Nucléaire : une chance pour notre avenir !

Demain, pour accompagner la raréfaction des hydrocarbures, les réacteurs nucléaires « à neutrons lents et rapides » constitueront un atout majeur pour produire de manière durable la chaleur et l’électricité propre.

Par Michel Gay.

La baisse inéluctable de la production des hydrocarbures, les faiblesses structurelles des énergies intermittentes du vent et du soleil, ainsi que la volonté de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ont ajouté une nouvelle légitimité « écologique » à la production d’électricité nucléaire.

Elle constituera le socle de l’avenir énergétique de l’humanité malgré la vigoureuse opposition d’une frange militante. La Chine, les Etats-Unis et l’Inde évoquent les « énergies propres » lesquels incluent… le nucléaire.

Parler d’énergie gratuite n’a pas de sens.

De toutes les qualités prêtées un peu vite aux énergies renouvelables, la plus fallacieuse est la gratuité issue d’une mystique néo-rousseauiste. Le soleil et le vent seraient offerts généreusement et éternellement par Mère Nature.

Encore faut-il capter cette énergie intermittente avec des matériels appropriés (éoliennes, panneaux photovoltaïques,…), lesquels sont chers et le plus souvent non rentables… sans subventions publiques. Ces sources d’énergies, hors l’énergie hydraulique, resteront marginales et coûteuses.

Il faut remarquer que le charbon et le pétrole sont tout aussi gratuits. Ils sortent de terre sans avoir à les fabriquer. Ce sont les moyens d’’extraction, les transports, les transformations des produits, les taxes, etc,… qui ont un coût pour aboutir à une énergie utilisable.

Réduire notre consommation ?

Pour compenser la faible production erratique des énergies renouvelables, des Verts proposent de faire baisser fortement notre consommation. Un tel retour en arrière, à supposer qu’il soit possible et accepté, entraînerait une chute du niveau de vie et une augmentation du chômage avec de dramatiques effets sociaux et humains.

L’efficacité énergétique et les économies d’énergies préconisées (louables en elles-mêmes) ne pourront que limiter la progression de la hausse de la consommation mondiale.

Des recherches tentent depuis un siècle, et sans succès, de stocker massivement et à faible coût l’énergie électrique. La réalisation d’un stockage d’électricité correspondant aux besoins d’une nation n’est même pas en vue, et ne sera peut-être jamais possible malgré les rêves éveillés de quelques-uns.

À long terme, le refus du nucléaire est voué à l’échec.

À moyen terme, sa réduction peut provoquer des dégâts importants pour une nation moderne.

Les exemples sont sous nos yeux :

– L’Espagne est en pleine déconfiture énergétique avec ses éoliennes.

– L’Italie qui a refusé le nucléaire sans avoir de ressources énergétique sur son sol, importe une part importante de son électricité de France, d’Allemagne et d’Autriche.

L’Allemagne se repose sur le charbon de son sous-sol et sur l’importation de gaz russe qui fournissent (à eux deux) 60% de l’électricité. Et ce pourcentage va augmenter car près de 20% de son électricité provient toujours des réacteurs nucléaires…

L’énergie nucléaire est la seule énergie de production massive et pilotable disponible aujourd’hui pour plusieurs … millénaires.

En effet, les réacteurs actuels à « neutrons lents » (génération 2 et 3) consomment moins d’un centième de l’uranium naturel (0,8% aujourd’hui avec un recyclage partiel). Le reste n’est pas utilisé.

Après 2050, les réacteurs à « neutrons rapides » en préparation (génération 4) consommeront prés de 100% de l’uranium naturel et multiplieront donc par 100 les réserves utiles.

Le nucléaire deviendra alors durable puisque les réserves mondiales d’uranium connues à ce jour permettraient d’alimenter plus de dix fois le parc mondial actuel pendant plusieurs milliers d’années.

5000 ans devant nous

En France, le stock d’uranium dit « appauvri » résultant de la préparation du combustible actuel (dit « enrichi »), et précieusement conservé sur notre sol, permettra en 2050 d’alimenter ces centrales nucléaires de quatrième génération pendant 5000 ans (cinq mille ans !)…. sans avoir à importer d’uranium ni aucun combustible.

La civilisation industrielle connaitra une phase d’expansion nucléaire, comme elle a connu des phases bois, charbon, pétrole et gaz.

Dans la plupart des pays, la pression de la nécessité emportera, tôt ou tard, toutes les résistances. S’opposer à cette mutation en faisant miroiter des pseudo-solutions miracles, comme le vent et soleil, malmène l’intérêt collectif en retardant les évolutions avec des arguments et des procédures dilatoires. Ce comportement ne fait que rendre plus difficile le chemin vers le développement inéluctable de l’énergie nucléaire.

Demain, pour accompagner la raréfaction des hydrocarbures, puis pour leur succéder au moins partiellement, les réacteurs nucléaires « à neutrons lents et rapides » constitueront un atout majeur pour produire de manière durable la chaleur et l’électricité propre, bon marché, décarbonée et abondante dont nos enfants auront besoin.