plus), je toucherai toutes les allocations à plein taux, allez comprendre…

En conclusion, dans mon cas et ce pendant deux années, l’État est bel et bien devenu une réalité m’obligeant à vivre aux dépens de tout le monde…

 

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Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • Témoignage éloquent sur les dysfonctionnements que peuvent créer des personnes qui n’ont et ne connaîtront jamais les réalités de la vie. Le libéralisme fait peur aux Français, probablement du à cet assistanat permanent dans lequel nos élites nous confinent pour mieux nous manipuler. Un peu de bon sens paysan serait tellement salutaire et profitable à tous. Le mot liberté n’est plus qu’une illusion dont nous avons perdu le sens, le gout et l’envie….

    • @YL
      C’est plus une forme de paresse parasite que de peur genre « tu ne pourrais pas travailler à ma place, ça m’arrangerait bien ma vie tranquille ».

  • Jeune, je me rappelle avoir refusé une augmetation proposée par les RH. Ma réponse : « Mais je vais perdre mes APL ! ». J’étais apprenti et payé en proportion (inférieur) du smic.
    Cette réponse me hante encore.
    D’ailleurs j’en ai perdu des trimestre de retraite, mon salaire étant resté insuffisant pour les valider.
    Vive la république et vive la France, le seul pays où la moitié de la population se demande comment gagner moins pour esquiver les seuils.

    • Pour n’avoir pas déclaré son congé maternité, mon épouse a été privée des congés parentaux (et nous avons eu 7 enfants), pour ma part pour avoir fait 300€ heures supplémentaires mensuelles à la demande de mon employeur il y a deux ans, nous perdons cette année 1000€ par mois (taxe d’habitation, AAH de mon épouse handicapée, bourses de nos deux dernières en enseignements sup divisées par deux), cherchez l’erreur!

  • moi , c’est mon conseillé pole emploi qui m’a dit de demander le rsa ; je suis auto entrepreneur , plus de 55 ans , et j’ai besoin d’un autre travail pour m’en sortir ;mais à mon age , en france , on est des vieux et il est trés difficile d’acceder au marché du travail ; j’aimerai pourtant ne pas me laisser prendre dans les filets de l’état , ne serait ce que par amour propre ;

  • L’ Etat vous oblige à vivre à nos dépends ? Belle mentalité … Pour ne pas perdre quelques centaines d’euros par mois pendant quelques mois, cela ne vous gêne pas que les autres se lèvent le matin pour vous faire vivre et pour peut-être pas plus que ce que vous touchez en aides diverses. Et votre épouse, elle ne peut pas travailler elle aussi ? Vous devriez aller aussi aux restos du coeur… Allons un peu de courage … N’accusez pas les autres, vous êtes libre et responsable de vos choix !

    • Franchement, votre commentaire est assez peu constructif. Vous ne savez rien de sa situation personnelle. L’auteur se contente de dénoncer une situation où il n’a pas intérêt à travailler. Ces quelques centaines d’Euros par mois sont probablement indispensables pour une famille avec enfants.
      Contrepoints reste un site où la qualité des commentaires se remarque notamment par le peu d’attaques personnelles qu’on y rencontre. Essayons de maintenir cet état de fait et dénonçons la structure de l’Etat plutôt que les citoyens qui essaient de s’y dépêtrer.

    • Odidole : N’accusez pas les autres, vous êtes libre et responsable de vos choix !

      Pas vraiment non.
      La liberté économique de la France ce situe à la 70ème place, sous le Ghana, le Rwanda et le Kazakhstan:
      Indice liberté économique – Classement des pays

       
      S’il essaie de s’en sortir tout seul, des tas de dispositifs, racket et incitations négatives sont là pour l’en empêcher et le maintenir dans la dépendance.

      Sur 148 pays la France est classée:
      -137ème pour les règlementations liées au fait d’entreprendre.
      -130ème place pour le poids global des réglementations
      -134ème pour les prélèvements obligatoires.
      -137ème pour la fiscalité défavorable à l’investissement privé,
      -127ème pour les incitations fiscales à travailler

    • Le meilleurs moyen de faire tomber un système, c’est que tout le monde en profite sans que personne n’y participe.

    • le monsieur a du recul et dénonce cet état …
      Il y a des tas de situation s particulières où des gens n(‘ont pas un interet pécuniaire à travailler…et si vous trouvez simplement normal qu’il faille faire un sacrifice financier pour bosser…moi je ne comprends plus rien…

    • Honnêtement, je vois pas comment on peut jeter la pierre à quelqu’un qui choisit de gagner plus sans travailler. C’est très rationnel comme choix. Qui vous dit que vous ne feriez pas le même choix à sa place ? Facile de juger quand on se retrouve pas dans ce cas de figure.
      500 euro par mois est une somme énorme quand on gagne peu d’argent.
      C’est le système que l’on doit critiquer.

  • Quelque chose me chiffonne pourquoi être rentrer en France ?? Cela aurait été bien mieux de rester à l’étranger où retrouver du travail aurait été beaucoup plus facile.
    Pour l’article en soi, ce n’est pas un cas isolé. Bcp de gens dans ce pays ont intérêt à ne pas gagner plus. C’est juste aberrant. On incite à l’assistanat et on empêche la création de richesses

  • l’état providence est un système pervers car il prétend lutter contre la pauvreté mais maintient les pauvres dans leur situation, il transforme les pauvres en assistés. le socialisme a besoin des pauvres pour prospérer. voilà pourquoi loin de diminuer la pauvreté, le socialisme avec les aides sociales amène les pauvres dans une situation de dépendance. la redistribution de richesse est un synonyme de clientélisme. l’état providence est un système absurde car il prend à ceux qui ont réussi pour financer ceux qui échouent ce qui décourage la réussite et encourage ceux qui échouent à rester dans leur situation, a ne rien faire pour améliorer leur situation. pour les socialistes, les pauvres sont des incapables, incapable de s’en sortir pour eux c’est pour cela qu’ils ont besoin de l’état pour les protéger et pour veiller sur eux. les socialistes pensent qu’ils sont meilleurs que les pauvres, qu’ils doivent décider à la place des pauvres.

  • Les commentaires sont fermés.

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